"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Logique mécaniste et inconséquence (08 09)

Il y a quelques jour, mon épouse me rappelait combien il lui insupporte d'être confrontée à une mécanique qui "décide à sa place". Par exemple, ma voiture a un système de maintien dans la voie qui redresse la trajectoire du véhicule malgré les gestes de la conductrice. La sensation de ne pas maîtriser la voiture devient ainsi éprouvante, voire insupportable. C'est vrai pour le fer à repasser qui se met à produire un bruit inhabituel, comme pour signaler un dysfonctionnement, ou une anomalie. Mais rien ne vient traduire ce signal en indication compréhensible. Ceci aussi devient insupportable. Après avoir retrouvé la notice et épluché les pages qui se veulent explicatives, le phénomène reste abscons et elle se désespère...

Je compatis à son exaspération car, comme elle, il m'arrive d'être confronté à ce genre de phénomène. C'est comme si la mécanique se mettait donc à "penser d'elle-même", sans que l'explication ou la traduction ne me parvienne. Cela m'arrive; comme à elle, quand je suis confronté à des objets dit "smart". Je pense à mon téléphone justement appelé "smartphone". Et nous nous mettons à regretter les temps où la mécanique des objets était simple et facile à comprendre. On dirait que tout est fait aujourd'hui pour nous embêter, nous énerver, voire nous mettre dans la "panade".

Il y a donc deux natures d'objets : les mécaniques et les programmés. Et ce sont bien ces derniers qui nous posent problème. Pourquoi ? Parce qu'ils relèvent d'une logique qui n'est pas la notre. Autant les objets simplement mécaniques s'avèrent-t-ils totalement contrôlables parce que "logiques", comme une bicyclette, un marteau, des vis et des tournevis, une chignole ou un téléphone à cadran,... autant un smartphone, une voiture actuelle, un nouveau réveille-matin deviennent-t-ils des objets incompréhensibles et de ce fait ''insupportables''... Mais de quelle logique relèvent-ils pour que ce phénomène soit ainsi ?

La première cause de cette confusion est culturelle. Celui qui a conçu le mécanisme électronique l'a fait dans une culture qui n'est pas forcément la notre. Ainsi la logique qui la structure est suffisamment particulière pour devenir inutile à toute personne étrangère à cette culture. Ainsi, regardons les différentes notices d'entretien des objets connectés. Un grand nombre est rédigé sous la forme de schémas censés représenter pas à pas la démarche de remise en état ou de suivi du programme.

Cette façon de faire ne répond en rien aux habitudes qui sont les notre dans les “habitus” culturels européens, ou occidentaux. Au contraire, ces schémas voudraient tenter de correspondre à toutes les cultures au-delà des barrières de la langue. Et c'est là qu'apparaît le hiatus. En effet, une représentation par l'image correspond à une structure de langage et n'a absolument rien d'universel, comme si la réalité précédait de la dire. Ors, c'est bien de la dire que dépend la réalité.

Prenons le simple exemple de la lecture des langues d'origine européenne qui se fait de gauche à droite alors que celles dans les cultures proche orientales se font de droite à gauche. De ce fait, une suite de vignettes voulant montrer le fonctionnement d'un lave linge indiquera pour un arabe ou un hébreu le fonctionnement d'une machine qui salit le linge...

Mais ce n'est pas tout. On se rend compte à l'usage et dans le temps que ces objets dit "connectés", dans leurs fonctions et capacités à corriger les fautes de comportement en lieu et place de leurs utilisateurs, influencent nos compréhensions et aussi nos comportements. Ces jolis objets du quotidien qui corrigent nos erreurs sans explication ni retour, développent des postures véritablement inconséquentes. L'objet, ayant corrigé de lui-même l'erreur de "pilotage", pallie l'incompétence de l'utilisateur et l'installe dans l'habitude que ce soit toujours ainsi, voire même que l'objet fasse à sa place.

Dès lors l'utilisateur, ne sachant pas qu'il aurait pu faire quelque part une erreur, aussi légère ou grave soit elle, ne peut comprendre les conséquences de sa pratique. Voilà comment, en faisant à la place de quelqu'un on détruit sa compétence et on l'installe dans une attitude inconséquente. Il ne viendrait jamais à l'idée d'un parent de surprotéger son enfant qui risquerait de prendre ainsi quelques distances avec la réalité. C'est à partir de ces prémices qu'il risquerait de devenir incompétent, sinon inconséquent dans la gestion de son quotidien. Au contraire, nous lui apprenons à gérer ses chutes et ses échecs aussi minimes soient-ils, à comprendre ce qui se passe alors, et comment mieux faire.

Nous assistons ainsi à une mutation culturelle où les jeunes auront l'habitude de se laisser porter par ces IA qui décident à leur place et des "anciens" qui chercheront toujours à comprendre la réalité de la procédure et s'épuiseront tant concrètement que nerveusement à tenter de trouver la logique des choses. Risquerions nous ainsi la dislocation sociale entre "mécanistes" et les autres, que l'on pourrait qualifier d’"assistés" ?

L'environnement qui nous résiste impose un apprentissage pour s'y adapter. Si l'environnement ne résiste pas, alors aucun apprentissage ne se fait. A partir de là, l'adaptation gérée par la machine elle-même n'apparaît même pas visible. Le processus d'apprentissage s’efface de lui même. C'est ce qui va expliquer la présence du risque. Là où la logique mécaniste invite à comprendre et s'adapter, le développement intellectuel et moral se poursuit. A contrario, quand le monde lisse les aspérités du contexte, l'environnement n'a plus à être géré… C'est alors que surgissent les sensations désagréables d'être pilotés comme des objets, tenues par la main et forcées. Il arrive même que l'on s'énerve quand “la machine” vous indique comment faire mieux. On se prend parfois alors à rétorquer : "Mais de quoi je me mêle ?" ...

Peut-être nous faudra-t-il passer du matérialisme néolibéral à l'intuitionnisme fondamental ? Ce ne sera pas chose simple ! Pour ce faire, il nous faudra apprendre à lâcher prise et à se poser cette question de fond : la science saurait-elle indiquer ce qui se passe quand quelqu'un est triste ?... Dont acte. Effectivement la science en est totalement incapable comme elle ne sait considérer que ce qui se mesure, le reste n'existant même pas. Ainsi, ne cherchons pas dans la science les réponses à toutes nos questions de fond. En revanche, cherchons dans la sagesse, car celle-ci est traversée par l'intuition et le bon sens meublé de représentations construite dans l'histoire culturelle.

Alors, quelle démarche choisir ? La réponse tombe quelque peu sous le sens…

Jean-Marc SAURET
Le mardi 8 septembre 2026



Comme si l'écho de mon nom me portait (01 09)

J'écoutais le psychothérapeute Thierry Jansen répondre à cette question qui lui était posée : "Quelle est votre mission de vie ?" Il y avait répondu ainsi : "Je n'ai pas de mission de vie, mais plutôt une vision... J'adore enseigner et d'ailleurs à l'école, enfant, on m'appelait Thierry J'enseigne..." Comme en miroir de cette proposition, je m'entendais me dire à moi-même que ma "vision de vie" était bien de réfléchir, apprendre et connaître. D'ailleurs, la blague habituelle qui m'était faite à l'école, même par certains de mes professeurs, était : "Je le saurai !". Un peu comme si nos noms portaient quelque chose de nous-même, une sorte de prédiction, ou une prémonition de notre "être au monde".

Cette sensation me créait une émotion aussi étrange que présente, avec force et douceur intérieure. Je me reconnaissais pleinement dans cette assertion, et commençais à en savourer la teneur. Et si nos noms étaient un panneau indicateur dirigé vers notre intérieur ? Une indication qui dirait au monde ce que nous faisons là ? En l'occurrence, je savourais le “fait” pour moi même, sans jouer aux explorateurs sociaux. La situation, ainsi décrite, ne m'intéressait que s'il y avait du sens à connaître,... et donc, à partir de là, une découverte de liens subtils entre le monde concret des sensations, et celui du sens profond.

Dans notre famille, nous étions huit frères et sœurs dont quatre garçons : un philosophe, un psychanalyste, un architecte et un sociologue pour les gars. Les sœurs ont toutes changé de nom assez tôt en se mariant : Porcet, Bousquet, Lévèque, Chappert... (D'ailleurs, je ne comprend toujours pas pourquoi les femmes changent de nom à l'occasion de leur mariage) Et si ce n'était pas ainsi, "ça se saurait..."

Pour soi-même, il est déjà intéressant de voir ce qui nous rend joyeux. Pourquoi ? Mais parce qu'il y a là l'ombre d'une passerelle de sens entre nos vies et notre raison d'être là. En d'autres termes, nous voici en route vers notre Ikigaî. Pour ma part, écrire ne vise pas nécessairement à la publication, même si elle arriveCe n'est pas un objectif “ en soi”. En l'espèce, il s'agit plutôt d'un réel outil de réflexion, associé à une activité de pleine sérénité. Elle devient l'outil utile”, destiné à structurer et organiser ma pensée. On retrouve ainsi une activité aussi "rationnalisante" que "réalisante", de celles que l'on pourrait qualifier aussi de auto pédagogique. La véritable finalité consiste donc bien à construire une connaissance structurée et donc utilisable : à l'évidence, elle l'est.

Comme le devin est celui qui devine l'avenir, le pâtissier est celui qui pâtisse le pâtisson pour le transformer en de délicieux gâteaux. De la même façon, l'écrivain est celui qui grave la connaissance. En la couchant sur le papier, il lui accorde de devenir réalité. C'est bien cette part de lui-même qui parle plus fort que sa propre voix... Avec un petit sourire, je pourrai dire : “ Maintenant, je le saurai.

Je ne me reconnais donc plus le droit de ne pas chercher pour savoir. La connaissance est bien le fruit de l'arbre de la recherche, même s'il n'est pas encore celui de la connaissance. Qu'il est doux de sentir naître au bord du cœur le souffle de la découverte. C'est un peu comme si la connaissance était là depuis toujours et qu'il suffisait de la "dé-couvrir" pour qu'elle soit là entière, pure et si belle. C'est toujours la sensation qui m'enveloppe quand j'arrive au point final d'un article. Ce que j'ai réalisé, et peut-être… "découvert", je pourrais même dire que cela m'enivre ! 

Cependant cette réalité là est en totale contradiction avec "la réalité de la réalité". Je parle là, de cette création dans les mots, cette création due aux mots, ce surgissement de nulle part et de rien, au prétexte d'un imaginaire créateur fait de bric et de broc qui s'impose soudain à mon esprit. C'est le syndrome du “eurêka”, prêté à Archimède, découvrant sa “masse volumique”, plongé dans son bain !… On retrouve cette notion dans l'heuristique, qui désigne les techniques d'apprentissage et de résolution de problèmes qui sont fondées sur l'expérience… Eurêka ! Disais-je…

Une certaine prémonition m'invite par ailleurs à coucher les mots sur le papier. Cette même prémonition me pétrit l'âme comme un pressentiment inexpliqué, d'origine mystérieuse. Qu'en penser ? Me voici en passe de ressentir un futur quasi fébrile, ténu, et qui m'attache à quelques événements encore inconnus. Je les sens et ressens, presque là, si proches, juste dans le souffle imperceptible de l'intuition. Nous sommes tous des "pères Noël" à la hotte pleine d'une symbolique chargée d'imaginaire et de cadeaux, aussi uniques que savoureux. Ce sont autant d'éléments que nous avons nous mêmes créés, “inventés“, et/ou dévoilés. Laissons faire, laissons nous aller à cette “nature”, propice à toutes les évolutions… Le “vrai” progrès est incisé à cette aune !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 1er septembre 2026





Courte réflexion pudique (25 08)

Avant de reprendre notre parcours d'échanges et de réflexions, je souhaitais revenir sur  un court propos. En l'espèce, relater une petite réaction politique et non politicienne qui m'est venue aux oreilles. La voici :

J'entends tout à fait que des personnes ne reconnaîtront pas le RN comme un parti républicain et démocratique tant que celui-ci n'aura pas officiellement rejeté, condamné et rompu avec ce qui a fait les fondements du FN. Mais que faire alors des millions de voix qui lui sont apportées et qui le soutiennent depuis la rupture historique FN/RN, soit 31% du corp électoral ? 

Il est vrai aussi que la négation de cette rupture arrange bien une gauche qui se cherche, notamment un adversaire à la mesure de son rêve et de son imagination.

Mais opposer un reproche de valeur à une expression populaire est-il vraiment démocratique ? Qu'est-ce qui prime : La raison ou la sensation ? L'expression populaire ou la moraline qui justifie ou pas la posture de ses choix ? Peut on juger du "bon" choix populaire et de ses fondements ou accueillir sur le sujet un débat dont les bases seront aussi à débattre ? De plus souvenons nous qu'un totalitarisme installé à l'Elysée a privilégié sa règle de gouvernance aux dépens de l'avis populaire. Plutôt le 49.3 que la voix des représentants du peuple ! ...et surtout pas le RIC ! (“Feu” le Référendum d'initiative Citoyenne)…

Je repense à ces blues-men qui privilégient le moment, l'instant d'une session à la chanson qu'ils exécutent en s'en inspirant peut être mais en s'en distançant quelque peu. Ici la chanson n'est qu'un prétexte et notre culture néolibérale ne sait pas l'envisager. Pourtant la réalité se trouve vraiment là, pas ailleurs ni autrement. C'est rencontrer "l'âme des choses".

Ainsi les "malentendus", ces gens ordinaires, ont préféré ceux qui les prenaient comme ils sont, les écoutaient même s'il se pouvait que ce soit à tort ou au profit d'intérêts. D'autres ont cessé de voter, peut être persuadés de l'inutilité actuelle du vote (à l'instar de ce qu'avait dit Coluche : "Si la vote servait à quelque chose, il y a longtemps qu'il serait interdit !").

Ce sont ceux qui ont préféré la règle à l'avis du peuple, à son émotion, qui ont conduit la population dans les bras de ceux qui les prenaient en compte, les entendaient, même dans l'intérêt fallacieux de renforcer leur électorat, ou autres...  Et alors ? Avons nous la propriété de la moraline ? Rappelons nous que la réalité est faite d'émotion, d'intuition et d'imaginaire. Elle ne s'épuise pas dans les mathématiques. Avons nous légitimement ou humainement le droit d'évacuer de "la réalité" ceux qui ne pensent ni ne raisonnent comme nous ?... Vaste question !

Ne reprochons ni aux gens ni à quelconque parti d'être les bénéficiaires de la politique actuelle de cette nouvelle extrême droite qui se déclare centraliste mais reste antiparlementaire, réglementariste et autoritaire et qui tente de se débarrasser d'un peuple qui les gêne et les empêche de "tourner leur salade" à leur sauce. Une ancienne députée me racontait comment et pourquoi elle avait pris ses distances avec tous ces "mondes d'avides calculateurs".

Alors, quand ce président nous a demandé de faire barrage à l'extrême droite, j'ai suivi la consigne et j'ai voté… contre lui. Effectivement je reste un libertaire blues-man. Voilà pour le présent, mais pour le plus long terme, l'avenir n'est inscrit nulle part, pour qui connaît la musique. À suivre, donc et de près !

J'ai retrouvé mon carnet de notes (28 07)

J'ai effectivement "retrouvé" mon carnet de notes.  J'avais inscrit sur ce confident ces dernières pensées ou réflexions… Aujourd'hui, j'ai de nouveau envie de les partager encore… (Depuis, mon fils et sa compagne, ma bru, m'en ont offert un nouveau, particulièrement élégant...). Alors, en voici quelques lignes, brutes de décoffrage :

La "mentation", cette première "extraction” que j'opère, va constituer une première référence. On va la retrouver sous la forme d'une construction mentale “projective”, mais aussi prédictrice et modélisatrice. Elle promeut une conception structurante du monde, et de soi dans ce monde.

Toute évidence, par essence, n'est pas vérité : Spinoza nous indique, à propos de la vie de Jésus, qu'Il s'appelait Joshua, fils de Youssef et Myriam. Il était aussi frère de Jacques, Youssef, Simon et Jude. En revanche, pour ses sœurs, je n'ai pas su en retrouver les noms. Son épouse se nommait Myriam Magdalena. Joshua était donc un sage qui voulait que tout le monde aime chacune et chacun. C'était certainement un essénien cultivé, cousin de Jean le Baptiste, un autre essénien... Mais je n'en sais pas plus. Certains disent qu'il serait mort crucifié, mais son nom n'apparaît pas dans les registres romains des jugements et condamnations. Celles-ci sont  pourtant rigoureusement bien enregistrées. 

Seul, Flavius Josèphe en parle, mais très  sommairement. Il s'agit d'un historiographe, né Yosef Ben Mattityahu, vers 37 après JC à Jérusalem, et décédé à Rome vers l'an cent. Flavius  était un historien et chef militaire romain juif du Iᵉʳ siècle. Né après la mort de Joshua, autant dire que ce seul témoignage reste un fil ténu avec le mythe. Aucun contemporain de Jésus ne parle de lui. Ainsi, rien ne vient corroborer son existence réelle. Ici donc, seule une foi en forme d'a-priori pourrait rester opérante pour certifier la vie réelle dudit Jésus. Alors, en la matière, la science et l'histoire nous invitent à la prudence...

D'ailleurs, dans toutes société humaine, il y a des gens qui cherchent la vérité. En toutes chapelles, il y en a d'autres qui sont persuadés l'avoir trouvée et de la posséder. Les sagesses anciennes nous indiquent que l'on “est” ce que l'on pense, et que l'on met en avant ce que l'on aime. Nous savons par le truchement d'autres écoles, comme le shintoïsme, qu'on se revitalise tant dans le contact en la nature que dans le partage et la communication humaine. On se développe tant par les sens physiques que psychiques, tant dans les logiques raisonnables que dans celles réputées intuitives et émotionnelles du cœur. On se ressource tant dans la lecture que la contemplation, c'est-à-dire dans l'accueil de tout ce qui nous environne.

Si le mensonge est une pelle qui creuse une tombe, la vérité est une rose qui la transforme en fondation. Elle la protège par ses épines. Elle l'honore et la met en avant par son parfum...

La foi n'est pas l'appropriation d'opinions, ou de points de vue, mais elle tend à se présenter comme l'éclosion d’une sorte “d’intelligence”. Voilà qui risque de s'apparenter à une sorte de  simple parti pris. Le “désir”, cette attente, est à considérer comme la marque du manque. Essentiellement, l'être libre et puissant ne peut donc pas en avoir, ou en ressentir, dans la mesure où, et a priori, il serait complet, indépendant et certain...

Trois freins, en effet nous ralentissent : la peur, la cupidité (ou désir), et la haine. Trois amis nous accompagnent : l'amour (dont la compassion, la gratitude et ma bienveillance), l'intuition et la sagesse (ou connaissance). Pour le choix de soi-même, nous hésitons entre notre ego et notre moi profond, qui s'apparente à notre âme. Nous sommes au centre, au carrefour de la raison, de l'intuition et de l'expérimentation. Ce sont les trois routes susceptibles de nous mener vers la sagesse et les connaissances.

Parce que je ne suis d'aucun courant de pensée, les gens de gauche me taxent d'extrême droite, les gens de droite me taxent d'extrême gauche, les macronistes me taxent de complotiste. Je ne suis pourtant qu'un libertaire qui cherche à comprendre parce qu'il aime la vérité...

Quand vous dites ou écrivez le mot dieu, à quoi pensez-vous ? A une personne, à une dimension, à un sentiment ou une sensation, à un phénomène comme le magnétisme, à une pensée ouverte et puissante, à la conscience, ou à vous-mêmes ? ...

Et si l'idée de bonheur tenait davantage à nos attentes qu'à nos acquis, voire à ce qui en tient lieu ?...

L'imagination est un souvenir de ce qui est profondément, mais on peut aussi la considérer comme étant du domaine du futur, ou de “l'à venir”...

En réalité,  je parle bien sûr de la mienne, tout se passe dans une sorte de lâcher prise, et sûrement pas dans l'effort. Nous nous situons, et devons nous situer dans la confiance, et non pas dans le contrôle. En corollaire, nous devons intégrer physiquement la présence effective, en dehors de la notion d'attente. Il s'agit maintenant de “sentir” les choses, et à partir de là les choses “deviennent” ce quelles sont. Le sentiment, de fait, n'est pas une conséquence mais la cause du réel. C'est à partir de ce positionnement que l'on devient ce que l'on contemple.

Le monde se révèle en tant que le reflet de notre intérieur. On ne se corrige pas le visage en modifiant le miroir...

Ainsi peut on considérer qu'il n'y a qu'un seul temps, le présent...

Le monde distribue ce que nous pouvons appeler des distractions. La création, quant a elle, plus “fondamentale”, réside dans nos sensations profondes.

C'est ainsi, et à ce prix, que la bienveillance dissout la colère et la peur. Aimer (et s'aimer) sans retenue ni condition s'avère comme étant le plus puissant médicament universel.

Qu'en pensez-vous ? Cela vous suggère-t-il quelque chose ? Merci de vos retours...

Pour ma part, et je le redis, mon fils et sa compagne m'ont offert un bien joli carnet en cuir souple pour noter mes irruptions mentales, et j'en suis tout ému. Alors à très bientôt pour d'autres résurgences. Chacune des vôtres sera la bienvenue !

Quelques liens :

Approche quantique de la réalité  : https://youtu.be/NBcXVPdt25M?si=qrOnuGS01-eR3e5l

La paix commence par un sourire. (Mère Térésa https://youtu.be/e?si=Fhmbps9SC5MOT92q)

Jean-Marc SAURET

Le mardi 28 juillet 2026


Prochain rendez-vous en publication le mardi 1er septembre 2026




La bienveillance (21 07)

Le petit Larousse est clair sur le sujet : "La bienveillance est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d'une manière désintéressée et compréhensive". Il s'agit d'un comportement qui place la personne visée comme étant un autre soi-même. Elle est alors son propre équivalent. 

Aussi la bienveillance témoigne d'une indulgence tout aussi intense envers soi car, comme le dit l'adage, "la charité bien ordonnée commence par soi-même". Il ne s'agit nullement d'égoïsme mais de cette indulgence qui permet la paix pour soi avec soi. Il s'agit de l'équilibre de sa  personne, se présentant ainsi davantage capable de se tourner vers autrui et dont le critère d'efficience est la joie réalisée.

Le contraire de la bienveillance, avant ladite malveillance, est l'égoïsme, la cupidité, la logique d'intérêts, le calcul stratégique ou matérialiste et toute les déshumanisations du lien social, du vivre ensemble. C'est le "chacun chez soi" et "chacun pour soi", obsédé et dirigé par les représentations de pouvoir et de possession. Comme on aime à le dire : "Tant que l'autre n'en a pas plus ou mieux que moi...".

L'empathie est ce sentiment, reconnu dans ce comportement qui précède la bienveillance et y abouti immanquablement. Il s'agit non pas de se mettre à la place de l'autre car on le bousculerait hors de sa place, mais de l'entendre, de l'accompagner, voire de lui prodiguer de l'amour, un altruisme généreux, totalement sincère et gratuit. L'empathie est une communication des âmes, un entretien au delà les rôles et des fonctions, une rencontre de personnes tout à fait respectueuses. On dirait même plutôt "attentives". Il suffit qu'une seule personne s'adonne à cette attention pour que la situation difficile se débloque et s'engage dans ce champ, dans cet ambiant.

Si quelqu'un vous écoute sans vous couper la parole, mais vous questionne simplement, si cette personne vous semble intéressée par le sujet que vous développez sans vous juger, si elle a tendance à partager, à engager une aide attentive selon l'expression de vos besoins, à échanger sans calcul ni comptage, alors cette personne est en train de vous témoigner discrètement de la bienveillance. C'est là une qualité relationnelle indispensable au progrès de l'humanité. Sa présence est le symptôme de la reconnaissance de votre humanité, de sa prise en compte immédiate de ce qu'est l'autre sans condition.

On s'aperçoit alors que la relation est hors cadres conventionnels, hors recherche d'intérêts ou d'avantages, loin de tout calcul ni qu'une quelconque notion de retour obligé. Mais bien plus encore, dans la culture bouddhiste, l'empathie et la bienveillance sont des postures finales de la plus grande des sagesses. Respecter, voire aimer les autres inconditionnellement, est le chemin vers le monde meilleur, celui qui habite les âmes ouvertes et généreuses.

La bienveillance s'associe pleinement à l'humilité. Elle s'éloigne de l'égo, voire le défait, le déconstruit. Elle et l'égo sont presque incompatibles à ceci près que la bienveillance le déstabilise pour orienter la personne vers des pratiques solidaires et empathiques envers l'autre...

Nous pouvons dire encore que les personnes bienveillantes apportent aussi de la joie, de l'optimisme, des valeurs indispensables au progrès social. D'ailleurs, bienveillance et résilience sont considérées comme des valeurs nécessaires, voire indispensables, dans la pratique du coaching, cette autre aide moderne de la personne.

Les premiers signes de bienveillance se repèrent dans les personnes à l'égo modeste et mesuré, voire effacé, à la présence attentive et témoignant d'une écoute active. Elles sont aussi douées à repérer chez l'autres des talents et compétences parfois dissimulés. Elles vous mettent en valeur d'abord à vos propres yeux sans vous exposer dans une posture ou rôle que vous ne souhaiteriez pas tenir pour toutes raisons qui restent les vôtres.

Imaginez alors un monde bienveillant, attentif et généreux, abondant de compassion et d'attention, dans lequel chacun ait la place qui lui convienne avec un rôle actif qui profite à toutes et à tous, dont le but est en rapport avec ses désirs, ses compétences et ses plaisirs. Ceci me fait penser à l'Ikigaï de la personne, cette philosophie japonaise propre aux populations de l'ile d'Okinawa avec des dimensions identitaires de passion, de talents et de vocation. 

Il s'agit alors de l'activité que vous aimez, pour laquelle vous êtes doué, qui est utile à bien des gens et pour laquelle vous êtes reconnu, voire même "rémunérés" d'une manière ou d'une autre. La bienveillance appartient à ceux qui vous reconnaissent dans votre Ikigaï. Car celui-ci ouvre les portes des possibles et d'une place sociale pour chacune et chacun. Nous ne sommes que dans l'ombre des autres.

Ainsi, la bienveillance dépasse la charité et sa dimension de condescendance. Elle est reconnaissante et respectueuse de la personne qui est là, devant soi. Pour bien faire il serait intéressant que chaque bienveillant ait trouvé, réalisé son Ikigaï pour rayonner humainement et socialement. Alors, pouvons nous effectuer ce retour sur soi ?... 

Par ailleurs, je comprends aussi que la bienveillance est cette ouverture de la frontière vers un monde sans argent où "l'usage surpasse la propriété". Ce sont les communautés de vie qui organisent le lien social. Quand le néolibéralisme structurait une société individualiste, voire solipsiste et monétarisée comme si tous les échanges nécessitait un arbitrage extérieur pour la protection de la propriété, ailleurs existe un monde sans argent où se développe une société solidaire et bienveillante, parfois avec un sens collectif de la propriété, voire plus large encore. C'est aussi simple que ça. A suivre donc et à imaginer, puis à réaliser pour de bon...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 21 juillet 2026



Le carburant de notre système sociétal (14 07)

Quel est le carburant sociétal, le carburant de notre système sociétal ? Deux approches distinctes s'offrent à nous. En premier lieu, le sexe et l'argent nourris dans et par le néolibéralisme réputé triomphant. Un néolibéralisme débridé, quand on l'approche ou le “compare” avec la bienveillance et la compassion portés à bout de bras par un humanisme assumé…

Voilà, en l'espèce, et selon l'option prise, tout un projet de société qui sera donc, en termes d'alternative soit néolibéral, soit humaniste. Si, à la vue de cette question nous hésitons encore, ceci nous indique que notre société est déjà en perte de vitesse, de sens, et probablement même, en perdition. En effet, si ce sont des sentiments cupides et égocentrés qui nous dirigent, alors, la réponse est claire !... Nous allons droit dans le mur ! Néanmoins ce peuvent être encore les sentiments de la bienveillance et de la compassion qui nous animent. Cette seconde approche change du tout au tout la dynamique !

Jusqu'alors, j'entends fortement des paroles qui nous précisent que ce sont normalement et habituellement, le primat, et la prédominance d'un certain égocentrisme qui nous animent et légitiment tant nos choix que nos comportements. L'argument vaudrait dans toutes les phases de notre vie ordinaire. Ils nous sont présentés et annoncés comme logiques, et normaux... quand ils ne sont pas qualifiés d’incontournables, ou… de mécaniques ! Les anthropologues nous précisent pourtant que la société néolibérale est très loin d'être majoritaire dans le monde ! En effet, les sociétés dites primitives, [et de type animiste], demeurent les cultures les plus répandues sur le globe. Nous devrions alors avoir tendance à les reconnaître comme normales et naturelles, elles aussi. Mais c’est loin d'être le cas, et nos fantasmes occidentaux prédominent dans notre regard sur le monde !… C'est un peu comme si nos turpitudes étaient tellement fondamentales, qu'elles se transformeraient en un socle de… vérité[s] !

C'est alors que se pose la question de savoir si nous devons laisser ces sensations et ces sentiments nous gérer au quotidien, voire dominer nos vies ? Si nous devons lâcher prise et laisser faire ces pulsions puisqu'elle seraient "naturelles", venues dit-on du "cœur" de nous-mêmes ? Ou bien devrions nous nous "maîtriser" et gouverner nos pulsions comme le catholicisme césariste nous y invite et nous y amène ? 

Ce qui oriente nos acceptions et conceptions, lesquelles nous font socle de vie et de représentations, est la conception que nous avons de l'humain et donc de sa place en société et dans le monde. 

Si la conception égocentrée, individualiste et séparée nous habite, alors la pensée néolibérale s'impose à nous et nous happe. Elle prend toute la place du fondement de notre "vivre ensemble". Si, par contre, notre conception de "nous dans le monde" repose sur "un grand tout" d'identités interdépendantes, alors c'est la pensée animiste qui nous habite comme je l'ai développée dans mon ouvrage "La puissance de la pensée imaginaire" (Bookelis, Paris 2024).

À partir de ces prémices, dans une conception occidentale et néolibérale, ce sont le sexe et l'argent, qui dominent pragmatiquement le monde.

Dans l'autre cas, réputé humaniste et orienté vers la compassion et la bienveillance, nous avons véritablement pris le contre-pied. Ici, ce n'est plus, si je peux dire, qu'une question de choix de représentation, soit un choix déterminant que nous avons à faire en toute lucidité, c'est à dire en toute “compréhension” de ce qui est, et en toute intelligence du cœur. Laissons alors, ici, parler notre intuition profonde...

On pourrait être en droit de se demander si ces orientations relèvent d'une morale ou d'une éthique particulière ou pas. A partir de là, devrait-on se référer à une entité transcendante particulière ? Je vois poindre l'idée d'un dieu unique personnaliste... Mettons nous d'accord sur ce point : les religions du livre en relèvent et l'ont mis en avant, mais chacune est tournée plus sur le développement d'une puissance temporelle de leurs églises que vers l'élévation personnelle du quidam. Je veux dire par là que ces religions ont plus développé leur propre puissance institutionnelle que le chemin vers une sagesse personnelle, via un développement humain, un grandissement de connaissances ou de compétences, voire un développement spirituel personnel (d'où certainement ce rejet global de tout ce qui pourrait se retrouver sous ce vocable de "spirituel").Ainsi le dit développement spirituel personnel, il se retrouve littéralement "hors jeu”, et bien à l'écart.

De fait, deux dimensions se croisent à ce carrefour. La première est celle d'une divinité extérieure, “pilotée” par un collège clérical. C'est ce dernier qui en contrôle et en développe l'accès, le chemin ou la voie. La seconde, est celle d'un divin intérieur dont la seule démarche introspective devient le “moyen”. Et là, pas de troisième voie ! Nous retrouvons bien là en fondement, l'acception des grecs anciens : au fond de soi se trouve l'univers et les dieux.

 

Nous nous trouvons également devant un autre carrefour : celui d'une religion de soumission et d'obéissance, versus une démarche de développement aussi bien sociétal que personnel et spirituel. On retrouve ici la même distinction entre une religion du livre et une philosophie orientale telle que le bouddhisme, le taoïsme, le shintoïsme ou même dans une certaine mesure, le chamanisme…

Nous nous retrouvons alors, en terrain de connaissances, un peu “comme chez nous”, avec l'univers des rebouteux, les faiseurs de miracles et autres coupeurs de feu… Quelques égoïstes indifférents et néolibéraux tentent d'en monnayer l'activité et les effets. Ceci est totalement contre nature, même si, pour notre part, nous avons la gratitude “au bout des doigts”. Dans ce cas là, c'est la personne "soignée" qui offre et fait un don.

La marchandisation du soin de "don" relève de l'escroquerie, par l'appropriation de ce que tout le monde possède en puissance. Il n'y a pas de "don" mais la révélation d'une capacité ou d'une puissance éminemment partagée : on appelle cela le soin guérissant. En effet, si seulement quelques-uns en usent et en témoignent, les soignants, par ce processus, nous répètent que nous sommes potentiellement tous et chacun guérisseurs. Ainsi donc, monnayer ce soin, revient bien à escroquer le patient.

Nul n'est besoin de dire le chemin qui est le mien. C'est celui de l'âme humaine au détour d'un regard, d'un souffle bienveillant, d'une main compassionnelle. J'ai envie de dire que nous sommes en chemin vers ce monde tranquille auquel nous aspirons tellement, tous et chacun. Il n'y a rien à choisir, ni à définir. Il n'y a même aucun chemin tracé à suivre, il nous faut juste être profondément ce que nous sommes : des humains, c'est-à-dire des âmes, des esprits expérimentant “la dimension physique”, comme le proposait naguère, le philosophe jésuite Pierre Teilhard de Chardin.

Avant de conclure, je voudrais simplement rappeler que la réalité n'est bien souvent qu'un reflet de nous-mêmes. Nous prêtons à la nature des comportements anthropomorphiques. Nous disons à propos de réactions que nous constatons dans la nature qu'elles "résistent" ou qu'elles "décident", voire qu'elles "nous disent" quelque chose. Ce ne sont pourtant que quelques réactions logiques de ladite nature. Nous les qualifions même de "naturelles". Alors, soit nous accueillons le fait que la nature est une conscience profonde et nous pouvons alors maintenir ces assertions, soit nous restons dans la conception mécaniste du monde et nous ne pouvons plus les dire.

On peut ainsi affirmer que le carburant de notre système sociétal se situe bien dans notre regard, dans l'idée que nous avons de nous même. C’est donc cette idée que nous projetons sur notre monde. Nous retrouvons là cette posture qui permet que l'on s'accorde avec les autres, nos semblables, plus ou moins bien. Une ultime condition reste nécessaire : que nos représentations nous y “autorisent”... Gageons qu'elles nous donneront la “permission” !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 14 juillet 2026



Le progrès est-il juste conceptuel ? (07 07)

Nous vivons dans une culture qui valorise l'idée de progrès comme s'il était la logique ordinaire de l'état d'être, comme si la logique du réel était celle du devenir, comme si l'avenir aspirait le présent. Elle suppose a priori que l'actuel et le quotidien seraient insuffisants à dire "l'être de réel" et mériteraient un devenir prochain nécessairement réputé meilleur. C'est un peu comme si le progrès s'imposait logiquement de lui-même. Voilà une idée "in-concrète" qui prétend l'être, même à notre insu. Ce concept inonde notre vie ordinaire jusqu'au plus profond de nos dites "réalités".

De fait, ce concept de progrès suis la flèche du temps : l'après serait mieux que l'avant. C'est là, dans cette logique temporelle, que se construit le sens du progrès. Or, nous avons compris que cette orientation "finie", et qui fait sens, n'existe que dans notre regard. Comme nous le confie la philosophie bouddhiste, il n'y a qu'un seul temps : le présent. Toute classification dépend de notre conception du réel. Ainsi nous comprenons que notre notion de progrès est liée à notre conception linéaire du temps. Il n'y a donc pas plus de progrès que de temps multiples et consécutifs. Il n'y a de progrès que dans notre "perception provisoire du temps". De fait, la chaîne temporelle de conséquences n'existe pas !

Il en va comme de l'idée du dedans et du dehors des choses. C'est bien notre représentation du réel qui en traite et dirige nos consciences vers une collection d'objets finis. Il me revient cette remarque alchimique qui professe que "c'est le même auteur qui a confectionné l'intérieur et l'extérieur de la coupe". Ainsi, les concepts naissent et vivent dans l'esprit, dans la construction de la réalité, et non pas dans le monde ni dans la matière. Ils sont des éléments immatériels de notre construction de la réalité. 

La simple idée de remonter dans le temps, ou inversement, repose sur une conception absolument linéaire et matérielle du temps. C'est de cette façon que l'avant se distingue de l'après et que chacun d'eux dispose des mêmes caractéristiques d'un objet. Et pourtant, ce n'est pas le cas : ce ne sont que des concepts, des idées. Pourtant bien des mythes qui reposent sur cette illusion occupent nos réalités. En l'espèce le progrès subit les mêmes outrages du temps...

Aussi, de cette même manière, l'IA est présentée comme un progrès, même si certaines variables la déterminent comme régressive. Ainsi, l'idée de progrès implique une référence de sens et de valeur fléchant l'actuel vers un "autrement mieux". De fait, la question se résume de la façon suivante : en quoi le futur existe-t-il et en quoi sera-t-il meilleur ? Quelles conséquences serions nous en droit d'attendre de cet hypothétique mieux, dit progrès ? De quels bienfaits devrait-il nous combler ? Voilà autant de questions qui relativisent cette notion là. Ce référentiel de progrès est dont totalement subjectif et quelque culture que ce soit le remettra nécessairement en cause. 

Si la notion de référence au progrès est le gain, le pouvoir, l'humanisme, la bienveillance, la beauté ou l'émotion, alors la nature du dit progrès sera bien différente selon chacune de ces variables de référence. Et son constat, sa lecture, sa réalité le seront également. En fait, tout dépend de l'observateur et de ses critères. Il n'y a donc pas de notion de progrès sans une référence à au moins une valeur ou à un mythe qu'incarnent parfois quelques légendes. Au delà, l'idée de progrès tombe par manque d'objet et de chemin d'ordre...

Ce sont donc les notions de temps et de références normatives qui font qu'il y a progrès ou pas, que la notion même existe ou non. La gestion de la question de progrès ne relève pas d'une logique mathématique. Elle est juste imaginaire et symbolique. Comme dans bien des problématiques de notre réalité, elle dépend entièrement de nos représentations.

Si la science tend à tout expliquer, elle ne répond à aucune des questions essentielles de sens. Comme : que faisons nous ici bas ? Qui sommes nous ? Pourquoi sommes-nous là ? Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce que dieu ? Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce qu'un miracle ? Quel est le principe des coupeurs de feu et des faiseurs de secrets ? Pourquoi aimer ? Qu'est-ce que le réel ? L'esprit a-t-il un impact sur la matière ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ? Qu'est-ce que la vérité ? Qu'est-ce que la propriété, et selon quels critères ? Quelles sont les variables de la réalité ? Celle-ci se résout elle dans les mathématiques ? Etc. Etc... 

Ainsi, la quête de sens oblige et permet une reconstruction du réel en réalité, et ce jusqu'à l'inventer et inventer les lois qui la régissent. Ainsi, comme l'écrivait le psychosociologue Serge Moscovici, "les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve".

Gardons en mémoire que l'humain a besoin de rituels qui lui permettent de se regrouper en assemblée accueillante, donnant du sens à chacun en tant qu'être, mais aussi dans sa vie et dans son environnement. L'humain a besoin de sens et de reconnaissance, d'appartenance, d'identité, bref de concepts avec des limites qui restent à franchir ou pas. C'est ce que lui proposent les religions, les partis politiques et les clubs de tous ordres. Comme le disait Joshua selon Frédéric Lenoir, "rites et religions sont des moyens, pas une fin". 

A la différence du conservatisme, le "déjà là" est le socle de vérité, et donc l'ordre du progrès. Ainsi, pour les conservateurs, le passé montre le sacré et le vrai. Il contient la référence. Pour lui, il faut y revenir et le perpétuer parce qu'il est la vérité, la référence. La tradition est la preuve du vrai et nous n'avons pas fini de le réfléchir... Tandis que pour les progressistes la logique d'un après meilleur s'installe comme définitive, voire universelle. Ainsi, l'idée de progrès se présente-t-elle systématiquement comme simplement conceptuelle et incontournable. Nos réalités ne sont jamais que ce que nous avons dans la tête et nous ne sommes pas encore prêt d'en sortir. Dont acte !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 7 juillet 2026

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