mardi 20 juin 2023


" L'Humain au cœur  dans  La force du vivant "

Le troubadour ressent le monde, le sociologue le réfléchie,
et ensembles, ils le racontent pour éveiller les consciences...

Aller plus haut, plus loin, est le rêve de tout un chacun, comme des "Icares" de la connaissance. Seuls ou ensemble, nous visons à trouver un monde meilleur, pour soi, pour les siens ou pour tous. Nous le voudrions plus dynamique et plus humainoù l'on vit bien, progresse et œuvre mieux. 
Bien manager ses projets, c'est d'abord devenir la meilleure version de soi-même pour que son action et celle de chacun produise la belle œuvre, révélation et fierté de chacun et de tous. L'efficience dans le vivre ensemble relève de la culture partagée et de la posture personnelle. Et il n'y a qu'une posture : "Servir ses valeurs".
Patron, président, manager, décideur, collaborateur et toute personne désireuse de progrès, ce blog est pour vous. Fouillez ! Commentez ! Partagez !
Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite, à l'expresse condition d'en citer chaque fois la source et de n'en pas faire commerce.

mardi 27 juillet 2021

Si les réalités sont les faits, la vérité est ce que l'on en dit ! (27 07)

Socialement, nous savons que la réalité qui nous entoure, et dans laquelle nous baignons, est liée aux représentations collectives et culturelles à travers desquelles nous expérimentons ce qui se passe, ce qui nous arrive. Voilà pourquoi nous parlons bien souvent de "réalités", au pluriel. Chacun les vit "depuis le point de vue où il se place" (dixit Pierre Dac). Il s'applique là des logiques de "préoccupations".

(Nous rappelons au passage ceci développé dans de précédents articles * : quatre variables de l'action consciente sont, d'une part, les représentations et la nécessité, et d'autre part l'amour et la peur.)

En fonction de ces dites représentations sociales, la vérité est ordinairement considérée comme intrinsèque, voire transcendante, ou même "essentielle" aux faits et aux choses. Nous la vivons ainsi. Mais socialement elle est le sens, la raison d'être, la finalité que nous attribuons aux choses. Au-delà d'une hypothétique vérité révélée, il y a celle dont nous habillons sociétalement les réalités.

"La réalité désigne « ce qui est ». Tandis que la vérité correspond à « ce qui est dit de ce qui est »." écrivait Gaël Chesné dans son court ouvrage chez VA Editions "Le contrôle de la vérité, ce pâle objet du désir" (2021). En effet si nos réalités sont ce que nous avons vécu et perçu des faits, même si nous pouvons en débattre jusqu'à s'accorder sur ce qu'ils sont, il n'en va pas de même pour la vérité. C'est-à-dire pour le sens que l'on donne à la réalité. Cette vérité n'a pas pour seul but de dire les choses qui sont mais de leur donner un sens, une finalité, une raison d'être. C'est-à-dire les orienter, les signifier et les faire ressentir.

La vérité est un cadre de référence pour comprendre la réalité. Si nous n'avons pas de vérité donnée, alors nous en construisons une nous-même sur la base de nos représentations sociales et personnelles. Car si la nature a horreur du vide, la nature humaine a horreur du vide de sens. Mais s'il nous en est donné une, par le politique (c'est léger), le philosophe (c'est mieux) ou autres mentors référencés, alors l'économie cognitive fait qu'il nous est confortable de prendre ce qu'elle est, comme elle est, aussi futile et légère soit elle. C'est ce que l'on appelle des "pensées courtes". Alors, je pense à "la construction du consentement", modélisée par Edward Bernays, expliquée et commentée par Noam Chomsky.

Ainsi, le politique a compris depuis bien longtemps cette utilité et il en use. Aussi, quand les Français sont sortis en masse dans la rue pour réclamer leur liberté de choisir, de vivre et de se déplacer, pour défendre des libertés fondamentales dont les amputait ledit Pass Sanitaire, les médias mainstream titraient : "les antivax refusent de protéger la population !"

Certes, c'est bien loin ce que disaient les manifestants et les organisateurs des manifestations, mais c'est le récit qu'en a fait l'Etat et les médias à son service. La vérité devait être changée de manière à ce qu'elle serve le projet politique des gouvernants. Ces ardents défenseurs des libertés (vaccinés ou pas) ne devenaient que des ignorants imbéciles anti vaccin.

Pourquoi ? Parce que la vérité officielle était que seul le vaccin pouvait réduire la crise. Mais d'autres avaient une autre vérité, celle que des produits soignaient et que s'ils étaient interdit ce n'était que pour permettre le commerce juteux de vaccins expérimentaux dont l'autorisation temporaire d'utilisation était justement conditionnée à l'absence de soin. Vous imaginez aisément la suite...

C'est ce qu'ont fait bien avant cela les dirigeants politiques lors d'événements particuliers. Napoléon était un adepte de la reconstruction du discours sur les événements. Il veillait à ce que les journaux relatent ses batailles comme des conquêtes et des victoires glorieuses, passant outre les tueries qu'elles provoquaient, et d'autres conséquences désastreuses de sa politique guerrière, ainsi les "invisibilisant".

C'est aussi ce qu'ont fait les républicains du XIXe pour faire nation des peuples de France quand ils ont ressorti des fontes de l'histoire Clovis et Jeanne d'Arc. Ils donnaient ainsi l'épine dorsale et morale sur laquelle pouvait s'articuler l'idée d'une "nation", son cœur utile et nécessaire pour agglomérer en nation les gens du peuple encore conditionnés à être sujets.

Autre exemple plus proche de nous. Les sondages en 1945 sur la question "Qui avait gagné la Seconde Guerre mondiale ?" clamaient d'une seule voix "Les Russes", avec leur million quatre cents mille morts dans les batailles décisives de Moscou, Leningrad et Stalingrad puis leur longue remontée jusqu'à Berlin. Mais après les propos anticommunistes, les campagnes européennes et les commerces internationaux, en 2004 le même sondage donnait les USA vainqueurs de la même guerre, avec leurs trois cent mille morts et le débarquement des alliés auquel ils avaient participé.

La vérité change de centre et de sens au hasard des discours et récits reconstructeurs, selon les intérêts des dominants. Tenir le discours de la "vérité vraie", c'est tenir l'âme des peuples et le sens de leur histoire. C'est aussi comme cela que l'on tient l'orientation des foules, et que les pouvoirs les font marcher au pas, fussent-ils de l'oie. La vérité des nazis disait qu'ils étaient la race arienne supérieure et pure. Bien des récits d'époque et plus anciens en développaient le concept et les raisons.

Mais c'est aussi comme cela que les gens se libèrent des tyrans hâbleurs, en leur rétorquant que la vérité est dans la rue et non dans les palais. C'est ce qu'ont dit tous ces gens qui font peuple parce qu'unis et rassemblés en même temps au même endroit, ou à d'autres convenus. Le 24 juillet 2021, et les samedis suivants, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont dit oui à leurs libertés et non aux enfermements, aux amputations des libertés, aux contrôles intempestifs, anticonstitutionnels et illégaux.

Je ne sais pas encore à l'heure où j'écris ce que le conseil constitutionnel aura conclu. S'il laisse fouler au pied de cet exécutif la qualité privée et secrète des bulletins de santé, instituer l'inégalité de droit de chacun sur la base d'états de santé nécessairement secrets, alors nous serons aux portes d'une révolution grave et dure... Bien des gens semblent avoir compris qu'une maladie qui tue moins de 0,02% des gens ne peut pas être une épidémie, encore moins une pandémie...

Nous devons nous préparer à un automne difficile et mouvementé. Autant il sera houleux, autant le réveil sera radical et définitif... Souvenons-nous que le geste accompagne la parole : c'est comme cela que l'état développa dans le peuple une certaine peur de manifester en mutilant çà et là quelques manifestants représentatifs ou non. Le geste accompagne la semonce. C'est la gifle ou la fessée qui accompagnent le discours de remontrance. C'est un tout "ignoble" mais "cohérent" et par cela, il contribue au sens de ladite vérité.

En effet, parce que la sensation de pouvoir être mutilé crée une certaine répulsion ordinaire à descendre dans la rue, les gouvernants pensaient "tuer" le mouvement des gilets jaunes, dont il a même décrété la fin, comme une vérité... C'est bien là la vérité que cherchait alors à répandre le gouvernement. C'est aussi ce qu'il recherchera encore, à moins que... ... parce que les Français ont horreur des mensonges et des compromissions !

En miroir, la violence et l'entêtement totalitaire du pouvoir témoignent de sa peur et de ses faiblesses. C'est là une autre vérité...

Mais poussons la problématique de la vérité un peu plus loin. C'est donc bien le récit des faits qui, en tant que "métadiscours", fait la vérité. Si la vérité nous dit que l'autre est plus fort que soi (que nous), alors la réalité le réalise et nous perdons (que nous soyons le gouvernement ou les gens du peuple). Si la vérité dit que nous sommes les plus forts, voire un peuple élu, alors dans la réalité, rien ne nous arrête ni ne nous retient. La question de la vérité, ce discours sur les faits, est donc déterminante.

Ceci me renvoi au thème du roman et du film "Le choix de Sophie" où, arrivant au camp de concentration, un officier nazi lui propose d'épargner un de ses enfants et lui "offre" de choisir celui qu'elle veut sauver. La vérité qui sous-tend sa démarche est des plus perverses. En effet, pour "quitter la vérité de l'autre", ce qu'aurait pu répondre Sophie à l'officier nazi aurait pu être : "Ce n'est pas moi le criminel, c'est vous. Ne renversez pas les responsabilités !" 

C'est bien ce que veulent répondre au gouvernement les manifestants aujourd'hui : "Ce n'est pas nous qui détruisons les libertés, c'est vous ! Ne renversez pas les responsabilités !" Car le gouvernement, armé de ses médias (comme l'a fait Napoléon avec les journaux), a propagé la vérité en ce sens qu'elle l'exonère de responsabilités affreuses de la politique qu'il conduit...

Ailleurs, par exemple, une abusive "vérité culturelle" nous a inculqué l'idée que les bonnes personnes, par leurs bonnes actions, sont récompensées pour cela, et que les mauvaises personnes sont punies pour leurs mauvaises actions. Ors, nous nous lamentons de ce monde injuste qui accable les bonnes personnes de mauvaises choses et, inversement, accorde de bonnes choses à de mauvaises personnes, comme si une loi immanente reposait sur le principe de la récompense et du retour de justice. 

Il en va ainsi pour bien des vérités invoquées ou induites. La "vérité fondamentale" est que ceci est une pensée culturelle, que nous ne sommes pour rien sur ce qui nous arrive, qu'il n'y a pas de relation entre le sujet et l'objet. C'est autre chose qui en décide, et nous y reviendrons. C'est bien la connaissance dans une démarche philosophique référencée qui nous rendra le chemin vers une "vérité fondamentale".

* Voir : La communication en paix : CEP (22 12)

Jean-Marc SAURET
Le mardi 27 juillet 2021

Rendez-vous début septembre pour d'autres publications.


Lire aussi Dignitarisme, de quoi s'agit-il ? "


Licence Creative Commons

mardi 20 juillet 2021

Des caractéristiques des Alternants : le fun et le nombre ! (20 07)

Mon fils me racontait comment des joueurs en ligne se sont "amusés" à allumer un contre feu financier pour protéger un magasin de jeux vidéo (GameStop). Il me décrivait comment, par jeu, ils ont, ensemble et sans se connaître tous, acheté une quantité considérable d'actions de cette boutique, uniquement pour faire monter leur cours. A partir de là, ils ont "retenu" les ventes quand le cours était au plus haut, rien que pour voir comment les boursicoteurs ordinaires allaient se débrouiller face à cette réaction totalement inhabituelle du marché. Juste pour le fun, ils ont créé un évènement boursier où les habituels gagnants ont perdu beaucoup d'argent. Purement pour le fun, juste pour voir et parce que ça marchait...

Je remarquais que ces apprentis boursicoteurs qui n'en étaient pas, avaient développé une intelligence pratique de ce jeu de riches et s'en sont joués, juste parce qu'ils étaient très nombreux et que ça marchait. Just for fun ! Ils se sont en fait amusés à renverser la vapeur et à faire ainsi des gagnants habituels des perdants et des perdants ordinaires des gagnants. Il me disait aussi comment de nouveaux joueurs venaient sur le champ des crypto-monnaies, purement pour jouer et voir ce que cela pouvait bien donner, uniquement pour jouer avec de nouvelles règles, bien sûr en gagnant un peu d'argent mais surtout pour s'amuser, toujours pour le fun.

Je réalisais que cette lamentable crise covid avait été l'occasion, pour nombre de nos co-concitoyens ordinaires, en plus de lâcher prise sur les comportements néolibéraux "enfermants", de prendre de la distance sur le sérieux du monde. Au-delà de l'abandon des jeux de concurrence et de compétitions, au-delà des jeux matérialistes de course à l'avoir et au pouvoir, ils avaient pris de la distance vis-à-vis du monde même ... Un peu comme s'ils se répétaient ces quelques mots d'une chanson de Cabrel : "Est-ce que ce monde est sérieux ?"...

Alors, juste pour le fun, ces alternants culturels viennent jouer dans le grand bac à sable du vieux monde, mais sans en utiliser les règles d'usage, sans prendre en compte les enjeux des anciens, sans leur stratégie, sans leur logique ni leurs finalités. Et c'est là que tout bascule. Il faudra en tenir compte maintenant que l'ancien monde bascule, bousculé par les conséquences de ce que les anciens ont fait.  Nous voilà dans une sorte de nécessaire, qui n'est pas encore devenu suffisant. Ici, le nombre compense la pauvreté. Il faut bien le savoir. Et j'entends ces libertaires dire à l'encontre des néolibéraux : "Ils ont peur de la solidarité des gens de peu, parce qu'ensemble ils sont bien plus forts qu'eux !"

Ce qui me séduit dans l'approche par le fun, c'est ce lâcher prise avec le sérieux, l'important, le convenu. Ce qui me séduit dans la solidarité, c'est qu'elle n'a besoin d'aucun catalyseur, d'aucun moteur, d'aucune force complémentaire. "Fun et nombre" constituent une force d'une puissance particulièrement redoutable et redoutée par les gens riches et seuls. Parce qu'ils sont seuls, les riches sont dans la compétition et l'affrontement. Cela vaut pour la réciproque. Ils ne peuvent pas faire autrement que de lutter. Les gens de peu vivent plus naturellement le détachement et la solidarité. C'est bien ce qu'ont réalisé les gilets jaunes. Ils ont par cette prise de réalité, bousculé lesdits "puissants". Et ça pourrait bien se poursuivre...

Les puissants néolibéraux voudraient bien continuer leurs habitudes, et faire en sorte que leur mode de vie, leurs "relations d'être" dans l'affrontement et la compétions, fasse culture, voire méta-culture. Ils y sont bien plus à leur aise. Bien que nombre de petits pauvres y succombent, enfermés dans l'avidité construite dans une postmodernité néolibérale, ce n'est pas le cas de tous. Le détachement des alternants culturels fait "révolution".

Il y a dans les "réfléchissants" alternants, quelque chose de la transgression, voire de la duperie : c'est l'approche concrète qu'analyse le sociologue Michel Maffesoli. Quelques néolibéraux lucides s'en sont rendu compte. Je pense à Yvon Gattaz, le père de Pierre et ancien président du CNPF, avant qu'il ne devienne le MEDEF. Devant un large parterre de dirigeants d'entreprises il affirmait à propos du management des personnes : "Mettez du contrôle et vous obtiendrez de la tricherie. Mettez de la confiance et vous obtiendrez de l'efficience." C'est à ce bon sens pratique qu'appartient la réaction fun de cette nouvelle population. Je ne dirai pas encore qu'elle est une génération, car être alternant culturel n'a rien à voir avec l'âge ni la génération. Il est simplement là question de posture, associée à une intelligence des faits qui la produit.

Voilà pourquoi je pense inéluctable l'avènement d'un monde d'après, solidaire, joyeux, interdépendant, complémentaire, créatif et alternant. Pour que cela n'arrive pas, il faudrait un monde totalitaire, manipulateur, menteur et agressif (et encore...). Imaginez que l'ordre établi utilise la police pour mutiler le peuple manifestant, que des campagnes de désinformation propagent la peur d'un virus simple, que des confinements inutiles enferment la population dans l'absence de relations coopérantes, qu'on les muselle de masques aussi inutiles qu'inefficaces, que la surveillance de tout un chacun s'appuie sur les peurs réciproques de l'autre, du non-vacciné,  "antivax" ou "rassuriste", que les quidams qui réfléchissent et posent des questions lucides soient bannis et discrédités sous des mots d'insulte comme "complotistes" ? Imaginez qu'in fine, la ségrégation des populations se fasse sur le vaccin contrôlé par un passe sanitaire. Il faudrait alors un retour d'une gestapo et susciter la délation. Il ne manquerait plus que l'étoile jaune...

Non, ce monde-là est bien trop loin de nous... Il ne pourrait, de toute façon, pas résister à son propre effondrement, ni à la puissance du fun et du nombre...

Jean-Marc SAURET

Le mardi 20 juillet 2021

Lire aussi  " Pour une laïcité relationnelle totale "

vendredi 16 juillet 2021

"L’interdiction de "l’obligation vaccinale" a été adoptée par la Cour Européenne !" (16 07)

"L’interdiction de "l’obligation vaccinale" a été adoptée par la Cour Européenne !"

La Cour européenne a enfin statué sur l’interdiction de l’obligation vaccinale. Le lien en français est à la fin avec les articles de loi de la Cour européenne.

Toute obligation de vaccination est désormais illégale par défaut Le Conseil de l'Europe
(à ne pas confondre avec l'UE), auquel appartiennent tous les États européens à l'exception du Belarus, du Kosovo et du Vatican qui est le parrain de la Cour européenne des droits de l'homme, a décidé le 27.01.2021 dans sa résolution 2361/2021, entre autres, que personne ne peut être vacciné contre sa volonté, sous la pression.

Les 47 États membres sont invités à signaler avant la vaccination que la vaccination n'est pas obligatoire et que les personnes non vaccinées ne doivent pas subir de discrimination.

La discrimination est également expressément interdite en cas de risques sanitaires existants ou si une personne ne souhaite pas être vaccinée. Les fabricants de vaccins sont tenus de publier toutes les informations sur la sécurité des vaccins.

Avec cette résolution, la plus importante organisation de défense des droits de l'homme en Europe a désormais établi des normes et des obligations, ainsi que créé des lignes directrices en vertu du droit international, qui doivent être appliquées par les 47 États membres, y compris l'UE en tant qu'organisation.

Les discriminations, par exemple sur le lieu de travail ou les interdictions de voyager pour les personnes non vaccinées, sont donc légalement exclues.

Dans toute procédure judiciaire, contre toute autorité, tout employeur, tout fournisseur de voyages, tout responsable.

°   °   °

En Version française https://pace.coe.int/fr/files/29004/html 

Voir particulièrement les §
7.3 - 7.4 - et le 7.5.2 :  "d’utiliser les certificats de vaccination uniquement dans le but désigné de surveiller l'efficacité du vaccin, les effets secondaires potentiels et les effets indésirables"

Information relayée par Jean-Marc SAURET
Le vendredi 16 décembre 2021



mardi 13 juillet 2021

Se nourrir, vivre et se débarrasser ou l'art d'être heureux (13 07)

Il me revient cette historiette où le jeune déclare au sage : "Quand j'aurai cette moto, je serai heureux !" Le sage lui répondit : "Sois heureux et ensuite occupe-toi de cette moto"... Oui, il me semble bien que l'art d'être heureux est bien une posture. Cela relève de l'être et certainement pas de l'avoir. J'ai plusieurs fois développé ce point-ci. Alors, allons plus loin aujourd'hui et plus concrètement, procédons par l'exemple.

Comme je l'ai déjà indiqué, j'ai l'habitude de prendre un temps de méditation chaque matin, au cours duquel me viennent des réponses à des questions que je ne pensais parfois même pas me poser. C'est comme çà : l'intuition s'invite et sème quelques représentations, germes de réflexion, quelques mots, phrases ou sentences que je note le plus souvent à mon retour.

Ce matin, par contre, il m'est venu cette image que tous les animaux se nourrissent, vivent et se développent... puis ils évacuent ensuite tout ce qui leur est inutile ou nuisible. Il m'est venu aussi à l'esprit que les végétaux en font de même. Ils attrapent la lumière et le carbone par leurs feuilles, les sels minéraux par leurs racines et les transforment en en faisant quelque chose pour vivre et se développer. Et puis ils rejettent ce qui ne leur sert à rien comme l'oxygène. Il m'est venu que tous ces cycles sont interdépendants, complémentaires, et partie d'un tout.

Je réalisais alors que nous-même, faisant partie du même tout, faisions aussi cela pour nous-même, notre âme ou notre esprit. Ceci est à l'instar de tous les êtres vivants qui se nourrissent pour vivre, se développent, puis rejettent leurs déchets, lesquels peuvent servir à d'autres. Nous nous nourrissons d'amour, de beauté et de lumières. On en fait notre vie et on se débarrasse des déchets, comme de tout ce que nous considérons comme toxique. 

Comment faire pour ce faire ? Une réponse vient, pratiquement d'elle même : on la retrouve dans le lâcher prise, qui peut se traduire par l'abandon de l'inintéressant, même si parfois il vient percuter nos émotions. On va donc le retrouver dans la méditation sur le sens des choses qui nous importent. Les scories se délitent d'elle-même par l'inintérêt que nous leur trouvons, simplement en les considérant. Il s'agit du même processus d'arrêt que lorsque, en méditation, nous accueillons une démangeaison naissante, une crispation, voire une douleur. Celles-ci disparaissent alors. Elles se dissipent d'elles mêmes dès lors que l'on considère simplement ce qu'elles sont.

Se nourrir reste imaginable par tous, même si nombre d'entre nous se trompent de nourritures. Pour les uns, ce sera combler l'envie, le désir, jusqu'à la cupidité, et même l'orgueil ou la richesse. Bref, certains tentent le comblement par l'acquisition de biens et de signes de pouvoir et de reconnaissance. D'autres ferment parfois les médias de masse, gavés qu'ils sont de malheur, de haine et de misères. Ceux-ci, plus sages, lâcheront ce monde abscons et se nourrissent d'amour, de créations et de sérénité. Ils iront méditer, faire des balades dans la nature. Ils écouteront ou feront de belles et douces musiques harmonieuses en rapport avec ce qu'ils sont. Ils se nourriront de belles images que parfois ils créeront, etc. Ce dont on se nourrit nous fait...

Mais à propos d'amour, j'entends dire qu'il y aurait une différence entre un amour égoïste, comme aimer une orange, et un amour altruiste, comme donner son attention. Voilà qui mérite que l'on s'y arrête. En effet, si l'autre est un autre moi-même, et si nous sommes du même grand tout, alors il n'y a plus aucune différence entre ces deux postures. Aimer l'autre, c'est s'aimer soi-même, et s'aimer est aussi aimer l'univers… L'argument vaut à la seule condition que les ego se soient tus ou fondus dans l'universelle réalité. Ce n'est là juste qu'une question de conscience.

Mais continuons notre propos. Car ensuite, il nous faut faire quelque chose de ces nourritures. Si elles sont toxiques, elles nous empoisonnent. Si elles sont riches et saines, elles nous régénèrent. On entend que nous sommes aussi ce que nous mangeons. A voir de plus près... Comme le bon sens populaire l'évoque, il nous faudra quand même toutes les "digérer", ces choses-là, quelles qu'elles soient. 

Digérer "les toxiques", c'est accueillir puisque elles sont là ! Et surtout ne rien en faire, les laisser passer comme les poissons dans l'eau, comme des nuages dans le ciel. Et c'est quoi "digérer l'amour, la paix, la joie, la lumière de la beauté" ? Certainement simplement les installer dans notre cœur, comme l'on dit, les accueillir et leur faire toute la place. Alors nos êtres se transforment en force de sagesse, en force créatrice.

Je reconnais ainsi trois déchets dont nous avons à nous débarrasser : les peurs, les haines et les souffrances. Déjà quand elles deviennent la peur, la haine et la souffrance, leurs objets s'en sont dissociés et c'est là un premier pas décisif, qui pourrait bien devenir concluant.

Parmi ces peurs, qui nous installent dans le "Ne rien faire", il y a les peurs de notre enfance, de notre histoire, comme la peur du noir, des araignées, des monstres, du loup, du bruit, etc. Il y a les haines qui nous poussent à de mauvaises réactions, à des projets destructeurs et autodestructeurs. Ce sont la haine de l'autre qui nous a touché là où ça nous a fait mal, des haines personnelles ou sociales qui se transforment en quelconques "vendetta". 

Ce sont des haines par refus de la différence, par refus de changer notre ordre des choses, par refus de voir ses propres responsabilités. Et puis il y a les souffrances qui détournent notre attention sur nos valeurs, sur nos projets, sur nos "essentiels". On retrouve ici cette souffrance globale que le Bouddha s'est attaché à comprendre, pour mieux apprendre à "comment nous en débarrasser".

Par ailleurs, l'éducation nous a invités à vaincre nos peurs et nos doutes. Une certaine éducation nous incite à lâcher prise sur nos rancœurs, nos haines, et à laisser tomber nos perspectives de vengeance, de règlement de comptes, voire même à pardonner. Mais qu'est-ce que pardonner, sinon simplement lâcher prise sur ces "objets toxiques" ? 

Il s'agit alors de se détacher des conséquences et de la responsabilité, de laisser à leurs auteurs d'en vivre et assumer seuls les effets, quels qu'ils soient. Il suffit de ne pas "prendre" l'agression. "Ne cherche jamais à te venger de qui ou de quoi que ce soit, nous indique un proverbe bouddhiste. L'univers s'en charge. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer le cadavre de tes ennemis !"

Evacuer les toxiques consiste en fait à laisser faire la nature et la vie, à surtout ne pas leur donner l'importance qu'elles n'ont pas (cela les nourrirait...). Sinon, elles la prennent dans l'espace de nos vies, et nous en serions alors "coupables".

En résumé, à l'instar de tous les êtres vivants qui se nourrissent pour vivre et se développer, puis rejettent leurs déchets, on se nourrit de ce qui est important pour nous et qui nous préoccupe, comme l'amour, la beauté et la lumière. Gare à ceux qui sont occupés par la violence, la haine ou la peur. Ils se retrouvent immanquablement dans une impasse. On fait de cet essentiel notre énergie de vie, celle-là même qui nous développe. Et on se débarrasse des déchets par la méditation, le ressourcement et le lâcher prise. 

Mais de manière pratique, comment effectuer ce ressourcement, ce lâcher prise ? En nourrissant son cœur et son esprit, en les remplissant des choses qui nous font du bien comme la musique, la beauté d'une personne. Ce peut-être également l'esthétique d'un environnement, d'un fait, ou des sensations du beau et du bon. La liste n'est pas limitative...

Dans ces conditions, il n'y aura plus de place pour les déchets. Nous pourrons en lâcher la prise, l'attachement, car c'est bien souvent ce qui, inconsciemment, nous retient. On appelle cela remords, rancœurs, vengeances, etc... Je crois que dans nombre de cultures, on nomme ce travail d'évacuation la "contemplation".

"L'inverse de l'amour n'est pas la haine, mais la peur !" écrivait l'auteure Kathrin Hudson dans son ouvrage "Les anges me l'ont dit". "Sois le monde que tu espères" écrivait le Mahatma Gandhi. "Sachez que l'on devient ce que l'on consomme !" écrivait la médecin Christine Durif-Brucker

La jeune yogi Brigitte Fabi a repris à son compte cette sentence et nombre d'alternants culturels l'ont fait comme elle. "Je suis ce que j'aime et j'aime ce que je suis, tout simplement" résume-t-elle... Se nourrir, se développer, se libérer sont bien un seul et même processus global d'éclosion, et ce n'est pas qu'une affaire personnelle... A suivre !

Jean-Marc SAURET

Le mardi 13 juillet 2021

Lire aussi  "Comme un poisson dans l'eau"