"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Liberté Egalité Fraternité (24 02)

La devise de la République française n'a plus l'impact que ses Pères lui destinaient. Le symbole d'une République une, populaire et unitaire ne fait plus recette. Elle est devenue avec le temps et les trahisons, une illusion trompeuse, un mythe, voire un leurre. Nous en sommes au point de nous demander s'il ne faudrait pas au moins l'actualiser, sans changer l'essentiel bien sûr, ni la trahir, encore une fois. Le sens de cette devise portait pourtant tout un projet républicain, avec son caractère simple et direct. Celui-là même que l'on retrouve aujourd'hui, littéralement dissous dans un néolibéralisme pervers. Pourtant l'intention était bonne, mais l'histoire s'avère complexe.

L'Histoire de cette devise, tout comme ses raisons, peut être qualifiée de “radicale”, mais pas aussi simple et linéaire que l'on pourrait l'imaginer. Tout d'abord Robespierre rêvait d'en faire la devise nationale !... La Terreur toutefois, semble avoir eu raison de son intention. La devise n'apparut en fait qu'en 1880, sur les affiches de la République et sur les frontons des édifices publics. Certains lui accolèrent un quatrième volet : celui de la solidarité.

S'il fallait lui redonner force et vigueur, il me semble que d'autres mots plus “humanisés” seraient davantage propices à sa renaissance. On pourrait ici, trouver des mots qui désignent la même notion, mais peut-être plus adaptés. Je pense sincèrement à des termes plus profonds et sensibles, porteurs de sens, comme l'imagination, la solidarité et la bienveillance. Pour pouvoir l’exprimer, je dois m'expliquer et quelque peu détailler.

Posons nous les questions de fond : après quoi courons-nous véritablement, au-delà de gains matériels et de pouvoirs qui deviennent l'essentiel pour certains ? De fait, ne sommes nous pas en train de nous tromper de cible ?

Et si nous espérions, avec toute la sérénité requise, trouver la paix, l'amour et la joie, tout simplement ? Le choc peut s'avérer brutal, certes !

Je repense aux travaux de Mihály Csíkszentmihály sur la quête du bonheur dans la production et la vie du “flow”. Je pense aussi à ceux de la psychologue canadienne Tara Brach dans ce qu'elle titre "l'acceptation radicale". Ces travaux regorgent de cette recherche spirituelle qui repose sur ces trois dimensions et valeurs.

Certes, quelques personnalités se font remarquer par leur forte tendance néolibérale à se battre seules contre toutes et tous. Pourtant, la majorité des gens n'aspirent qu'à ce cocon que l'on attribue à l'enfance, cette “enveloppe” faite de paix, de joie et d'amour. Ce cocon nous a déjà donné tant de repères ! De fait, ce bonheur est un profond souvenir du beau, du bon et du vrai, comme le désignaient les Grecs anciens.

Au-delà donc du beau, du bon et du vrai, qui dans le fond indiquent la même chose que notre triptyque, on retrouve ce désir profond et intérieuriorisé. Il s'adosse à la "divinité absolue" qui se situe au plus profond de nous même, au tréfonds de notre propre identité admirablement sereine mais aussi belle, et remplie de joie. Disons donc que ces trois valeurs que nous propose la philosophie grecque ancienne, forgent la sagesse ancestrale de la Méditerranée. C'est à leur aune que se construit la réalité du monde que l'on espère et attend. Alors, au-delà de la froideur des termes sociaux et quasi juridiques de Liberté, Egalité, Fraternité, nous ressentons bien ce besoin urgent et profond, cette réalité essentielle d'un regain d'humanité, de cœur et de sensibilité.

Ainsi, le triptyque républicain pourrait-il se voir aménagé en des sentiments meilleurs, des “imaginaires” plus chers à nos âmes et à nos cœurs. C'est ainsi que nous pourrions aller droit au fond de ce qui fonde la liberté, à savoir le désir et la sensation de générer du beau, du bon et du vrai, et, en d'autres termes, du bien. C'est ainsi que la créativité va se dégager et dépasser la dimension solipsiste de la liberté. Nous allons retrouver ainsi ce “savoir faire”, et donc pouvoir mettre en œuvre ce qui nous passe spontanément par la tête, lorsque nous aspirons à quelque chose de bien plus grand et plus profond que nous. L'imagination va devenir, par ce biais, la porte de cette pulsion, le plus souvent refrénée.

Il en va de même pour l'égalité qui se traduit en néolibéralisme par le “souhait, le vœu, que l'autre n'en ait ni plus ni mieux que soi”. Si l'on garde le beau, le bon et le vrai au centre de notre “vivre ensemble”, alors nous retrouvons quelque chose de l'ordre de la solidarité, car le désir du partage du bien commun nous emporte et nous oriente vers une solidarité active. Nous quittons ainsi la consommation pour le développement actif de l'être que nous sommes. Chacune et Chacun est bien le même que soi en termes de besoin, de désir et d’attentes du monde et de la vie.

Il en va de même pour la Fraternité, largement édulcorée dans cette fin de République décomposée. Nous avons besoin de chercher plus profondément au fond de nous-même, là où les mêmes sages grecs pensaient trouver l'univers et les dieux, et la bienveillance : ce sentiment pratique qui se détache des interdépendances et des contraintes… Oui,... juste de la bienveillance !

Que le beau, le vrai et le bon décorent nos regards et nos intentions, et le nouveau monde que nous voulons saturé par le nouveau triptyque « Imagination, Solidarité, Bienveillance » s'en trouvera bien meilleur. 

Avec les mots, avec les actes, ce “demain” est à notre porte, et nous n'hésiterons pas à nous y engouffrer !


Jean-Marc SAURET
Le mardi 24 février 2026

Lire aussi : " De l'incompatibilité entre liberté, égalité et fraternité "

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