"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Ce que les gens pensent de toi ... (17 02)

Voilà une sentence qui trône sur la page d'accueil de mon blog, et pour cause : "Ce que les gens pensent de toi ne te concerne pas. Cela ne concerne que ceux qui le pensent". Pourquoi ? Mais parce qu'ils investissent dans leurs jugements, quels qu'ils soient, leurs peurs, leurs frustrations, leurs colères jusqu'à leurs visions d'eux-mêmes dans leur monde. S'y retrouvent ainsi leurs espoirs et quelques attentes personnelles, assorties d’aspirations profondes, de rêves, de vengeances et de frustrations. En cette occurrence, ce n'est pas toi qu'ils jugent, mais bien eux-mêmes... Pourtant, comme l'écrivait le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, " Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture, bien qu'ils soient parfaitement certains que le bonheur dépend bien plus de ce qu'ils sont que de ce qu'ils ont ".

Son constructivisme, avant Palo Alto, s'exprimait dans cette phrase profonde, issue de son ouvrage : "Le monde comme volonté et comme représentations" : il y précisait que "La réalité est un objet pour un sujet qui le regarde. Si le sujet s'en va, l'objet disparaît !". Il pose là le “fait” qu'il n'y a de réalité que dans une conscience du monde, et que sans conscience, il n'y a pas de réalité. Tout est là, tout est dit ! Voilà une déconstruction de la pensée rationnelle matérialiste dominante, voire déterminante, depuis l'encyclopédie.

Il y avait chez ce philosophe quelque chose de la sagesse bouddhiste dont il s'inspirait. Il avait écrit cette formule : "Ni aimer ni haïr : voilà la moitié de toutes sagesses. Ne rien dire et ne rien croire, voilà l'autre moitié". On entend pleinement ici ce principe du bouddhisme zen et du taoïsme dans son “non agir”. C'est ici au cœur de l'art du Wuwei dans la pensée chinoise. Il s'agit alors, à l'appui du vide ou de la vacuité de toutes choses, de suivre le flux naturel de l'univers. On peut résumer le propos à la forme suivante : un “agir” sans intervenir.

Le non-être est bien la traduction occidentale du vide oriental, il s'avère d'ailleurs peu accessible aux esprits occidentaux : "Non pas rien, mais si peu de chose" disent-ils. Ceci rappelle le "presque rien" de Jankélévitch. Et c'est bien dans ce “presque rien”, que s'anime la création, associée à ce surgissement du réel. Que vais-je bien pouvoir en faire,... si du moins je l'ai aperçu ? Pour le reste, dans une perspective de “moi devant le monde”, “tout” est bien là,... et bien présent !

Alors ne cherchons pas dans le réel les justifications de nos appréciations : elles n'y existent pas. On ne peut y trouver, ni y retrouver un quelconque ancrage. D'ailleurs, ce que j'entends, et peux retenir du jugement des autres, n'est que l'image de ce que je me "reproche", de ce que je me reconnais dans leurs propos. Si ce n'est pas le cas, je n'en retiens rien : et donc, ça n'existe pas !...

Certains me diront que le retour des autres, aide à devenir meilleur. Je veux bien,... mais cela reste un jugement, et donc, pas une confrontation avec le réel. Comme le disait si justement Sartre : "Ce n'est pas ce que les autres font de vous qui importe, mais ce que vous faites de ce que l'on a fait de vous". Encore une fois, c'est bien de soi et de nos actions et agissements qu’il est question.

Je me souviens alors de cette autre sentence de Schopenhauer : "La difficulté n'est pas de voir ce que personne n'a encore vu, mais de penser comme personne d'autre n'a jamais pensé à propos de quelque chose que tous voient !". Ainsi ce n'est pas ce que les gens pensent de vous et qui leur appartient totalement, mais ce que vous faites de ce qu'on a fait de vous,... et ce que vous faites de votre rapport au monde quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. C'est bien là que se situe le cœur de la réalité.

Dans ces conditions, le retour sur le jugement des autres devient, et se réduit, à une poussière dans l'univers que le vent de l'interprétation emporte, transforme et déforme à l'occasion…

Il n'y a ainsi d'appropriation, que dans et par l'interprétation. Toute la réalité est dans notre regard et nulle part ailleurs. Ici se trouve sans doute la mise en perspective de nos différents profonds projets de ''Vie” ...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 17 février 2026

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