C'est ce que disait Romuald LETERRIER lors d'un entretien sur la toile avec l'actrice scénariste Audrey Dana : "On a perdu l'espoir !", et cette sentence semblait non pas détruire le présent mais bien ouvrir l'avenir. Il me revient cette déclaration de Liv Brunet, ancien réalisateur, auteur, coach et créateur du podcast "Le Réveil en Douce" : "Je suis Dieu qui adore faire l'expérience d'être moi..." déclarait il alors. Il me semble voir là une certaine convergence des réalités. Et j'y reviendrai prochainement plus profondément.
Ainsi, il faudrait remonter assez loin dans les analyses, pour retrouver les raisons de mon propos. Je vous laisse y procéder si cela vous comble... Pour ma part, ici, je me contenterai de revenir et de m'appesantir sur quelques “questions de sens”.
Car qu'est-ce-que vraiment le désespoir ?... Le désespoir s'apparente toujours à une perte de sens, mais aussi à une perte d'orientation, associée à une sorte de perte du ou d’un chemin. On retrouve là cette confusion, en termes de direction, ou d'orientation,... d'où ce sentiment implacable, en quelque sorte, de ne plus savoir où aller, et de ne plus “avoir de but où aller”. Nous recevons pourtant, à cet effet, une tonne de discours globalisants qui nous donnent, ou devraient nous donner, traditionnellement, le sens des choses, associé à la raison d'être de notre monde. Cela étant, ces mêmes éléments ne sont pas nécessairement destinés à faire notre bien. Ils ne sont pas davantage mis en œuvre pour la promotion de la réalité, de la vérité, du bien et du seul beau. Nous en sommes d'accord, je crois !...
Quand nous disons avoir perdu l'espoir, nous signifions bien plus que le “simple ou seul” fait d'avoir perdu sa propre voie vers son futur. Perdre l'espoir c'est avant tout ne plus disposer d’aucune des solutions pour l’avenir… et pas davantage non plus,... des réponses aux questions “d'être”. Oui, Être ! Être, ou se situer en dehors des repères ? Vaste question, alors que nous ne disposons pas davantage des perspectives d'un "autrement"... mieux qu'avant. Nous voici en passe ou en phase de tenter d’accueillir l'hypothèse que rien ne peut être modifié!... Et dans une telle situation que l'on se trouve figés dans une situation contraire, sinon contradictoire. J'ai le souvenir, comme plusieurs d'entre nous, d'en avoir fait quelques fois l'amère expérience. No Future ?
Mais alors, comprendre une réalité ne serait rien d'autre que de découvrir la qualité de l'œil qui témoigne et qui porte un "point de vue" et une perspective. Un "point de vue" original, particulier doté d'une perspective, d'une projection singulière. Ainsi cette posture réveille un autrement possible qui peut rapidement ouvrir sur un espoir. Je me souvient en avoir aussi fait l'expérience.
Ainsi, découvrir ce point de vue singulier nous dit quelque chose que nous ne savions pas ou que nous avions oublié dans les méandres du temps physique.
Le regard que nous posons sur le monde ne nous est ni propre ni personnel. Il est celui d'une culture construite dans l'histoire et le temps. Il dit de fait ce que tout le monde sait sans jamais l'avoir réalisé pleinement ou clairement. Il reste un aperçu furtif ou fugitif, pas encore traduit dans notre actuel et notre quotidien. Il s'agit d'un instant presque à partager, alors qu'il est encore inconsistant.
L'espoir et le désespoir présentent la même urgence, la même fébrilité, la même émotion, même si les effets sont contradictoires. C'est un peu comme aimer et haïr. Ces sentiments, ces sensations, ne concernent que la personne qui l'expérimente.Ces mêmes sentiments, tournés vers l'intérieur de soi, vers son ego se traduisent soit en souffrance, soit en excitation.
L'espoir et le désespoir ont la même urgence, la même fébrilité, la même tension d'émotion. Même, et surtout, si elles sont d'essences contradictoires et d'intensités variables. C'est, nous l'avons déjà évoqué, comme aimer et haïr. Cela ne concerne que celui qui l'expérimente et l'ensemble se situe dans le même champ des sentiments intérieurs.
Alors, retrouver l'espoir, c'est juste reconstruire un projet, un futur possible, une hypothèse d'être qui nous fasse vibrer. Sans cette oscillation, pas de futur possible, pas de naissance d'espoir... Et pourtant !...







