"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Nous ne sommes que de l'autre (22 09)

Je lisais la longue liste des remerciements de Mona Lisa Schulz au début de son ouvrage, "Le réveil de l'intuition", et je me disais qu'effectivement, on ne vient pas au monde tout seul, ni humainement, ni professionnellement, ni passionnément. Je réalisais alors que si j'avais déjà remercié mes parents et ma famille d'être ce que je suis, je n'avais jamais dit un seul mot à propos de toutes ces personnes qui ont jalonné mon parcours social et sociétal. J'ai envie et je me dois de le faire, et je le fais maintenant (voilà qui risque de prendre du temps...). Ceci renforce ma gratitude et son efficience.

Je repense à mon professeur de français en sixième, l'abbé Normand, particulièrement apprécié de tous les gens qui l'ont côtoyé. Il reconnaissait la valeur de chaque personne et avait compris ce qu'était ma dyslexie importante. Après chaque dictée qu'il nous faisait, il m'accueillait à son bureau avec mon cahier lors de la correction, pour me raconter et m'expliquer les "fautes" que j'avais pu faire. Sans jugement ni aucun reproche, il corrigeait mon écriture tout en commentant pour la classe entière les raisons pour lesquelles "ça s'écrivait comme ça !"...

Je repense à ce pasteur évangéliste qui, vers l'âge de mes vingt ans, m'a accordé son temps, sa bienveillance et son écoute pour m'accompagner dans ma réflexion sur moi-même, sur qui je suis, mes aspirations, mes espoirs et mes doutes questionnants.

Je repense aussi à mon ami d'enfance Daniel Guillemin et frère de cœur, pour tous ces partages et cette amitié sans jugement qui nous a liés et nous lie encore dans des échanges et partages réciproques depuis plus de soixante ans.

Je repense à cet avocat d'origine iranienne, Ardavan Amir Aslani, dont la brillante intelligence et la grande culture m'inspiraient. Je lui avais confié mon envie de reprendre des études après un baccalauréat déjà lointain. Je lui disais mon profond désir de commencer la fac à l'université de Saint Denis. Il m'invita à revisiter ma position contraignante de jeune papa, et m'indiqua alors l'EHESS, l'Ecole des hautes études en sciences sociales, au fonctionnement plus adapté à ma situation de jeune père au travail et de commercial dans le groupe La Poste. Sans son amitié, ses conférences doctes qui m'impressionnaient, et ses conseils avisés, je n'aurais jamais pu honorablement commencer ces études de psychosociologie.

Je repense à Denise Jodelet qui m'accueillit à l'EHESS, me fit confiance dans ma situation particulière et qui, avec compassion mais sans concession, m'accompagna jusqu'au diplôme de l'école. Elle m'y fit découvrir d'autres professeurs, comme Philippe Besson et Serge Moscovici dont j'appréciais la profondeur de pensées et l'attention à ce que les étudiants pouvaient produire.

Je repense à Michel Maffesoli dont les conférences m'impressionnaient aussi, même si parfois au début, je ne comprenais pas grand chose. Il m'avait pris en amitié et nous sommes toujours amis à ce jour, et je crois avoir presque tout lu de son œuvre. Son influence est certaine sur mon travail et ma façon de réfléchir sereinement et profondément.

Je repense à mon ami Thierry Groussin qui, à la suite d'une observation sociologique au Crédit Mutuel (une commande à l'ENSPTT où je travaillais), m'a ouvert les portes des séminaires qu'il menait. Il m'a généreusement invité à y contribuer, et m'a associé à toutes ses connaissances, passions et intérêts. Il m'a fait rencontrer bien d'autres personnes de grand intérêt et m'a aidé, tant professionnellement qu'amicalement, jusqu'au jour où, l'appelant, je tombais sur son fils qui m'en apprenait le décès... Bien triste instant !

Je repense aussi, bien sûr, à mon ami, comme mon frère, Jacques Campargue, dont j'ai été et suis toujours comblé de ses marques concrètes d'affection, d'amitié et d'entraides dans mes périodes difficiles. Il continue généreusement à faire la relecture de mes articles avec tant d'attention, de respect et d'inspiration, un peu comme un bâtisseur de tous les jours, et je lui en suis toujours autant reconnaissant.

Je repense aussi à Bruno Mannoni, auprès de qui je poursuivis durant trois années une analyse lacanienne et qui supporta mes turpitudes avec raison et bienveillance. Et puis, je repense à Ghislaine Clot-Lafleur, ma responsable au Bureau d'Etudes et Conseil de l'ENSPTT, à Gilbert Hafner et Jean-Pierre Van Deth, ses directeurs successifs devenus de vrais amis sincères. Tous trois m'ont accordé leur confiance et laissé travailler et produire comme il me semblait être le mieux. Merci pour toute la confiance en moi que vous avez produite de par votre bienveillance.

Chacun m'a fait rencontrer et me confronter à d'autres personnes de talents qui m'ont apporté une pierre dans mon édifice personnel. Je repense au professeur Alain Houlou qui me fit découvrir Schopenhauer, à Bruno Etienne qui m'initia à l'anthropologie, à mon frère Alain qui me fit découvrir Saint Augustin et bien des philosophes anciens, à mon autre frère Marie-Jean qui me fit découvrir et même rencontrer bien des grandes figures de sa spécialité, la psychanalyse lacanienne. Je souhaite et j'espère avoir toujours fait le meilleur usage de leurs apports et conseils précieux. "Nous ne sommes vraiment que de l'autre" comme le proposait Lacan. L'environnement social est bien la partie structurante de ce que nous sommes.

Il est sûr que j'en oublie encore, comme Jean Cadorne, Andrés Porcet, le père Emmanuel de Floris, Vincent de Gaulejac ou Monsieur Tournier, un de mes employeurs. Je repense encore à tous ceux qui m'ont un temps bousculé (parfois les mêmes) et que je n'ai alors pas beaucoup aimé. Sans aucun d'eux je ne serais là, dans ce monde, à la place qui est aujourd'hui la mienne. Je repense aussi à tous ceux qui m'ont inspiré sans qu'ils le sachent, que j'ai lus et relus sans que leur présence physique ait été effective. Ici la liste serait bien trop longue, depuis Jung ou Proudhon jusqu'à Rupert Sheldrake, Hannah Arendt, Matthieu Ricard et je recite avec attention et affection mes frères Alain le philosophe et Marie-Jean le psychanalyste. Ce blog n'y suffirait pas...

La vie est une succession de rencontres fortuites, chanceuses, offertes ou provoquées. Ce sont elles qui nous étayent et nous façonnent si tant est qu'elles soient de bonnes personnes et que nous les abordions avec l'humilité de circonstance. Je le redis encore, comme le disait Lacan, nous ne sommes que de l'autre. D'autres et moi-même pourraient ajouter que nous sommes aussi "dépendants de notre environnement, de nos relations et de ce que nous en avons fait, même après avoir subi et vécu". A toutes et tous, Merci ! Il est si bon de se souvenir de chacune et de chacun dans les "apports" bienveillants et ouverts qu'ils m'ont prodigués... ou pas, mais que j'ai entendu.

Ainsi, le monde dans lequel nous évoluons et vivons est un construit social, fait de croisement d'expériences, de croisements de points de vue, de là où chacun regarde. Ainsi, nous voici avec un "monde" commun, une somme de représentations sociales partagées qui font le socle référent à chacune de nos expressions. Dès lors, nous savons que l'autre nous comprend quand nous lui parlons. Ce ne sont essentiellement que les références communes qui font que nous nous comprenons. 

Mais, dès lors que l'un développe des aperçus plus singuliers, il se dissocie du panel de représentations sociales communes, il s'en distingue mais toujours ne parle qu'en références à ses propres représentations. Alors il arrive que l'autre fasse répéter, voire tourne la tête, se détourne de la conversation, ou vous tourne le dot. Certains vous diront en face ce qu'ils en pensent mais la majorité non car ils ne comprennent peut être pas ce qu'il se passe. D'aucun dirons que vous êtes abscons ! 

Je me souvient bien de ce collègue qui me lâcha un jour que je parlais ou écrivais "comme Jacque Lacan", lequel était réputé ne parler que pour lui même, voire n'écrire que "pour ceux en capacité de comprendre". Alors, si une pensée se singularise, les autres auront du mal à vous suivre. Je sais que c'est aussi quelque chose qui me poursuit. Mais je ne suis pas le seul et je l'ai souvent aperçu chez des personnes pourtant bien intéressantes dans ce qu'elles portaient. Ainsi ce sont bien des autres quelque peut différents qui, nous précédant, font que nous sommes encore présent dans le champ du discours, dans l'espace social, qui fait que nous existons encore un peu quelque part.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 22 septembre 2026




L'être humain ou la machine biologique (15 09)

Je m'attardais sur un article rendant compte de causes de la longévité d'habitants de petits îlots civilisationnels. Je lisait la litanie matérielles de causes biologiques. C'est fou le nombre d'études qui s'attardent et ne s'intéressent qu'à des données et conditions matérielles pour tout comprendre, par exemple et notamment sur les causes de la santé. Un moment de l'article traitait de la longévité connue des habitants de l'ile d'Okinawa au Japon. Ces lignes invoquaient le "Ara Achibou", un principe d'alimentation cadrant la satiété. Cette pratique propose de cesser de manger à quatre vingt pour cent de la satiété et maintenir cet équilibre à chaque repas. L'article posait cette pratique comme étant la raison de la longévité des habitants de l'ile et détaillait les conditions, causes et raison biologique de cette pratique. La cause était là donc mécanique, matérielle, voire une chaîne de réactions physiques ou chimiques.  

Or, j'avais déjà lu plusieurs articles et ouvrages sur le longévité de ces habitants là. La cause invoquée alors était la pratique philosophique de l'Ikigaï. Ceci consistait à garder en tête et dans son fort intérieur une "raison d'être" particulière. C'est aussi ici l'une des traductions du terme, l'autre étant "joie de vivre". Cette raison d'être repose sur quatre piliers : "ce que j'aime faire", "ce pour quoi je suis doué", "ce dont les autres ont besoin" et enfin "ce pourquoi je suis rémunéré" (évoquant la socialisation). Cette élaboration aligne sa passion, sa mission, sa vocation et sa profession. Ce serait ici l'équilibre de cette raison d'être qui serait la cause de l'extraordinaire longévité des habitants de l’île. Ainsi s'opposent alors une cause matérielle à une raison psychique.

De là s'offrent à nous deux démarches qui valent pour tout notre rapport au monde. Si l'être humain était une machine biologique alors la logique mécaniste s'appliquerait pour tout à nous tous et le transhumanisme ou l'intelligence artificielle seraient pertinentes à nous prolonger et à nous aider, voire nous compléter. Mais comme nous sommes des "êtres spirituels" (comme l'évoquait Pierre Teilhard de Chardin) pleins d'intuition et d'imagination. Mais ces dernières capacités sont totalement étrangères à l'IA. Et si nous avions l'intention de nous développer en nous appuyant sur cette IA alors nous ferions fausse route. C'est un fait que nous nous mutilons à persévérer sur ce chemin là.

Pourrions nous user d'une conscience ouverte et profonde qui nous soit propre ? Ces machines traitent et seulement traitent des informations, des données. Elles sont dans l'incapacité totale de traiter des expériences aussi simples soient-elles, comme pourquoi être heureux, se réjouir, ou souffrir. En effet, beaucoup ne comprennent pas cette dernière assertion. En d'autres termes, ces outils savent ils dire ce qu'il se passe quand une personne rêve ou espère ?... La réalité tient compte du désir et de représentations.

Il s'agit donc d'entrer en soi, en lecture de son intérieur et ressentir toute la profondeur de cet espace. Et là nous pouvons trouver toute la puissance de sa propre réalité et de sa "réalisation". La science ne sait pas parler de ce qui se passe quand une personne est triste, amoureuse ou joyeuse. Le ressenti est notre spécificité d'âme. Et donc rien, sinon soi-même, ne saurait en rendre compte, pas même le meilleur algorithme. Est-ce là notre réalité ou la vérité de notre humanité ? La vérité, elle, fini toujours par réclamer ses créances... Et elles sont incontournable !

Mais penchons nous un temps soit peu sur cette réalité émotionnelle d'où partent de fait toutes nos pensées et nos actions. Ma devise complète est bien d'aimer les gens et le travail bien fait pour construire la terre, notre monde ici et maintenant et puis transmettre. Ce n'est pas ce qui est, soit ce que l'on perçoit, qui compte vraiment mais plutôt ce que l'on en fait. Il s'agit donc moins de comprendre que de connaître ce monde intérieur dont nous sommes.

Nous savons de fait que quelqu'un de méchant est d'abord quelqu'un qui souffre, qui tente de se recentrer. Répondre à sa violence en miroir est le conforter dans ce système où il se débat. On ne l'empêchera pas d'être mal dans sa peau. On ne pourrait que l'y conforter, voire l'y acculer. De même qu'on ne parle pas en dissimulé avec quelqu'un qui nous paraît obtus. On ne parlera pas en écho à sa violence. Mais simplement on lui parlera comme si nous étions totalement en présence d'une personne saine et sensée. La seule façon de l'inviter à quitter sa posture de protection est d'éviter de lui porter atteinte dans ce qu'elle imagine être. Alors, recentrons nous nous-même au cœur de soi. Nous lui parlerons d'égal à égal, sans condescendance ni autorité, comme "un sachant" mais à un autre soi-même.

Ce que nous disent les sagesses anciennes est que les années de vie les plus précieuses sont celle qui servent à des valeurs comme à des gens et qui font du bien aux autres. Ce qui prolonge la vie est le désir de vivre. Ainsi, aujourd'hui ma problématique est qu'est-ce que je vais faire qui soit bon pour quelqu'un ? Ainsi il y a bien des philosophies qui nous indiquent que la vraie vie commence quand elle fait du bien à quelqu'un d'autre. Ce qui est important n'est pas ce que l'on produit mais ce que l'on transmet. Ainsi, il nous reste cette question de réalisme : est-ce que je suis le seul à pouvoir transmettre ? Y répondre c'est comprendre sa propre futilité.

Je m'interroge alors de savoir si travailler, s'efforcer, s'acharner, batailler, était bien utile. Et si c'était le contraire qui était utile à la vie : laisser faire, laisser venir, accueillir, lâcher prise... ?

Mais revenons à nous même. Nous savons que nous ne sommes pas notre corps, même pas ce que nous possédons, ni même le résultat de nos actions ou de nos paroles, encore moins nos croyances ou nos opinions, ni même tout ce que l'on pense du monde, des autres, encore moins notre approche de la justice ou de la vérité, pas même nos valeurs, ni nos convictions.

Être n'est que la conscience de soi-même au milieu de de tout cela, de tous ces phénomènes et de leurs interdépendances. Il s'agit juste d'être là. Notre âme est cette part de la conscience universelle, notre contribution ordinaire et habituelle à elle. Contempler jusqu'à l'imagination, c'est là toute l'activité et la sagesse de notre âme profonde.

La joie est notre chemin instructeur. Par la joie le monde est beau, facile et agréable. "Sois joyeux et ensuite viens dans ce monde devenu ainsi aussi merveilleux" nous dit le sage.

Alors, je me pose en suite cette question : faut il être plutôt heureux ou joyeux ? En fait, ce sont les deux faces de la même monnaie : vivre ! La dite science nous indique que 963 hertz est la fréquence de la pensée, que tout est fréquence et que les comprendre nous sauverait de l'ignorance. Alors, installe toi dans l'instant présent, le seul qui soit, et savoure... C'est là que débute la contemplation. Elle est source de joie !

L'art est le langage qui commande à l'âme. Aimer est bien son activité. Parle lui le plus souvent possible et elle te servira. Chaque chose, pensée ou système, possède en son sein les moyens et les causes de sa fin. Mais aussi, chaque fin possède les arcanes d'une renaissance autrement, d'une suite, d'un à venir... Notre sagesse profonde nous dit aussi qu'à chaque mal il y a deux remèdes : le temps et le silence. Ainsi, il est toujours utile de prendre son temps à écouter le silence qui précède, comme celui qui suit ... En leur sein se trouvent les chemins à parcourir et leurs comment.

Ainsi nous voilà bien loin de mécaniques et de leur logique mathématique. Nous revoilà sur les champs des sensations et de l'intuition, dans les rares mots de l'âme, voire dans le son du silence comme nous le proposait Paul Simon..

Jean-Marc SAURET
Le mardi 15 septembre 2026



Logique mécaniste et inconséquence (08 09)

Il y a quelques jour, mon épouse me rappelait combien il lui insupporte d'être confrontée à une mécanique qui "décide à sa place". Par exemple, ma voiture a un système de maintien dans la voie qui redresse la trajectoire du véhicule malgré les gestes de la conductrice. La sensation de ne pas maîtriser la voiture devient ainsi éprouvante, voire insupportable. C'est vrai pour le fer à repasser qui se met à produire un bruit inhabituel, comme pour signaler un dysfonctionnement, ou une anomalie. Mais rien ne vient traduire ce signal en indication compréhensible. Ceci aussi devient insupportable. Après avoir retrouvé la notice et épluché les pages qui se veulent explicatives, le phénomène reste abscons et elle se désespère...

Je compatis à son exaspération car, comme elle, il m'arrive d'être confronté à ce genre de phénomène. C'est comme si la mécanique se mettait donc à "penser d'elle-même", sans que l'explication ou la traduction ne me parvienne. Cela m'arrive; comme à elle, quand je suis confronté à des objets dit "smart". Je pense à mon téléphone justement appelé "smartphone". Et nous nous mettons à regretter les temps où la mécanique des objets était simple et facile à comprendre. On dirait que tout est fait aujourd'hui pour nous embêter, nous énerver, voire nous mettre dans la "panade".

Il y a donc deux natures d'objets : les mécaniques et les programmés. Et ce sont bien ces derniers qui nous posent problème. Pourquoi ? Parce qu'ils relèvent d'une logique qui n'est pas la notre. Autant les objets simplement mécaniques s'avèrent-t-ils totalement contrôlables parce que "logiques", comme une bicyclette, un marteau, des vis et des tournevis, une chignole ou un téléphone à cadran,... autant un smartphone, une voiture actuelle, un nouveau réveille-matin deviennent-t-ils des objets incompréhensibles et de ce fait ''insupportables''... Mais de quelle logique relèvent-ils pour que ce phénomène soit ainsi ?

La première cause de cette confusion est culturelle. Celui qui a conçu le mécanisme électronique l'a fait dans une culture qui n'est pas forcément la notre. Ainsi la logique qui la structure est suffisamment particulière pour devenir inutile à toute personne étrangère à cette culture. Ainsi, regardons les différentes notices d'entretien des objets connectés. Un grand nombre est rédigé sous la forme de schémas censés représenter pas à pas la démarche de remise en état ou de suivi du programme.

Cette façon de faire ne répond en rien aux habitudes qui sont les notre dans les “habitus” culturels européens, ou occidentaux. Au contraire, ces schémas voudraient tenter de correspondre à toutes les cultures au-delà des barrières de la langue. Et c'est là qu'apparaît le hiatus. En effet, une représentation par l'image correspond à une structure de langage et n'a absolument rien d'universel, comme si la réalité précédait de la dire. Ors, c'est bien de la dire que dépend la réalité.

Prenons le simple exemple de la lecture des langues d'origine européenne qui se fait de gauche à droite alors que celles dans les cultures proche orientales se font de droite à gauche. De ce fait, une suite de vignettes voulant montrer le fonctionnement d'un lave linge indiquera pour un arabe ou un hébreu le fonctionnement d'une machine qui salit le linge...

Mais ce n'est pas tout. On se rend compte à l'usage et dans le temps que ces objets dit "connectés", dans leurs fonctions et capacités à corriger les fautes de comportement en lieu et place de leurs utilisateurs, influencent nos compréhensions et aussi nos comportements. Ces jolis objets du quotidien qui corrigent nos erreurs sans explication ni retour, développent des postures véritablement inconséquentes. L'objet, ayant corrigé de lui-même l'erreur de "pilotage", pallie l'incompétence de l'utilisateur et l'installe dans l'habitude que ce soit toujours ainsi, voire même que l'objet fasse à sa place.

Dès lors l'utilisateur, ne sachant pas qu'il aurait pu faire quelque part une erreur, aussi légère ou grave soit elle, ne peut comprendre les conséquences de sa pratique. Voilà comment, en faisant à la place de quelqu'un on détruit sa compétence et on l'installe dans une attitude inconséquente. Il ne viendrait jamais à l'idée d'un parent de surprotéger son enfant qui risquerait de prendre ainsi quelques distances avec la réalité. C'est à partir de ces prémices qu'il risquerait de devenir incompétent, sinon inconséquent dans la gestion de son quotidien. Au contraire, nous lui apprenons à gérer ses chutes et ses échecs aussi minimes soient-ils, à comprendre ce qui se passe alors, et comment mieux faire.

Nous assistons ainsi à une mutation culturelle où les jeunes auront l'habitude de se laisser porter par ces IA qui décident à leur place et des "anciens" qui chercheront toujours à comprendre la réalité de la procédure et s'épuiseront tant concrètement que nerveusement à tenter de trouver la logique des choses. Risquerions nous ainsi la dislocation sociale entre "mécanistes" et les autres, que l'on pourrait qualifier d’"assistés" ?

L'environnement qui nous résiste impose un apprentissage pour s'y adapter. Si l'environnement ne résiste pas, alors aucun apprentissage ne se fait. A partir de là, l'adaptation gérée par la machine elle-même n'apparaît même pas visible. Le processus d'apprentissage s’efface de lui même. C'est ce qui va expliquer la présence du risque. Là où la logique mécaniste invite à comprendre et s'adapter, le développement intellectuel et moral se poursuit. A contrario, quand le monde lisse les aspérités du contexte, l'environnement n'a plus à être géré… C'est alors que surgissent les sensations désagréables d'être pilotés comme des objets, tenues par la main et forcées. Il arrive même que l'on s'énerve quand “la machine” vous indique comment faire mieux. On se prend parfois alors à rétorquer : "Mais de quoi je me mêle ?" ...

Peut-être nous faudra-t-il passer du matérialisme néolibéral à l'intuitionnisme fondamental ? Ce ne sera pas chose simple ! Pour ce faire, il nous faudra apprendre à lâcher prise et à se poser cette question de fond : la science saurait-elle indiquer ce qui se passe quand quelqu'un est triste ?... Dont acte. Effectivement la science en est totalement incapable comme elle ne sait considérer que ce qui se mesure, le reste n'existant même pas. Ainsi, ne cherchons pas dans la science les réponses à toutes nos questions de fond. En revanche, cherchons dans la sagesse, car celle-ci est traversée par l'intuition et le bon sens meublé de représentations construite dans l'histoire culturelle.

Alors, quelle démarche choisir ? La réponse tombe quelque peu sous le sens…

Jean-Marc SAURET
Le mardi 8 septembre 2026



Comme si l'écho de mon nom me portait (01 09)

J'écoutais le psychothérapeute Thierry Jansen répondre à cette question qui lui était posée : "Quelle est votre mission de vie ?" Il y avait répondu ainsi : "Je n'ai pas de mission de vie, mais plutôt une vision... J'adore enseigner et d'ailleurs à l'école, enfant, on m'appelait Thierry J'enseigne..." Comme en miroir de cette proposition, je m'entendais me dire à moi-même que ma "vision de vie" était bien de réfléchir, apprendre et connaître. D'ailleurs, la blague habituelle qui m'était faite à l'école, même par certains de mes professeurs, était : "Je le saurai !". Un peu comme si nos noms portaient quelque chose de nous-même, une sorte de prédiction, ou une prémonition de notre "être au monde".

Cette sensation me créait une émotion aussi étrange que présente, avec force et douceur intérieure. Je me reconnaissais pleinement dans cette assertion, et commençais à en savourer la teneur. Et si nos noms étaient un panneau indicateur dirigé vers notre intérieur ? Une indication qui dirait au monde ce que nous faisons là ? En l'occurrence, je savourais le “fait” pour moi même, sans jouer aux explorateurs sociaux. La situation, ainsi décrite, ne m'intéressait que s'il y avait du sens à connaître,... et donc, à partir de là, une découverte de liens subtils entre le monde concret des sensations, et celui du sens profond.

Dans notre famille, nous étions huit frères et sœurs dont quatre garçons : un philosophe, un psychanalyste, un architecte et un sociologue pour les gars. Les sœurs ont toutes changé de nom assez tôt en se mariant : Porcet, Bousquet, Lévèque, Chappert... (D'ailleurs, je ne comprend toujours pas pourquoi les femmes changent de nom à l'occasion de leur mariage) Et si ce n'était pas ainsi, "ça se saurait..."

Pour soi-même, il est déjà intéressant de voir ce qui nous rend joyeux. Pourquoi ? Mais parce qu'il y a là l'ombre d'une passerelle de sens entre nos vies et notre raison d'être là. En d'autres termes, nous voici en route vers notre Ikigaî. Pour ma part, écrire ne vise pas nécessairement à la publication, même si elle arriveCe n'est pas un objectif “ en soi”. En l'espèce, il s'agit plutôt d'un réel outil de réflexion, associé à une activité de pleine sérénité. Elle devient l'outil utile”, destiné à structurer et organiser ma pensée. On retrouve ainsi une activité aussi "rationnalisante" que "réalisante", de celles que l'on pourrait qualifier aussi de auto pédagogique. La véritable finalité consiste donc bien à construire une connaissance structurée et donc utilisable : à l'évidence, elle l'est.

Comme le devin est celui qui devine l'avenir, le pâtissier est celui qui pâtisse le pâtisson pour le transformer en de délicieux gâteaux. De la même façon, l'écrivain est celui qui grave la connaissance. En la couchant sur le papier, il lui accorde de devenir réalité. C'est bien cette part de lui-même qui parle plus fort que sa propre voix... Avec un petit sourire, je pourrai dire : “ Maintenant, je le saurai.

Je ne me reconnais donc plus le droit de ne pas chercher pour savoir. La connaissance est bien le fruit de l'arbre de la recherche, même s'il n'est pas encore celui de la connaissance. Qu'il est doux de sentir naître au bord du cœur le souffle de la découverte. C'est un peu comme si la connaissance était là depuis toujours et qu'il suffisait de la "dé-couvrir" pour qu'elle soit là entière, pure et si belle. C'est toujours la sensation qui m'enveloppe quand j'arrive au point final d'un article. Ce que j'ai réalisé, et peut-être… "découvert", je pourrais même dire que cela m'enivre ! 

Cependant cette réalité là est en totale contradiction avec "la réalité de la réalité". Je parle là, de cette création dans les mots, cette création due aux mots, ce surgissement de nulle part et de rien, au prétexte d'un imaginaire créateur fait de bric et de broc qui s'impose soudain à mon esprit. C'est le syndrome du “eurêka”, prêté à Archimède, découvrant sa “masse volumique”, plongé dans son bain !… On retrouve cette notion dans l'heuristique, qui désigne les techniques d'apprentissage et de résolution de problèmes qui sont fondées sur l'expérience… Eurêka ! Disais-je…

Une certaine prémonition m'invite par ailleurs à coucher les mots sur le papier. Cette même prémonition me pétrit l'âme comme un pressentiment inexpliqué, d'origine mystérieuse. Qu'en penser ? Me voici en passe de ressentir un futur quasi fébrile, ténu, et qui m'attache à quelques événements encore inconnus. Je les sens et ressens, presque là, si proches, juste dans le souffle imperceptible de l'intuition. Nous sommes tous des "pères Noël" à la hotte pleine d'une symbolique chargée d'imaginaire et de cadeaux, aussi uniques que savoureux. Ce sont autant d'éléments que nous avons nous mêmes créés, “inventés“, et/ou dévoilés. Laissons faire, laissons nous aller à cette “nature”, propice à toutes les évolutions… Le “vrai” progrès est incisé à cette aune !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 1er septembre 2026





Courte réflexion pudique (25 08)

Avant de reprendre notre parcours d'échanges et de réflexions, je souhaitais revenir sur  un court propos. En l'espèce, relater une petite réaction politique et non politicienne qui m'est venue aux oreilles. La voici :

J'entends tout à fait que des personnes ne reconnaîtront pas le RN comme un parti républicain et démocratique tant que celui-ci n'aura pas officiellement rejeté, condamné et rompu avec ce qui a fait les fondements du FN. Mais que faire alors des millions de voix qui lui sont apportées et qui le soutiennent depuis la rupture historique FN/RN, soit 31% du corp électoral ? 

Il est vrai aussi que la négation de cette rupture arrange bien une gauche qui se cherche, notamment un adversaire à la mesure de son rêve et de son imagination.

Mais opposer un reproche de valeur à une expression populaire est-il vraiment démocratique ? Qu'est-ce qui prime : La raison ou la sensation ? L'expression populaire ou la moraline qui justifie ou pas la posture de ses choix ? Peut on juger du "bon" choix populaire et de ses fondements ou accueillir sur le sujet un débat dont les bases seront aussi à débattre ? De plus souvenons nous qu'un totalitarisme installé à l'Elysée a privilégié sa règle de gouvernance aux dépens de l'avis populaire. Plutôt le 49.3 que la voix des représentants du peuple ! ...et surtout pas le RIC ! (“Feu” le Référendum d'initiative Citoyenne)…

Je repense à ces blues-men qui privilégient le moment, l'instant d'une session à la chanson qu'ils exécutent en s'en inspirant peut être mais en s'en distançant quelque peu. Ici la chanson n'est qu'un prétexte et notre culture néolibérale ne sait pas l'envisager. Pourtant la réalité se trouve vraiment là, pas ailleurs ni autrement. C'est rencontrer "l'âme des choses".

Ainsi les "malentendus", ces gens ordinaires, ont préféré ceux qui les prenaient comme ils sont, les écoutaient même s'il se pouvait que ce soit à tort ou au profit d'intérêts. D'autres ont cessé de voter, peut être persuadés de l'inutilité actuelle du vote (à l'instar de ce qu'avait dit Coluche : "Si la vote servait à quelque chose, il y a longtemps qu'il serait interdit !").

Ce sont ceux qui ont préféré la règle à l'avis du peuple, à son émotion, qui ont conduit la population dans les bras de ceux qui les prenaient en compte, les entendaient, même dans l'intérêt fallacieux de renforcer leur électorat, ou autres...  Et alors ? Avons nous la propriété de la moraline ? Rappelons nous que la réalité est faite d'émotion, d'intuition et d'imaginaire. Elle ne s'épuise pas dans les mathématiques. Avons nous légitimement ou humainement le droit d'évacuer de "la réalité" ceux qui ne pensent ni ne raisonnent comme nous ?... Vaste question !

Ne reprochons ni aux gens ni à quelconque parti d'être les bénéficiaires de la politique actuelle de cette nouvelle extrême droite qui se déclare centraliste mais reste antiparlementaire, réglementariste et autoritaire et qui tente de se débarrasser d'un peuple qui les gêne et les empêche de "tourner leur salade" à leur sauce. Une ancienne députée me racontait comment et pourquoi elle avait pris ses distances avec tous ces "mondes d'avides calculateurs".

Alors, quand ce président nous a demandé de faire barrage à l'extrême droite, j'ai suivi la consigne et j'ai voté… contre lui. Effectivement je reste un libertaire blues-man. Voilà pour le présent, mais pour le plus long terme, l'avenir n'est inscrit nulle part, pour qui connaît la musique. À suivre, donc et de près !

J'ai retrouvé mon carnet de notes (28 07)

J'ai effectivement "retrouvé" mon carnet de notes.  J'avais inscrit sur ce confident ces dernières pensées ou réflexions… Aujourd'hui, j'ai de nouveau envie de les partager encore… (Depuis, mon fils et sa compagne, ma bru, m'en ont offert un nouveau, particulièrement élégant...). Alors, en voici quelques lignes, brutes de décoffrage :

La "mentation", cette première "extraction” que j'opère, va constituer une première référence. On va la retrouver sous la forme d'une construction mentale “projective”, mais aussi prédictrice et modélisatrice. Elle promeut une conception structurante du monde, et de soi dans ce monde.

Toute évidence, par essence, n'est pas vérité : Spinoza nous indique, à propos de la vie de Jésus, qu'Il s'appelait Joshua, fils de Youssef et Myriam. Il était aussi frère de Jacques, Youssef, Simon et Jude. En revanche, pour ses sœurs, je n'ai pas su en retrouver les noms. Son épouse se nommait Myriam Magdalena. Joshua était donc un sage qui voulait que tout le monde aime chacune et chacun. C'était certainement un essénien cultivé, cousin de Jean le Baptiste, un autre essénien... Mais je n'en sais pas plus. Certains disent qu'il serait mort crucifié, mais son nom n'apparaît pas dans les registres romains des jugements et condamnations. Celles-ci sont  pourtant rigoureusement bien enregistrées. 

Seul, Flavius Josèphe en parle, mais très  sommairement. Il s'agit d'un historiographe, né Yosef Ben Mattityahu, vers 37 après JC à Jérusalem, et décédé à Rome vers l'an cent. Flavius  était un historien et chef militaire romain juif du Iᵉʳ siècle. Né après la mort de Joshua, autant dire que ce seul témoignage reste un fil ténu avec le mythe. Aucun contemporain de Jésus ne parle de lui. Ainsi, rien ne vient corroborer son existence réelle. Ici donc, seule une foi en forme d'a-priori pourrait rester opérante pour certifier la vie réelle dudit Jésus. Alors, en la matière, la science et l'histoire nous invitent à la prudence...

D'ailleurs, dans toutes société humaine, il y a des gens qui cherchent la vérité. En toutes chapelles, il y en a d'autres qui sont persuadés l'avoir trouvée et de la posséder. Les sagesses anciennes nous indiquent que l'on “est” ce que l'on pense, et que l'on met en avant ce que l'on aime. Nous savons par le truchement d'autres écoles, comme le shintoïsme, qu'on se revitalise tant dans le contact en la nature que dans le partage et la communication humaine. On se développe tant par les sens physiques que psychiques, tant dans les logiques raisonnables que dans celles réputées intuitives et émotionnelles du cœur. On se ressource tant dans la lecture que la contemplation, c'est-à-dire dans l'accueil de tout ce qui nous environne.

Si le mensonge est une pelle qui creuse une tombe, la vérité est une rose qui la transforme en fondation. Elle la protège par ses épines. Elle l'honore et la met en avant par son parfum...

La foi n'est pas l'appropriation d'opinions, ou de points de vue, mais elle tend à se présenter comme l'éclosion d’une sorte “d’intelligence”. Voilà qui risque de s'apparenter à une sorte de  simple parti pris. Le “désir”, cette attente, est à considérer comme la marque du manque. Essentiellement, l'être libre et puissant ne peut donc pas en avoir, ou en ressentir, dans la mesure où, et a priori, il serait complet, indépendant et certain...

Trois freins, en effet nous ralentissent : la peur, la cupidité (ou désir), et la haine. Trois amis nous accompagnent : l'amour (dont la compassion, la gratitude et ma bienveillance), l'intuition et la sagesse (ou connaissance). Pour le choix de soi-même, nous hésitons entre notre ego et notre moi profond, qui s'apparente à notre âme. Nous sommes au centre, au carrefour de la raison, de l'intuition et de l'expérimentation. Ce sont les trois routes susceptibles de nous mener vers la sagesse et les connaissances.

Parce que je ne suis d'aucun courant de pensée, les gens de gauche me taxent d'extrême droite, les gens de droite me taxent d'extrême gauche, les macronistes me taxent de complotiste. Je ne suis pourtant qu'un libertaire qui cherche à comprendre parce qu'il aime la vérité...

Quand vous dites ou écrivez le mot dieu, à quoi pensez-vous ? A une personne, à une dimension, à un sentiment ou une sensation, à un phénomène comme le magnétisme, à une pensée ouverte et puissante, à la conscience, ou à vous-mêmes ? ...

Et si l'idée de bonheur tenait davantage à nos attentes qu'à nos acquis, voire à ce qui en tient lieu ?...

L'imagination est un souvenir de ce qui est profondément, mais on peut aussi la considérer comme étant du domaine du futur, ou de “l'à venir”...

En réalité,  je parle bien sûr de la mienne, tout se passe dans une sorte de lâcher prise, et sûrement pas dans l'effort. Nous nous situons, et devons nous situer dans la confiance, et non pas dans le contrôle. En corollaire, nous devons intégrer physiquement la présence effective, en dehors de la notion d'attente. Il s'agit maintenant de “sentir” les choses, et à partir de là les choses “deviennent” ce quelles sont. Le sentiment, de fait, n'est pas une conséquence mais la cause du réel. C'est à partir de ce positionnement que l'on devient ce que l'on contemple.

Le monde se révèle en tant que le reflet de notre intérieur. On ne se corrige pas le visage en modifiant le miroir...

Ainsi peut on considérer qu'il n'y a qu'un seul temps, le présent...

Le monde distribue ce que nous pouvons appeler des distractions. La création, quant a elle, plus “fondamentale”, réside dans nos sensations profondes.

C'est ainsi, et à ce prix, que la bienveillance dissout la colère et la peur. Aimer (et s'aimer) sans retenue ni condition s'avère comme étant le plus puissant médicament universel.

Qu'en pensez-vous ? Cela vous suggère-t-il quelque chose ? Merci de vos retours...

Pour ma part, et je le redis, mon fils et sa compagne m'ont offert un bien joli carnet en cuir souple pour noter mes irruptions mentales, et j'en suis tout ému. Alors à très bientôt pour d'autres résurgences. Chacune des vôtres sera la bienvenue !

Quelques liens :

Approche quantique de la réalité  : https://youtu.be/NBcXVPdt25M?si=qrOnuGS01-eR3e5l

La paix commence par un sourire. (Mère Térésa https://youtu.be/e?si=Fhmbps9SC5MOT92q)

Jean-Marc SAURET

Le mardi 28 juillet 2026


Prochain rendez-vous en publication le mardi 1er septembre 2026




La bienveillance (21 07)

Le petit Larousse est clair sur le sujet : "La bienveillance est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d'une manière désintéressée et compréhensive". Il s'agit d'un comportement qui place la personne visée comme étant un autre soi-même. Elle est alors son propre équivalent. 

Aussi la bienveillance témoigne d'une indulgence tout aussi intense envers soi car, comme le dit l'adage, "la charité bien ordonnée commence par soi-même". Il ne s'agit nullement d'égoïsme mais de cette indulgence qui permet la paix pour soi avec soi. Il s'agit de l'équilibre de sa  personne, se présentant ainsi davantage capable de se tourner vers autrui et dont le critère d'efficience est la joie réalisée.

Le contraire de la bienveillance, avant ladite malveillance, est l'égoïsme, la cupidité, la logique d'intérêts, le calcul stratégique ou matérialiste et toute les déshumanisations du lien social, du vivre ensemble. C'est le "chacun chez soi" et "chacun pour soi", obsédé et dirigé par les représentations de pouvoir et de possession. Comme on aime à le dire : "Tant que l'autre n'en a pas plus ou mieux que moi...".

L'empathie est ce sentiment, reconnu dans ce comportement qui précède la bienveillance et y abouti immanquablement. Il s'agit non pas de se mettre à la place de l'autre car on le bousculerait hors de sa place, mais de l'entendre, de l'accompagner, voire de lui prodiguer de l'amour, un altruisme généreux, totalement sincère et gratuit. L'empathie est une communication des âmes, un entretien au delà les rôles et des fonctions, une rencontre de personnes tout à fait respectueuses. On dirait même plutôt "attentives". Il suffit qu'une seule personne s'adonne à cette attention pour que la situation difficile se débloque et s'engage dans ce champ, dans cet ambiant.

Si quelqu'un vous écoute sans vous couper la parole, mais vous questionne simplement, si cette personne vous semble intéressée par le sujet que vous développez sans vous juger, si elle a tendance à partager, à engager une aide attentive selon l'expression de vos besoins, à échanger sans calcul ni comptage, alors cette personne est en train de vous témoigner discrètement de la bienveillance. C'est là une qualité relationnelle indispensable au progrès de l'humanité. Sa présence est le symptôme de la reconnaissance de votre humanité, de sa prise en compte immédiate de ce qu'est l'autre sans condition.

On s'aperçoit alors que la relation est hors cadres conventionnels, hors recherche d'intérêts ou d'avantages, loin de tout calcul ni qu'une quelconque notion de retour obligé. Mais bien plus encore, dans la culture bouddhiste, l'empathie et la bienveillance sont des postures finales de la plus grande des sagesses. Respecter, voire aimer les autres inconditionnellement, est le chemin vers le monde meilleur, celui qui habite les âmes ouvertes et généreuses.

La bienveillance s'associe pleinement à l'humilité. Elle s'éloigne de l'égo, voire le défait, le déconstruit. Elle et l'égo sont presque incompatibles à ceci près que la bienveillance le déstabilise pour orienter la personne vers des pratiques solidaires et empathiques envers l'autre...

Nous pouvons dire encore que les personnes bienveillantes apportent aussi de la joie, de l'optimisme, des valeurs indispensables au progrès social. D'ailleurs, bienveillance et résilience sont considérées comme des valeurs nécessaires, voire indispensables, dans la pratique du coaching, cette autre aide moderne de la personne.

Les premiers signes de bienveillance se repèrent dans les personnes à l'égo modeste et mesuré, voire effacé, à la présence attentive et témoignant d'une écoute active. Elles sont aussi douées à repérer chez l'autres des talents et compétences parfois dissimulés. Elles vous mettent en valeur d'abord à vos propres yeux sans vous exposer dans une posture ou rôle que vous ne souhaiteriez pas tenir pour toutes raisons qui restent les vôtres.

Imaginez alors un monde bienveillant, attentif et généreux, abondant de compassion et d'attention, dans lequel chacun ait la place qui lui convienne avec un rôle actif qui profite à toutes et à tous, dont le but est en rapport avec ses désirs, ses compétences et ses plaisirs. Ceci me fait penser à l'Ikigaï de la personne, cette philosophie japonaise propre aux populations de l'ile d'Okinawa avec des dimensions identitaires de passion, de talents et de vocation. 

Il s'agit alors de l'activité que vous aimez, pour laquelle vous êtes doué, qui est utile à bien des gens et pour laquelle vous êtes reconnu, voire même "rémunérés" d'une manière ou d'une autre. La bienveillance appartient à ceux qui vous reconnaissent dans votre Ikigaï. Car celui-ci ouvre les portes des possibles et d'une place sociale pour chacune et chacun. Nous ne sommes que dans l'ombre des autres.

Ainsi, la bienveillance dépasse la charité et sa dimension de condescendance. Elle est reconnaissante et respectueuse de la personne qui est là, devant soi. Pour bien faire il serait intéressant que chaque bienveillant ait trouvé, réalisé son Ikigaï pour rayonner humainement et socialement. Alors, pouvons nous effectuer ce retour sur soi ?... 

Par ailleurs, je comprends aussi que la bienveillance est cette ouverture de la frontière vers un monde sans argent où "l'usage surpasse la propriété". Ce sont les communautés de vie qui organisent le lien social. Quand le néolibéralisme structurait une société individualiste, voire solipsiste et monétarisée comme si tous les échanges nécessitait un arbitrage extérieur pour la protection de la propriété, ailleurs existe un monde sans argent où se développe une société solidaire et bienveillante, parfois avec un sens collectif de la propriété, voire plus large encore. C'est aussi simple que ça. A suivre donc et à imaginer, puis à réaliser pour de bon...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 21 juillet 2026