mardi 20 juin 2023


" L'Humain au cœur - La force du vivant "

Le sociologue veut comprendre le monde, le troubadour le raconter...

Aller plus haut, plus loin, est le rêve de tout un chacun, comme des "Icares" de la connaissance. Seuls ou ensemble, nous visons à trouver un monde meilleur, pour soi, pour les siens ou pour tous. Nous le voudrions plus dynamique et plus humainoù l'on vit bien, progresse et travaille mieux. 
On manage sa vie comme celle des organisations : toute la question est celle de raisons d'être, de l'être là et du lien social. L'efficience dans le vivre ensemble relève de la culture et de la posture.
Patron, président, manager, décideur, collaborateurs et toute personne, ce blog est pour vous. C'est une bibliothèque thématique de ressourcement. Ma raison d'être est de vous accompagner.
Vous trouvez ici des indications, des analyses, des ressources sur le managementdes principes de fond, des postures, et des leviers pour mieux faire. Pour mieux voir l'impact des évolutions de notre société, et voir autrement la vie au travail.
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mardi 19 mars 2019

Comment progressent les dérives totalitaires...

Il ne se passe pas un jour sans que je ne tombe sur un article, une vidéo, un ouvrage, qui traite de la dérive totalitaire du système gouvernemental français actuel. Les violences policières, l'émergence de nouvelles lois liberticides, les "affaires" et les pressions et décisions sur ceux qui en révèlent les éléments, sont autant de prétextes à penser cela, du moins à en éveiller le soupçon. Mais regardons de plus près.
Je ne vais pas ici faire le procès de ce gouvernement, je n'en ai ni le temps, ni la réelle compétence approfondie. Je me contenterai donc de présenter un modèle qui en permet l'analyse  et l'identification. Mon propos sera donc assez court aujourd'hui.
Ce modèle de processus de changement, de glissement vers un système totalitaire, relève de 10 principes qui sont autant d'étapes favorisant la concentration des richesses et du pouvoir sur quelques'uns. Ils sont en oeuvre depuis les années 70. 
C'est le sociologue et prospectiviste Noam Chomsky qui l'a développé dans un ouvrage intitulé "Requiem for the american dream" (Requiem pour le rêve américain) publié en 2015 (La classification en 10 point est la structuration du livre à des fins pédagogiques, et c'est tant mieux). Il y constate d'ailleurs cette nouvelle réalité inquiétante : "Si vous critiquez la politique du gouvernement, vous êtes antiaméricain". Ce concept n'existe ailleurs que dans les pays à régime totalitaire où l'on peut ou pouvait être arrêté et condamné pour ce crime. (On entends aussi par chez nous que les protestations dans les rues seraient des attaques contre la république). Mais alors, comment marche cette progression totalitaire ? Pour mieux comprendre le propos, considérons rapidement ces dix principes :
Principe 1 : Réduire la démocratie
On voit se développer des pratiques consistant à réduire les processus de création et d’édiction des lois. Souvent sous le prétexte d'aller plus vite, plus directement à l'efficacité. Dès lors, les temps de débat sont édulcoré, sous le prétexte qu'on y perdrait son temps. Le pouvoir insidieusement se concentre progressivement sur un très petit nombre de personnes, voire sur une seule. Aussi, apparaissent des lois réduisant les libertés citoyennes, au prétexte de mieux protéger les populations de malfaisants.
Principe 2 : Modifier l’idéologie
Progressivement, aux valeurs démocratiques vont être substituées d'autres, voire leurs opposés. Ainsi, on entendra, comme dans le meilleur des mondes, des oxymores dans la communication du pouvoir, comme "La contrainte, c'est la liberté", "Le pouvoir absolu, c'est la démocratie", la richesse est une pauvreté", etc. Progressivement, d'autres assertions apparaissent dans le discours officiel de type : "Les pauvres ne sont rien", "Ils le sont par leur faute", "Les riches sont généreux", ou "Plus les riches le sont et plus leur richesse ruisselle sur les pauvres". Autant de paradoxes qui viennent construire une nouvelle idéologie, un nouveau socle moral.
Principe 3 : Redessiner l’économie
Apparaissent alors des collusions de plus en plus étroites entre les possédants et les gouvernants. Par cela, de nouveaux droits, de nouvelle propriétés, de nouvelles alliances, de nouveaux territoires économiques se dessinent. De hauts fonctionnaires ou certains proches du pouvoir, fond des affaires dans le cadre de leurs fonctions ou en même temps. Des organismes public travaillent ou favorisent des entreprises privées. Des pans de l'activité publique sont privatisées ou confiées à des entreprises privées. Des secteurs privés sont sanctuarisés.
Principe 4 : Déplacer le fardeau
Les charges de l'état pèsent de moins en moins sur les plus riches et sont transférées au plus grand nombre, à savoir les classes moyennes et pauvres. On réduit l'échelle des impôts directs et transfère la majorité des charges sur les charges et taxes indirectes comme la TVA ou la CSG. On réduit le nombre des fonctionnaires et transfère à des entreprises privées nombre d'activités, voire de secteurs, comme la santé ou la sécurité.
Principe 5 : Attaquer la solidarité
L'état réduit ou bloque les aides aux plus modestes, comme les contrats aidés, réduit l'aide aux associations, voire les supprime ou les contraint. On neutralise les corps intermédiaires, en les sortant des processus de décision et d'action, voire use de communications pour les disqualifier et les discréditer. Progressivement, on préférera à la solidarité, la charité que l'on peut arrêter à son escient. Elle individualise les rapports et défait les groupes sociaux.
Principe 6 : Gérer les législateurs (régulateurs)
Alors on peut voir arriver des "représentants" du peuple sans pratique et sans culture, ni de la représentation, ni de la solidarité, arriver sur les bancs de hémicycle. Il sont plus des "lève main" que des débatteurs. Ils n'ont a priori aucun sens de celui-ci. On voit aussi des "organismes de bien-pensence" s'installer pour valider et réguler les discours et les actions. C'est ainsi qu'apparurent sous Pétain un certain nombre de "Conseil de l'ordre", comme si  actuellement l'état proposait un conseil de la presse. C'est aussi que des décisions de justice, propres à la justice, se voient confiées à des exécutants et représentants de l'état, comme les préfets, par exemple.
Principe 7 : Manipuler les élections
On appelle aussi cela la manipulation du consentement. Il peut arriver qu'un référendum donne un résultat qui ne convienne pas aux dirigeants. Qu'importe, le peuple a décidé. Aussi, il peut arriver que l'exécutif applique et mette en place ce que le peuple a justement refusé. Voilà une manipulation des élections. Il se peut aussi que des campagnes de dénigrement apparaissent et elles coûtent cher. Mais, me direz vous, c'est de bonne guerre. Seulement quand ces démarches nécessitent de gros investissement, on peut aussi se demander d'où vient l'argent et donc à qui profite le crime. On sait aussi que l'argent est indispensable à favoriser une élection. La proportion de temps d'antenne d'un candidat correspond à la proportion des voix qu'il emmagasinera. Or, il y a des territoires où l'ensemble des grand médiats sont la propriété de richissimes citoyens. Dans ces pays là, ce sont eux qui font et défont les élections, et dont les pouvoirs...
Principe 8 : Maîtriser la populace
Voilà un principe insidieux que commente Noam Chomsky. Dans les années soixante-dix, la population s'intéressait peu à participer aux décisions. Aujourd'hui, ils veulent le faire directement, sans intermédiaires. Mais ceci n'arrange pas le systèmes. Alors il a deux manières d'y répondre. Soit comme Madison le proposait, on réduit la démocratie. Soit comme le proposait Aristote, on réduit les inégalités. C'est la première voie qui prime aujourd'hui. Noam Chomsky considère notre système d'ultra consommation et il voit que cette dernière nous invente des besoins sur des séductions ou de simples envies pour nous faire consommer davantage. Il nous fait remarquer que cette démarche individualise les personnes et les mets en dépendance. A partir de là, il est plus simple de les manipuler. Si ça ne marche pas assez bien, il reste la menace et la peur pour faire taire les gens et les terrer chez eux, comme par l'utilisation d'arme semi létales ou autres, accompagnées de fouille des personnes pour leur retirer toute protection auxdites armes. En résumé, pour maîtriser la populace, on utilise la dépendance marchande, la manipulation et la peur ou terreur.
Principe 9 : Modeler le consentement
En jetant l'anathème sur des prises de positions politiques, il devient excluant de penser ces opinions là. Ainsi, ne pas être européen, par exemple, pourrait être considéré comme déviant, fou, voire digne d'un esprit attardé ou débile, et devenir ainsi un impensable. Dès lors, toute proposition d'un projet portant sur le sujet pourra être discuté mais jamais rejeté au risque de se sentir soi-même débile. La communication politique est aussi habile que la communication commerciale. Elle sait accoler des valeurs (recevables ou non) à des produits et à des orientations.
Principe 10 : Marginaliser la population
Il s'agit là d'usage de pratiques de discrimination, de disqualification dans la communication, montrant que "l'économie est complexe et n'est pas à la portée de tout un chacun". C'est aussi développer un discours qui dit que "certaines populations sont des illettrés", ou "des gens qui ne sont rien". Peu à peu, les gens se détournent des décisions du niveau. Un des symptôme est, par exemple, une baisse considérables du tau de participation, aux élections par exemple.
Voilà ce ne sont sont que quelques exemples pour donner à voir de quel type ou ordre sont ces changements sur ces dix principes. Chacun saura voir comment s'y inscrivent d'autres exemples. Chacun comprendra aussi qui est qui.
Nul besoin d'aller plus loin. Chacun se fera son idée et son jugement. On comprend bien que c'est en œuvrant en sens inverse sur chacun de ces dix principes qu'on freinera ou renversera la tendance. En effet, un gros travail nous attend...
Jean-Marc SAURET
Le mardi 19 mars 2019

mardi 12 mars 2019

Pensée normale et pensée normée

Le psychiatre Christophe André, celui qui introduisit la méditation de pleine conscience dans le traitement du stress, de la dépression et de ses récidives, posa récemment cette question de fond : "Qu'en est-il des personnes dites hypersensibles dans notre société hyposensible ? Comment s'en débrouillent-elles ?".
Il posait là la question de l'opposition entre ces deux stratégies de gestion du réel, de ce monde environnant, mais il posait aussi la question de la normalité. Est-ce la société hyposensible ou les comportements hypersensibles qui sont normaux et /ou majoritaires. Le nombre fait-il la normalité ? Y-a-t-il quelque chose de "génétique", d'inné, de fondamental ou de "sacré" dans l'une ou l'autre posture ?
C'est toute cette problématique que posait aussi Christophe André. Comment peut-on y répondre ?
Selon lui, l'hypersensibilité ne serait que la réponse ordinaire et salutaire à une exigence sociétale d'hyposensiblité.
Je vais donc tenter de le suivre sur ce chemin, tout en partant de l'analyse factuelle de l'une et de l'autre posture. Nous verrons ensuite ce que cela donne...
Ce qui semble vrai a priori, c’est que hypersensiblilié et hyposensibilité restent une question de posture. Elles s’avèrent donc directement liées à la manière dont je conçois le monde. En d’autres termes : comment je me situe dans ledit monde. Ainsi les hypersensibles se sentiront "normaux" et traiteront les "hypo" de brutes cruelles infâmes, ou sans cœur. Dans la même logique, et pour “eux”, la finalité n'est jamais que dans le rendement et les bénéfices...
A l'opposé les "hypo" se sentiront dans la normalité et accuseront les "hyper" d'êtres des “chochottes” qui se regardent “le nombril du cœur”, et qui se “lèchent les joues”, avant de passer à l'action. Ce sont pour eux des mous, qui font perdre du temps.
De ce point de vue, nous concevrons que tous les deux puissent avoir raison, chacun disposant de son point de vue sur la réalité du monde. Et c'est bien ce phénomène qui est en cause.
Il n'y a pas de réalité, sinon la vision que chacune et chacun a du monde, et de soi dans ce monde. C'est bien là une des clés de cet affrontement. Les critères de la normalité sont véritablement aujourd'hui individualisés. Chacun semble posséder le critérium du “jugement de paix”, et semble donc pouvoir, à lui seul, discriminer et adouber de vérité “qui et quoi que ce soit”.
Voilà où en est le nouveau monde aujourd'hui. Ce monde inventé par l'ultra-consommation et que nous appelons "post-moderne", individualise les parcours, les projets de vie, les solutions aux problématiques dans le monde, comprenant les personnes aussi, leurs vécu leur réalité, leurs visions, leurs jugements...
Pendant ce temps là, les victimes de ce système post-moderne se réveillent, acculées à survivre, en tentant de sauver leur peau. Elles comprennent vite que seules, elles n'ont aucune chance. Il leur faut donc s'associer pour faire, pour agir et réagir. C’est ce qui est en train de se passer,... et le monde politique qui vit de la post-modernité ultra-consommatrice, hédoniste à outrance, commence à trembler pour ses avoirs et son pouvoir. C'est normal, c'est juste, et c'est bien leur disparition, leur renversement qui leur pend au nez. Ces gens ont peur de ce peuple là et pratique le "citoyen-bashing", traitant les gens d'imbéciles, d'analphabetes, de piètres QI, etc...
Alors cette oligarchie maltraite les vivants, crée des normes hors lesquelles il n'y a pas de salut, où il n'y a que de la déviance, de l’imbécillité. Et ils le clament haut et fort. Voilà la com' du parti !
Oui, cette société post-moderne est bien celle de l'insensibilité, du mensonge et du superficiel. Elle nous indique que seul le résultat compte et qu'il s'obtient individuellement, comme dans une compétition sportive de même nom.
Chacun serait donc en compétition avec tous. Seule la victoire compte. Imaginez les solutions que d’aucuns vont trouver pour gagner. La tricherie, l'escroquerie, l'influence seront convoquées à tous les étages. C'est d'ailleurs ce qui perle des activités sportives aujourd’hui. Et les médias ont bien du mal à le masquer. C’est d’autant plus vrai qu’il se montrent gourmands à les étaler dans leurs supports. Oui, là aussi, la compétition, ses caractéristiques et ses "valeurs" sont là.
Et en face, tout un chacun a sa sensibilité, ses émotions, celles par lesquelles chacun fait ses choix et ses jugement. Ce sont ceux que l'on dit justement affectifs.
Oui, les gens se rendent compte qu'ils ne sont pas seuls à vivre la misère et les difficultés, les régressions. Ils se rendent compte, dans les échanges et les partages, que ce qu'ils font n'est pas si idiot ni coupable que ça. Ils se rendent compte qu'à plusieurs, en réseaux, on y arrive mieux, et qu'ensemble c'est plus simple parce qu'on est plus fort.
Ainsi surgissent les gilets jaunes qui font si peur aux dépositaires et bénéficiaires du système,... je dirais même du régime. C'est aussi, à mon grand bonheur, ce que découvraient immédiatement tous les participants à chacun de mes cours de management. Oui, le régime, ce système né de la surproduction, vivant de la surconsommation, érige des dogmes qu'il serait incorrect de ne pas mettre en ligne de mire.
Je pense, en l’espèce, aux concepts de croissance, de compétition, de marchés, de concurrence, de richesse... On en tire des marqueurs agités comme des repères : les indices boursiers, les taux de croissances, les statistiques de l'insee, etc... Les personnes, individualisées, entrent en compétition entre elles pour le plus grand bénéfice des plus riches. Je me trompe ?
Alors, mardi prochain nous développerons les quelques dix critères liés à l'installation d'un système économique totalitaire. Ce sont lesdits critères analysés par les économistes et sociologues, qu’ils soutiennent ou combattent le "projet" .
Mais, en attendant mardi prochain, regardons pour l'instant l'écart qu'il y a entre le fonctionnement hyposensible de ce système et celui des gens que l'on décrit, par opposition et en creux, comme hypersensibles.
Tout d'abord, le nombre fait-il la normalité ? Ce ne sont pas ceux qui édictent les normes qui peuvent en juger, car ils le font pour servir leur propre intérêt.
Il se trouve que l'humain est ce qu'il est… Malgré son énorme capacité d'adaptation, sa chair est sa chair, ses sensations sont ses sensations, l’angoisse, l'amour et la peur l'occupent et le préoccupent. C'est bêtement ça être humain : avoir de l'émotion (et pas de l’ambition), de l'émerveillement (et pas de la cupidité), un besoin de partage et du désir de vivre ensemble ( et pas l'égocentrisme du chacun pour soi). Il s'agit aussi de la foi en l'autre et dans le monde (et pas la suspicion que seule la check-list calmerait)...
Oui, l'être humain est de ce fait là, conduit par les sens, que ce soit la vue, l’ouïe, l'odorat, le toucher ou le goût. Oui, l'être humain est doué de sensibilité, cette qualité qui fait qu'il vit, parcourt ses chemins, prend du plaisir ou connait le bonheur. Le manque et la frustration, sur lesquels parie le commerce, s'il les accueille, le font grandir et progresser. Elles le rendent plus fort, parce que plus aguerri et lucide. Oui, l'être humain est sensible et le concept d’hypersensibilité n'est qu'une traduction erronée vue par le prisme d'un système marchand.
Alors dans ce monde froid, des paradoxes apparaissent, impensables pour nombre de société dites primitives et pourtant si humaines. Je pense aux Nenets de Sibérie, Aux Buchmens de Namibie et aux Indiens Yaki du Mexique.
Si, aujourd'hui, la majorité des individus est prise dans cet environnement d'ultra consommation et de compétition, tous ceux qui la composent ont de fortes chances de s'enfermer dans un format hyposensible. Il s’agit d’un contexte décidément froid et matérialiste. Cette composante, à elle seule, par voie de conséquence, est de nature à générer un décalage excluant. L’assertion est d’autant plus vérifiable qu’elle s’adresse à tous ceux qui restent humains, encore pétris de la qualité de leurs sens.
Mais nous reviendrons une autre fois sur l'influence des minorités actives, précisément développée par le psycho-sociologue Serge Moscovici. Ces éléments nous indiquent qu'un changement de paradigme est tout à fait possible dès lors que la minorité est consistante et agissante.
Ce qui caractérise ces populations "formatées", c’est justement le partage d'une pensée opératoire mécanique, et donc séquentielle et binaire. Elle s’avère -a priori- d'une apparente logique implacable, tout en fabriquant une convergence artificielle. C’est elle qui se caractérise par l'usage de pensées courtes, ces prêts à penser sous forme d'idées convenues faisant consensus.
A l'inverse, les "résistants humains" développent par le biais de leurs pratiques de partage et d'échanges, une intelligence plutôt associative, non causale, analogique. Celle ci n’est pas forcément convergente puisque le sens de la controverse en est un fondamental. On peut dire que ce mode de pensée libre est plutôt créatrice... c’est ce qui a amené l'humanité jusqu'à nos jours.
Si la pensée de la majorité formatée est mécaniste (on se souvient de l'opposition conceptuelle que j'ai déjà plusieurs fois posée entre pensée mécaniste et pensée organique)... alors on retrouvera dans la culture y afférant, des codifications mécaniques issues du lien social. C’est justement ce que propage et développe l'imitation aveugle.
Elle est une culture, -quoi qu'elle en dise-, totalement conformiste.
A l'opposé, les humains ont toujours privilégié, en le perpétuant, un mode de relation dite "de personne à personne", c'est à dire profonde et authentique. On y remarquera le développement de l'esprit de recherche, de pratiques créatrices sensibles comme la poésie et la curiosité.
Dans la société formatée, la conduite par les normes et la mécanique, invite au développement de processus, de protocoles, de savoirs immuables centrés sur le résultat, la productivité, la croissance. Peut être alors pourrions nous parler d'une pathologie de la norme.
En opposition à cela, les humains continuent à développer leur créativité, leur goût de comprendre, leur appétence à la connaissance, associée à la découverte de l'expérience. Voilà une somme de “possibles” qu'ils ne s'interdisent plus.
Ils développent alors, à cet effet, un réel esprit d'ouverture et d'innovation propice à l'expansion associé aussi à une certaine subjectivité.
Si le monde formaté ne peut donc plus vivre autrement qu'en "exposition", en mise en scène, en "théâtralisation" avec ses jeux de rôles idoines, la vie humaine continue de développer son intime, son intériorité, son âme, bref, son humanité. Alors, y en a-t-il qui ont "plus raison" que d'autres ? D'après vous... 
Jean-Marc SAURET
Le mardi 12 mars 2019




mardi 5 mars 2019

Violence ou non-violence

Il s'agit, dans ce nouvel article, d'aborder raisonnablement les questions de l'efficience ou de l'inefficience, de l'efficacité ou de l'inefficacité, de la violence et de la non-violence. Généralement nous affichons plus des postures de principe ou de valeur face à ces deux stratégies bien différentes, à tel point que nous finissons par les voir opposées. Il y a de la morale ou de l'absence de morale invoquées dans nos choix et aversions. Cependant elles ne sont pas de même nature. Elles ne constituent pas le même chemin. Aujourd'hui je voudrais arrêter un instant mon regard sur ces deux démarches selon le principe d'efficacité. Fréquemment, c’est celui qui se trouve souvent invoqué, pour justifier du choix de la violence. 
Avant d'en venir là, je voudrais considérer une première différence de nature entre violence et non violence. Si la première est plurielle, la seconde est singulière, unique. En effet, nous parlons aisément de violences physiques, psychiques ou morales. Nous parlons aussi de violences policières, de violences parentales, de violences maladives, de violences carcérales... Bref, le cadre et la source de ces violences en font une singularité. Nous distinguons en effet, différentes natures de violences. 
Pourquoi cela ? C'est parce que nous ne traitons que bien rarement la violence en soi. Nous la considérons dans un cadre, une singularité, une pratique, parce qu'on ne répond pas à la violence policière comme l'on répond à la violence managériale, par exemple. A chacune de ces pratiques correspond sa réponse singulière parce que le besoin d'efficience s'impose. Comme l'on dit que les faits sont têtus, on constate que chaque problématique a besoin de réponses appropriées tenant compte des effets, de la gravité, du contexte et des acteurs. Les pompiers, par exemple, face à la violence du feu et de l'eau prennent en compte cette variable "terrain" dans leur recherche de réponse, de solution.
Par ailleurs, nous savons que les violences sont toujours codifiées. J'ai été un praticien passionné de sports de combats. Il est, selon moi, l'affrontement sportif ultime. Quand nous montions sur le ring, en mon occurrence pour l'exercice d'une boxe pieds poings, nous connaissions les règles de temps (la durée des reprises et leurs nombres selon les catégories et les compétitions), de lieux (uniquement le ring) et les codes de frappe.
Certaines étaient interdites, d'autres permises. Un arbitre était là pour les faire respecter, et elles l'étaient. Celle du respect de l'adversaire et les règles d'usages étaient incontournables. C'est d'ailleurs cela qui en faisait un sport sous des dénomination singulières : boxe anglaise, boxe française ou savate, boxe thaï, full contact, K-one et autres. Quand lesdites règles ne sont plus respectées c'est terrible, c'est la guerre. On sait comment et quand elle commence, mais alors personne ne sait ni  quand, ni comment l’arrêter.
Nous savons ensuite une chose simple : si l'on accepte le combat, on accepte aussi la possibilité de le perdre. Ainsi, quand on rentre dans la violence, on accepte de la subir, avec toutes ses conséquences. On sait aussi à qui ou à quoi elle profite, mais cet élément ne sert réellement pas à grand chose dans sa gestion. Les accusations réciproques n'en donnent nullement la maîtrise.
On a, par ailleurs, bien compris que mettre de la violence dans une manifestation populaire la discrédite. On a là, tout indiqués, quelques-uns des véritables coupables de ladite violence. Mais ce n'est pas dans la violence qu'on forcera les fauteurs de troubles à arrêter leur forfait. C'est sur un tout autre plan que nous allons aborder ce point déterminant... Ça y est… nous y sommes.
En ce qui concerne donc la non violence, ces notions de contextes, d'acteurs, de terrains, de niveau, n'apparaissent pas ici comme pertinentes. Est-ce parce que la non-violence est une négation, donc une absence, en l’occurrence de violence, qui rendrait caduques ces variables ? Cela se peut, et la considération parait judicieuse.
Par ailleurs, rappelons nous que j'invitais à adopter un terme positif pour parler de la non-violence, afin que cette démarche n'apparaisse plus en creux de son inverse, mais en pleine “réalité”, consistante et assurée. Je propose en l’espèce d'utiliser plutôt le terme de "en paix". Qu'a cela ne tienne, la non violence (ou “l'en paix”) ne se décline pas. Elle ne se gradue pas davantage. Elle est ou n'est pas.
A l'inverse des violences, elle s’avère toujours singulière. C'est un peu comme la présence : ou elle est, ou elle n'est pas. Il n'y a jamais, en cette occurrence, de troisième voie, ou de voie du milieu.
L'en paix”, ou non violence, est unique et universelle. Elle relève de surcroît, d'une réalité, d’une certitude de confiance, a priori. Il faut y croire pour qu'elle soit. Il ne s'agit pas d'une absence, comme je l’ai déjà dit, mais d'un choix stratégique, d'un engagement. Et c’est bien à cela que je veux parvenir.
Empruntons alors la notion d'efficience à ceux qui en usent, voire abusent, pour justifier les options violentes. Quel a été le raisonnement, et donc la stratégie du Mahatma Gandhi quand il a pris la tête du mouvement d'indépendance de l'Inde ? Il l'a plusieurs fois expliqué. Sa posture était la suivante :
- Que voulons nous ? : L'indépendance !
- Qui la détient ? : L'anglais !
- Qui est le plus puissant militairement ? : Toujours l'anglais !
- Donc l'anglais n'est pas notre ennemi, mais notre partenaire...
s lors, Gandhi n'aura de cesse de mettre une pression de présence et de volonté sur l’anglais, tout en évitant tout affrontement dont il serait sorti meurtri, blessé, et assurément perdant. L'anglais n'a eu de cesse de produire de la violence pour attirer les indépendantistes sur le terrain qui leur était favorable. Ils ne savaient pas "jouer" sur ce nouveau registre de partenaires. Quand la violence éradique les opposants, “l'En paix” développe une rencontre d'accord. Stratégiquement, Gandhi a donc refusé la violence, parcequ'on ne joue pas dans la cour de l'autre. On joue dans la sienne, là où l'on maîtrise justement le sujet. Gandhi a donc bien évité l'affrontement violent.
Il a condamné et décrit afin que personne ne réponde à la violence et que chacun se fasse une doctrine de la "non-violence", sur la base de cet "en paix" puissant. C'est parce que nous avons autant besoin de sens que de clarté, et donc d'une vision claire, que nous sommes en capacité d’agir ainsi. C’est bien grace à cette liberté d'agir, fondée sur notre cœur et notre raison, que la démarche s’avère aussi efficiente.
De la même façon, c’est bien ce sens de vérité qui donne sa force à un mouvement d'En-Paix. Transparence et vérité sont les maîtres mots du succès de cette démarche. Elle peut alors se développer à l’envi, dans la plus grande paix et la plus grande fermeté aussi. Ce sont là ses principales forces ! 
Si la pratique du mensonge est habituelle dans les oppositions et les conflits, elle s'exerce avec une extrême malveillance. On appelle aussi cela de la "communication"... On peut par exemple annoncer un grand débat en période de crise sur laquelle sa violence n'a pas fonctionné... tout en canalisant ledit débat et le transformant en show présidentiel, préparant des élections prochaines... On peut qualifier le procédé de mensonge, sinon... d’escroquerie.
Est-ce que l'escroquerie marche toujours ? Pas vraiment... Si une courte victoire temporaire peut exister en marge de la guerre, on la paie tôt ou tard, et la plus part du temps avec les intérêts. Il suffit d'attendre, d'autant plus que l'adversaire a une faiblesse certaine en l’espèce, une “sainte horreur” du combat rapproché... En effet, il ne descend dans l’arène que bardé de règles, de cadres, de conditions qui lui accordent une position haute, de décideur, de maître du jeu. C'est de là qu'il tient cette condescendance qui agace tellement... 
Ainsi, ce n'est pas la contrainte (la violence) qui donne la victoire, mais la sincérité de l'engagement et la clarté de sa propre démarche.
La violence ne fait que détruire. On n'a jamais vu une société meilleure sortir d'une guerre. Il semblerait que les grands aient appris de Gandhi que la violence directe amène avec elle le risque de perdre et de mourir. Alors, ils abordent le conflit avec les formes de la paix... et la violence du mensonge (que l'on appelle aussi "manipulation" et qu'ils nomment encore "communication").
Il me souvient de ce combat de boxe anglaise, en avril 87, opposant deux figures de l'époque, Marvin Hagler et Sugar Ray Leonard. La puissance était l’apanage du premier. Durant tout le combat celui-ci a tenté de trouver le KO, avançant constamment, mettant une pression permanente. Que fit le second ? Il esquivait, se déplaçait, piquait de quelques coup comme une abeille et finit le combat sans encombre, la victoire dans la poche. Dans les règle du "noble art", il a évité la violence et lui a préféré une intelligence d'évitement, optant pour la victoire aux points marqués...
Quelles sont alors, les raisons du mensonge ? Surement d'installer une pseudo "réalité" favorable. Mais les gens sont-ils idiots ? Certainement pas. Les prendre pour cela est un mépris qui sera très vite et amplement reproché... Personne n'est dupe. Si les gens se taisent parfois, c'est qu'ils attendent un moment plus favorable. 
Certes, chaque mensonge dit quelque chose du menteur : ses failles et ses faiblesses (comme celle de la peur du combat de près). Le mensonge bien sûr dépend de la relation et de la réception, voire de l’appropriation, par l’autre dudit mensonge… C’est ce qui fait ou fera la gravité et la qualité du mensonge, et donc son efficience.
Comme l’écrivait Anselme Bellegarrigue : "S'il n'y a personne pour obéir, il n'y a personne qui commande !" Celui qui accepte le mensonge ou la violence prend la route de la défaite.
Le charme et la duperie ne font fonctionner le mensonge que par la réception du trompé.  Il en va de même pour la violence. Il faut juste savoir que les gens ne se font duper qu'une seule fois. Après, ils ont appris... Le mensonge est bien une violence, d'un autre genre certes, mais avec une visée à très court terme.
Alors, oui, la non violence, cet "en paix", marche de pair avec la sincérité et la transparence. Et là, l'efficience est redoutable. C'est bien ce qu'avaient compris Martin Luther King et Nelson Mandela, des praticiens redoutable de l'En-Paix. On sait que ce dernier connaissait bien les deux voies pour les avoir toutes deux pratiquées. Il a gagné avec la non violence parce que celle-ci fait de l'adversaire un partenaire, considéré pour sa puissance, son engagement et son intelligence.
Les caractéristiques, maintenant sont connues : elles s’appellent la puissance de la conviction du vrai, la réalité de la considération de l'autre, et le refus de venir sur un terrain défavorable. Ce sont ces éléments qui font de la non-violence une voie redoutablement efficace. Mieux encore, l'En paix a le temps.
Que dit-on des impatients qui s'énervent ? Qu'ils sont idiots et qu'ils ont tort... Ceux là mourront donc par la violence dont ils usent.
Sous forme de conclusion, toujours provisoire, rappelons nous que la violence est destructrice. Toutes les guerres nous l'ont montré. La non violence, elle, est constructive. C'est dans les périodes de paix que viennent la croissance et le développement (C'est la raison pour laquelle le libéralisme fait ses guerres ailleurs que sur ses marchés...). Après la violence il ne reste que les ruines. Par contre, il n'y a pas d'après la non violence car la construction et l'imagination continuent. Le “choix” pourtant parait simple...
Jean-Marc SAURET

mardi 26 février 2019

On ne voit que ce que l'on croit ! ...et pas l'inverse.

Nous avons l'habitude de dire ou d'entendre le doute de Saint Thomas : "Je ne crois que ce que je vois !" Il s'avère de fait que c'est bien l'inverse qui nous arrive au quotidien. J'ai déjà relaté l'anecdote où, à l'attente de la naissance de notre fille, d'un seul coup, il y avait plein de femmes enceintes et des landaus en ville, alors que, jusque là, il n'y en avait aucun, je vous l'assure... En effet, nous ne voyons que ce qui nous préoccupe. C'est quand on change de voiture que le modèle convoité apparaît partout dans les rues, que l'on voit partout les affiches du spectacle ou du film que l'on a adoré, que l'on voit partout ce ministre, ce politique qui nous insupporte ou nous séduit... Mais allons plus loin.
J'ai aussi évoqué cette recherche sur le génome humain qui a donné des résultats très décevants. Là où l'on attendait que chaque gène soit le déterminant d'une fonction, d'une caractéristique physique ou comportementale, ou d'un état, on constata que plusieurs gènes sont convoqués dans la même, ou encore plusieurs particularités de la réalité humaine. De la même façon, on a constaté aussi, que les statistiques s'avèrent plus probantes et plus prédictives que lesdits gènes. C'est le flop sur le "tout génétique". 
C’est bien dans ces conditions que les chercheurs ont inventé le concept d'épigénétique. C’est ce constat qui leur fait considérer que le gène est adaptatif, et qu'il n'est de fait, qu'un potentiel. Voilà une pirouette, une jolie manière de perpétuer la croyance dans le déterminisme du gène, tout en intégrant le fait qu'il ne le soit pas. Malin ? Non, juste humain... 
Il est si difficile de se débarrasser de ses croyances... Car ce sont bien elles qui nous structurent et nous rendent le monde recevable. Sur quoi, d'ailleurs, portent les débats les plus fougueux, tant dans les médias que dans les repas de familles ou de copains ? Sur les choses qui nous tiennent à cœur, en l’occurrence, nos "sacrés", en d'autres termes, nos fondamentaux. Immanquablement la phrase fatidique arrive, à un moment ou à un autre, dans le débat : 
"Tu ne peux pas dire ça !" Eh bien, si, il ou elle l'a dit. Donc elle ou il peut le dire puisque c'est dit... Mais l'interlocuteur ne l'entend pas de cette oreille. Le concept, l'idée, le point de vue, déconstruisent la conception de l'autre. Ses croyances sont mises à mal. Dans ces conditions, subjectivement le propos "ne peut pas" être dit … (en fait, on considère qu'il ne “devrait” pas être dit)… Et l’on vient de voir justement, le contraire !
Notre univers personnel est peuplé de ces éléments structurants qui tiennent tout l'édifice de "notre monde". Le reste n'existe pas... Schopenhauer appelait cet ensemble d'éléments structurant, le "critérium". Le psychosociologue Rodolphe Ghiglione a montré que c'est de cela dont il s'agit essentiellement dans toutes nos conversations : revisiter et afficher ses  propres fondamentaux, affirmer d'où nous pensons et qu'il s'agit là d'un innégociable. Il a montré combien la conversation était cet outil utile et indispensable pour "transacter nos références", c'est à dire, sans jamais convertir, persuader ou convaincre quiconque, donner à voir ce point d'où chacun pense. Ensuite les gens le savent et s'en arrangent. "Oui, c'est vrais que tu penses comme ça... Dont acte."
La conversation n'affirme rien d'autre, ne pose rien d'autre, que le point de vue "d'où nous pensons". Elle donne à voir quelles sont nos croyances et nos références. De fait, c’est bien cela le “vrai”,... “qui nous sommes”. Tout le reste n'est que bavardages secondaires. La conversation ne nous sert donc qu'à l'affirmation réciproque de soi. 
Et si nous ferraillons tant c'est bien parce que notre "Ego" y est en jeu et que c'est bien là la meilleure manière de le préciser, de l'affirmer et de le défendre. 
"Mais, nous savons bien qui nous sommes !", pourriez vous me rétorquer. Bien sûr, mais avec une “certaine” marge.... L'identité n'est pas un état mais une action de vérification permanente. C'est ce que je posais dans le concept "d'identation". 
Nous n'existons que de l'autre, comme l'expliquait Jacques Lacan ! Nous sommes dans le regard ou la réalité de cet "Autre". Nous passons notre temps à vérifier notre "réalité", en nous assurant du fait qu’elle est bien là dans ce miroir qu'est l'autre, bien valide et bien présente.
Nos conversations sont donc une activité de vérification et de réaffirmation de soi. Mais quel lien avec l'assertion "On ne voit que ce que l'on croit" ? Eh bien, justement, toutes ces choses que je crois sont les composantes de mon ego. 
Je passe mon temps à vérifier mon statut et mon état dans nos conversations. Passant du particulier au général, cela signifie que toutes nos activités consistent à jouir de ces certitudes d'un monde prédictible. "C'est comme çà que ça se passe chez... !" Même les publicitaires l'ont bien compris et ils abusent du principe. Comme je passe mon temps à vérifier que je suis bien là, en cet état, dans le regard de l'autre, je passe mon temps à vérifier que le monde dans lequel je suis est bien celui qui me fonde. Ainsi, hors de ce monde structuré par mes croyances et certitudes, il n'y a point de salut. Il n'y a même rien du tout...
Voilà donc pourquoi une très large part de nos actions et activités sont aveuglées par nos préoccupations premières, fondamentales : exister dans un monde certain ! Si le monde n'est pas ça, alors je le corrige. Et si ça ne marche pas, c'est le monde qui a tord !
Pour conclure, ouvrons encore un peu plus le champ de notre conscience : ce ne sont pas nos certitudes qui font la connaissance mais les questions qui se posent entre lesdits certitudes. Une fois que ce point est admis, les certitudes ne sont plus alors que des points de vue temporaires. C'est bien sur les questions que nous nous posons, que progressent nos connaissances. Les certitudes, quant à elles, nous figent donc dans une cosmogonie fermée, stoppée, et irrémédiablement bloquée… le “dogme”. Cela nous rappelle quelque chose ?.
Jean-Marc SAURET
Le mardi 26 février 2019
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