mardi 20 juin 2023


" L'Humain au cœur  dans  La force du vivant

Une philosophie de vie

Aller plus haut, plus loin, est le rêve de tout un chacun, comme des "Icares" de la connaissance. Seuls ou ensemble, nous visons à trouver un monde meilleur. 
Nous le voudrions plus dynamique et plus humainoù l'on vit bien, progresse et œuvre mieux. 
Vous, personnes désireuses de développement et de progrès, ce blog est pour vous. 
Fouillez ! Commentez ! Partagez !
Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite, à l'expresse condition d'en citer chaque fois la source et de n'en pas faire commerce.
La sociologie clinique considère la relation entre l'histoire expériencielle personnelle et l'environnement historique et social. Elle étudie la co-construction interactive de la personne et de son contexte matériel, social et symbolique. Ainsi, se dégagent des postures dans un contexte où la culture partagée fait un contexte symbolique. Nous pouvons tout reconstruire...

mardi 24 mai 2022

Le Minotaure et le Labyrinthe (24 05)

Les légendes anciennes autour du Minotaure et du labyrinthe sont multiples et variées et leurs apparitions couvrent une période allant de près de 1500 ans avant notre ère au deuxième siècle de notre ère. Au-delà des évocations d'Homère et de Plutarque, d'Ovide et Sénèque, il y a de nombreuses versions aux multiples points communs. Ainsi, le roi de la très puissante Crète, Minos, colérique et ambitieux, avait enfermé le fils illégitime que son épouse Pasiphaé avait eu avec un magnifique taureau blanc que Poséidon avait offert à Minos pour le sacrifier en son hommage. Minos, admiratif du trop bel animal, n'avait pas exécuté le sacrifice. Poséidon, pour se venger de cette parole non tenue, inspira à Pasiphaé une passion irrépressible pour le magnifique taureau. Elle en accoucha d'Astérios, ledit Minotaure, que Minos, furieux, enferma dans un palais dont il voulait qu'on ne puisse sortir et que construit Dédale à cet effet : le labyrinthe.

Minos, qui avait dominé Athènes lors d'une guerre précédente, lui imposa de lui livrer tous les neuf ans sept jeunes hommes et sept jeunes filles pour nourrir le Minotaure. Thésée, fils du roi athénien Egé, décida d'affronter le Minotaure et parti pour la Crète avec les treize autres victimes. Ariane, l'une des filles de Minos, éprise par la beauté et le charme de Thésée, décida d'aider celui-ci et lui offrir le moyen de ressortir du labyrinthe. Contre une promesse de mariage, elle lui confiait une pelote de laine dont elle garda une extrémité à l'entrée du palais.

Thésée, dirigé dans le labyrinthe par les grognements du Minotaure, le trouva endormi et le perça de toutes parts de son épée. Grace au fil d'Ariane, Thésée et les treize autres compagnons d'infortune sortirent du labyrinthe et s'échappèrent en mer avec la belle Ariane. Mais chemin faisant, Thésée l'abandonna sur l'ile de Naxos, et poursuivit sa route vers Athènes où, Egée, son tendre père l'attendait avec impatience. Ils avaient convenu qu'au retour de l'expédition, Thésée, s'il était vivant, hisserait des voiles blanches pour annoncer la bonne nouvelle. Mais Thésée oublia et s'approcha d'Athènes avec des voiles sombres ordinaires. Ce voyant, Egée se jeta de douleur dans la mer qui désormais porte son nom. Thésée épousa Phèdre, sa sœur, et devint roi d'Athènes.

Toute cette légende, fondée sur la séduction, l'ambition orgueilleuse et égoïste, mais aussi l'imperfection ordinaire de tut un chacun, ses cotés sombres, et aussi l'ordre des choses du pouvoir, a dès lors un sens profond que la mythologie nous livre. Le mythe témoigne tout d'abord de l'absence de héros dominant, mais d'une multiplicité d'acteurs interdépendants. Tout d'abord, nous comprenons que le sens profond se trouve tout autant au fond de soi, dans l'instant présent, celui là même qui ne se situe pas entre le passé et le futur, mais entre les regrets et les envies... Il ne reste plus qu'à fouiller et c'est ce que nous allons faire.

Quand on s'éprouve à voyager dans un labyrinthe, la sensation de se perdre est plus forte que le fait de se perdre vraiment. Dès lors se posent à "l'expérimenteur" ou "expérienceur", les trois questions spirituelles fondamentales : D'où vient-on ? Où sommes-nous? Où est le but, la finalité, la sortie ? Comme ce qui nous nourrit parcourt le labyrinthe de notre tube digestif, notre connaissance parcourt celui de notre moi intérieur, mêlé de conscient et d'inconscient. 

Le psychanalyste Karl Gustav Jung nous a dégrossi la fonction archétypale que construisent ces récits mythiques pourtant si anciens. Ainsi, le labyrinthe est aussi celui de la construction de la vérité, du réel à travers les méandres de la conscience. On pourrait davantage dire "la labyrinthe", symbole du ventre féminin de la procréation où l'être se construit avant de naitre. Analogiquement, il s'agit du même processus de création et de découverte.

Dans le mythe du Minotaure et du labyrinthe, les sept personnages de l'histoire semblent être les facettes de la personnalité humaine, en phase avec les éléments de la vie. Dans l'archétype de ce mythe, Ariane représente la muse, séduite et inspiratrice des solutions, le féminin en soi, laquelle est trahie, abandonnées, par le héros masculin guerrier égocentré qu'est Thésée, l'oublieux de ses promesses. Celui-ci est le héros parce qu'il va au plus profond de lui-même vaincre son animalité instinctive que représente le puissant Minotaure, dictat des pulsions sur la personne (Dans le mythe grec, il est l'ancien et le nouvel ennemi, soit la Crète puis la Perse, tous deux successivement vaincus par les Grecs). 

Le roi Minos représente la loi intériorisée du père, en lien direct avec les autres puissances divines tel Poséidon. Il incarne toutes les puissances qui nous transcendent, nous dépassent et avec lesquelles nous devons faire sans nous y opposer. Elles sont les forces de la nature, tout ce sur quoi nous n'avons pas la main. Pasiphaé, l'épouse adultère de Minos, porte toute la force charnelle de l'imaginaire émotionnel, laquelle est créatrice de nos chimères et de nos mythes. Dédale, l'architecte du labyrinthe et l'instigateur de la pelote de laine auprès d'Ariane, représente toute la science humaine, la sagesse de la connaissance et surtout la capacité à en faire quelque chose, c'est-à-dire de se mettre au service des causes justes ou recevables.

Nous n'oublions pas les sept jeunes hommes et les sept jeunes femmes qui sont le mieux de nous-même, les entités complémentaires dans leur perfection, l'absolu "in-sacrifiable", essentiel, le plus profond de soi qui doit pouvoir retourner chez soi.

Dans ce mythe, le fil d'Ariane permet la renaissance, la sortie du labyrinthe comme d'une matrice originelle. Plus tard Icare montrera que l'on peut s'échapper directement du centre du labyrinthe par le haut, par les airs. Il y a bien de manières de sortir du labyrinthe, soit par la chair, soit par l'esprit. Ces voies-là ne sont pas opposées ni complémentaires. La sortie est simplement double. Pour chaque histoire, il existe une voie, soit intuitive, féminine, par la patience intérieure, soit par l'esprit et l'élévation directe. La première invite à l'expression matérielle artistique, créatrice quand la seconde invite à la spiritualité, comme la méditation ou la contemplation. 

Ici, le mythe raconte Icare s'envolant par le haut et comment ses ambitions prétentieuses le tuent. Il n'y a plus rien à ajouter : l'orgueil et la prétention ne font faire que des bêtises forcément malheureuses.

Ainsi, dans bien des cathédrales, se trouvent des labyrinthes que le pèlerin peut parcourir du regard, comme une méditation hypnotique à la découverte du chemin qui mènera en son centre. Le labyrinthe est bien tant le parcours que l'exercice de le parcourir, sans lequel il n'a plus de sens. Le pratiquer nous conduit à ressortir par la voie qui nous interpelle selon nos choix et priorités. Alors, le labyrinthe est bien plus que le chemin et son parcours. Il est aussi l'âme humaine dans toute sa complexité qu'il nous faut découvrir et parcourir pour s'en détacher, voire renaitre ou s'envoler par son centre. Ainsi va la vie...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 24 mai 2022

Lire aussi "Pas la peine de chercher ailleurs ce que nous vivons déjà"


Licence Creative Commons

mardi 17 mai 2022

Ma préoccupation est la juste réception du propos (17 05)

Lors de la rédaction de ces articles, ma préoccupation est la juste réception du propos pour sa parfaite compréhension. Je ne souhaite ni affrontement ni emportement émotionnel. Juste partager une approche qui certainement produira du débat, en évitant toute anathémisation de l'autre, toute "émotionalité déconstructrice" dudit propos. C'est là une démarche de recherche de ladite "vérité" et rien de plus, mais rien de moins.

Ecrire est une activité de connaissance car, comme le disaient Platon et même Aristote, au fond de soi se trouve le chemin vers l'universel et les dieux. Coucher sur le papier permet donc de donner forme à la pensée. Dès lors elle devient concrète et débarrassée des scories de conformité, de pollutions mentales. On rassemble ainsi les éléments d'une réalité dans un "donner à voir" compréhensible et recevable en toute logique.

Dès que nous ne nous situerons plus dans ce cas, et pour quelques raisons que ce soit, internes ou externes, alors je me tairai...

Si l'introspection est ma méthode, comme une méditation profonde, à la recherche des formes rationnelles qui la rendent intelligible et recevable, l'écriture est bien l'un de mes outils, comme le sont la contemplation, l'observation et la méditation. Ces outils-là me nourrissent en permanence. Il m'arrive d'ailleurs de vivre des périodes où j'écris des articles à paraître jusqu'à six mois à l'avance. L'argument vaut pour des sujets très divers qu'ils m'occupent. L'important, c'est l'idée et sa venue à la conscience

De fait, j'écrit tout d'abord pour comprendre, comme il m'est bien souvent arrivé de répondre aux personnes me consultant : "Pourriez-vous me l'écrire ?". Et ce à simple fin pédagogique. Bien des fois, à la fin ou au sortir de leurs écrits, les personnes me disaient : "Ca y est ! J'ai compris !" et elles n'avaient plus besoin d'alter égo pour clarifier leurs préoccupations.

Voilà toute ma démarche d'écriture. Et donc, si un jour cette démarche ne donnait plus le lien d'intelligence avec le lecteur critique, si "l'émotionalité" prenait le dessus, alors j'intrromprais ces parutions. Je vois bien, dans les échanges sur les réseaux sociaux (le temps court de ce type d'écriture efface cette intelligence de débat) ce temps où les opinions prennent le pas sur les points de vue. Dans ces conditions, alors je cesserai de publier et n'écrirai plus que pour moi-même.

Mais pourquoi ne le ferais-je pas déjà ? Parce que j'ai besoin, pour passer à cette action exigeante, parfois douloureuse et toujours difficile, d'avoir à l'autre bout de la page un alter-ego destinataire, présent en face de moi et qui toujours relit par-dessus mon épaule. Une sorte de Jimini Cricket toujours quelque part avec moi dans ma réflexion, comme un relecteur critique. 

Il en est de même quand j'écris une chanson, la compose, je parle à quelqu'un, un destinataire équivalent, critique et exigeant. Je me demande alors comme dans un réflexe ce qu'en penseraient certains de mes amis que je sais talentueux et réceptifs, comme feu Daniel Clark, Tony Ballester, Daddy Dan et voire quelques-uns de mes anciens professeurs.

Voilà aussi pourquoi, j'ai sollicité mon généreux ami Jacques Campargue comme relecteur. Il l'avait fait déjà occasionnellement et spontanément avec tellement de bienveillance et de constructivité que je lui ai confié cette fonction tellement utile. Il est bien arrivé que nous ne soyons pas d'accord, mais sa tolérance bienveillante nous a gardés toujours très proches, sa critique avouée au coin du regard : un relecteur alter ego. Combien de fois m'a-t-il cité la célèbre phrase de Saint-Exupéry : "Si tu diffères de moi, mon frèreloin de me léser, tu m'enrichis !"

Jean-Marc SAURET

Le mardi 17 mai 2022

Lire aussi :  "Intelligence rationnelle et intelligence symbolique"

mardi 10 mai 2022

Voir le mal comme utile au bien (10 05)

Il est vrai que, dans nos conceptions ordinaires, le mal est l'opposé du bien, que ces deux tendances sont antagonistes, inverses et adverses. Ce qui nous arrive est selon ces conceptions habituelles, soit bon, soit mauvais, voire un peu des deux. Et pareillement, les comportements des gens nous apparaissent bons ou mauvais, si bien que nous en qualifions les gens eux-mêmes. Mais, nous savons bien, comme je l'ai plusieurs fois écrit, que ce que nous disent et nous font les gens ne nous concerne pas, mais seulement ceux qui le disent et qui le font. La réversibilité s'impose...

Il m'est arrivé récemment qu'une amie proche n'ait pas du tout compris ce que je disais dans cet article à propos du second tour des présidentielles et m'accusait d'appeler à voter extrême droite, ce qui n'est pas du tout dans mon article, bien au contraire. Peut être focalisée sur ses propres dogmes et certitudes, elle le voyait comme une "banalisation du mal", et ne pouvait donc entendre mon propos. Cependant, celui-ci relatait simplement différents courants de pensée sur la toile, lesquels attiraient l'attention sur le candidat sortant peut-être plus à droite encore que sa concurrente. Mais la préoccupation de mon amie était ainsi.

Il arrive en effet bien souvent que chacun, dans ses mots et par ses actes, tente aussi de régler ses vieux démons. Les gens (et nous-même) répondent à des blessures intérieures et anciennes, tentent de s'en défaire, de les adoucir ou de les réduire, voire de s'en défendre. D'où des comportements d'allégeances et de combats, des réactions apeurées ou agressives, de rejet ou de sur-gestion, de sur-maîtrise, etc. Comme l'écrivait la canadienne Lise Bourbeau, nous réagissons à nos blessures fondamentales, celles qui nous font tourner en rond, répéter des réactions en boucle, privilégier des postures courtes, inadaptées et nous occuper toujours de la même chose. L'auteur nous indique alors que la prise de conscience et le lâcher prise sont des solutions à la paix de nos êtres et de nos âmes (peut-être ce que je n'ai pas fait lors de cet échanges avec cette amie).

J'échangeais avec mon frère Alain, philosophe et Américain, sur des événements complexes que je venais de devoir gérer et il évoquait très sommairement qu'il en avait aussi. Puis il me suggérait que "ledit mal contribue à l'émergence du bien parce qu'il le force à réagir et lui permet d'intervenir au plus tôt". Trop de mal appelle et réclame une saine réaction. "Rapatout", comme il l'appelle, devient de ce fait au service du bien car le trop de mal qu'il provoque, le trop de désordre et de méchanceté qu'il installe, réclame et provoque en retour des réactions saines et de bon sens. Et ce, même si certains auraient tendance à vouloir se venger, à faire violence voire à s'adonner à quelques radicalités... 

Cette philosophie s'adosse au "bon sens" de chacune et de chacun. Ce sont alors les sagesses anciennes et installées qui nous aident à répondre au plus juste. Des sagesses nous proposent le pardon dont j'ai parlé précédemment. Il rend la responsabilité des faits à leurs auteurs et permet ainsi à ceux qui pardonnent et acceptent le pardon le lâcher prise et de retourner à la paix, à la réconciliation (ça, je l'ai fait avec cette amie...). 

D'autres sagesses orientales, autour du concept de Karma, pensent la responsabilité de chacun sur ce qui arrive et de la conséquence, bonne ou mauvaise, selon ses actes et ses pensées. Les sages laissent le Karma régler les choses. De même, d'autres pensées, comme celle du Tao, nous invitent à ne pas nous venger et nous proposent même d'aller "nous asseoir au bord de la rivière et regarder passer le corps de nos ennemis". Ces deux sagesses, par exemple, nous invitent à ne pas nous occuper de ce dont nous ne sommes pas les auteurs, car l'univers s'en occupe lui-même. Dont acte...

Enfin, mon frère me suggérait que "Rapatout" et tout le mal pourraient être de ce fait partie prenante du "plan du bien", ou "plan divin", comme il le décrit. En regardant dans la culture chrétienne, alors, comme le proposent d'autres cultures singulières, Judas aurait pu trahir Jésus pour que ce dernier accomplisse son destin. Sans la "Passion", pour les chrétiens, il n'y a pas de rédemption du monde...

Selon la sagesse Taoïste, ces deux contraires sont des complémentaires qui s'articulent pour que le monde s'équilibre. Il n'y a, selon cette sagesse, pas de bien ni de mal réel, mais deux polarités qui interagissent. Alors mon frère m'invitait à regarder plutôt le monde sous cet angle et il ajoutait : "Laisse la providence agir !"... Et je m'y adonne.

Ainsi, si l'on regarde les cycles de la vie, celui de la personne humaine avec la naissance, l'enfance, l'accomplissement adulte puis la vieillesse et la mort, il est comme celui des quatre saisons, le cycle de l'eau qui donne la vie ou sème la mort, etc. Nous comprenons que le mal n'est pas un opposé du bien mais il devient une des conditions qui le rendent possible, voire le favorisent.

Sans les douleurs de la naissance, pas de vie. Sans les douleurs de l'apprentissage, pas de connaissance ni de compétences à exercer et à vivre. Sans les combats de la vie, pas de vieillesse. Sans la mort, plus de mystère de la vie, plus aucune de ses joies et de ses émerveillements, notamment devant le bébé qui se présente...

Sans l'hiver, pas de renaissance du printemps. Sans l'impact des insectes pas de floraison réussie. Sans les gelées combien de plantes ne repartiraient pas du bon élan. Sans les opulentes floraisons du printemps, pas d'été fructueux et donc pas d'alimentation des animaux et de nous-même. Sans les chaleurs de l'été, pas d'automne pour d'autres fruitaisons et récoltes. Etc...

Quelqu'un me suggérait aussi assez malicieusement que sans la période macronienne, il n'y avait pas de sursaut et de renaissance populaire. On va voir...

Les inondations sont parfois meurtrières et souvent destructrices, mais sans cet élément la vie est impossible. Ce sont ces mêmes manifestations qui ont aussi fait la richesse des plaines du Nil par exemple, et de combien d'autres plaines et vallées à cours d'eau.

Dans ces cycles de vie, tout semble utile et nécessaire. Tout nourrit un équilibre souvent précaire malgré les caractères douloureux, et ces quelques phases qui font mal tant à l'âme qu'au corps. Mais tout cela est tellement utile à la suite du parcours... Alors parfois, quand le mal survient, ne serait-il pas judicieux de le regarder utile au bien ? Alors, chance ou malchance ? Il y a un conte célèbre sur ce sujet là...

Alors encore merci à ceux et celles qui comprennent mal mes écrits à l'aune de leurs préoccupations. Ils me rendront plus attentif dans la rédaction de mes propos, plus attentif aux "sacrés" des uns et des autres, à leurs préoccupations, à accueillir leur lecture du réel, et pour ma part à être meilleur tout simplement.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 10 mai 2022

Lire aussi "Dogmes ou aphorismes"



Licence Creative Commons

mardi 3 mai 2022

La puissance du moment présent (03 05)

J'ai le souvenir très actuel de ce discours que tenait mon père sur l'instant présent. Notamment ce en quoi cet instant est prédominant, déterminant, qu'il est "le seul temps qui vaille la peine que l'on s'en occupe". Le passé n'est qu'une trace, le futur une idée, une hypothèse, au mieux une visée, voire une attente ou une crainte, parfois seulement quelque chose de l'ordre du désir. Par ailleurs, il ne manquait pas de nous inviter à préparer notre avenir. Mais ce n'était pas vraiment incompatible dans son esprit. Pour moi, dans ma tête d'enfant, c'était tout à fait fluide.

Je me rappelle de cette demande de dissertation que nous avait faite notre professeur de français en première : "Dite ce que vous voulez, le sujet est libre et ouvert !". La restitution des copies avait été un grand moment de philosophie, notre professeur ne les ayant pas notées au prétexte que rien n'était comparable et que ce devoir nous appartenait pleinement, que la note n'aurait été qu'une appréciation toute subjective d'une lecture étrangère. Dans ce cas, c'est l'absence de critères objectifs qui interdit la notation. Mes collègues en étaient choqués et même particulièrement déçus car ils œuvraient quotidiennement pour la note, ce salaire d'écoliers.

Pour ma part, cette restitution m'allait très bien. J'avais décrit un instant vécu totalement dans le temps immédiat par une Juline imaginaire, tout à fait hors du temps et des causalités. Par exemple, elle dit que "il n'y a pas de vent. Les feuillent ne bougent pas." et de préciser qu'il n'y avait aucun lien de causalité entre l'une et l'autres des assertions, qu'elles étaient de simples aperçus indépendants et juxtaposés.

Je terminais par ce clin d'œil : "Puis Juline se leva et s'enveloppa dans le peignoir sur lequel elle était assise. Ha, au fait, j'avais oublié de vous dire que Juline était nue... Trop tard !"

Pour moi, c'est exactement cela vivre dans l'instant présent, vivre l'espace hors du temps multiple et de toute causalité. Je dirais même vivre hors du temps joint, loin de préoccupations conjoncturelles, voire sociales ou convenues. C'est effectivement déconstruire le triptyque de Descartes (temps, espace, causalité). C'est aussi ce que nous faisons quand nous nous abandonnons à l'action passionnelle ou totale, à la contemplation ou à la méditation. C'est entrer dans le "Flow" décrit par Mihàly Csikszentmihalyi. C'est entrer dans le tout, se fondre dans l'objet ou le soi profond. Et oui, ceci mériterait quelques développements. Je crains seulement que les mots soient peu à même de faire ce travail. 

Se fondre dans l'instant présent, c'est faire le silence complet en soi, même si pour moi-même ce ne soit parfois pas si simple que ça. C'est entendre poindre l'intuition. C'est voir au fond de soi. C'est contempler le réel. Découvrir la conscience de tout. Lâcher prise. C'est lâcher la concurrence, la compétition, les guerres et les haines, les violences et les rancœurs, les certitudes et les habitudes. C'est retrouver la paix et la joie. C'est faire d'un instant l'éternité. C'est juste être là. C'est tout cela, déguster l'instant présent...

Ces moments précieux sont des portes vers l'univers, la sagesse et la connaissance, car comme Socrate nous le suggérait : "Connais toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux !". Et Platon d'ajouter que "Le beau est la splendeur du vrai !"

Jean-Marc SAURET
Le mardi 3 mai 2022


P.S. : Pour compléter ce regard, le mot "Sati" en Pali, qui a donné en occident l'expression de "pleine conscience" (Mindfulness), devrait plutôt être traduit par le mot "présence" selon l'expert linguiste et bouddhiste Analayo. Pour le moins, il me semblerait que la conjonction des deux termes nous donnerait un aperçu plus juste de cette démarche largement répandue dans le monde aujourd'hui.


Lire aussi "Se fondre dans l'instant présent"



Licence Creative Commons

mardi 26 avril 2022

Combattre ou régler ? (26 04)

Je demandais à un de mes amis, Bruno, ce qu'il pensait du propos tenu par Idriss Aberkane dans une vidéo. Il me répondit : "Envie de vomir. Il ne m'apprend rien ce minable prétentieux !..." Je lui répondais, peut-être un peu sèchement, que, quand on aurait son parcours et ses diplômes, on pourrait le traiter de minable prétentieux, mais que c'était sur son propos que j'attendais une appréciation, pas un jugement sur la personne.

Je me suis rendu compte plusieurs fois que nous avions une certaine propension à dénigrer l'auteur d'un propos plutôt qu'à y répondre. C'est aussi la manière de faire des groupes de pression et de diffusion que de jeter l'anathème sur l'adversaire plutôt que tenir le débat, la controverse. Ceci permet d'éviter, et donc de contourner, des actes de raison...

Sur ce point-là je penche pour la posture du philosophe Michel Onfray qui regrettait que "l'intelligentsia" refuse de débattre avec Eric Zemmour. Et il a fait ce débat. Ou encore qu'elle combatte Marine le Pen parce qu'elle serait la fille de son père jusqu'à endosser son "héritage". Je repense à la posture de Bernard Tapie qui accepta de débattre avec Jean-Marie Le Pen. Bien que, moi-même, je n'aie pas toutes les accointances utiles avec chacun de ces personnages, j'entends pleinement leur propension à discuter sur les sujets plutôt qu'à dénigrer l'alter-ego, opposé sur bien des thèmes.

En effet, il me semble bien plus sage et bien plus utile de régler des situations et des divergences qu'à combattre et condamner le quidam qui les porte et les exprime. Mon père disait que celui qui est son adversaire aujourd'hui pourrait bien être un partenaire une autre fois. Ce n'est pas l'utilité qui dirige cette philosophie populaire, mais la différence reconnue entre l'acte ou le propos et leur auteur. Ce n'est pas de l'autre dont on se protège mais de ce qu'il porte, simplement.

C'est là une posture que l'on retrouve dans les doctrines chrétiennes et bouddhistes. Elles font une profonde distinction entre les "sujets" dont on traite et les "sujets" qui les traitent. Il serait peut-être utile de différencier ces deux sens du mot sujet. C'est ce que l'on fait quand on parle du propos et de l'auteur.

Dans la doctrine chrétienne, le fait, qu'il fusse péché, est distinct de la personne, laquelle a une "nature" avec des capacités de changement, de raison, de repentance effectives... C'est ce que l'on retrouve dans la parabole de l'enfant prodigue parti dilapider son héritage anticipé et qui revient démuni et penaud à la maison paternelle. Le père l'accueille et se réjouit de son retour. Pour célébrer ce retour à la raison (et à la maison), et donc à la vie "droite" (certains pourraient d'ailleurs suspecter un retour d'intérêt), le père utilise un symbole fort : il fait tuer le veau gras et prépare une grande fête de réjouissance. La fête de célébration propose ainsi une ouverture au fils prodigue. Je passe sur le reste de la parabole dont la narration a pour seule fonction de "donner à voir" pour justifier la posture.

Dans cette doctrine, les péchés sont "remis" à leurs auteurs pourvu qu'ils aient quelques repentances : c'est la question de la rémission. Une contrepartie existe toutefois : qu'ils regrettent avoir commis ladite faute. Ici, en effet, la personne a un statut de fond qui prévaut sur les actes qu'elle pose.

On raconte dans la légende du Bouddha Shakyamuni, qu'un jour une personne est venue l'insulter alors qu'il enseignait. Ce dernier ne réagit pas, ne répondit rien. Le lendemain, la légende raconte que la personne est revenue s'excuser et demander le pardon du Maître. Ce dernier lui dit qu'il n'avait rien à pardonner car les propos étaient les siens et lui appartenaient entièrement, jusque dans leurs conséquences. Il ajoutait que ses propos ne le concernaient pas mais seulement celui qui les portait. Dans la culture chrétienne l'auteur en est même considéré distinct.

Ainsi, comme les sagesses ancestrales le proposent, je préfère faire de même et distinguer les propos de leurs auteurs, en faisant bien la distinction. Ceci me permet donc de ne pas user de cette fausse rhétorique qui consiste à dénigrer l'auteur plutôt que de traiter des propos, des idées ou des faits qu'il pose. 

Ainsi, je n'entends pas les termes erronés de complotistes, de "rassuristes", de fascistes, "d'anti-quoi-que-ce-soit" et autres. A la place, il m'apparait plus juste de considérer "l'âme" ou la "conscience" qui s'exprime. Peut-être ressort-elle d'ailleurs de la haine, ou de la douleur. Tout est fonction de la situation à laquelle elle réagit, comment (et même pas pourquoi) elle l'a vécu ?...

Alors, oui, je comprends et j'entends le propos de mon ami Bruno. Corrélativement, je comprends qu'il puisse avoir pris douloureusement ma réponse abrupte. Il n'en reste pas moins vrai que cette réception lui appartient entièrement.

Comme je l'ai dit et écrit plusieurs fois, ce que les gens disent de moi ne me concerne pas mais concerne ceux qui le disent. J'ajouterais peut-être la trop célèbre phrase de Marc Aurèle : "Ce ne sont pas les choses qui nous gênent mais le regard que nous leur portons."

Jean-Marc SAURET
Le mardi 26 avril 2022

Lire aussi "La forme et le fond"



Licence Creative Commons

mardi 19 avril 2022

La vérité est dans la totalité (19-04)

J'écoutais un entretien sur une chaine du net. Un journaliste questionnait un essayiste sur la maitrise de la vérité. Pour ce dernier la manipulation de la vérité résidait dans sa parcellisation et dans son éclatement. Il prenait l'exemple d'un médicament anthelminthique présenté comme un vermifuge pour chevaux. Il posait que si cette particularité n'était pas fausse, elle était loin d'épuiser le sujet. Le médicament était bien davantage. C'est ce que l'on nomme un mensonge par omission : si vous ne dites pas toute la vérité, vous la falsifiez. Vous mentez par omission. Et si cette omission est volontaire, alors vous entrez dans un comportement de manipulation. 

C'est comme si vous parliez de l'invasion d'un pays par l'armée d'un autre en omettant soigneusement de parler de ce qui s'est passé les vingt dernières années... Le tout en occultant interventions et influences d'autres états et organisations sur ce même territoire.

Cacher une partie des faits, une partie de réalité, est bien une falsification de la vérité. Son auteur présente ainsi une tout autre réalité que celle qu'il est supposé présenter. Ainsi, lors d'une enquête criminelle, par exemple, l'omission et la découverte d'un détail peuvent bouleverser la donne, innocenter un suspect ou accuser un quidam.

Nous avons cette impression lorsque quelqu'un rapporte des faits, par exemple pour un projet ou une étude. Nous ne manquons pas de lui demander moult détails et précisions pour mieux comprendre et se faire une idée plus précise de ce qui est.

Nous savons, et nous l'avons plusieurs fois développé, que la réalité est par ailleurs la résultante de représentations sociales et personnelles, mais aussi de préoccupations et d'intérêts. Et c'est bien là que je veux en venir.

Si l'orateur a quelques bénéfices à tirer de la réalité examinée, il y a fort à parier, dans ces conditions, que le discours sera biaisé et orienté pour que l'idée que s'en feront les écoutants penche en faveur du récit du présentateur, et produise les comportements attendus.

Il y a effectivement, dans la manipulation d'autres outils que l'instillation de la peur, la menace ou le mensonge délibéré. Il peut y avoir de simples "petits" mensonges discrets par omission, et le tour est joué.

Comment répondre à de telles dérives, volontaires ou non ? Simplement en gardant en mémoire l'ensemble des éléments déjà connus, et une vigilante attention à la logique des choses jusque dans les détails. Car c'est bien là, comme le dit l'adage, que le diable se cache.

Certes, il nous faudra toujours dissocier la nature de la personne et les faits. Il nous est bien connu que ce que "l'image l'autre" constitue un apport considérable dans l'élaboration des faits, de la vérité. Comme le disent les enquêteurs : "Ne faites confiance à personne à priori !"

Traiter de complotiste un professeur renommé au grand passé de production et de responsabilités, est une voie pour discréditer son propos quand celui-ci devient gênant. Il s'agit alors de faire disparaître l'auteur avec ses apports essentiels. Nous nous garderons bien de ce type d'influence nauséabonde. Deux aspects dans ce cas existent ou coexistent : la négation de la personne, appelée aussi négation du contradicteur. On peut y ajouter la négation de la contradiction en disqualifiant factuellement les travaux et leur légitimité.

Il ne s'agit donc pas de dénigrer qui que ce soit ni d'ériger la misanthropie en philosophie de la sagesse. Non, il s'agit juste de distinguer "la Vérité" de ce qu'il en est dit. Le tout est de ne pas se tromper de récit ou d'emprunter un chemin de traverse, ni de se laisser embarquer ou manipuler.

Car ceux qui y ont un intérêt sauront, par l'énoncé de réalités parcellaires, induire dans les consciences de fausses évidences sur lesquelles ils sauront s'appuyer pour vous faire agir comme il leur convient. Ainsi, dire que l'Ivermectine est un vermifuge pour chevaux participe à l'illusion qu'il n'y a pas de traitement pour soigner des infections virales de type Srass.  On peut aussi appeler cela de la désinformation. 

En oubliant de rappeler que les produits dits vaccinaux ont obtenu une ATU (autorisation temporaire d'utilisation), on peut aussi biaiser le réel. Une condition supplémentaire est requise : qu'il n'y ait pas de traitement de la maladie. C'est à partir de là qu'une politique vaccinale s'est développée librement au profit de grands laboratoires pharmaceutiques. Peut-on d'ailleurs occulter le fait que les analyses d'évaluation du produit sont effectuées par le laboratoire même qui les produit ?...

Il ne serait d'ailleurs pas inutile de rappeler qu'un de ces grands laboratoires avait été condamné à plusieurs milliards de dollars d'amende pour escroquerie, à partir de fausses informations sur la qualité de son produit (et sans vérification). Et ainsi de suite...

En oubliant de rappeler qu'un vaccin est uniquement fait pour se protéger et qu'il doit être testé avant de le distribuer à tous, qu'il ne peut en aucun cas être ni forcé ni obligatoire, etc... c'est toute une politique de contraintes et de soumission qui remplace la démocratie et la république.

Aussi, oublier le coup d'Etat de 2014 en Ukraine et les huit années de guerre contre les russophones du Dombass avec ses quatorze mille morts, passer outre la glorification de Stepan Bandera, un dirigeant de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une cohorte associées aux nazis durant la Seconde Guerre mondiale, auteurs de massacres de juifs ukrainiens et russes, occulter l'existence actuelle des milices Azov, héritières de l'UPA, leurs actions récentes et leur intégration à la garde nationale ukrainienne, sans parler des pressions de l'OTAN sur les pays de l'ancien pacte de Varsovie pour l'intégrer avant d'adhérer à l'Europe, l'occultation de tout ceci laisserait conclure à un seul coupable des événements, à une "simple folie" d'un président Russe en 2022. Tout ceci est, de part et d'autre, la même horreur...

Il eut été préférable à chaque fois que tout soit posé sur la table, à la connaissance de chacun et de tous pour qu'ils en décident. Mais ça, c'est la démocratie, pas la manipulation politique de ce néolibéralisme en effondrement.

Ces derniers temps, j'ai été atterré par la perméabilité de gens, de copains et d'amis, au discours disruptifs de gouvernants et de personnes aux conflits d'intérêts conséquents. C'est bien pour cela que je pose là ce détail de nos rapports sociaux qui fait parfois basculer de l'indépendance à la dépendance, de l'autonomie à la soumission.

Il ne nous faudra donc jamais oublier ni négliger que la vérité est dans la totalité et que celle-ci ne nous est jamais facilement accessible, soit par omission involontaire soit par intention inavouée. Il nous faudra à chaque fois aller la chercher avant d'agir et réagir...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 19 avril 2022

Lire aussi "La connaissance, l'œuvre et l'imaginaire"



Licence Creative Commons

vendredi 15 avril 2022

A propos du second tour des présidentielles (15 04)

Nombre d'électeurs et électrices, voire 60% d'entre eux, considèrent le choix qui leur est proposé comme "perdant-perdant". Le taux d'abstention risque de grimper. Mais, comme l'on dit, entre la peste et le choléra, le "non-choix" s'imposerait. A contrario, ne pas choisir c'est aussi favoriser l'élection d'un "indésiré" à trop peu de voix. La situation est certes inconfortable. Cependant, de manière pragmatique peut-on agir sans choisir, ou pas ? Que faire ?...

Cette courte réflexion pour le second tour des présidentielles n'est donc pas une invitation à voter brun clair ou brun foncé, mais à considérer la problématique par d'autres points de vue, histoire d'enrichir la réflexion. Vous me direz...

De fait, qu'en est-il ? Le président sortant en appelle au "sursaut républicain", à constituer un front contre l'extrême droite, et lui faire barrage. Nous voyons bien que cela ne prend pas vraiment, sinon auprès d'électeurs de LREM déjà convaincus. Les débats sur la toile font rage...

Et si justement l'extrême droite était cet iper-libéralisme que pratique Macron ? Et si pour freiner sa vente de la France à la découpe était de voter Marine le Pen qui partage 70% de ses propositions programmatives avec Jean-Luc Mélenchon ? Voilà une réflexion qui se reprend dans cette population exaspérée par les turpitudes de ce quinquennat. Alors, se disent-ils, un front républicain, oui, mais pour empêcher Macron d'achever le massacre des Français, de la France et de la République... C'est ce qu'affirment, par exemple, bien des électeurs de gauche.

Mais que s'est-il se passé ?

Chez lesdits extrêmes, peut-être par pragmatisme pour retrouver un socle qui les porte, un certain réalisme humaniste les a conduit à s'occuper des gens, de leurs difficiles conditions, de leurs souffrances et difficultés. En se recentrant ainsi sur leur vie, les extrêmes ont excentré les prétendus "évidemment-centristes", plutôt tenants d'un libéralisme absolu, religieux du matérialisme, de la croissance des puissants et des profits, de l'austérité pour les petits. 

Dès lors, la polarité est inversée : ce centre ultralibéral devient un totalitarisme particulièrement religieux et dogmatique (mondialiste, covidiste, "enfermiste", "progressioniste", vériste, scientiste hors de la science, etc.) et les anciens extrêmes, comme le RN et la FI, sont l'acceptable républicain, proche des gens, de leurs libertés, de leurs besoins, de leurs soucis et de leurs conditions.

Certains nomment ces néolibéraux aux manettes de la France et de l'Occident, les "mondialistes", d'autres des capitalistes et d'autres encore des ultras libéraux. Ce sont ceux qui veulent "libéraliser" les communications et relations commerciales sous la seule férule des plus riches possédants. Ils ont mis les gens sous cloche dans un marketing de la peur, car leur seul objectif est le développement à tout crain de profits personnels et privés aux dépends des communs (l'eau, la nourriture, la communication, la liberté, l'air, etc. Bref, les services publics). 

D'un autre côté nous avons des peuples qui veulent reprendre la maitrise de leur destin et qui représentent plus de soixante pour cent de notre électorat. Ils refont le monde dans un entre-soi associatif, et loin du cadre sociétal. Qui sont venues les entendre, les prendre en compte, les écouter ? Lesdits extrêmes ! Ces gens du peuple ont dès lors été fustigés par le courant majoritaire, ostracisé, qualifiés de racistes, de xénophobes, de tous les défauts de ce que représente cette extrême droite.

Ces gens-là, au local, se détachent des structures organisationnelles, des schémas officiels. Ils pensent par eux-mêmes et sont qualifiés d'extrémistes, de complotistes. Alors, ils construisent leur monde sans l'officiel, l'organisationnel, le politique. Ils s'écartent de ce monde qui ne les entend pas, qui les éborgne et les mutile, les anonymise et les disqualifie...

Si vous leur demandez leur avis, ils votent "Marine" qui, parce qu'elle est une femme, est déjà antisystème ! Ne leur dites pas qu'elle est une extrémiste ! Ils sont convaincus qu'elle les a entendu et que la dérive macroniste, irrespectueuse et destructrice de leur vie est bien la machine à arrêter... Sinon, comme l'a pressenti le sociologue Michel Maffesoli, ce sera "l'ère des soulèvements" !

Et s'il fallait s'en convaincre, j'invite à relire la chronique de Julien Aubert dans le Figaro du 13 avril*. Il retrace les 100 bonnes raisons pour lesquelles il ne votera pas Macron. Ce sont tous les éléments du bilan que le président a refusé de faire, ses ratés, ses mensonges, ses manipulations, ses erreurs, ses trahisons, ses actes délibérés, etc... c'est-à-dire tout les faits dont il s'est rendu coupable contre les Français et que ceux-ci ont vécu comme de la maltraitance dans un certain cynisme.

* https://www.lefigaro.fr/vox/politique/julien-aubert-en-mon-ame-et-conscience-je-voterai-blanc-20220411  -  Ou bien,  le texte est lu dans cette vidéo  (https://youtu.be/Uxox3Hxv-Xk?t=1881)

Jean-Marc SAURET

Le vendredi 15 avril 2022

Lire aussi :  "Ce n'est jamais le meilleur qui gagne"