mardi 20 juin 2023


" L'Humain au cœur - La force du vivant "

Le sociologue veut comprendre le monde, le troubadour le raconter...

Aller plus haut, plus loin, est le rêve de tout un chacun, comme des "Icares" de la connaissance. Seuls ou ensemble, nous visons à trouver un monde meilleur, pour soi, pour les siens ou pour tous. Nous le voudrions plus dynamique et plus humainoù l'on vit bien, progresse et travaille mieux. 
Bien manager, c'est d'abord devenir la meilleure version de soi-même pour que son travail  et celui de chacun produise la belle oeuvre dont tous seront fiers. L'efficience dans le vivre ensemble relève de la culture et de la posture de chacun.
Patron, président, manager, décideur, collaborateur et toute personne désireuse de progrès, ce blog est pour vous. Fouillez ! Lisez ! Partagez !
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mardi 21 janvier 2020

Difficiles communications ? Non...

Je partageais avec un ami proche quelques-uns de mes articles. Il se trouva que, au cœur de l'un d'eux, quelques passages semblèrent le heurter. Ils résonnaient avec quelques violence et radicalité à son oreille, lui donnant la sensation que la forme empêcherait le partage du fond. Sur ce passage très proudhonien libertaire, il s'agissait pour moi de dire directement et le plus simplement possible quelque chose qui m’apparaissait comme une évidence. J'avouais prendre le risque de ne pas être entendu. J'en étais tout à fait conscient.
Mais rappelons nous ce que nous indique la théorie sociologique dite des représentations sociales : nous n'entendons qu'à partir de ce que nous savons déjà. Cela signifie que nous "ancrons" l'objet nouveau sur notre connu et accepté, c'est à dire selon des références que nous nous sommes construites par la culture et l'expérience. Dans ces conditions, nous comprenons que ce ne sont pas les choses que l'on voit mais le sens que nous leur trouvons... 
Par exemple, ce n'est pas l'arbre que nous voyons mais un peu de son sens pour nous, via quelque chose de sa finalité qui nous occupe et à quoi elle renvoie. Ainsi, pour l'un, cet arbre sera le capteur de gaz carbonique local. Pour un autre ce sera du bois de chauffage pour un hiver douillet. Pour un troisième, ce sera le potentiel d'un magnifique meuble. Pour un autre encore, la noblesse de la créature, un symbole de vie. Pour un tout autre encore, un matériau d'une certaine densité capable de propager magnifiquement des sons. Pour encore un autre, un grand frère porteur de bonnes vibrations naturelles, ou peut être un élément de nature, ou de patrimoine, que gèrent les services des Eaux et Forêts. Mais pour un autre encore, ce peut être un peu de tout cela...
De la même façon, ce qui me paraissait abscons ou absurde, il y a quelques années, peut me sembler évident aujourd'hui. La réciproque doit pouvoir se vérifier. Il en va de même pour nos "écoutants" qui ne peuvent entendre que ce qui leur semble plausible. C'est là que se trouve la grande difficulté dans nos échanges. Nous n'avons parfois ni les mêmes références, ni la même symbolique... ce que l'on appelle aussi une "vision du monde". Combien de fois avons nous entendu, ou nous sommes nous entendus dire, "Je ne peux pas entendre ça !" précédant une coupure de communication, une rupture de dialogue ?
Mais nous savons qu'à ces fondamentaux s'ajoute l'attraction des enjeux et des intérêts, lesquels déforment les représentations, un peu comme la masse, dont parlait Einstein,  qui déforme l'espace... Ainsi, nous ne sommes pas vraiment prêts à voir tous la même chose, ni à nous comprendre entièrement, et pourtant...
Ce n'est pas tout : selon la manière dont nous considérons notre interlocuteur, nous donnons crédit ou non à son propos. Avec un minimum d'empathie véritable, toute écoute bienveillante et attentive nous est donc possible. Mais comment faire ?
Il me revient cette historiette que je racontais à mes étudiants (et autres participants), dans mes formations intégrant ce sujet. "Le matin, en allumant la radio dans ma salle de bain, j'entends le spécialiste de la bourse indiquer qu'il est temps d'acheter des actions XY car, vu la conjoncture actuelle elles vaudront au moins le double dans quelques mois. Ce propos très loin de mes préoccupations glissait alors sur mes oreilles et, n'ayant aucune affinité avec ce spécialiste, je n'en fis rien. Mais enfin, bref, ce devait sûrement être vrai...
Sortant du bus qui me déposait à le porte de mon travail, je tombais sur un "clochard aviné" qui me dit, avec une voix approximative, que "il était temps d'acheter des actions XY car, vu la conjoncture actuelle elles vaudront au moins le double dans quelques mois." Ne pouvant donner aucun crédit à ce personnage qui semblait témoigner de bien autre chose qu'une quelconque spécialité à l'enrichissement personnel, je passais mon chemin sans rien noter... peut-être en lui concédant une petite pièce de monnaie.
Arrivé à mon bureau, Paul, mon collègue joueur et toujours à l’affût des bons coups, me dit que "il était temps d'acheter des actions XY car, vu la conjoncture actuelle elles vaudront au moins le double dans quelques mois..." Connaissant bien le bougre, sympathique mais peu raisonnable, je lui souris avec sympathie et incrédulité.
Mon patron passa alors la tête dans l'embrasure de ma porte et me lança : "As-tu écouté les conseils boursiers ce matin à la radio ? Il semble qu'il soit temps d'acheter des actions XY car, vu la conjoncture actuelle, elles vaudront au moins le double dans quelques mois...." Je le regardais avec attention et commençais à faire quelques plants sur la comète...
Ce n'est effectivement pas le contenu du message qui me le fait apprécier mais surtout ce que représente, à mes yeux, le porteur dudit message. Il est, en la matière, son "référent". L'information n'est donc pas un simple objet. Elle est avant tout une "relation"... 
Allons encore un peu plus loin, et intéressons nous aux éléments contenus dans le discours, ce dont il est significatif ou pas. Il se trouve qu'il sollicite aussi d'autres références ailleurs dans nos têtes et nos cœurs...
Je repense à cette tendance actuelle, responsable de nombre de comportements, dans le traitement de la problématique de la différence des genres. Celle-ci voudrait protéger et punir les porteurs du genre : protéger les femmes et punir les hommes qui les battent. Ceci est sans doute juste, mais cela me fait penser à un comportement tout aussi régressif, celui qui consiste à voiler les femmes parce que les hommes développent envers elles des émotions fortes.
Ce ne sont pas les individus qu'ils faut punir ou protéger comme des objets mais la vision que l'on a de chacune et de chacun. Il s'agit de porter une attention aiguë à ce qui fait le lien social, ou y participe. En lieu et place de contraintes, de mise sous contrôle de l'autre, c'est la bienveillance et l'amour de cet autre qu'il nous faudrait développer. C'est à dire, l'émotion lié dans le regard de l'autre... Je m'explique. Il s'agit de traiter du sens que les choses prennent dans nos regards, plutôt que de traiter des objets eux-mêmes comme si leurs sens étaient absolus ou universels.
Certains, pourtant, seraient tentés de dire que cette "bienveillance influente" est impossible à mettre en oeuvre. Je m'en étonne car les publicistes savent très bien lier, dans le cœur du futur client, une émotion avec l'image d'une voiture. Non ? Alors, pourquoi tout cet argent dépensé  afin d'en gagner davantage ? Ne pourrait-on pas l'utiliser afin de créer un lien social de qualité dans les cœurs des protagonistes ? Nous y voilà !
Une fois de plus, il s'agit bien de travailler sur le sens (l'image, disent les publicistes et les communicants) et non sur la "répression",  ou la contrainte qui consiste à contenir, maintenir, dresser, menacer ou punir, etc... Mais par quel tour de passe-passe, par quel outil ou par quelle posture pourrions nous réussir cette magie ?
Je racontais en formation cette historiette imaginaire afin d'amener les participants à saisir ce qu'était le concept "d'assertivité". Je racontais qu'un de nos ancêtres, forcément commun, s'était trouvé nez à nez avec un mammouth. Très judicieusement et pour éviter de se faire écraser sous ses grosses pattes, il avait fui. J'ajoutais qu'il avait bien fait car, sans cela, nous ne serions sûrement pas ici aujourd'hui. Donc, leur disais-je, "la fuite, c'est bien !". Les participants acquiesçaient...
Notre ancêtre commun rentra donc au village et raconta son "nez-à-nez" avec ce "garde à manger sur pattes". S'ils y allaient tous, pensèrent-ils, avec des lances et des flèches, ils avaient une chance de manger tout l'hiver. Cette agressivité leur était donc salutaire. Ainsi leur disais-je "l'agressivité, c'est bien", et les participants acquiesçaient.
Mais, poursuivais-je, la toison du mammouth était si épaisse que ni les lances ni les flèches ne pouvaient la traverser. Ils rentrèrent bredouille au village et s'en confièrent au vieux sage de la communauté qui leur dit : "Nous allons lui tendre un piège. Nous creuserons une fosse dans un passage étroit. Nous placerons un pieu vertical et acéré au fond. Nous masquerons le trou et nous y attirerons ce "Garde-à-manger-sur-pattes..." C'est ce qu'il firent : cela fonctionna., et ils purent enfin dîner... C'était là de la manipulation et j'affirmais donc que "La manipulation, c'est bien !"... et tous acquiescèrent.
Seulement voilà... tout ce qui marchait si bien pour gérer le mammouth et l'environnement devenait délétère et dysfonctionnant entre les membres de la tribu. Se fuir, s'agresser et se manipuler semait la zizanie entre eux ! En effet, parce qu'inscrites dans le langage, ces postures touchaient à l’ego de chacun qui, dès lors, se défendait.
Nos ancêtres inventèrent alors "l'assertivité", c'est à dire, une relation sans fuite, sans agressivité et sans manipulation : juste une affirmation assumée de soi (Je), complétée seulement par des faits sans aucun jugement... L'expression vient du verbe anglais "to assert", qui signifie "s'affirmer", "faire valoir". Nous construisîmes à partir de là quelques exemples et pratiquions quelques exercices pour s'en imprégner : il s'agissait, en l'espèce, de pratiquer l'expression factuelle de façon totalement "désémotionnalisée" (si l'on peut dire). Nous vîmes très vite que tout cela marchait assez bien. Une seule réserve, peut-être, et ce  constat permettant de dire que la pratique restait difficile à maîtriser. Il en fallait très peu pour qu'une assertion s’imprègne de nos jugement involontaires et de valeurs trop évidentes.
Cette posture assertive développée en management, permet de tendre vers l'efficacité relationnelle attendue, dans le respect des autres et de chacun, sans particulariser quiconque. C'est là le début factuel de la bienveillance.
Ne pensez vous pas qu'il ne serait possible de travailler ensemble cette posture bienveillante, en accompagnant ainsi quelques  dirigeants lucides et attentifs, avec l'aide de quelques consultants aguerris ? Elle permettrait un lien social de meilleure qualité, je crois ! Si nos dirigeants prenaient exemple sur l'entreprise pour gérer la vie de la nation, alors, sans doute seraient-ils mieux à même de s'inspirer du meilleur ? Mais peut-être ces éléments ne sont-ils pas dans leurs références, après tout...
Alors, oui, ce ne sont pas les sujets qu'il faut punir ou protéger, mais la qualité du lien social qu'il nous faut restaurer afin de l'assurer ! C'est tout à fait fondamental et réalisable. Il nous faut juste corriger notre regard. On s'y aidera mutuellement, je crois...
Jean-Marc SAURET
Le mardi 21 janvier 2020


mardi 14 janvier 2020

La confiance, de quoi s'agit-il ?

Pour faire court, Serge Moscovici (oui, le père de Pierre) a écrit que nous souhaitions vivre dans un monde prédictible. Dans ces conditions, si les comportements de "l'autre" ou les changements dans l'environnement sont prévisibles, alors il y a "confiance". Ce n'est là qu'une affaire de prédictibilité. Si je sais ce qui va se passer, (ou ce que l'autre va faire), que cela me plaise ou non, tout ceci reste du domaine du prévisible. Je sais donc comment réagir, comment m'organiser. Ce n'est que ça, et tout ça, le champ de la confiance.
Souvent nous ajoutons que nous pouvons, (ou non), compter sur les autres ou certains autres, mais ceci est un "en plus" dans le champ de la confiance. Cet élément, complémentaire, constitue une "valeur ajoutée". Car on confond souvent la confiance positive (ce que je souhaite vivre avec des personnes, ou dans un environnement donné), et la confiance "tout court" qui consiste à savoir, comprendre et prévoir ce qui va se passer, ou comment les gens vont se comporter.
Il se trouve donc que la confiance reste une affaire personnelle, faite d'intuition, de réflexion, d'intelligence, de compréhension. Ce n'est jamais l'affaire ou la responsabilité des autres. Cependant il existe en nous une tendance forte… celle qui consiste à rejeter sur "l'autre" tout ou partie de la responsabilité des faits avérés (ou non).
Même si je place la confiance comme une condition propre à la relation à venir, ce ne sont jamais que mes choix et mon intelligence qui sont en cause, jamais ceux de "l'autre" en fait.
Quand nous disons "il a trahi ma confiance", on dit juste "je n'ai rien vu venir alors que je m'étais totalement investi… J'avais de fait ouvert mon cœur, etc. Il (ou elle) m'a fait mal. En l'espèce, ce n'est jamais que moi... qui me suis fait mal. 
Faut-il pour autant fermer nos cœurs et nos esprits ? Non, évidemment, non !... Il nous faut juste être attentifs et comprendre ce qui se passe et, le cas échéant, ce qui pourrait advenir. Et puis, et peut peut-être surtout, savoir qu'il ne faut pas trop exiger, demander, à l'autre,... ou au monde.
Il se trouve, en cette occurrence, que je projette sur le monde qui m'entoure, mes valeurs, mes règles de vie, en les considérant comme universelles. Voilà le mécanisme qui se met en place à notre insu. Nous ne sommes, en matière de confiance, que victimes de nous même.
Se pose ensuite la question de "comment produire de la confiance chez les autres ?". Nous le faisons en envoyant des signaux indiquant jusqu'où nous sommes prévisibles, prédictibles. Cela se met en place par l'expression de nos intentions, de nos représentations, de nos valeurs, de nos règles de vie ou de nos coutumes. Ces éléments dépendent aussi de la nature de notre lien social, de notre vision du monde. Tout ceci se trouve explicité par les actes que nous posons. Ils en témoignent. 
La clarté et la constance de nos "productions" complètent, à l'évidence, le caractère "concret" de notre image. L'autre reçoit nos "indications" non seulement en fonction de ce que nous émettons, mais aussi en fonction de son propre vécu, et de ses représentations. Tous ces facteurs sont fonction de ses valeurs, de son lien social, de ses attentes ou envies, etc... Je renvoie là au schéma canonique de la communication par Roman Jakobson.
On sait aussi que, biologiquement, nous propageons des odeurs, des "objets olfactifs". Nous les "produisons" selon notre état de paix ou de colère, selon nos habitudes alimentaires, selon notre sexe, etc... Ces éléments constituent  des marqueurs très diversifiés. L'autre les reçoit, tout comme nous, de manière inconsciente. Ces odeurs portent du sens en fonction de l'émetteur, mais aussi en fonction de nos attentes, de nos aspirations, de nos représentations cosmogoniques (de soi, du monde et de l'autre). Ces divers facteurs sont bien entendu, fonction de ce que nous nommons "le désir fondamental". Celui-ci, sous-jacent, dirige toute notre activité, tous nos comportements, et  dicte ce que nous cherchons, attendons, espérons... 
Tant qu'il y a adéquation entre les signaux et ce que nous attendons, la confiance est là.
Par exemple, si je souhaite entrer en contact avec cette personne qui, dans cette assemblée, me semble sympathique, je lui souris, ce qui signifie mon ouverture à elle. Peut-être, à partir de ces prémices, va t elle penser positivement à mon égard, (ou pas).
A partir de ces "signes" elle fera ce qu'elle voudra, en fonction de ce qu'elle en ressentira. L'interaction s'avérera féconde ou non...
Inversement, si je croise une personne qui m'est antipathique pour quelque raison que ce soit, mon visage va se fermer et l'autre risque bien de comprendre que la communication pourrait être bien difficile. Voilà un signal réactif, indiquant que la relation est "interdite" à ce moment précis. L'autre en prendra acte, et selon son désir en tiendra compte ou pas... voire s'en étonnera !
La confiance repose autant sur ces investissements que nous mettons dans la relation, que dans la réception de ces messages informatifs. C'est bien ce, "va et vient" réciproque qui formalise ce que nous sommes, et ce que nous ressentons. Voilà véritablement la cause, mais aussi la résultante de nos postures ici et maintenant... C'est tout… si je peux dire...
De fait, la confiance n'exclue pas le contrôle, ... oui, mais de soi ! Car, s'il y a bien deux choses qui m'agacent, ce sont bien la suffisance et les rapports d’Ego. Mais nous y reviendrons...
Jean-Marc SAURET
Le mardi 14 janvier 2020

Lire aussi  "Fascinante virtualité"





mardi 7 janvier 2020

La résolution de phénomènes sociaux : le cas des gilets jaunes

La quasi totalité des phénomènes sociaux naissent sur un motif superficiel, quasi anodin, mais socialement recevable et concernant un grand nombre. Il est une sorte de lieu commun vers lequel convergent des groupes aux intérêts divers. Ensuite les motifs s'affinent, les raisons se précisent et les discours se construisent plus exactement. Mais il faut que l'action commune de rébellion ou de résistance soit effectivement posée pour que cela soit. Dans le phénomène des gilets jaunes, par exemple, le point de convergence fut l'augmentation des tarifs des carburants. Ensuite, nous avons vu émerger différents motifs de mécontentement, différents discours singuliers pour qu'enfin, après quelques semaines, ce soit un projet de changement de société qui s'affirma.
La réponse à ce type de phénomènes sociaux est simple. C'est soit l'intégration, soit la répression. Dans l'intégration, le débat est instamment ouvert et les échanges rationnels commencent jusqu'à l'obtention d'un lieu commun d'entente, puis d'accord. La chose est simple et constructive. Je pense, par exemple, aux accords de Grenelle qui ont succédé aux événement de mai soixante-huit.
Et puis il y a parfois le choix de la répression. C'est une succession d'action posées jusqu'à ce que la population se taise. Mais que fait-on à un enfant qui pleure ? Le punit-on, le menaçons-nous, le battons-nous jusqu'à ce qu'il se taise ? Bien sûr que non car nous savons bien que cela est contraire au résultat attendu, contraire à la dynamique qui est là sous nos yeux.
Soit l'enfant crie de plus belle et c'est une bonne conséquense qui nous amène à changer de stratégie. Soit l'enfant se tait et nous ne savons pas à ce moment là que nous avons "fabriqué" un rebelle, peut être à vie, ni comment cela se manifestera par la suite...  Pseudo ''réussite de très court terme'', ou victoire à la Pyrrhus ? Si les enfants sont plusieurs à vivre ensemble la situation, alors peut-être avons-nous solidarisé un groupe de rebelles qui s'auto-alimentera jusqu'à la victoire : notre chute. On ne sait juste pas quand ce sera...
Là, le problème devient crucial. Un enfant battu qui se tait est un rebelle qui se prépare, voire un psychopathe, comme aime à le dire la sagesse populaire actuelle. Imaginez s'il s'agit d'une population... Le phénomène de rébellion n'est donc pas tu mais seulement repoussé. Certes, il ne réapparaîtra pas avec la même intensité, mais avec une violence et une détermination bien supérieures. Et ces réactions peuvent n'avoir plus rien de raisonnable, avec leur cohorte de haine et de colère trop longtemps rentrées. Nous sommes alors là face à des phénomènes d'insurrection encore moins métrisables, ou canalisables. La réponse violente s'appelle alors une guerre civile.
Mais si dès le départ, on intègre la revendication à la problématique sociale, voire sociétale, alors, comme dans les accords de Grenelle, une convergence d'intention apparaît et une troisième voie peut être trouvée. Mais pour le savoir, il faut parler, écouter réellement, ouvrir un débat honnête et surtout pas une mascarade de débat. Un débat de type monologue néo-explicatif ne fait qu'empirer les choses, augmenter les résistances et sublimer les actes de réprobation.
Ainsi, quand le débat est arbitré et organisé par une seule des parties, et assortie d'une orientation mono-axe, que si, de plus, les débatteurs sont sélectionnés par la même partie, et que la circulation de la parole est bloquée par le protocole, alors tout le monde comprend qu'il y a là une supercherie. Les conséquences risquent d'être terribles.
Mais, imaginons, à contrario, par exemple, la situation sociale suivante : des gens dans la population se plaignent des difficultés de circulation, et de l'immobilité dans laquelle ils sont contraints. Par ailleurs, en étudiant la situation, on s'aperçoit que tout le marché du vélo est en régression. Si, dès lors, les responsables des infrastructures développent un réseau de pistes cyclables, avec toute une infrastructure de garage, de stationnement, de location, d'échanges, etc. alors une dynamique en réponse apparaît.
Certes, elle ne résout pas tout mais elle soulage déjà les déplacements de proximité, ouvrant un "possible", avec une zone de progrès. Cela introduit l'hypothèse qu'en la matière quelque chose est faisable, qu'à partir de là, la situation peut changer. Il devient alors certain que l'intention de résolution de la problématique se trouve partagée. La voie de progrès est ouverte et le chemin d'une reconstruction, d'une co-construction, est, dans la représentation de tous, envisageable.
Cette nouvelle facilité dans les déplacements de proximité est alors vécue comme un soulagement pour tous et un espoir pour chacun. Alors les acteurs sont enclins à devenir collaboratifs. Ils vont aussi créer de nouvelles solutions que la gouvernance organisatrice n'aura plus qu'à intégrer à sa politique. Mais pour cela, il faut une intention commune : le bien-être de chacun et de tous, soit l'intention d'une politique égalitaire accueillant librement tous et chacun, et œuvrant pour eux.
Si la fraternité est la somme de la liberté et de l'égalité (comme l'écrivait Jean Castaldi), quand la liberté est réduite et l'égalité bafouée, voire confisquée, alors partout la fraternité se délite en égoïsme. Le signal d'un individualisme forcené est donné et il ne demande qu'à s’amplifier.
Le fait est que, plus on est haut dans une hiérarchie, plus la mission est universelle, d'autant plus essentielle. Si l'on y poursuit des intérêts personnels (et de plus ouvertement), on devient alors un traître, un parjure et un escroc aux yeux du plus grand nombre. C'est au choix...
Alors, pourquoi une telle mauvaise posture chez notre Président ? Pourquoi même une telle radicalité, dirai-je ? Parce que nous avons affaire là à un idéologue. Sa représentation du monde est binaire. Et comme tout idéologue, il est enfermé dans sa posture de représentant de l'axe du bien. Tout ce qui lui résiste est donc dans l'axe du mal. Il s'installe dans une moraline, comme l'aurait dit Nietzsche, qui condamne l'opposition et même le débat avec elle. Car il y a l'élite qui est bien pensante et le peuple qui ne comprend rien. Voilà pourquoi il a conduit sa politique et son dit "grand débat" de cette manière totalitaire, docte et hautaine.
Prisonnier dans cette moraline, par laquelle il fédère son "camp", il amalgame les oppositions dans un même sac où tout est populiste, antisémite, xénophobe, homophobe, raciste, voire même pédophile, pourquoi pas... Car il s'agit de "salir" tous et tout ce qui s'oppose à son "axe du bien". Ainsi, toute opposition est anathématisée, et proposée à la vindicte populaire, laquelle ne le suit pas. Mais il s'en moque car, par définition, le peuple, toujours dans sa moraline, est un adversaire idiot. Voilà pourquoi cette posture et tous ces choix contre-efficaces !

jeudi 2 janvier 2020

Tous mes vœux les meilleurs !

Tous mes vœux les meilleurs pour 2020 !
Car il faut y croire pour qu'ils se réalisent ...
Alors, à bientôt sur la route avec mon autre facette :
Tyo BAZZ, le troubadour

Sur une superbe image d'Alain BETTON