mardi 20 juin 2023


" L'Humain au cœur - La force du vivant "

Le sociologue veut comprendre le monde, le troubadour le raconter...

Aller plus haut, plus loin, est le rêve de tout un chacun, comme des "Icares" de la connaissance. Seuls ou ensemble, nous visons à trouver un monde meilleur, pour soi, pour les siens ou pour tous. Nous le voudrions plus dynamique et plus humainoù l'on vit bien, progresse et travaille mieux. 
Bien manager, c'est d'abord devenir la meilleure version de soi-même pour que son travail  et celui de chacun produise la belle oeuvre dont tous seront fiers. L'efficience dans le vivre ensemble relève de la culture et de la posture de chacun.
Patron, président, manager, décideur, collaborateur et toute personne désireuse de progrès, ce blog est pour vous. Fouillez ! Lisez ! Partagez !
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mardi 12 novembre 2019

La question du sens nous a quitté

Une enquête, présentée sur une grande radio d'information, faisait état d'un changement de comportement des consommateurs, ceux-ci étant identifiés comme étant davantage en quête de sens. Le présentateur précisa aussitôt qu’ "il ne s'agissait aucunement d'une recherche de plus de “raison d'être”, car ceci n'avait pas de sens,... mais d'une meilleure relation client-fournisseur, avec plus d'écoute et d'accueil." L’affirmation me laissa perplexe...
Je me souviens de cette petite phrase si juste du journaliste Didier Porte : "le capitalisme a besoin que nous ayons envie de ce dont nous n’avons pas besoin." Voilà pourquoi, même les sondeurs et les prétendues études sociologiques sur notre économie "oublient" (volontairement, peut-être) de traiter de la raison d'être des choses, des produits, des services, et des marchés,... mais aussi la nôtre.
Alors, pensez le sens de ses actions dans les modes de production actuels, parler de la raison d'être des entreprises et de celle des "œuvreurs" (sens premier d'ouvrier) dans lesdites entreprises devient donc totalement incongrue.
Et pourtant, c'est bien cette réponse-là que nous avons perdue… celle dont justement nous avons tant besoin. Alors, les questions reviennent "par la bande" : Que faisons-nous là ? Pourquoi nous le faisons ? C'est pour quoi faire ? Ça sert à quoi ? Qui sommes-nous ensemble ? Pourquoi on nous parle de ça ? mais aussi : Pourquoi on ne nous en parle pas ? Etc. Voilà que toutes ces questions remontent à la surface sociale par les canaux les plus divers, que ce soient ceu  des gilets jaunes, ou de quelques honnêtes policiers ou gendarmes, voire de tout un chacun.
Oui, si la question du sens nous occupe tout un chacun, elle a totalement quitté notre système sociétal. Dans les systèmes gestionnaires de nos organisations que produit le "management comptable" actuel, personne ne sait à quoi il sert ni à quoi sert l'organisation dans laquelle il et elle opère.
J'ai longuement donné des cours de management à des cadres et cadres supérieurs de la territoriale (et autres). Chaque fois que j'ai posé la question : "A quoi servent nos entités ? … nos institutions communales et départementales ? Je me suis trouvé devant un mur de silence rompu par quelques réponses hésitantes de type : "...le service public ?"
Il est exact que la vocation d'une commune et d'un département s'inscrit dans une mission de service public. Mais quel est ce service pour lequel les personnes et les institutions sont là ? J'ai dû à chaque fois faire œuvre de pédagogie pour amener les participants vers une réponse factuelle, audible et crédible. Cela pourrait s’apparenter à quelque chose de l'ordre de : "Assurer le développement économique et social du territoire"... Ce qui me paraît constituer la moindre des définitions, car c'est bien là que s'en trouve le sens. Alors, tous en convenaient, mais chacun de dire aussi : "Personne ne nous en parle. Vous savez, on trouve tout seul notre sens au travail !"...
Dans l'audit social que j'ai mené dans un département (mais j'ai bien vu que cela valait pour les autres), chaque fonctionnaire territorial disait trouver son sens au travail dans son activité immédiate, à l'aune de la "confrérie" des collègues. C'est dans leurs échanges et leurs partages que le sens s'élabore. Ainsi, les travailleurs sociaux, les travailleurs des routes, les gestionnaires RH, racontent, souvent avec fierté et bonheur, leur raison d'être, c'est-à-dire ce qu'ils font, ce à quoi ils servent, ce à quoi ils sont utiles. Et chacun puise ce contenu-là dans "l'évidence du quotidien".
Personne ne leur a donné le sens de l'action de leur service, ou de leur direction. Mais, eux-même dans les échanges professionnels, font perdurer “la question du sens”, celle qui justement leur est propre, en la prolongeant. Gageons d’ailleurs que ce ne serait peut-être pas tout à fait celle que formuleraient leurs dirigeants... Bon nombre d'entre eux ajoutent dans les entretiens qu'il s'agit là de la meilleure raison de se lever le matin pour venir au boulot...
Alors que ma direction me confiait la création d'un service "Management et conditions de travail" au département où j'exerçais, il me souvient avoir commencé par là : la question du sens. J'ai commencé par écrire un texte fondateur précisant ce que visait l'activité de ce service. En résumé : "agir pour développer partout du bien-être au travail et pour une efficience accrue en direction des citoyens". (C'était là l'orientation du management que je me proposais de développer dans l'institution). J'y déclinais ainsi les orientations et les moyens, comme la formation au management, l'accompagnement des managers, la médecine du travail, la communication interne, etc.
Quand j'ai présenté le projet, une médecin, la plus ancienne personne parmi nous, me reçut par ces seuls mots : "Ton truc, ça ne marchera pas, ça ne tient pas la route...". La partie semblait difficile. Alors j'ai pris mon temps et nous avons fait seize réunions de travail en commun, allant de la raison d'être jusqu'à l'organisation managériale et physique du service. Nous avons même évoqué la question (essentielle) des locaux. Au bout de la seizième réunion de travail, alors que le DRH me pressait, la même personne, (la plus ancienne), nous dit : "Voilà, nous tenons notre projet !" et la mise en place était partie. Nous étions passés, grâce à ce travail collectif pratique, sur la raison d'être dans toutes ses déclinaisons, du "ton truc" à "notre projet".
Récemment, une ancienne collaboratrice me racontait "l’univers" dans lequel elle évoluait : "Personne ne sait plus à quoi il sert, me disait-elle. Personne n'a d'objectif de réalisation. Nous croulons sous les objectifs de gestion. Le sens de l'oeuvre a disparu. Nous vivons dans une agitation gestionnaire et comptable. C'est tout. Tu es vraiment parti au bon moment..." J'en souffrais, et voilà pourquoi je garde toujours un œil attentif sur le monde, sur les évolutions sociétales, grâce aux différents contacts que j'entretiens avec le terrain.
Si je devais faire une "synthèse" de ce constat, je dirais que nous somme face à une société de la "seule consommation", où son sens et sa raison d'être s'épuiseraient dans cette seule perspective. Les gens eux-même "consomment" leur environnement sociétal comme ils sont consommés par lui. Tout échange, tout lien social, passe par ce principe de consommation. Cela laisse augurer de longues et pénibles frustrations, et de lourdes désorientations...
Mais l'observation ne s'arrête pas là, bien entendu. Dans nombre d'études qui ont été conduites sur des gens "qui se pensent heureux dans leur vie", on constate qu’ils sont quasiment tous impliqués dans des activités de type bénévolat. Pourquoi cette coexistence de bonheur et de bénévolat ? Parce que ce système-là a l’avantage de tisser, autour d'une forte raison d'être, des liens sociaux interpersonnels très forts au sein de communautés vivantes, actives et présentes. Par cela, il offre la particularité de renforcer l’estime de soi chez la personne dès lors qu'elle se sent utile. Voilà qu'ici la question du sens est non seulement traitée, mais honorée, mise en avant, priorisée.
De manière fortuite, nous avons constaté que ce phénomène de lien social, de construction du sens “autour d'une oeuvre”, avec cette expérimentation d'un sens partagé, était très présent sur les ronds-points des gilets jaunes. C'est très certainement ce qui a pu faire le plus peur à nos gouvernants : l'émergence d'un monde fort d'une autre raison d'être dans leur "démocratie libérale totalitaire" au seul profit de quelques-uns.
Nos gouvernants se disent libéraux. Ils se disent démocrates. Et ils font tout pour éteindre l'émergence de pensées autres que les leurs. Les grands débats qui nous ont été proposé sont des explications de texte où un "maître" (ou un "gourou"), développe ses explications, valide et invalide les arguments, trie les causes en recevables ou non, jette l'anathème sur les contestations, etc. Je repense à cette phrase ignoble : "On ne peut pas parler de violences policières dans un état de droit !". Eh bien oui, on aimerait bien pouvoir ne plus en parler... Ce serait mieux...
Mais pourquoi tous ces dérapages, pourquoi toutes ces pertes de sens ? Parce que notre société dite libérale n'en a plus. Parce que le seul objectif actuel consiste désormais en la conquête de bénéfice et de pouvoir pour encore plus de richesses pour quelques-uns. Toute "raison d'être" serait l'ouverture d'une brèche pour la déconstruction de ce totalitarisme-là. S'oppose alors la puissance de domination à la puissance de réalisation. Laquelle choisissons-nous ?
Dans ces conditions, que pouvons-nous faire ? Que devrions-nous faire ? La réponse nous est donnée par ce que font les alternants culturels. C’est justement ce que font bon nombre de gilets jaunes : construire, dans le "bac à sable" de cette société décadente, un nouveau monde d'acteurs solidaire et libertaire. Ce dernier terme me semble mieux approprié que "libéral". Si celui-ci souhaite libéraliser les comportements guerriers des plus riches, celui-là nous dit clairement que nous n'avons pas besoin de dirigeants, que nous sommes en mesure de développer un monde efficace en toute fraternité. Tiens, pendant ce temps, on voit que ce dernier terme s'effrite sur le fronton de nos institutions...
Jean-Marc SAURET
Le mardi 12 novembre 2019

mardi 5 novembre 2019

Comme un poisson dans l'eau

Cette expression en titre exprime, quand nous l'utilisons, l'adéquation de la personne avec son milieu, son agilité dans le contexte dans lequel elle évolue. Mais ce que nous ne gardons pas en mémoire c’est que tout un chacun n'est rien, voire n’existe pas, sans son environnement. Ainsi, nous pourrions dire aussi "Comme un oiseau dans l'air", car si en l’absence d’eau, le poisson meurt, de la même façon, sans air l'oiseau tombe et meurt lui aussi.
Qu'en serait-il de l'être humain sans son environnement ? Deux éléments nous apportent une réponse.
Le premier, et j'en ai déjà parlé et même plusieurs fois évoqué, est donné par l'expérience dite interdite, et tentée à plusieurs reprises depuis des siècles. Celle-ci s'est toujours terminée de la même manière : Il s'agissait de laisser seuls et ensemble des nouveaux-nés pour voir quelle langue ils allaient spontanément pratiquer.
Ils étaient nourris, soignés, mais n'avaient aucun rapport avec qui que ce soit. Il s'est à chaque fois produit le même résultat : les enfants mouraient. En effet, sans socialisation, les nouveaux-nés ne survivent pas.
Le second élément, est donné par l'ensemble des tentatives réussies consistant à propulser un être vivant dans l'espace, hors atmosphère et gravitation. Nous avons très vite compris que pour survivre, l'être vivant de la terre avait besoin, d'une part, d'une pression atmosphérique suffisante afin qu'il "n'éclate" pas et ne se répande dans le vide, et d'autre part, d'air composé d’oxygène et autres gaz dont il dépend.
Ainsi, nous voyons bien que l'être vivant de la terre, et donc l'être humain, a besoin d'un environnement physique et social, parce qu'en dépendent sa vie et sa survie. Comme nous l'avons évoqué à plusieurs reprises, tous les êtres vivants sont à la fois interdépendants et aussi dépendants de leur environnement.
Nombre de cultures originelles, celle de ces civilisations que l'on nomme "peuples premiers", parce que leur existence, leur philosophie et leurs pratiques nous ont précédées, l'affirmaient aussi dans leurs rites, pratiques et cultes. Nous sommes, comme le proclament les philosophies orientales du bouddhisme, shintoïsme ou hindouisme, éléments intégraux d'un grand tout que nous nommons l'univers.
D'autres cultures occidentales, dans leurs énoncés religieux, l'évoquent aussi : "Tout ce que vous faites au plus petit d'entre vous, c'est à moi que vous le faites". Mais peut-être n’avons nous pas bien compris la leçon, et avons jeté le bébé avec l'eau du bain.
D'accord, nous sommes tous interdépendants et partie intégrante de notre environnement, lequel est partie intégrante de l'univers, et alors ? Ce que l’on peut affirmer, à partir de là, ce sont les conséquences...
Tout d'abord, nous savons que nous vivons en fonction de notre représentation du monde et de “soi”, dans ce monde,... mais aussi de la question du sens que nous lui trouvons et que l'on se trouve...
Cette conscience de nos interdépendances ne vient-elle pas assurément changer bien des choses dans le sens du monde et de nous-même ?

Ainsi, rien de ce que je fais à la nature qui m'environne, n’est anodin. Il en va de même pour cet autre dont je dépends, et auquel je suis étroitement lié. Je lui appartiens autant qu’il m'appartient, dans la mesure où nous sommes tous deux partie prenante de l'univers entier. Si je commets quelque chose de dommageable, alors c'est à moi que je le fais. Dès lors, la préoccupation écologique devient une tautologie.
La physique quantique développe le principe de l'intrication. C'est à dire que deux atomes qui ont été en présence, même séparés par d’extrêmes distances dans l'univers, réagissent chacun et de manière identique aux stimulis que l'un reçoit.
Cette même physique quantique nous indique que si la matière est faite de 99,9999...% de vide et le reste d'énergie, tous les éléments sont reliés dans un champ électromagnétique, lequel est la composante du vide. Je ne développerai pas ce thème dont je ne suis que lecteur et donc non-spécialiste. Mais nous pouvons en tirer la conclusion que nous sommes donc tous et chacun relié à tout et à tous.
Ainsi, nos interdépendances augmentent encore... Alors, comment ne pas s'aimer soi-même en rejetant sur d'autres et sur des environnements peu favorables le mal que nous pensons subir ? Pourquoi combattre et haïr l'autre, cet autre soi-même ? C'est bien là se combattre et se haïr soi-même. Pourquoi se vouloir autant de mal dans les anathèmes et condamnations que nous proférons à l'encontre d'autres soi-même ?
Quand nous aurons bien réalisé ces données, celles que justement la science et la raison nous rappellent, alors nous serons sûrement comme des poissons dans l'eau.
Jean-Marc SAURET
Le mardi 5 novembre 2019

Lire aussi  "Donner du bonheur aux gens"





mardi 29 octobre 2019

S'auto-valoriser ou souffrir pour grandir ?

Nous vivons dans une culture qui valorise l'effort. Ce faisant, elle valorise aussi la souffrance, la douleur, la présence de difficultés, etc. Que disons-nous d'une personne qui n'a jamais trop ''forcé'', pour arriver à ses buts ? ...qu'elle est née avec une cuillère en argent dans la bouche, qu'elle est un fils ou une fille à papa, etc... Il est pour nous inconcevable d'arriver à un bon résultat sans efforts, sans douleur, sans difficultés. Nous pensons même, traditionnellement, que les difficultés et les souffrances nous font "grandir"...
Or, dans toutes les approches du succès, du développement personnel, nous voyons que sa propre visualisation sur le "podium", c'est-à-dire de s'imaginer dans le succès déjà là et que nous sommes en train de le savourer, est bien plus efficace que bien des stratégies de l'effort. C'est là une idée de marchand. Tout se paye... Mais si la monnaie n'était ni la douleur, ni l'effort ? Et si la monnaie était déjà le plaisir ?
Dans le management, nous apprécions l’impact de la reconnaissance des qualités, des compétences et des savoirs d'une personne. De la même façon, la reconnaissance de sa personnalité s’avère déterminante dans l’obtention de bons résultats. Ces considérations sont le gage de la réussite, et bien plus opérants que la pression et les contraintes...
Aujourd'hui, la tendance forte en management aux Etats-Unis est la valorisation des compétences développées, des engagements, associées au ''positif'' de la personne. La conduite de projet va ainsi s'appuyer sur ces éléments pour développer davantage de savoir et de compétences. 
Si le collaborateur est un bon gestionnaire, on l'invitera à apporter et investir cette compétence dans un projet lambda, lequel, s'il porte sur de la créativité par exemple, ou du travail en équipe, voire sur de l'imaginaire ou de l'esthétique, permettra à ladite personne de développer ainsi des qualités de créativité, de collaboration, d'imagination ou d'esthétique. Cela apparaît comme la meilleure manière de développer les compétences organisationnelles, les savoirs des membres, les succès et la dynamique d'une organisation.
Alors, qu'avons-nous à faire nous-même pour atteindre nos objectifs ? Travailler comme un acharné dans la souffrance des efforts, ou dans la passion dynamique en pariant sur la vision du succès ? Le choix est clair et c’est bien en privilégiant nos savoir-être et nos savoir-faire avérés que la réussite s’imposera. En d’autres termes, et si le succès dépendait du bonheur que nous avons à réaliser nos contributions et nos tâches ?
Force est de constater que le succès, la réussite, sourient bien davantage aux gens heureux et enthousiastes qu'aux souffreteux. C'est malheureux pour notre culture, mais c'est comme ça ! Que dit-on aux sportifs pour qu'ils gagnent ? "Faites-vous plaisir !"
Ainsi, pour mettre un maximum de chances de son côté, mettons d'abord le plaisir de faire avec nos savoirs et qualités personnelles avant de nous mettre au "travail"... N'en déplaise à nos dirigeants atteints de "gestionnite" aiguë.
Oui, le mot "travail" vient de cet instrument de torture que les Romains nommaient "tripalium"... Le premier usage que nous avons fait de ce mot dans notre langue a été associé à l’accouchement et à ses douleurs. D'accord, mais nous pouvons retourner la situation et affirmer que le bonheur est dans l'action, dans la réalisation, dans l'accomplissement.
Dès lors, valorisons nos capacités à réaliser, à réussir, parions et faisons parier sur nos compétences, sur nos vécus et nos savoir-faire, pour atteindre nos résultats, nos buts, nos espérances. Nous avons alors, bien plus de chance de les atteindre.
Ainsi, si l'on parle de nous en mettant en avant la présentation de qualités, de compétences, voire d'expertises, cela commence plutôt bien.
Si nous en sommes nous-même persuadés, alors nous aurons envie de travailler avec cette personne qui nous a reconnu et nous a ainsi présenté. N'est-ce pas? Ceci m'est arrivé à plusieurs occasions et j'en ai toujours été très heureux. Nous avons alors fait ensemble du bon travail.
Il est possible que d'aucuns veuillent objecter que nous sommes là face à un risque de biais : l'autre pourrait s'engouffrer dans la brèche de l'éloge pour tenter de nous abuser. C'est possible, mais qui résisterait à la reconnaissance ? Celui qui prendrait la reconnaissance pour une flatterie n'a très certainement aucune certitude d'avoir les compétences ou les qualités dont on le loue. Un long travail l'attend donc... Le "louangeur" devra être prêt pour l'accompagner. Il nous faut avoir la responsabilité de nos propos et de nos certitudes. Dés lors, tout va bien se passer...
De toute manière, comme dit le proverbe, ''le mensonge est comme un cracher en l'air ; il retombe toujours sur le menteur''. Alors, faut-il s'auto-valoriser sincèrement ou souffrir pour grandir ?
Jean-Marc SAURET
Le mardi 29 octobre 2019

mardi 22 octobre 2019

Le problème est la trahison de la promesse

Lors d'une conférence, une personne de l'assistance me demanda comment se faisait-il que les personnes se révoltent contre un pouvoir dont la stratégie de communication s'affine de jour en jour. Je lui répondais que si l'humain est socialement influençable, il était individuellement critique et analytique. Il s'agissait, alors, peut-être d'une question de trahison de la promesse. 
Si vous dites à un enfant que s'il obtient un dix en dictée vous lui offrirez un éclair au chocolat dont il raffole, ne vous avisez pas de ne pas tenir votre promesse. L'enfant risquerait de s'en souvenir toute sa vie et votre relation avec lui serait définitivement biaisée, peut-être même rompue, au moins corrompue.
Avec nous-même, il en va de même. Si l'on nous promet un programme politique et qu'il n'est pas tenu, alors ce personnage politique-là peut aller faire sa vie ailleurs. Son rapport au peuple est "cramé".
La personne me rappelait que Charles Pasqua avait dit cette phrase célèbre : "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". C'est bien là une pirouette de politique, mais le fait est que si vous trahissez la promesse, rien ne va plus. Si en outre on vous annonce que les promesses ne sont que fariboles, alors c'est toute la démarche politique qui est corrompue, et le crédit rompu.
On peut se tromper. On peut rater. On peut être en retard, mais quand l'annonce a été faite, il ne reste plus qu'à faire ce que l'on a dit. Le pire, en effet, qui puisse arriver est la trahison de la promesse. C'est simplement là la question de fond de la confiance.
Le pire arrive quand les gens n'attendent plus rien de vous. Vous ne représentez alors plus grand-chose à leurs yeux. Leur défiance augmente, la méfiance aussi et ils se détournent de vous. Si l'espérance ou l'attente de quoi que ce soit, ne serait-ce qu'un bout de rêve, n'est plus de mise, alors le seul motif à vous porter un peu d'attention sera la compassion ou la pitié. On change là radicalement de registre.
Plus nous avançons dans le champ de l'évolution sociétale, c'est-à-dire que nous passons de la modernité à l'alternance culturelle via (ou pas) la postmodernité, plus nous lâchons la "respectabilité" ou l'autorité de l'autre pour sa sincérité, pour ce qu'il ou elle est réellement. Alors, dès lors il n'y a plus de chefs et de vassaux, mais des "collaborants" aux responsabilités particulières et distinctes. Ce sont ces postures-là qui s'imposent avec l'alternance culturelle, que j'appelle aussi, l’ère quantique.
Ainsi, la question de la promesse prend une dimension prépondérante. La promesse engage totalement non seulement la personne qui la propose, voire seulement l'inspire, mais aussi tous ceux à qui elle est destinée, ou pas, simples entendants... car toutes les relations en réseau des "alternants culturels" reposent sur la promesse de réalisation ou de contribution. Cette promesse est le nœud, voire le moteur, des relations circulaires dans le réseau. C'est la qualité "sine qua non".
Ainsi donc, plus nous avançons dans le temps, dans l'évolution sociétale et plus la trahison de la promesse est sensible, "disqualifiante", voire destructrice. Il n'y a alors plus de projet possible puisque la relation repose sur la confiance de facto dans la promesse de potentiel, de "faire", d'apports, de contributions, d'engagements, de réalisations.
Voilà pourquoi nombre de "gilets jaunes" ayant expérimenté sur les ronds-points, quelque chose de la solidarité, de la reconnaissance mutuelle et réciproque, de la possibilité de produire, de créer, d'inventer l'avenir, ouvrent un rapport à l'autre hors de toute autorité, de toute représentativité. Ils veulent désormais un rapport direct et sincère, et donc que la promesse induite soit tenue, honorée. Comme elle ne l'est pas, la confiance est perdue et ces gens-là commencent à reconstruire un monde ailleurs, alternatif, voire sans les riches ni les politiques...
Jean-Marc SAURET
Le mardi 22 octobre 2019