"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Le logos, un vieux concept christiano-grec (02 06)

Le logos est un concept grec où le verbe et la parole se confondent dans une démarche à dire rationnellement le réel. Il s'agit d'une définition autant philosophique que religieuse. En effet, le philosophe Philon d'Alexandrie pose le verbe comme fondateur de notre réalité, la raison du réel, et donc ce qu'il est pour nous. C'est à l'aune de ce concept que les religions du livre, justement, se sont constituées et installées.

De fait, comme je l'ai souvent dit et écrit, le réel devient réalité à partir du moment où on le formule, où on le dit, voire où on l'écrit. Dès lors il devient pour nous-même conscience et donc notre réalité. Ainsi, ce réel est considéré comme une réalité socialement partagée, parce que notre environnement social et physique nous détermine et fait partie intégrante de soi. Néanmoins, tant que nous ne l'avons pas dit, il reste loin de nous...

Il convient de nous rappeler que nous sommes les copilotes de notre réalité. En effet, sans notre projection, sans notre observation, sans notre conscience et notre volonté, sans notre point de vue, il ne se passe pas grand chose. Ce sont bien les mots que nous posons sur le réel qui en font quelque chose, et qui confirment le sens.

Mais pour aller plus loin, les liens que nous forgeons nous enferment, nous attachent à ce à quoi nous appartenons dès lors. En suite, ce sont ces liens qui nous dirigent. Alors parlons en, disons le nous pour que nous en fassions ce dont nous avons besoin.

De fait, ce qui importe et que nous indiquent les philosophes stoïciens, c'est de se garder de tout attachement, de toute dépendance. Seuls nous restons dépendants uniquement de nous-mêmes et l'influence de l'environnement passe au filtre de nos propres variables dès lors qu'elles sont critiques. Ainsi, nous restons maître de notre vie, plus que libres, les pilotes de ce que nous projetons pour nous mêmes sur nos chemins.

Et puis il y a des liens qui nous échappent et que parfois nous ne remarquons même pas : par exemple, une synchronicité des gestes, des pas en cadence, des gestes à l'unisson avec des personnes qui sont juste là, comme dans une résonance physique. Dans quelques situations, nous nous synchronisons avec les mouvements de notre contexte, et avec les oscillations de notre environnement. Parfois, nous ne nous en rendons même pas compte. Parfois si... Mais savons nous ce que cela signifie ? Peut-être pas. Et il reste à le dire pour que le fait existe...

De fait, n'existe que ce qui se dit. La vérité est prise dans un discours dès lors qu'il est diffusé et partagé. On le nomme "le discours de vérité", ou même "la légende" ou "le mythe". Elle est alors la réalité sous-jacente, voire profonde. Mais, surtout, ne nous trompons pas de paroles. Se justifier ne dit rien de la réalité. La justification annonce juste que tu te sens coupable. Alors les faibles seront plus forts devant toi et te combattront aisément sur les points de faiblesse que tu viens de leur montrer. Les forts seront destructeurs puisque tu les as invités à atteindre tes faiblesses et tu seras, au final, la victime de tous et de tout. 

Alors fais toujours attention à ce que tu vas dire. Dis ce que tu sais seulement si on te le demande, et sache bien que tu n'es jamais obligé de répondre. Sinon, tais toi car le silence est ta force, ta maîtrise du réel. Tout ce que tu diras pourra être retourné contre toi. Ce n'est pas ta réalité mais seulement celle que tu as posée sur la table et quiconque la voit peut l'utiliser par morceaux. Tout ce que tu livres dans ta parole devient une réalité et donc, pas nécessairement la tienne. Elle peut être retournée contre ce que tu souhaitais éclairer de ton savoir, de ta sagesse, de ton analyse ou de tes croyances. Mais cette dernière te dit : "Tais toi ! le logos est juste un pan de réalité et aussi une arme utilisable par qui la trouve et s'en saisit..."

Ce ne sont pas les armes qui sont dangereuses, mais leurs usages. Le bien n'est jamais absolu, mais juste relatif à ce que les personnes conçoivent de leur propre réalité. La conscience de cette relativité se nomme aussi la sagesse.

Il est important de ne jamais prendre nos certitudes ni nos connaissances pour acquises. Ce que nous pensons, croyons ou connaissons, ne sont jamais que les mots que nous avons mis sur nos aperçus. Ils sont aussi fragiles que les nuages dans le ciel, poussés par les vents divers.

Si ce monde qui s'achève vit dans l'agitation et le conflit, celui qui surgit derrière est celui de la paix, de la sérénité, de la justice, de l'unité et des douces brises. Mais encore faut-il le dire pour qu'il en soit ainsi.

Le logos n'est jamais que celui de l'éthos. Alors, jetons un regard au fond de nous même et, avant de dire quoi que ce soit, contemplons nous comme l'univers et la maison des dieux. Rappelons nous seulement que nous sommes dieu, et donc des pourvoyeurs de réalité. Notre conscience est la matrice. Nos mots sont les briques. Ce que nous sommes profondément est le générateur de nos émotions et de nos sentiments, lesquels aspirent le réel qui vient à nous. Alors, parlons en et disons le, car si la réalité est une illusion, comme le disait Einstein,... et le réel aussi ! ...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 2 juin 2026

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L'humain cet animal supérieur dominant... (26 05)

Le paléoanthropoloque Pascal Picq, dont j'ai eu le plaisir de croiser la route, a eu cette formule : "L’Homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul qui pense qu’il n’est pas un animal". Cela fait sérieusement réfléchir...

L'humain est aussi un animal de pouvoir, au point de se trouver des homologues un peu partout dans les populations animales qu'il nomme "alpha" ou "dominants". Et comme l'humain s'est situé au-dessus de la mêlée, il se croit tout permis, au point même de mépriser d'autres humains et tout ce qu'il catégorise ou caractérise comme animaux : voire sauvages, ou considérés comme inférieurs. On l'imagine s'être développé à l'aune des missions de vie et des raisons d'être au-delà même du temps et de l'espace.

Il est aussi, semble-t-il, le seul "bestiau" à penser le temps au-delà du présent, y comprenant des notions qu'il considère comme “réelles” : le passé et le futur. Heureusement, il existe quelques sages pour lui rappeler son “erreur”. Néanmoins, cette “erreur”, il ne la comprend toujours pas. "Mais enfin, le temps, c'est évident !" nous dit-il avec l'aplomb de ceux qui ont raison, voire "détiennent la vérité". .

Je repense à Laila del Monte, une dame qui échange et converse intuitivement avec les animaux pour que leurs "maîtres" les comprennent mieux, et puissent intervenir positivement, dans leur relation, leurs ressentis, leurs mondes. Elle est une sorte d'interprète entre quelques animaux de compagnie et les humains qui les "possèdent",... dit-on.

Et puis il y a cette autre différence entre les humains et les animaux : si certains ont le sens d'eux même comme les bonobos et les corbeaux, bien d'autres animaux semblent n'avoir pas le sens de la liberté, même quand ils la perdent. Ils semblent le “ressentir”, comme s'il s'agissait de conditions ordinaires liées à un contexte où à un environnement distinct, à l'instar de la pluie et du soleil, des ressources dont ils usent pour vivre. Les humains en font un objectif, une réalité partagée ou pas, une question même de pouvoir, et donc un essentiel de leur être. Et si nous réalisions qu'il n'y a entre nous, les êtres de conscience, pas vraiment de différences nettes ?

Le sentiment de liberté nous chavire comme une définition existentielle, comme un essentiel, un fondamental, comme "un propre" de nous-même. Et ce au point d'en priver consciemment d'autres, notamment des animaux ou des dits esclaves" ou autres êtres inférieurs. On se place donc en propriétaires, en possesseurs, en "plus qu'eux". Ainsi, à nos yeux, les animaux libres sont sauvages avec des modes de vie singuliers, et les animaux domestiques, comme nos "domestiques", sont des êtres dépendant de nous mêmes, et donc inféodés à nos désirs et bons vouloirs.

Nous vivons le monde comme s'il était notre jardin, comme si nous étions en lieu et place de la finalité de l'univers, comme si nous étions des dieux et nous entretenions avec les autres êtres de la nature et de la société une relation empreinte d'autorité divine. Nous nous imaginons être, pour les êtres de la nature, les divinités, avec les capacités à en décider et à en juger pour eux ! Nous tirons des religions du livre, même si nous ne sommes plus des croyants, cette posture que la bible nous raconte : des fils de dieu à son image. Cela nous "positionne", comme disent quelques quidams. Éduqués par ces textes dits sacrés, nous nous voyons comme des images du divin, des aboutissements de la création jusqu'à nous identifier à des dieux ...

Oui, il y a en effet une différence entre nous et les animaux et autres humains inégaux. Ceux-là n'ont pas accès à nos droits de vie et nous maintenons la pression pour qu'ils n'y accèdent pas. Il y a d'un côté l'homme-dieu et de l'autre les animaux et les "sous humains". Voilà, les mots sont posés. Et puis un jour, au détour d'un événement incongru ou incertain, un autre réel nous saute aux yeux et on se rend compte...

En effet, le groupe auquel nous "appartenons" détermine tout autant qui nous sommes, ce que nous sommes, et la représentation sociale de ce qu'est l'être humain. Le groupe, “ce” groupe, nous détermine et nous occupe au plus profond… Bien plus, en l'occurrence, que tout ce que l'on imaginerait. Ainsi, cette domination a priori sur toutes les espèces est bien un concept social, et même sociétal partagé. Nous ne sommes que ce que la vie sociale nous renvoie comme “image”, et cela dépend donc de la façon qu'elle a de nous considérer. Nous avons bien peu d'autonomie de penser quand il s'agit de nous-même.  Cet "animal", réputé supérieur,  distinct de toutes les autres espèces, se détache ainsi de tout ce qui n'est pas le clan ou la classe sociale. Tout est dans la question “d'en être ou pas”, mais de quoi exactement ?

Nous ne “sommes pas” seulement ce que notre "individualité" nous est renvoyée, dans ce que l'on pense être "la vie réelle". Nous sommes avant tout l'image de la considération que nos représentations sociales élaborent pour nous-même. Après seulement la construction consciente de qui nous sommes, de notre moi intérieur, de notre ego profond, vient apparaître notre rapport au monde et aux autres. Nous ne sommes en effet qu'en second, derrière le divin ou le transcendant. Nous sommes “en conséquence et en dépendance” une déclinaison de notre classification, de notre appartenance sociale.

Nous sommes tellement dépendants de nos appartenances et indications sociales, que notre individualité se superpose et se confond entièrement avec elle. Serions-nous d'ailleurs autre chose que ce que la conscience sociale nous ''accueille'' ? Même si nous le voulions, nous ne pouvons pas grand chose contre cette représentation de l'humain supérieur et différent des autres êtres vivants. Même cette distinction que nous faisons entre végétaux et animaux est dépendante de notre culture. Nous ne sommes en fait rien d'autre que ce que notre culture nous indique sur nous-même.

Mais aussi, tout est dépendant de ce dont nous nous occupons, de ce que nous faisons, de ce qui nous préoccupe. En effet, on peut constater que le Code civil (article 515-14) "reconnaît les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité". Ceci devrait orienter notre considération sur bien des champs. Pourtant, partout en France comme dans d’autres pays occidentaux, cet article est souvent ignoré, notamment à propos des élevages intensifs, tout comme dans certaines pratiques industrielles. Ben voyons... Pendant ce temps, à l'école, des enfants jouent à écraser des fourmis... “Mon dieu qu'ils sont mignons” !

Je suis indigné de voir que des millions d’animaux restent traités comme de simples biens, malgré nos lois et malgré des engagements volontaires comme l’European Chicken Commitment, qui ne sont pas a priori respectés. Cette situation dure depuis des années, provoquant bien des souffrances chez ce que nous nommons "animaux". Face à cela, le désarroi citoyen participe ici aussi, à la perte de confiance dans l’application du droit. De là à parler de "déshumanisation du règne animal" il n'y à qu'un pas que la simple logique ordinaire franchit de façon totalement ordinaire. 

Mais de quoi avons-nous conscience dans notre univers, sinon de nos propres intérêts et préoccupations habituelles, quelques enclaves de réalité que notre culture nous trouve... Le monde qui nous entoure ne porte pas de sens en soi mais seulement celui que nous lui conférons en regard de nos préoccupations et enjeux du moment. "Les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve" déclarait le psychosociologue Serge Moscovici. La posture est particulièrement stupide, cruelle quoique logique. Elle relève d'un aveuglement dû à un mélange des genres opportun. La différence est certainement liée à cette illusion de notre capacité à symboliser le réel que nous traduisons en ce mot : "conscience". Une “conscience” totalement dirigée à l'aune de nos représentations sociales. Mais savons-nous réellement de quoi il s'agit ?... En l'espèce, aucune “certitude”, sinon la suivante,... que : “je sais que je ne sais pas” !...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 26 mai 2026

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Aimer ou aimer... (19 05)

Je suis tombé sur une scène dite "érotique" dans un roman policier, un type de livre que je n'avais pas ouvert depuis l'adolescence. La scène qui y était décrite m'a fait fermer le livre qui m'est tombé des mains. Tout ceci m'a laissé pensif. Ma première sensation a été de considérer que cette scène, ainsi décrite, n'était ni de l'amour, ni de la tendresse. Elle ne relevait en rien de la rencontre et du partage. Elle ne risquait pas de ressembler à la construction d'une relation intime et partenaire. Au contraire, elle ressemblait plutôt à une sorte de masturbation sur le corps de l'autre.

En effet, le protagoniste semblait savourer des sensations relevant de la douceur et du goût de la peau de l'autre. Alors que les sensations de l'autre étaient “passées sous silence” et donc absolument pas prises en compte. Un peu comme s'il ne s'agissait pas de son affaire. C'est vrai, lorsque l’on mange un poulet rôti, on ne se soucie qu'assez peu de ce que celui-ci ressent. C'est un fait ! Le récit dans ma lecture n'était pourtant pas, a priori, celui de l'action d'un “salopard égoïste”, mais plutôt celui d'un “héros” bien dans sa peau et apparemment stable psychologiquement. Je me devais de comprendre dans un autre contexte ce type de comportement.

J'avais toujours pensé que l'amour était une relation, un échange, un partage, une co-construction, et donc un chemin le plus souvent à deux... mais certainement pas une “consommation” !

Voici une situation qui m'apparaissait maintenant, comme relevant plutôt des fondements du néolibéralisme. Comparaison n'est pas raison, et pourtant : selon les normes dudit néolibéralisme, et dans les conditions, ainsi décrites, j'imaginais alors que l'amour pouvait être ainsi considéré comme une balade dans les rayons d'un supermarché où le [ou la] quidam choisirait sur les étagères, l'instrument de son plaisir à venir. Consommation néolibérale oblige.

Ce qui se passe en effet dans le cas d'espèce, peut être assimilé à une sorte de déconnexion totale d'avec “l'autre”, à une “rupture” relationnelle de fait. Le “non-engagement” dans cette relation devient alors un renforcement de l'égo. Il devient dés lors prééminent. Cette phase traduit et se traduit par un processus d'identification du “moi”, et donc du “soi” aux seules sensations susceptibles de faire “vibrer” son propre corps. Ce comportement a pour unique effet une sensation purement et exclusivement égocentrée ! 

L'égo n'est pas une entité comme il est souvent présenté, mais un simple processus d'identification et donc d'attraction, voire même d'abstraction. L'égo n'existe pas vraiment, pas en tant que tel, et sûrement pas comme une réalité "en soi". On peut imaginer le rapprochement de cette situation avec les battements du cœur en tant qu’entité. Rien à voir ici, avec le ou les “sentiments” : il ne s'agit que de l'écho d'une activité intérieure quasi “mécanique”, et physiologique.

L'égo peut se résumer à ce processus d'attraction : un simple tropisme, et donc ce à quoi je me suis identifié, rien de plus. On peut évoquer ici le plaisir physique, mais aussi le plaisir moral, ou spirituel. C'est à ce point que je me suis attaché. Le plaisir provoque ce processus d'égo, auquel nous nous identifions. L'amour de l'autre, de la même manière, devient, dans ces conditions, une relation simple, et cela n'a plus rien à voir avec le comblement d'un manque, d'une envie ou d'une autre gourmandise.

Je n'ai pas toujours été aussi généreux... et j'ai bien parfois aussi succombé à la démarche néolibérale de consommation égoïste et solitaire. On rate parfois des marches sur son parcours. J'en suis tout autant désolé. Et pour cause...

Je voudrais redire combien une relation amoureuse, émotionnelle, humaine est bien autre chose qu'une simple satisfaction personnelle. Elle peut s'apparenter à une sensation ou à une foule de sensations. Quand l'objet du plaisir s'affadit ou s'affaiblit dans nos sens, on prend l'habitude d'en changer. Quand le plaisir est “satisfait”, ou "fini", on a l'habitude de passer à un autre, ou à autre chose.

De quoi s'agit-il ? S'il est question de jouir de la jouissance de l'autre, on peut alors s'imaginer que l'on en est la cause, l'origine, et donc dans une certaine mesure responsable !... Et si l'autre, à ce moment-là, vivait pour lui-même la consommation de l'instant, qu'en penserions nous ? Et si l'autre n'était réciproquement que le support de nos imaginations, projections ou fantasmes ? L'amour ne serait alors qu'un plaisir solitaire, un onanisme, non ?

Ainsi, dès que le processus d'égo se tait, voire s'arrête, il se passe alors autre chose : rencontrer, découvrir, et connaître une personne dans ce qu'elle est profondément, dans ses rêves et dans ses aspirations, ses projets et sa mission de vie, son unicité, sa singularité, sa spécificité, ce pour quoi elle vibre, existe et agit, dans son ikigaï profond et sincère, et donc dans ce qu'elle aime et qui la passionne, dans ce en quoi elle est talentueuse, dans ce qu'elle sait apporter au monde de singulier et d'utile et pourquoi nous avons envie et besoin de la remercier, de la rémunérer aussi et lui permettre de se développer. Il s'agit alors de la ressentir profondément jusqu'en son âme, son cœur agissant, ce qu'elle rêve d'être et de donner, ce dont elle vibre en écho de ce qui la fait vivre.

Si nous ne sommes pas le révélateur de ceux que l'on aime, nous ne servons rien, et ne servons à rien. Il y a tellement de joie à voir pousser, grandir et se développer une fleur, une plante, un arbre, un être vivant (et je me souviens des temps de jardinage passés auprès de mon père) ! Alors que dirions nous à propos d'une personne ?

Adolescent, je passais de longues heures dominicales à visiter le musée Ingres dans ma ville natale. J'aimais tellement certains tableaux, certaines sculptures de Bourdelle, mais aussi de bien d’autres… Je les contemplais en me disant que peut-être je devrais et pourrais un jour, moi aussi, produire des œuvres contributives au vrai et au beau. Je m'y essayais tranquillement, modestement. Je ne me limitais pas à recopier, mais je tentais plutôt d’apporter ma pierre à l'édifice. C'était là comme ma contribution à l'émotion et à la beauté. Certes, je ne l'approchais probablement pas vraiment, (quoique parfois, par hasard...). Mais je participais, et cela me paraissait être là le premier pas. Comme l'écrivait Saint Augustin : "Aimer c'est donner !". Il avait ajouté à cela que “la mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure”.

Pour revenir à l'essentiel, il nous faudra un jour employer des mots distincts pour dire aimer une orange ou un plat savoureux et aimer quelqu'un sereinement, profondément. Dans le premier cas nous consommons savoureusement. Dans le second, nous rencontrons, apportons, participons et contribuons. Ce n'est certainement pas la même chose. En la matière, nous n'attendrons rien du néolibéralisme, et pour cause … 

Confusion des mots, confusion des situations, confusion des sensations, confusion des sentiments, tout est hors de porté dès lors que le matérialisme néolibéral nous enferme dans la réalité de ce qui seulement se compte et se mesure. Dès lors, rien n'est important ! Sinon faire la part des choses, en ne confondant pas la chose et le sentiment, c'est à dire l'objet et la sensation ! Car la réalité n'est pas l'objet en soi mais ce que j'en fais à partir de ce que j'en ressent. Voilà un moyen, sinon “le” moyen d'apprécier ”l'un”, sans le confondre avec “l’autre”. 

Et si simplement aimer résidait dans l'acte de donner et non dans celui de prendre et consommer ? Et si aimer se réduisait à ouvrir des espaces et des portes pour y accueillir les autres ? Et je le redis, l'important est bien d'aimer les gens et le travail bien fait. Dont acte.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 19 mai 2026

Lire aussi : La tendresse "  


L'habitude du carnet de notes (12 05)

Depuis l'âge de 13 ou 14 ans, je note dans des petits carnets (aujourd'hui sur mon téléphone), les réflexions que je me fais, mais aussi d'autres qui me touchent, et me parlent. Ainsi, je collectionne des points de vue que je relis, puis relie avec gourmandise. À partir de là, je les corrige et cette activité me fournit de nouvelles notes que je compile. Les relire, et y réfléchir encore, m'apaise. Tout cela me donne la sensation de me retrouver. En voici quelques dernières en partage...

La réalité, je pense, est la conscience de ce que je suis, de ce dans quoi je suis, de ce à quoi je crois, de ce à quoi je me prépare, de ce à quoi je m'attends. Comme le proposait Jung, je suis ce que je pense du monde. Car ce que je pense est ce qui est là. Ce que je crois devient. Ma posture est une contribution à la réalisation du monde. L'univers est un immense champ de conscience où tout est, se passe, existe. Il n'y a pas d'autre vérité que celle que je crois être là, c'est-à-dire "à laquelle je crois". L'univers reflète ce que tu es profondément. Ce que tu attends, ce que tu crois, ce à quoi tu t'attends...

L'art révèle du sens là où la raison s'épuise.

Quand on lâche ce qui ne nous appartient pas, on récupère ce qui est à nous.

L'intuition c'est dieu au fond de toi. Tout ce qui t'arrive est un dialogue avec l'univers.

Les maladies sont des rendez-vous que l'on accueille parce qu'elles ont quelque chose à nous dire. Ensuite, elles peuvent repartir.

Si notre environnement est nos émotions et nos sensations, ce que nous sommes au plus profond de nous est ce qui désire, s'émeut et expérimente. C'est à dire la conscience, celle qui crée notre univers proche. Ainsi, nous sommes cette conscience qui expérimente la vie par le corps et donc crée notre réalité. C'est ça l'expérimentation. C'est ce que l'on appelle l'âme, ce qui te parle au fond de toi, te prévient, corrige ta trajectoire.

La clé n'est jamais dans la force mais dans l'accueil et la confiance.

La paix ne naît pas de l'effort mais de la patience. Elle ne se construit pas mais apparaît. On ne la poursuit pas. On la découvre, elle vient, et  se révèle quand on lâche prise...

Mieux vaut un esprit calme qu'une pensée positive. Mieux vaut la conscience que des connaissances.

Cessez de travailler sur les conséquences ou sur les résultats. Travaillons sur les causes et nous deviendrons l'œuvre...

Et si la cause de toute réalité était le sens dans l'univers, dans l'ordre des choses (c'est bien ce que suppose le Taoïsme).

La connaissance se donne et se partage sans retenue ni restriction. Elle est gratuite, accessible et disponible à quiconque la cherche. Qui se fait payer pour celà, est un imposteur, ou un escroc, parfois les deux.

Les fins ne sont souvent que le début de quelque chose d'autre...

L'important n'est pas ce que tu fais, mais qui tu es quand tu le fais. C'est à dire ton identité profonde qui est là et agit en amont depuis le plus profond de toi...

La réalité est comme l'eau : gazeuse comme une idée, liquide, comme une intention, fluide comme une émotion, solide comme une matière ou une action.

Il n'y a de réalité que mon rapport au monde. La "chose" ne préexiste pas à ma relation à ladite chose. L'objet n'est que mon rapport à la chose. Elle est juste et totalement mon propre rapport à elle, et donc la conscience que je m'en fais. Comme l'écrivait Schopenhauer, la réalité est un objet pour un sujet qui le regarde. Si le sujet s'en va, l'objet disparaît. Comme le précise la physique quantique, l'observation détermine l'objet.

La sagesse n'a ni âge ni direction, juste la puissance d'un futur souhaitable.

La peur et la colère sont le fer de nos souffrances et nous en sommes les producteurs. La cupidité et le matérialisme sont des tempêtes destructrices : elles sont toujours de notre fait. La médecine est juste dans les démarches spirituelles. Nous prenons l'imagination pour une distraction quand elle est l'outil et le moyen de tout changer, nous et le monde.

La différence entre le monde et l'univers est que le monde nous entoure, nous détermine, nous influence quand l'univers est au fond de nous, ce dont nous sommes.

Nous sommes au choix les virus destructeurs ou les jardiniers cosmiques de notre réalité. Arrivés à ce carrefour, nous avons à choisir entre perpétuer la cupidité mortifère et l'union des sagesses de bienveillance et constructrices dans un nouveau paradigme où la fréquence crée la forme.

L'univers n'est pas moral mais conséquent. Il ne juge ni ne condamne ou ne récompense. Il développe ce qui vibre. L'univers est comme une caisse de résonance, le champ du don du sens.

D'un côté, dans le matérialisme, tout est une question de rapport de masses ou de phénomènes, voire chimiques, quand de l'autre, en paradigme spiritualiste, tout n'est que conscience, ondes et pensées. Et c'est le même monde.

Relisons notre devise car ainsi elle nous en dit davantage : la Liberté nous révèle l'imagination, la créativité, l'Egalité nous parle de solidarité, de "reliance" et d'interdépendance, et la Fraternité de Bienveillance, de l'âme des choses.

Le plus fort acte de résistance consiste à mettre de la valeur là où il y a du sens.

Vous ne pouvez pas choisir ce qui vous arrive mais choisir ce que vous en faites.

Pardonner est avant tout se réconcilier avec soi-même, lâcher la colère qui nous ronge.

Tu n'es pas l'objet de ton regard, de ton jugement, mais ce qui regarde. C'est là qu'est le sujet. Ce ne sont pas les qualités ni les compétences qui te fondent mais le contemplant en pleine conscience.

D'abord la conscience du monde était structurée par la doxa religieuse. Puis, avec les lumières, c'est la démarche scientiste rationaliste qui agence. Depuis, c'est l'approche spiritualiste qui ordonne. Deviendra-t-elle une nouvelle doxa ? J'attends de voir...

Si, par exemple, on promeut l’individualisme, la concurrence, le profit personnel et immédiat comme la raison d'être de la vie, ce que l’on obtient, c’est un monde cruel néolibéral. Si, à l’inverse, la pensée d’une collectivité s’oriente vers la coopération, la collaboration, la bienveillance et la compassion entre les personnes, alors une partie du chemin vers un environnement plus favorable à l’évolution humaine sera adéquatement ouvert.  Et alors, nous serons meilleurs.

C’est aujourd’hui une tâche primordiale que d’exercer obstinément une influence persuasive, sans jamais ralentir ni renoncer à cette démarche.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 12 avril 2026

Lire aussi : Aphorisme "  (voir aussi le 2 et le 3)




Nos autres questions fondamentales (05 05)

Il y a des questions qui bousculent, qui interpellent, et d'autres qui rassurent. Et puis il y a celles, réputées complexes, mais fondamentales, qui orientent toute notre conscience sur notre vie. Ce sont bien ces dernières qui vont nous permettre de nous voir tels que nous sommes. J'en ai ici retenu deux : Qu'est-ce qui me fait vibrer ? Où en serai-je dans dix ans ?...

Mais soyons plus incisifs, plus personnels, adressons nous directement  à la personne, c'est-à-dire à chacun d'entre nous, et directement !

La première des questions montre comment “tu” te construis, sur quelles valeurs et réalité tu t'appuies. C'est bien la manière de les aborder, et d'y répondre, qui va témoigner de la profondeur de ton âme.

La seconde question témoigne de ton architecture intérieure, de ce qui est important pour toi, et ce que sont tes aspirations et tes visées. On retrouve ici toute la hiérarchie de tes valeurs : en l'espèce l'ensemble de tous ces éléments qui expliquent ton chemin de vie, mais aussi, ta raison d'être.

Ce sont là les questions les plus profondes qu'une personne est en capacité de se poser. On va retrouver, de surcroît ici, toutes ces personnes qui vous posent ces mêmes questions, mais sans doute vous les ont-elles déjà posées, ou vous les poseront-t-elles un jour… De plus, ainsi, vous pourrez ensuite vous autoriser à les poser pour mieux saisir l'âme de vos interlocuteurs et interlocutrices.

Alors, posez-vous vous-mêmes ces questions avant de risquer d'être pris au dépourvu. Votre réponse témoignera de vous, de ce que vous êtes, au plus profond de votre réalité. Ce ne sont pas seulement les réponses que vous donnerez, qui comptent, mais aussi, et peut-être surtout, la manière dont vous les abordez. Cette phase intègre toute notre connaissance, de manière directe et profonde. Cette réflexion peut se mener parfois avec hésitation, et est susceptible de provoquer aussi des évitements, ce qui pourrait être pire !… En effet, vous montreriez alors que vous ne vous êtes jamais posé ces questions. Légèreté de l'âme ? Non, bien pire, une “inconstruction” !...

A la première question, sachez répondre rapidement : surtout s'il s'agit de dimensions matérielles, émotionnelles, sociales ou spirituelles. N’oubliez jamais que vous êtes en train de parler de vous avec authenticité et profondeur. Votre interlocuteur ou interlocutrice saura très vite si vous êtes digne de confiance, ou alors, un être superficiel, égocentré ou encore, empathique. Il pourra, à partir de ces prémices, vous cataloguer comme entier, altruiste, généreux, carriériste ou disponible. Dans ces conditions, vous serez considéré comme étant à l'écoute ou alors… seulement préoccupé par vous-même...

A partir de la seconde question, vous pourrez témoigner d'une réelle maîtrise de votre vie, du monde, des choses et de vos émotions. La manière dont vous aborderez la question témoignera de ce qu'est votre souci majeur, et à partir de là, ce qui est le plus essentiel pour vous. Sont-ce alors les gens, les biens matériels, le développement personnel qui comptent le plus ? À moins que l'objectif soit d’apprendre, et de découvrir. Mais ce peut être aussi le côté “bien faire” et réaliser qui prime. Autre terme de l'alternative, la finalité peut-être aussi de penser, de connaître, expérimenter ou consommer ?...

Mais avant tout regardez ce qui est important dans vos vies en termes de valeur, de sens, et de prévalence. Ce sont là vos bases, vos socles. Il est important de rapporter ces éléments à votre conscience, car c'est bien cela qui vous construit et vous conduit malgré vous. C'est le prix à payer pour devenir, ou redevenir, le suzerain, le “patron” de l'âme.

Avez-vous déjà pensé à vous penser vous-même,... à vous repenser dans les moments qui changent et vous bousculent ? Ce sont dans les ruptures et les bousculades que vos essentiels émergent et vous disent où vous rappellent qui vous êtes.

Dès lors, le monde qui vous entoure devient le miroir de vous-même, et de votre conscience. On retrouve là votre “être” au monde, vos croyances, et votre structure fondamentale. Alors, qu'en déduire ?... Sinon que ce constat va permettre de voir le monde au-delà des formes, dans son sens, ses vertus et ses développements. On va retrouver ici le bon miroir pour comprendre qui nous sommes vraiment, quelle est notre âme au fond de soi, mais aussi notre divin, notre impermanence et notre réalité profonde… Cette recherche n'est certes pas un jeu... mais répondre positivement aux deux questions en vaut la chandelle !

Jean-Marc SAURET

Le mardi 5 mai 2026


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