J'ai
beaucoup écrit et débattu sur l'effondrement du néolibéralisme.
Récemment
un ami, que je définirais comme un grand laïcard républicain, me
faisait remarquer que les notions et singularités propres au
néolibéralisme ou ultralibéralisme (même si certains auteurs contestent
la proximité de ces notions), pouvait être considéré
incompatibles avec notre sens républicain. Ce système fondé sur
le conflit et la compétition, le chaos par la rivalité, et
l'affrontement "d'individus-entreprises" ne peut se
confondre avec notre devise de liberté, d'égalité et sur tout de
fraternité. Cette appellation "d'individus-entreprises"
est parlante, dans la mesure où ce système a des représentations
aussi systématiques que stéréotypées des personnes. Voilà
un système qui se veut
débarrassé des
contrôles et contraintes de l'Etat,
à une exception près ! Il lui conserve ce rôle unique de garantir la propriété privée.
Nous
voilà justement frontalement, et en face à face, avec cette
“réalité” que dénonçait et combattait la République. On
retrouve cette même opposition, ce même antagonisme, dans l'énoncé
des droits de l'homme et du citoyen. Il est possible de qualifier
cette “option” néolibérale, pour reprendre le terme, comme un
système individualiste, mécaniste et matérialiste de
marchandisation de la société. Mais regardons de plus près de quoi
il s'agit exactement.
Globalement,
sur la toile, on trouve bien des éléments utiles et largement
suffisants pour nous ici : à travers son préambule et ses dix-sept
articles, la déclaration universelle de 1789 définit des droits
''naturels et imprescriptibles''.
Ce sont la
liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à
l'oppression des personnes. Elle reconnaît l'égalité de tous
devant la loi et la justice, et affirme le principe de la séparation
des pouvoirs.
Les
questions
à se poser quand on regarde ce que nous propose le néolibéralisme,
c’est bien de savoir
si cela correspond à la garantie des droits de l'homme. Si cela se
trouve dans ces clous là, alors le fait est républicain. S'il ne
s'y trouve pas, il n'y a rien à dire de plus : ce fait là n'est pas
républicain. Voilà un principe simple qui peut éclairer nos choix
et analyses.
Voici
ce que l'on trouve sur la toile à ce propos. Au delà de la
déclaration initiale de 1789, plusieurs pays se sont accordés en
1948 pour la première fois sur une liste exhaustive de droits de
l’homme inaliénables. Au mois de décembre de cette même année,
l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la "Déclaration
universelle des droits de l’homme" (DUDH
: https://www.ohchr.org/node/736).
L’adoption de ce document a été un véritable tournant.
Il a
profondément influencé le développement du droit international des
droits de l’homme.
En
décembre 1966, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté
deux traités internationaux qui ont également façonné le droit
international des dits "droits de l’homme" : le Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
(https://www.ohchr.org/node/3550)
et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
(https://www.ohchr.org/node/3549).
Ces documents sont appelés par convention les "Pactes
internationaux".
Ensemble,
la Déclaration universelle et ces deux Pactes,
forment la
"Charte internationale des droits de l’homme". Ils
constituent le socle républicain qui fonde toutes nos démarches
actuelles de garantie du respect et de protection des personnes,...
n'en déplaise aux adeptes du néolibéralisme.
Alors,
n'oublions pas
ces textes fondateurs, et
profitons en pour nous rappeler que le néolibéralisme est une
doctrine économique et sociale ultra libérale,
même si certaines publications
le nient, comme je le rappelais dans l'introduction… Le
néolibéralisme donc, promeut la primauté du marché, et
l’individualisme entrepreneurial du “chacun contre tous”, sur
fond de responsabilité individuelle. Ainsi l'éducation des masses
va jusqu'à la manipulation. Ce même libéralisme prône également
la réduction du rôle de l'État à la simple défense et à la
garantie de la propriété individuelle, à sa valeur de base, et à
la garantie des contrats commerciaux.
Il
promeut
ainsi l'éducation des personnes en visant à adapter ou à réadapter
l’espèce humaine, afin de la faire entrer dans cette logique
économique pour lui donner, ou plutôt… imposer une logique
sociétale universelle. Cela se traduit par une prise en main plus ou
moins insidieuse !… Les individus, se trouvent bientôt “piégés”
à travers un programme invasif et autoritaire. On se souvient des
travaux d'Edward Bernays sur la fabrique du consentement, et la
manipulation des masses. Son ouvrage "Propaganda", fait
référence, en jouant sur l'influence des perceptions modifiant les
comportements.
Il
se fonde, dans un schème du "grand récit", sur la logique
économique du "libre marché" prônant par exemple la
concurrence
ouverte, la compétition comme système propre à révéler les
meilleurs dans une lutte économique et sociale fondamentale et
constante. On peut l’apparenter à une sorte de fuite en avant où
le néolibéralisme prétend se fonder sur l'égalité des chances,
grâce à un arbitrage étatique réputé solide.
Ce
système qui repose aussi sur la compétition radicale dans des
règles organisationnelles permissives réclame une institution
juridique rigide, ainsi fondé aussi sur un individualisme absolu
s'opposant foncièrement au "principe socle" de solidarité
républicaine.
Il est vrai que cette prétendue égalité des chances fondée sur
la compétition se révèle être, à l'évidence, un procédé
discriminatoire. Il eut été
plus judicieux et égalitaire de le fonder sur la coopération. Ce
processus se révèle
donc particulièrement
pervers. Ainsi,
une de ses conséquences, le transhumanisme, apparaît comme une
finalité de ce principe éducatif néolibéral cher à Lippmann.
Fidèle
à la célèbre image de la "main invisible" d’Adam Smith
(1723-1790), son fonctionnement repose tant sur le principe de cette
célèbre image capitalistique libérale que sur l’idée que le
marché libre et compétitif serait le mécanisme le plus efficace
pour organiser l’économie et la vie sociale.
Il y a chez Lippmann une volonté réelle de mise en conformité de
tout un chacun,
dans son univers néolibéral. Comme l'écrit la philosophe Barbara
Stiegler ''L’influence de Lippmann se retrouve enfin dans
l’ordolibéralisme allemand mis en œuvre à partir des
années 1950 autour du modèle d’une construction européenne qui
passe par la construction artificielle de l’espace du marché et la
mise entre parenthèses de toute forme de souveraineté populaire.''
Cependant,
son intention essentielle vise exclusivement l'enrichissement
personnel et privé, comme s'il s'agissait d’une aspiration
naturelle de l'humain. Le néolibéralisme se distingue du
libéralisme, dans la mesure où il ne prône pas une politique
économique de laisser-faire, au contraire, il s'avère hautement
constructiviste en défendant un État fort. L'objectif est bien
d’instaurer des réformes de type "marché contractualisé"
dans tous les aspects de la société.
Par
définition, le néolibéralisme est devenu une doctrine politique
qui se pense universelle, posant la logique de marché comme un
parangon sociétal. Il prône de ce fait l'individualisme et la
compétition, et s'oppose à l'intervention régulatrice de l'État,
tout comme à la solidarité sociétale. Herbert Spencer (1820-1903)
déclarait qu'il est nécessaire de "limiter le rôle de l’État
afin de laisser faire les lois de la nature, seules à même de
produire une adaptation optimale". A contrario, le
psychosociologue Serge Moscovici, répétait sempiternellement que
"les lois de la nature ne sont que celles que la culture lui
trouve".
Le
néolibéralisme peut se résumer de la façon suivante, et donc être
qualifié de mouvement de défiance
des organisations étatiques et républicaines.
Le théologien et
économiste
Adam Kotsko décrit le néolibéralisme comme une "théologie
politique", car il va bien au-delà d'une simple formule pour un
programme de politique économique. Il l'imprègne plutôt en
réalité, d'une éthique morale qui "aspire à être un mode de
vie complet. Il implique à cet effet, une vision holistique du
monde". On retrouve ainsi cette notion essentielle résumée
sous la forme suivante : “Tout” revient à considérer les
premiers gains (d'où l'attrait du gain) et l'enrichissement
personnel et privé comme mode sociétal fondamental.
Mais
reprenons énoncé après énoncé les
trente articles de la DUDH et faisons en la critique utile et
nécessaire. J'ai simplement fait suivre chaque article d'une courte
remarque réflexive en italique bleue.
Article
premier - Tous les êtres humains naissent libres et égaux en
dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et
doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Les
simples principes fondamentaux du Néolibéralisme qui s'appuient sur
le concurrence et la compétition détruisent le principe d'égalité
fondamentale en république et restaure la hiérarchisation par la
force et l'agressivité. De ce simple premier constat, le
Néolibéralisme s'exclut
de
la république et invite tout républicain à le combattre, voire à
l'anéantir. Le fait de nier la capacité de réflexion de tous les
êtres humains
en
fait un système méprisant le genre humain, principe contraire aux
fondements de la DUDH.
Article
2 - Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les
libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction
aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de
religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine
nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre
situation.
Le
Néolibéralisme nie l'égalité universelle et l'autodétermination
de chaque personne comme droit fondamental de chacune et de chacun.
La conséquence est la même : le Néolibéralisme s'exclut
de
ce fait de la République et s'expose à être combattu et anéanti.
Article
3 - Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté
de sa personne.
A
moins
que toutefois
l'individu
ne tombe sous
le
coup d'une visée matérielle hégémonique.
Ce
point s'applique aux
biens
individuels que l'idée de concurrence et de compétition suggère,
suscite et autorise.
Le Néolibéralisme nie aussi l'article trois de la DUDH.
Article
4 - Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la
traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Le
Néolibéralisme ne se préoccupe pas des gens
et pas davantage
de
leur qualité
de
vie,
mais
seulement des biens et bénéfices réalisables. De ce fait,
toute
condition sociale reste la conséquence
de
ces deux principes de base que sont la concurrence et la compétition.
Le fait de produire des gagnants et des perdants est, en cette
occurrence, parfaitement “logique
et normal”.
Article
5 - Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants.
Ici
aussi, le
Néolibéralisme ne se soucie pas des conditions sociales,
mais
seulement
de l'acquisition de biens et d'avantages individuels quel qu'en soit
le prix à payer par les collaborateurs et autres opérants.
Article
6 - Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa
personnalité juridique.
A
moins qu'une action néolibérale ne l'efface ou ne la confisque...
Article
7 - Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à
une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection
égale contre toute discrimination qui violerait la présente
Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Le
système néolibéral développant la compétition et la concurrence
comme le parangon des rapports économiques et sociaux, l'idée d'une
protection équivalente et équitable de tout un chacun tombe de fait
par opposition de principe. De ce simple fait, le Néolibéralisme
s'exclut
de
la République et s'expose à être combattu et anéanti.
Article
8 - Toute personne a droit à un recours effectif devant les
juridictions nationales compétentes contre les actes violant les
droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par
la loi.
Mais
le Néolibéralisme prévoit le recours privé de chaque partie à
tous les moyens concurrentiels existants
[ou non],...
ce
qui positionne toutes les parties hors des contraintes de la loi, ce
qui ne peut être en République.
Article
9 - Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Le
Néolibéralisme a maintes fois montré son incapacité à
s'y résoudre. L'approche libertarienne tend
à
se passer allègrement des contraintes de la loi.
L'idée
même de concurrence et de légitimes conflits favorise le recours à
tous les
moyens imaginables.
Article
10 - Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause
soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal
indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et
obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière
pénale dirigée contre elle.
Cette
proposition se démarque du libertarianisme économique et social
moderne.
Leur
incompatibilité
réciproque
est patente.
Article
11 - Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée
innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement
établie au cours d'un procès public où toutes les garanties
nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
Le
Néolibéralisme ne s'embarrasse pas de telles considérations
morales et donne libre cours à l'attribution anticipatoire pour
prendre le coup d'avance sur l'échiquier économique et social.
Article
12 - Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée,
sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son
honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection
de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Le
Néolibéralisme a déjà montré sa capacité de transgression en la
matière. Il s'agit d'un courant philosophique fondé sur la liberté
absolue d'action et d'initiative stratégique dans le champ et sous
les ors de la compétition et de la concurrence.
Article
13 - Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir
sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
Le
Néolibéralisme s'en sert effectivement
au plus près... La liberté de faire et d'être, au sens du
libertarisme, impose son point de vue sur toute la vie sociétale.
Libéraux et néolibéraux en usent pour eux-mêmes dans le cadre de
leurs affaires. L'objectif n'est pas la liberté, l'égalité et la
justice pour tous mais répond au
désir
libertarien d'agir comme l'on veut,
selon
ses moyens.
Article
14 - Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher
asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
Le
Néolibéralisme ne se soucie pas de la personne humaine. Chacun est
un acteur ordinaire, un individu entrepreneur et équivalent dans le
combat de compétitions concurrentielles. Il ne s'agit pas pour un
néolibéral de justice et d'égalité mais de moyens d'agir selon
ses propres goûts et intentions.
Article
15 - Tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être
arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de
nationalité.
Le
Néolibéralisme se moque de cette considération. Son universalisme
territorial illimité efface cette disposition...
Article
16 - A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune
restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le
droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux
au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. Le
mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement
des futurs époux. La famille est l'élément naturel et fondamental
de la société et a droit à la protection de la société et de
l'Etat.
Le
Néolibéralisme n'entre pas dans ce type de considération, son seul
intérêt est porté sur l'acquisition et le développement de biens
matériels. Tout le reste concernant la liberté, la sauvegarde et la
protection des individus se résous dans la liberté de moyens dans
les conflits et la concurrence.
Article
17 - Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à
la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa
propriété.
Voilà
peut être la seule notion recevable pour un néolibéral : la
liberté absolue de posséder et de gérer ses biens à sa guise,
fusse au détriment d'autrui.
Article
18 - Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience
et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion
ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou
sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par
l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des
rites.
Le
néolibéralisme ne s'occupe pas de ce type de considération plus
morales qu'économiques...
Article
19 - Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression,
ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions
et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans
considérations de frontières, les informations et les idées par
quelque moyen d'expression que ce soit.
Le
néolibéral
s'en
moque tant que cela ne gène en rien le développement de ses
affaires.
Article
20 - Toute personne a droit à la liberté de réunion et
d'association pacifiques. Nul ne peut être obligé de faire partie
d'une association.
Le
néolibéralisme
s'en
moque tant que cela ne gène en rien les affaires, l'enrichissement
personnel et la circulation des biens.
Article
21 - Toute personne a le droit de prendre part à la direction des
affaires publiques de son pays, soit directement, soit par
l'intermédiaire de représentants librement choisis. Toute personne
a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions
publiques de son pays. La volonté du peuple est le fondement de
l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par
des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au
suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure
équivalente assurant la liberté du vote.
Les
néolibéraux ont déjà passés le cap. Ils s'occupent par
définition de leurs affaires et de toutes les contraintes qui les
facilitent et les favorisent...
Article
22 - Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à
la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction
des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa
dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à
l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu
de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Le
néolibéralisme affirme qu'il ne s'en soucie pas tant que cela ne
modifie en rien la prospérité et la gestion de des affaires.
Article
23 - Toute personne a droit au travail, au libre choix de son
travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail
et à la protection contre le chômage. Tous ont droit, sans aucune
discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. Quiconque
travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante
lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la
dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres
moyens de protection sociale. Toute personne a le droit de fonder
avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la
défense de ses intérêts.
Les
néolibéraux se moquent bien des populations ouvrières. Ce qui les
intéresse est leur seule liberté totale d'action dans le sens de la
prospérité de leurs affaires.
Article
24 - Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à
une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés
payés périodiques.
Regardons
bien que ce qui s'oppose de fait entre néolibéralisme et république
et la nature des valeurs, matérielle pour les uns, morales pour les
autres. Ainsi, les néolibéraux se moquent bien des populations
ouvrières. Ce qui les intéresse est leur seule liberté totale
d'action pour la prospérité de leurs ouvrages.
Article
25 - Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour
assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment
pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux
ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la
sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage,
de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de
subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une
assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le
mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Le
néolibéralisme conçoit la totale responsabilité personnelle et
donc laisse à chacun de s'en occuper lui-même dans le cadre de
concurrences et de compétitions ouvertes.
Article
26 - Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être
gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et
fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire.
L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ;
l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité
à tous en fonction de leur mérite. L'éducation doit viser au plein
épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du
respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle
doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre
toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi
que le développement des activités des Nations Unies pour le
maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de
choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Le
néolibéralisme ne s'occupe pas du développement personnel et
culturel des personnes et agirait plutôt à son encontre de manière
à priver les oppositions de moyens d'intelligence et de recherche
d'actions...
Article
27 - Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie
culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au
progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. Chacun a
droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant
de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il
est l'auteur.
Les
néolibéraux ne s'occupent pas de ce champ qui leur est totalement
étranger. Rappelons l'opposition des champs matériels et moraux
dans cette "économie sociale".
Article
28 - Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et
sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés
énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein
effet.
Le
néolibéralisme ne sait pas considérer le pluralisme libertaire...
Article
29 - L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle
seule le libre et plein développement de sa personnalité est
possible. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses
libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la
loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect
des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes
exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général
dans une société démocratique. Ces droits et libertés ne
pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux
principes des Nations Unies.
Les
néolibéraux ne peuvent concevoir de contraintes à leurs actions et
s'y opposent dans le cadre de la libre concurrence économique.
Article
30 - Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être
interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un
individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou
d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés
qui y sont énoncés.
Le
néolibéralisme ne comprend pas cette disposition puisqu'il est
fondamentalement libertarien. Il ne sait pas prendre en compte les
intérêts de classe ou de groupe si non en terme de rassemblement
d'individus autour d'intérêt privés.
Voilà,
nul n'est besoin d'aller plus loin, le néolibéralisme n'est de fait
pas compatible avec la république et c'est pourtant ce courant qui
inonde notre société postmoderne. Si quelque chose menace notre
humanité, c'est bien tout ce qui est incompatible avec la république
et les droits de l'homme qui la fondent. Allons nous encore attendre
de voir ce qui va nous arriver ou voulons nous renverser la table et
reprendre les commandes de notre société pour la rendre plus
humaine et respectueuse de la personne ? Le temps est court et la
montagne s'effondre actuellement devant nous...
Et
comme l'écrit si bien la philosophe Barbara Stiegler ''Si le Covid-19 a
brutalement congelé tous les mouvements sociaux, personne ne peut
imaginer ce qui se passera au moment du dégel. Rien n’empêche en
tout cas d’imaginer que la grève contre la vision néolibérale de
la société recommencera à s’étendre partout, dans tous les
temps de nos vies, si abîmées depuis un an, et jusque dans notre
sphère privée, par un État invasif, autoritaire et incompétent."
Et pour conclure, je me souviens de cette phrase du
neurobiologiste Henri Laborit : "L'intelligence se fout
de la compétition". Dont acte ...
Jean-Marc
SAURET
Le mardi 14
avril 2026
Lire
aussi : " Le
néolibéralisme et nous... "


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