"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

L'humain cet animal supérieur dominant... (26 05)

Le paléoanthropoloque Pascal Picq, dont j'ai eu le plaisir de croiser la route, a eu cette formule : "L’Homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul qui pense qu’il n’est pas un animal". Cela fait sérieusement réfléchir...

L'humain est aussi un animal de pouvoir, au point de se trouver des homologues un peu partout dans les populations animales qu'il nomme "alpha" ou "dominants". Et comme l'humain s'est situé au-dessus de la mêlée, il se croit tout permis, au point même de mépriser d'autres humains et tout ce qu'il catégorise ou caractérise comme animaux : voire sauvages, ou considérés comme inférieurs. On l'imagine s'être développé à l'aune des missions de vie et des raisons d'être au-delà même du temps et de l'espace.

Il est aussi, semble-t-il, le seul "bestiau" à penser le temps au-delà du présent, y comprenant des notions qu'il considère comme “réelles” : le passé et le futur. Heureusement, il existe quelques sages pour lui rappeler son “erreur”. Néanmoins, cette “erreur”, il ne la comprend toujours pas. "Mais enfin, le temps, c'est évident !" nous dit-il avec l'aplomb de ceux qui ont raison, voire "détiennent la vérité". .

Je repense à Laila del Monte, une dame qui échange et converse intuitivement avec les animaux pour que leurs "maîtres" les comprennent mieux, et puissent intervenir positivement, dans leur relation, leurs ressentis, leurs mondes. Elle est une sorte d'interprète entre quelques animaux de compagnie et les humains qui les "possèdent",... dit-on.

Et puis il y a cette autre différence entre les humains et les animaux : si certains ont le sens d'eux même comme les bonobos et les corbeaux, bien d'autres animaux semblent n'avoir pas le sens de la liberté, même quand ils la perdent. Ils semblent le “ressentir”, comme s'il s'agissait de conditions ordinaires liées à un contexte où à un environnement distinct, à l'instar de la pluie et du soleil, des ressources dont ils usent pour vivre. Les humains en font un objectif, une réalité partagée ou pas, une question même de pouvoir, et donc un essentiel de leur être. Et si nous réalisions qu'il n'y a entre nous, les êtres de conscience, pas vraiment de différences nettes ?

Le sentiment de liberté nous chavire comme une définition existentielle, comme un essentiel, un fondamental, comme "un propre" de nous-même. Et ce au point d'en priver consciemment d'autres, notamment des animaux ou des dits esclaves" ou autres êtres inférieurs. On se place donc en propriétaires, en possesseurs, en "plus qu'eux". Ainsi, à nos yeux, les animaux libres sont sauvages avec des modes de vie singuliers, et les animaux domestiques, comme nos "domestiques", sont des êtres dépendant de nous mêmes, et donc inféodés à nos désirs et bons vouloirs.

Nous vivons le monde comme s'il était notre jardin, comme si nous étions en lieu et place de la finalité de l'univers, comme si nous étions des dieux et nous entretenions avec les autres êtres de la nature et de la société une relation empreinte d'autorité divine. Nous nous imaginons être, pour les êtres de la nature, les divinités, avec les capacités à en décider et à en juger pour eux ! Nous tirons des religions du livre, même si nous ne sommes plus des croyants, cette posture que la bible nous raconte : des fils de dieu à son image. Cela nous "positionne", comme disent quelques quidams. Éduqués par ces textes dits sacrés, nous nous voyons comme des images du divin, des aboutissements de la création jusqu'à nous identifier à des dieux ...

Oui, il y a en effet une différence entre nous et les animaux et autres humains inégaux. Ceux-là n'ont pas accès à nos droits de vie et nous maintenons la pression pour qu'ils n'y accèdent pas. Il y a d'un côté l'homme-dieu et de l'autre les animaux et les "sous humains". Voilà, les mots sont posés. Et puis un jour, au détour d'un événement incongru ou incertain, un autre réel nous saute aux yeux et on se rend compte...

En effet, le groupe auquel nous "appartenons" détermine tout autant qui nous sommes, ce que nous sommes, et la représentation sociale de ce qu'est l'être humain. Le groupe, “ce” groupe, nous détermine et nous occupe au plus profond… Bien plus, en l'occurrence, que tout ce que l'on imaginerait. Ainsi, cette domination a priori sur toutes les espèces est bien un concept social, et même sociétal partagé. Nous ne sommes que ce que la vie sociale nous renvoie comme “image”, et cela dépend donc de la façon qu'elle a de nous considérer. Nous avons bien peu d'autonomie de penser quand il s'agit de nous-même.  Cet "animal", réputé supérieur,  distinct de toutes les autres espèces, se détache ainsi de tout ce qui n'est pas le clan ou la classe sociale. Tout est dans la question “d'en être ou pas”, mais de quoi exactement ?

Nous ne “sommes pas” seulement ce que notre "individualité" nous est renvoyée, dans ce que l'on pense être "la vie réelle". Nous sommes avant tout l'image de la considération que nos représentations sociales élaborent pour nous-même. Après seulement la construction consciente de qui nous sommes, de notre moi intérieur, de notre ego profond, vient apparaître notre rapport au monde et aux autres. Nous ne sommes en effet qu'en second, derrière le divin ou le transcendant. Nous sommes “en conséquence et en dépendance” une déclinaison de notre classification, de notre appartenance sociale.

Nous sommes tellement dépendants de nos appartenances et indications sociales, que notre individualité se superpose et se confond entièrement avec elle. Serions-nous d'ailleurs autre chose que ce que la conscience sociale nous ''accueille'' ? Même si nous le voulions, nous ne pouvons pas grand chose contre cette représentation de l'humain supérieur et différent des autres êtres vivants. Même cette distinction que nous faisons entre végétaux et animaux est dépendante de notre culture. Nous ne sommes en fait rien d'autre que ce que notre culture nous indique sur nous-même.

Mais aussi, tout est dépendant de ce dont nous nous occupons, de ce que nous faisons, de ce qui nous préoccupe. En effet, on peut constater que le Code civil (article 515-14) "reconnaît les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité". Ceci devrait orienter notre considération sur bien des champs. Pourtant, partout en France comme dans d’autres pays occidentaux, cet article est souvent ignoré, notamment à propos des élevages intensifs, tout comme dans certaines pratiques industrielles. Ben voyons... Pendant ce temps, à l'école, des enfants jouent à écraser des fourmis... “Mon dieu qu'ils sont mignons” !

Je suis indigné de voir que des millions d’animaux restent traités comme de simples biens, malgré nos lois et malgré des engagements volontaires comme l’European Chicken Commitment, qui ne sont pas a priori respectés. Cette situation dure depuis des années, provoquant bien des souffrances chez ce que nous nommons "animaux". Face à cela, le désarroi citoyen participe ici aussi, à la perte de confiance dans l’application du droit. De là à parler de "déshumanisation du règne animal" il n'y à qu'un pas que la simple logique ordinaire franchit de façon totalement ordinaire. 

Mais de quoi avons-nous conscience dans notre univers, sinon de nos propres intérêts et préoccupations habituelles, quelques enclaves de réalité que notre culture nous trouve... Le monde qui nous entoure ne porte pas de sens en soi mais seulement celui que nous lui conférons en regard de nos préoccupations et enjeux du moment. "Les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve" déclarait le psychosociologue Serge Moscovici. La posture est particulièrement stupide, cruelle quoique logique. Elle relève d'un aveuglement dû à un mélange des genres opportun. La différence est certainement liée à cette illusion de notre capacité à symboliser le réel que nous traduisons en ce mot : "conscience". Une “conscience” totalement dirigée à l'aune de nos représentations sociales. Mais savons-nous réellement de quoi il s'agit ?... En l'espèce, aucune “certitude”, sinon la suivante,... que : “je sais que je ne sais pas” !...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 26 mai 2026

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Aimer ou aimer... (19 05)

Je suis tombé sur une scène dite "érotique" dans un roman policier, un type de livre que je n'avais pas ouvert depuis l'adolescence. La scène qui y était décrite m'a fait fermer le livre qui m'est tombé des mains. Tout ceci m'a laissé pensif. Ma première sensation a été de considérer que cette scène, ainsi décrite, n'était ni de l'amour, ni de la tendresse. Elle ne relevait en rien de la rencontre et du partage. Elle ne risquait pas de ressembler à la construction d'une relation intime et partenaire. Au contraire, elle ressemblait plutôt à une sorte de masturbation sur le corps de l'autre.

En effet, le protagoniste semblait savourer des sensations relevant de la douceur et du goût de la peau de l'autre. Alors que les sensations de l'autre étaient “passées sous silence” et donc absolument pas prises en compte. Un peu comme s'il ne s'agissait pas de son affaire. C'est vrai, lorsque l’on mange un poulet rôti, on ne se soucie qu'assez peu de ce que celui-ci ressent. C'est un fait ! Le récit dans ma lecture n'était pourtant pas, a priori, celui de l'action d'un “salopard égoïste”, mais plutôt celui d'un “héros” bien dans sa peau et apparemment stable psychologiquement. Je me devais de comprendre dans un autre contexte ce type de comportement.

J'avais toujours pensé que l'amour était une relation, un échange, un partage, une co-construction, et donc un chemin le plus souvent à deux... mais certainement pas une “consommation” !

Voici une situation qui m'apparaissait maintenant, comme relevant plutôt des fondements du néolibéralisme. Comparaison n'est pas raison, et pourtant : selon les normes dudit néolibéralisme, et dans les conditions, ainsi décrites, j'imaginais alors que l'amour pouvait être ainsi considéré comme une balade dans les rayons d'un supermarché où le [ou la] quidam choisirait sur les étagères, l'instrument de son plaisir à venir. Consommation néolibérale oblige.

Ce qui se passe en effet dans le cas d'espèce, peut être assimilé à une sorte de déconnexion totale d'avec “l'autre”, à une “rupture” relationnelle de fait. Le “non-engagement” dans cette relation devient alors un renforcement de l'égo. Il devient dés lors prééminent. Cette phase traduit et se traduit par un processus d'identification du “moi”, et donc du “soi” aux seules sensations susceptibles de faire “vibrer” son propre corps. Ce comportement a pour unique effet une sensation purement et exclusivement égocentrée ! 

L'égo n'est pas une entité comme il est souvent présenté, mais un simple processus d'identification et donc d'attraction, voire même d'abstraction. L'égo n'existe pas vraiment, pas en tant que tel, et sûrement pas comme une réalité "en soi". On peut imaginer le rapprochement de cette situation avec les battements du cœur en tant qu’entité. Rien à voir ici, avec le ou les “sentiments” : il ne s'agit que de l'écho d'une activité intérieure quasi “mécanique”, et physiologique.

L'égo peut se résumer à ce processus d'attraction : un simple tropisme, et donc ce à quoi je me suis identifié, rien de plus. On peut évoquer ici le plaisir physique, mais aussi le plaisir moral, ou spirituel. C'est à ce point que je me suis attaché. Le plaisir provoque ce processus d'égo, auquel nous nous identifions. L'amour de l'autre, de la même manière, devient, dans ces conditions, une relation simple, et cela n'a plus rien à voir avec le comblement d'un manque, d'une envie ou d'une autre gourmandise.

Je n'ai pas toujours été aussi généreux... et j'ai bien parfois aussi succombé à la démarche néolibérale de consommation égoïste et solitaire. On rate parfois des marches sur son parcours. J'en suis tout autant désolé. Et pour cause...

Je voudrais redire combien une relation amoureuse, émotionnelle, humaine est bien autre chose qu'une simple satisfaction personnelle. Elle peut s'apparenter à une sensation ou à une foule de sensations. Quand l'objet du plaisir s'affadit ou s'affaiblit dans nos sens, on prend l'habitude d'en changer. Quand le plaisir est “satisfait”, ou "fini", on a l'habitude de passer à un autre, ou à autre chose.

De quoi s'agit-il ? S'il est question de jouir de la jouissance de l'autre, on peut alors s'imaginer que l'on en est la cause, l'origine, et donc dans une certaine mesure responsable !... Et si l'autre, à ce moment-là, vivait pour lui-même la consommation de l'instant, qu'en penserions nous ? Et si l'autre n'était réciproquement que le support de nos imaginations, projections ou fantasmes ? L'amour ne serait alors qu'un plaisir solitaire, un onanisme, non ?

Ainsi, dès que le processus d'égo se tait, voire s'arrête, il se passe alors autre chose : rencontrer, découvrir, et connaître une personne dans ce qu'elle est profondément, dans ses rêves et dans ses aspirations, ses projets et sa mission de vie, son unicité, sa singularité, sa spécificité, ce pour quoi elle vibre, existe et agit, dans son ikigaï profond et sincère, et donc dans ce qu'elle aime et qui la passionne, dans ce en quoi elle est talentueuse, dans ce qu'elle sait apporter au monde de singulier et d'utile et pourquoi nous avons envie et besoin de la remercier, de la rémunérer aussi et lui permettre de se développer. Il s'agit alors de la ressentir profondément jusqu'en son âme, son cœur agissant, ce qu'elle rêve d'être et de donner, ce dont elle vibre en écho de ce qui la fait vivre.

Si nous ne sommes pas le révélateur de ceux que l'on aime, nous ne servons rien, et ne servons à rien. Il y a tellement de joie à voir pousser, grandir et se développer une fleur, une plante, un arbre, un être vivant (et je me souviens des temps de jardinage passés auprès de mon père) ! Alors que dirions nous à propos d'une personne ?

Adolescent, je passais de longues heures dominicales à visiter le musée Ingres dans ma ville natale. J'aimais tellement certains tableaux, certaines sculptures de Bourdelle, mais aussi de bien d’autres… Je les contemplais en me disant que peut-être je devrais et pourrais un jour, moi aussi, produire des œuvres contributives au vrai et au beau. Je m'y essayais tranquillement, modestement. Je ne me limitais pas à recopier, mais je tentais plutôt d’apporter ma pierre à l'édifice. C'était là comme ma contribution à l'émotion et à la beauté. Certes, je ne l'approchais probablement pas vraiment, (quoique parfois, par hasard...). Mais je participais, et cela me paraissait être là le premier pas. Comme l'écrivait Saint Augustin : "Aimer c'est donner !". Il avait ajouté à cela que “la mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure”.

Pour revenir à l'essentiel, il nous faudra un jour employer des mots distincts pour dire aimer une orange ou un plat savoureux et aimer quelqu'un sereinement, profondément. Dans le premier cas nous consommons savoureusement. Dans le second, nous rencontrons, apportons, participons et contribuons. Ce n'est certainement pas la même chose. En la matière, nous n'attendrons rien du néolibéralisme, et pour cause … 

Confusion des mots, confusion des situations, confusion des sensations, confusion des sentiments, tout est hors de porté dès lors que le matérialisme néolibéral nous enferme dans la réalité de ce qui seulement se compte et se mesure. Dès lors, rien n'est important ! Sinon faire la part des choses, en ne confondant pas la chose et le sentiment, c'est à dire l'objet et la sensation ! Car la réalité n'est pas l'objet en soi mais ce que j'en fais à partir de ce que j'en ressent. Voilà un moyen, sinon “le” moyen d'apprécier ”l'un”, sans le confondre avec “l’autre”. 

Et si simplement aimer résidait dans l'acte de donner et non dans celui de prendre et consommer ? Et si aimer se réduisait à ouvrir des espaces et des portes pour y accueillir les autres ? Et je le redis, l'important est bien d'aimer les gens et le travail bien fait. Dont acte.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 19 mai 2026

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L'habitude du carnet de notes (12 05)

Depuis l'âge de 13 ou 14 ans, je note dans des petits carnets (aujourd'hui sur mon téléphone), les réflexions que je me fais, mais aussi d'autres qui me touchent, et me parlent. Ainsi, je collectionne des points de vue que je relis, puis relie avec gourmandise. À partir de là, je les corrige et cette activité me fournit de nouvelles notes que je compile. Les relire, et y réfléchir encore, m'apaise. Tout cela me donne la sensation de me retrouver. En voici quelques dernières en partage...

La réalité, je pense, est la conscience de ce que je suis, de ce dans quoi je suis, de ce à quoi je crois, de ce à quoi je me prépare, de ce à quoi je m'attends. Comme le proposait Jung, je suis ce que je pense du monde. Car ce que je pense est ce qui est là. Ce que je crois devient. Ma posture est une contribution à la réalisation du monde. L'univers est un immense champ de conscience où tout est, se passe, existe. Il n'y a pas d'autre vérité que celle que je crois être là, c'est-à-dire "à laquelle je crois". L'univers reflète ce que tu es profondément. Ce que tu attends, ce que tu crois, ce à quoi tu t'attends...

L'art révèle du sens là où la raison s'épuise.

Quand on lâche ce qui ne nous appartient pas, on récupère ce qui est à nous.

L'intuition c'est dieu au fond de toi. Tout ce qui t'arrive est un dialogue avec l'univers.

Les maladies sont des rendez-vous que l'on accueille parce qu'elles ont quelque chose à nous dire. Ensuite, elles peuvent repartir.

Si notre environnement est nos émotions et nos sensations, ce que nous sommes au plus profond de nous est ce qui désire, s'émeut et expérimente. C'est à dire la conscience, celle qui crée notre univers proche. Ainsi, nous sommes cette conscience qui expérimente la vie par le corps et donc crée notre réalité. C'est ça l'expérimentation. C'est ce que l'on appelle l'âme, ce qui te parle au fond de toi, te prévient, corrige ta trajectoire.

La clé n'est jamais dans la force mais dans l'accueil et la confiance.

La paix ne naît pas de l'effort mais de la patience. Elle ne se construit pas mais apparaît. On ne la poursuit pas. On la découvre, elle vient, et  se révèle quand on lâche prise...

Mieux vaut un esprit calme qu'une pensée positive. Mieux vaut la conscience que des connaissances.

Cessez de travailler sur les conséquences ou sur les résultats. Travaillons sur les causes et nous deviendrons l'œuvre...

Et si la cause de toute réalité était le sens dans l'univers, dans l'ordre des choses (c'est bien ce que suppose le Taoïsme).

La connaissance se donne et se partage sans retenue ni restriction. Elle est gratuite, accessible et disponible à quiconque la cherche. Qui se fait payer pour celà, est un imposteur, ou un escroc, parfois les deux.

Les fins ne sont souvent que le début de quelque chose d'autre...

L'important n'est pas ce que tu fais, mais qui tu es quand tu le fais. C'est à dire ton identité profonde qui est là et agit en amont depuis le plus profond de toi...

La réalité est comme l'eau : gazeuse comme une idée, liquide, comme une intention, fluide comme une émotion, solide comme une matière ou une action.

Il n'y a de réalité que mon rapport au monde. La "chose" ne préexiste pas à ma relation à ladite chose. L'objet n'est que mon rapport à la chose. Elle est juste et totalement mon propre rapport à elle, et donc la conscience que je m'en fais. Comme l'écrivait Schopenhauer, la réalité est un objet pour un sujet qui le regarde. Si le sujet s'en va, l'objet disparaît. Comme le précise la physique quantique, l'observation détermine l'objet.

La sagesse n'a ni âge ni direction, juste la puissance d'un futur souhaitable.

La peur et la colère sont le fer de nos souffrances et nous en sommes les producteurs. La cupidité et le matérialisme sont des tempêtes destructrices : elles sont toujours de notre fait. La médecine est juste dans les démarches spirituelles. Nous prenons l'imagination pour une distraction quand elle est l'outil et le moyen de tout changer, nous et le monde.

La différence entre le monde et l'univers est que le monde nous entoure, nous détermine, nous influence quand l'univers est au fond de nous, ce dont nous sommes.

Nous sommes au choix les virus destructeurs ou les jardiniers cosmiques de notre réalité. Arrivés à ce carrefour, nous avons à choisir entre perpétuer la cupidité mortifère et l'union des sagesses de bienveillance et constructrices dans un nouveau paradigme où la fréquence crée la forme.

L'univers n'est pas moral mais conséquent. Il ne juge ni ne condamne ou ne récompense. Il développe ce qui vibre. L'univers est comme une caisse de résonance, le champ du don du sens.

D'un côté, dans le matérialisme, tout est une question de rapport de masses ou de phénomènes, voire chimiques, quand de l'autre, en paradigme spiritualiste, tout n'est que conscience, ondes et pensées. Et c'est le même monde.

Relisons notre devise car ainsi elle nous en dit davantage : la Liberté nous révèle l'imagination, la créativité, l'Egalité nous parle de solidarité, de "reliance" et d'interdépendance, et la Fraternité de Bienveillance, de l'âme des choses.

Le plus fort acte de résistance consiste à mettre de la valeur là où il y a du sens.

Vous ne pouvez pas choisir ce qui vous arrive mais choisir ce que vous en faites.

Pardonner est avant tout se réconcilier avec soi-même, lâcher la colère qui nous ronge.

Tu n'es pas l'objet de ton regard, de ton jugement, mais ce qui regarde. C'est là qu'est le sujet. Ce ne sont pas les qualités ni les compétences qui te fondent mais le contemplant en pleine conscience.

D'abord la conscience du monde était structurée par la doxa religieuse. Puis, avec les lumières, c'est la démarche scientiste rationaliste qui agence. Depuis, c'est l'approche spiritualiste qui ordonne. Deviendra-t-elle une nouvelle doxa ? J'attends de voir...

Si, par exemple, on promeut l’individualisme, la concurrence, le profit personnel et immédiat comme la raison d'être de la vie, ce que l’on obtient, c’est un monde cruel néolibéral. Si, à l’inverse, la pensée d’une collectivité s’oriente vers la coopération, la collaboration, la bienveillance et la compassion entre les personnes, alors une partie du chemin vers un environnement plus favorable à l’évolution humaine sera adéquatement ouvert.  Et alors, nous serons meilleurs.

C’est aujourd’hui une tâche primordiale que d’exercer obstinément une influence persuasive, sans jamais ralentir ni renoncer à cette démarche.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 12 avril 2026

Lire aussi : Aphorisme "  (voir aussi le 2 et le 3)




Nos autres questions fondamentales (05 05)

Il y a des questions qui bousculent, qui interpellent, et d'autres qui rassurent. Et puis il y a celles, réputées complexes, mais fondamentales, qui orientent toute notre conscience sur notre vie. Ce sont bien ces dernières qui vont nous permettre de nous voir tels que nous sommes. J'en ai ici retenu deux : Qu'est-ce qui me fait vibrer ? Où en serai-je dans dix ans ?...

Mais soyons plus incisifs, plus personnels, adressons nous directement  à la personne, c'est-à-dire à chacun d'entre nous, et directement !

La première des questions montre comment “tu” te construis, sur quelles valeurs et réalité tu t'appuies. C'est bien la manière de les aborder, et d'y répondre, qui va témoigner de la profondeur de ton âme.

La seconde question témoigne de ton architecture intérieure, de ce qui est important pour toi, et ce que sont tes aspirations et tes visées. On retrouve ici toute la hiérarchie de tes valeurs : en l'espèce l'ensemble de tous ces éléments qui expliquent ton chemin de vie, mais aussi, ta raison d'être.

Ce sont là les questions les plus profondes qu'une personne est en capacité de se poser. On va retrouver, de surcroît ici, toutes ces personnes qui vous posent ces mêmes questions, mais sans doute vous les ont-elles déjà posées, ou vous les poseront-t-elles un jour… De plus, ainsi, vous pourrez ensuite vous autoriser à les poser pour mieux saisir l'âme de vos interlocuteurs et interlocutrices.

Alors, posez-vous vous-mêmes ces questions avant de risquer d'être pris au dépourvu. Votre réponse témoignera de vous, de ce que vous êtes, au plus profond de votre réalité. Ce ne sont pas seulement les réponses que vous donnerez, qui comptent, mais aussi, et peut-être surtout, la manière dont vous les abordez. Cette phase intègre toute notre connaissance, de manière directe et profonde. Cette réflexion peut se mener parfois avec hésitation, et est susceptible de provoquer aussi des évitements, ce qui pourrait être pire !… En effet, vous montreriez alors que vous ne vous êtes jamais posé ces questions. Légèreté de l'âme ? Non, bien pire, une “inconstruction” !...

A la première question, sachez répondre rapidement : surtout s'il s'agit de dimensions matérielles, émotionnelles, sociales ou spirituelles. N’oubliez jamais que vous êtes en train de parler de vous avec authenticité et profondeur. Votre interlocuteur ou interlocutrice saura très vite si vous êtes digne de confiance, ou alors, un être superficiel, égocentré ou encore, empathique. Il pourra, à partir de ces prémices, vous cataloguer comme entier, altruiste, généreux, carriériste ou disponible. Dans ces conditions, vous serez considéré comme étant à l'écoute ou alors… seulement préoccupé par vous-même...

A partir de la seconde question, vous pourrez témoigner d'une réelle maîtrise de votre vie, du monde, des choses et de vos émotions. La manière dont vous aborderez la question témoignera de ce qu'est votre souci majeur, et à partir de là, ce qui est le plus essentiel pour vous. Sont-ce alors les gens, les biens matériels, le développement personnel qui comptent le plus ? À moins que l'objectif soit d’apprendre, et de découvrir. Mais ce peut être aussi le côté “bien faire” et réaliser qui prime. Autre terme de l'alternative, la finalité peut-être aussi de penser, de connaître, expérimenter ou consommer ?...

Mais avant tout regardez ce qui est important dans vos vies en termes de valeur, de sens, et de prévalence. Ce sont là vos bases, vos socles. Il est important de rapporter ces éléments à votre conscience, car c'est bien cela qui vous construit et vous conduit malgré vous. C'est le prix à payer pour devenir, ou redevenir, le suzerain, le “patron” de l'âme.

Avez-vous déjà pensé à vous penser vous-même,... à vous repenser dans les moments qui changent et vous bousculent ? Ce sont dans les ruptures et les bousculades que vos essentiels émergent et vous disent où vous rappellent qui vous êtes.

Dès lors, le monde qui vous entoure devient le miroir de vous-même, et de votre conscience. On retrouve là votre “être” au monde, vos croyances, et votre structure fondamentale. Alors, qu'en déduire ?... Sinon que ce constat va permettre de voir le monde au-delà des formes, dans son sens, ses vertus et ses développements. On va retrouver ici le bon miroir pour comprendre qui nous sommes vraiment, quelle est notre âme au fond de soi, mais aussi notre divin, notre impermanence et notre réalité profonde… Cette recherche n'est certes pas un jeu... mais répondre positivement aux deux questions en vaut la chandelle !

Jean-Marc SAURET

Le mardi 5 mai 2026


Lire aussi : Aphorisme "  (voir aussi le 2 et le 3)


La question fondamentale est bien celle du sens (28 04)

En relisant les propositions d'Helena Petrovna Blavatsky sur la réalité du réel et de son évolution depuis sa constitution, je me rends compte qu'en toute approche revient en lame de fond la question du sens. 

Le long de notre parcours de vie nous rencontrons des choses qui sont d'abord des formes de l'environnement, en l'espèce des cloisons qui longent le couloir où nous sommes, où nous marchons. Ensuite on imagine que l'on peut les dépasser, les escalader, les franchir. Alors, ils sont simplement des obstacles. Et puis on les regarde comme des haies, voire même de simples aspérités du quotidien. Alors on les franchi avec aisance, simplement et d'autres plus grandes "s'offrent" bientôt à nous et nous les traitons de la même façon, simplement. 

À ce moment, notre environnement devient alors une "plaine immense". Notre regard nous conduit ainsi du cheminement dans un couloir, à une promenade en plaine. Le sens du monde n'a pas changé en lui-même, mais s'est simplement transformé dans notre regard...

Chaque fois que nous parlons de nous-même et de notre environnement, de notre monde, nous donnons l'ordre que ce soit ainsi. Quand je dis que je n'en peux plus, que tout me dépasse, que j'en suis faible, fatigué et malheureux, alors c'est effectivement ce qui se passe et nous le devenons. Ce ne sont pas les mots qui sont magique (quoi que...) mais l'émotion, l'opinion qui les portent.

Paul Watzlawick, dans son ouvrage "l'invention de la réalité" (Seuil, 1988), indiquait que ce que nous pensons des autres les invite à le devenir. Ainsi, si je pense que les gens sont méchants, pervers, malveillants et fainéants, ils auront tendance à le devenir et nos propres comportements les y encourageront. Il en va de même pour nous même. Si je pense que je suis bon, bienveillant, suffisamment comblé de biens et de talents, alors j'aurai bien tendance à le devenir réellement, concrètement. 

Le sens que nous donnons aux acteurs, à nous même et aux choses les aspire à le devenir, à l'être profondément et fondamentalement. Nous sommes donc responsables tant de ce que nous sommes que du monde qui nous entoure, dans lequel nous sommes. Alors, que le sens que nous avons de nous même, des autres et du monde soit empli de bienveillance et de positivité, car c'est ce que ce sera, voire de ce que nous sommes déjà, que le monde est autour de nous. Non seulement nos conceptions colorent notre ressenti de tout, mais le tout le devient ainsi pour nous, lequel nous influence rétroactivement.

Effectivement, toutes les sagesses anciennes et actuelles nous indiquent que le monde devient ce que nous en pensons. Alors, soyons le plus nombreux possible à faire en sorte que nos pensées belles et lumineuses... Puisque ce que nous exprimons est la réalité de nos pensées, chaque fois que nous ouvrons la bouche, nous créons ainsi notre monde et nous-mêmes dans ce monde.

Dés lors, prenons garde à nos propos car le "retour" de nos mots renforce et nourrit notre pensée. C'est bien la raison pour laquelle nous devrions bannir de nos vocabulaires toutes les expressions négatives, comme "je ne peux pas", "Je ne suis pas..." et d'autres. Nous préférerons choisir toutes sortes d'expressions positives qui promeuvent la réalisation positive, comme "Je suis...", "je ressens" ou "Je fais...", etc.

Les expressions "Je dois" et "J'ai besoin.." sont des mots d'esclaves et de perdants. Ils expriment le manque et la distance avec l'état espéré. C'est dès lors ce que nous "verrons" du monde et de nous dans ce monde, ce que ce sera concrètement. Soyons le sens du monde que nous voulons, comme l'exprimait Gandhi. Portons le sens du monde que l'on espère. Soyons le sens de nous-même dans ce monde ! Ainsi, au fond de moi et tout autour de moi, vibrent ces vapeurs de bien être, de plaisir et d'abondance. Ainsi va le monde car nous sommes souverains dans nos paroles, et dès lors "Je suis !"...

Comme nous l'ont indiqués les conclusions des recherches en physique quantique, le monde de la matière est ce que la conscience observe, et la conscience détermine l'observation, comme nous savons que nos préoccupations déterminent notre regard. Tout est bien la question du sens que nous trouvons au réel et lui projetons...

Comme l'exprimait Schopenhauer à propos de toutes vérités, elle est d'abord ridiculisée, puis combattue et enfin reconnue comme évidente. Ainsi, serons nous devant le miroir à nous dire chaque matin que le monde est bon et bien, que nous sommes puissants et bienveillants. Alors, pour ce faire, revivez ces bons moments de chaque journée où vous êtes créatifs, heureux, joyeux et généreux et l'univers sera comme çà. Cela développe la pompe à bonheur. Ainsi, parlez et pensez votre puissance créatrice, votre bonheur, votre bienveillance, votre joie et le monde que vous espérez "est déjà là".

Jean-Marc SAURET
Le mardi 28 avril 2026



Du réel à la réalité (21 04)

Des questions à propos de ce qu'est le réel et de ce que sont les réalités, se posent effectivement aujourd'hui. En effet, nous voulons davantage comprendre, plutôt que maintenir ce que nous croyons être le réel et les réalités. Je dis bien les réalités, car ce sont celles du discours et non une quelconque émanation du réel ou de ce qui le précède. A cet effet, il me semble que l'on peut affirmer que l'essentialisme devient un paradoxe en termes de sciences sociales. C'est un peu comme si la réalité se trouvait intrinsèquement dépendante des objets qu'elle "consigne". Elle ne peut être considérée comme précédant la perception. Et pourtant c'est bien ce que notre culture propose depuis des centaines d'années et spécifiquement depuis les lumières.

De fait, à propos de réalité, il s'agit plutôt d'une projection de nos représentations et croyances. Car c'est bien la conscience personnelle de notre environnement qui dit ce qui est et nous le laisse croire. Mais redisons le, à l'inverse de la phrase de Saint Thomas, nous ne voyons que ce que nous croyons. A ce propos, rappelons la phrase de Schopenhauer : "La réalité est un objet pour un sujet qui le regarde. Si le sujet s'en va, l'objet disparaît." En l’occurrence, ce n'est jamais l'inverse qui se passe.

Si le réel est ce qui est là, précédant notre “considération”, alors, la réalité est ce discours de considération. Elle est donc plurielle, aussi diverse qu'il y a de cultures et de regards sur le réel, le réel cet inconnaissable ! On peut donc considérer le réel comme ce qui précède mon regard et ma considération : il ne sera là que quand je l'aurai nommé, et donc, "mis en réalité". Mais j'ai déjà beaucoup dit tout ceci et je voudrais aujourd'hui aller plus loin.

S'il est vrai que nos réalités se construisent dans nos consciences, alors, elles restent indissociablement liées à nos désirs, à nos représentations hiérarchisées et à nos intentions. Nos désirs sont ainsi la projection de nos manques, du moins les considérons et les construisons nous comme tels. Nous avons une fâcheuse tendance à nous poser ce type de questions de manière individuelle, et strictement personnelle. Par exemple "Est-ce que ma vie compte ? Ai-je une influence sur le déroulement du monde ou sur autre chose,... ou encore, ai-je simplement un pouvoir sur quelque chose ? En d'autres termes, la vie a-t-elle un sens, dans la mesure où nous ne sommes qu'une partie de l'univers, et du genre humain ?...

Je peux le redire : est-ce l'abeille ou la ruche qui constitue l'unité, ou l'entité de base ? Est-ce la fourmi ou la fourmilière qui est cette unité ? Certains l'ont compris de manière pragmatique et j'ai lu sur la toile l'activité d'une association dite "la fourmilière" qui se présente comme une communauté de 12000 personnes réunies. Ce qui motive cette communauté, c'est justement l'ambition de "rendre le bénévolat aussi convivial et accessible qu'un verre entre amis" ! Ce n'est donc pas l'abeille, l'unité de base, mais la communauté dans son "vivre ensemble". Ce n'est pas parce que je peux nommer ce “quelque chose”, le mesurer, le compter que cela existe en réalité. La chose ne devient réalité que lorsque j'en prends conscience. Ainsi est-ce chacune de nos cellules qui est l'unité de base de notre corps et de nous même ? Ou nous-même ?

Par ailleurs, sans la communauté il n'y a pas d'individu, car nous ne sommes que de l'autre, dans son regard et la relation que nous entretenons avec tous les autres. Ce n'est d'ailleurs pas seulement le regard, la pensée, le jugement que nous renvoie l'autre, et qui s'avère déterminant, mais c'est ici, surtout “ce que j'en fais”. Voilà un point de vue parfaitement stoïcien et nous voici au cœur de notre propre réalité : il s'agit bien d'une interaction, et donc, d’une construction mentale. Il ne s'agit aucunement d’un “objet”. La réalité n'est donc pas ce qui se compte, mais bien ce qui se vit ! D'ailleurs, compter les choses et les mesurer afin qu'elles “soient”, devient aussi une posture interactive de projection.

Nous avons trop l'habitude de considérer la réalité comme un objet. Elle n'est pourtant que la conscience que l'on se fait de ce qui est là, qui nous concerne et avec quoi nous interagissons. Notre regard, qu'il soit conscient, ou pas, fait un découpage dans le réel, ce qui est là, perçu comme tel, et donc comme "potentiellement réalisable".

Comparaison n'est peut être pas raison, mais c'est un peu comme une morsure dans un gâteau partagé lors d'un événement social. D'abord on le découpe, mais pas n'importe comment : il existe un modèle social convenu (par exemple, en étoile depuis le centre vers le bord de manière égale). On dit la démarche aussi "équitable", afin que le partage par distribution se fasse selon le principe de l'équité, où chacune et chacun reçoit une part équivalente. Certains pourront même réagir en demandant une part plus réduite parce qu'ils n'ont pas trop faim (on ne réclame pas une part plus grande ni ne rétorque qu'on n'aime pas ça. Question de civilité...).

Ensuite chacun mord une bouchée et commence à la déguster. Alors seulement, quelques gestes convenus manifesteront le plaisir (ou pas) de la dégustation. Puis les mots viennent "C'est délicieux ! C'est étonnant ? Tu as mis de la cannelle ? On sent bien la pomme..." Etc. L'acte social du partage indique le vécu de chacune et de chacun à l'aune de représentations sociales. Il se produit là une traduction en mots qui peut dès lors être "partagée". Chacun en fait ce qu'il souhaite et participe à la socialisation de l'expérience.

C'est là tout le parangon des échanges sociaux, dans la construction de la réalité. Il s'agit d'une mise en commun de vécus par association et dissociation, par différenciation et accueil des différences, par modélisation et comparaisons. Ainsi l'objet "réalité" se trouve-t-il ainsi “construit”, chacun sachant bien que chaque membre de ce collectif garde son expérience pour lui-même, et comme approche du "convenu". La "réalité" n'est aucunement une évidence. C'est peut être ce qui a fait dire à Oscar Wilde que sa propre puissance réside dans le regard des autres, ou que la beauté réside dans le regard de celui qui observe.

Aujourd'hui, nous pouvons préciser que l'endroit où l'on parle et le destinataire du propos donnent aussi du sens à la dite réalité. J'en veux pour exemple un propos tenu par le philosophe Michel Onfray sur la chaîne de télévision C-News sur d'autres propos tenus par le nouveau maire de Saint Denis. Ce propos fut qualifié de raciste par quelques observateurs simplement parce qu'ils étaient tenu sur cette chaîne d'information et que ces observateurs là qualifiaient habituellement de chaîne raciste, xénophobe et d'extrême droite. De ce fait, le propos tenu par Michel Onfray était estampillé des mêmes attributs. On comprend alors que la logique d'intérêts entre aussi en compte dans la qualification de la réalité. Ainsi les tenants de la fermeture de la chaîne d'information jugée ainsi considèrent la réalité qui se présente à eux en faveur de leur objectif ou désir : "Fermer C-News".

Selon le monde auquel l'on tient et que l'on défend cette vision de la réalité, nous aurons tel ou tel comportement et c'est bien normal : il n'y a pas de réalité objective puisque "réellement" la réalité n'est pas un objet mais une vision du monde, une conscience du réel à laquelle on s'attache parce qu'elle nous définit aussi.

Nos croyances et nos convictions précèdent notre perception du monde, et donc notre "création" de la réalité. Pour ma part je suis de ce point de vue relativement spinoziste, et considère que "la nature est le divin". Mais quelle nature ? Peut-être celle que la science décrit ? Je n'ai en la matière pas grand chose d'autre à mettre sous la dent de la conscience. Il est vrai que la science constitue une approche du réel pour en faire une réalité recevable, voire par tous, sinon opposable.

Mais vivre cette réalité en conscience et en partage équitable, en qualité d'écoute sans rivalité égotique, ni domination de l'un ou de l'autre, est devenu bien difficile, voire une gageure. La réalité est passée de la zone d'échange et de construction, à un champ d'affrontement, de compétition, ou de conflits parfois. Nous savons pourtant socialement que la construction de la réalité n'est ni une course vers le vrai, tout à fait relatif à nos croyances, ni un objet de convoitise. Il n'y a en la matière rien à conquérir, rien à se disputer, seulement à défendre "comme soi-même". Cet objet de réalité serait plutôt à accueillir, à contempler et à comprendre. Il en va de la réalité comme de la conscience de soi, un champ complexe à comprendre et à concevoir en "objet de réalité".

Nous devons alors nous souvenir que la réalité, dans une confrontation avec le réel pour son imagination, est l'aperçu de ses propres représentations. Rien de plus, mais rien de moins... Ainsi quand quelqu'un me parle, je cherche à comprendre son monde de représentations et d'enjeux sans a priori ni investissements de ma part. Cela peut parfois prendre du temps. Alors, il me faut beaucoup plus écouter que dire... C'est aussi là une leçon que je partage.

Jean-Marc SAURET

Le mardi 21 avril 2026