mardi 26 novembre 2019

En route pour la démocratie totalitaire !

Le terme "démocratie totalitaire" n'est pas de moi. Il n'est pas nouveau non plus. Il est utilisé une première fois par le juriste, politologue et économiste d’extrême droite Bertrand de Jouvenel dans son ouvrage "Du pouvoir" publié en 1945. C'est le titre du quatorzième chapitre de son livre. Oui, il s'agit d'un militant fasciste qui terminera sa course comme défenseur du libéralisme. Il a fait de la démocratie totalitaire une présentation précise que l'histoire corrobore.
Mais prenons une situation parlante. On sait que le Nazisme a occupé le pouvoir à partir de 1933 en Allemagne, en respectant strictement le processus démocratique. Voilà un exemple parfait et parlant, du fonctionnement d'une démocratie totalitaire. Elle produit une idéologie globalisante contre un ennemi intérieur (hier juif, ce matin musulman). Elle met en place un discours simple, voire simpliste et recevable par le plus grand nombre. Qu'importent les mensonges et les violences puisque "l'axe du bien" a "toujours" raison...
Aujourd'hui, le mal intérieur proclamé est l'islam, et une certaine extrême droite,... laquelle n'a d'ailleurs pas grand chose à envier à l'axe dominant actuellement au pouvoir. Mais l'ennemi est désigné. Tant qu'il est là, la victoire "démocratique" de l'axe du bien est assurée.
A côté de ce montage, tous les autres opposants sont ridiculisés,et traités comme étant constitutifs de l'axe du mal. Ils sont attaqués, calomniés, violentés, et condamnés. Dans des "nuits des longs couteaux", "SA", Gilets jaunes et pompiers sont maltraités, mutilés, violentés, voire pour certains assassinés.
Depuis, on utilise ce terme de "nuit des longs couteaux", pour identifier les mouvements de "purge" dans un ensemble faisant système. La finalité reste à chaque fois le pouvoir, son appropriation définitive et absolue. D'ailleurs, l'idéologie de "l'axe", est porteuse de cette pureté sociétale. Qu'on la qualifie de race arienne ou de "démocrates d'une ère nouvelle", le processus est le même.
On peut aussi utiliser des événements dérivatifs, comme des jeux olympiques, une coupe du monde sportive ou une cathédrale qui brûle fort à propos, et contre toute logique scientifique. Quand une centaine de militants se détachent pour partir, il s'agit alors d'un "mouvement d'humeur d'une pureté idéologique".
Aujourd'hui l'arme au point n'est ni le sabre ni le revolver (quoi qu'ils sévissent autrement dans les rues) mais la propagande, la pression autoritaire, la violence, le chantage et le mensonge. On gouverne par la peur et l'envie, expliquait Machiavel.
Voilà comment, sous couvert de démocratie, l'État avance vers l'exercice d'un pouvoir absolu, totalitaire, avec l'aval d'une trentaine, (quelquefois moins), de pourcentage d'électeurs.
Il s'agit, ici aussi, d'un système féodal où les "copains et les coquins", ont mis en place au sommet du pouvoir celui qui leur est favorable. En d'autres termes, leur serviteur dévoué et redevable sans qui il n'est rien.Il y aurait là comme un ''Robin de l'Elysée''. Et les coquins en vivent, récupérant qui une industrie du jeu, qui une industrie du transport, qui celle de l'atome ou de l'électricité...
Oui, ce monde là n'a rien d'angélique, de bienveillant ou d'humaniste. L'expression "Démocratie Totalitaire" me paraît tout à fait juste. Sous la forme d'une démocratie, le pouvoir est bien confisqué et concentré dans quelques mains avides. Le dessein est caché mais bien clair pour qui sait regarder et veut bien le faire.
Quand le projet politique n'est fait que d'intentions et que le pouvoir tire sur son peuple, alors le pire est à craindre. L'économiste et philosophe libéral autrichien Friedrich Hayek, dans son ouvrage "Droit, législation et libertés" (1979), nomme alors ce type de système une "dictature plébiscitaire". On le trouve associé à un mirage de justice sociale, oubliant les fondements du législatif. Cela revient à une confiscation du bien public au profit d'intérêts privés. Comme je l'ai entendu dire, "1984 était censé être une fiction, pas un mode d'emploi..."
Mais, concrètement, avons nous vraiment besoin de gens pour nous diriger ? Ne savons nous pas déjà où nous voulons aller ? Ce que nous voulons faire de nos vies et de nos relations ? Le vivre ensemble que nous voulons atteindre nous est connu, et nous œuvrons pour le réaliser : voilà qui devrait nous suffire…
Car c'est bien là, en effet, que se trouve le sens et l'essence de la société que nous espérons. Chacun la vit par bribes, dans des moments privilégiés, entre amis, sur un rond point, dans un groupe singulier, dans une communauté, etc. Les exemples ne nous manquent pas et ces groupes "font" identité car la "république", aujourd'hui, n'a plus aucun sens et n'en offre plus aucun.
Alors, nous n'avons besoin ni d'armée ni de police, ni de prêtres ni d’imam, ni de monnaie ni d'économie, ni de croissance et encore moins de bourse, ni de banque... Nous n'espérons que bienveillance et solidarité. Nous n'avons besoin que de liberté, d'égalité et de fraternité, mais nos anciens l'avaient déjà dit. Faudra-t-il refaire une autre révolution pour que cela s'incarne "pour de bon" ?
De fait nous repérons assez facilement ces démocraties illusoires qui flattent les "ego", en nous offrant d'appartenir à quelques groupes d'élites illusoires, uniquement pour mieux les servir ?... Ou pour mieux se voir abandonnés sur le bord de la route, un peu plus tard ?....
Bien sûr que nous voyons venir ces clowns de la démocratie, dont le nez rouge n'est qu'un énorme mensonge. Leurs flatteries ne sont que flatulences. Nous avons tous appris la fable du renard et du corbeau et nous la vivons tous les jours en allumant la télévision. Les médias dominants nous abreuvent de publicités vantant la légitimité de nos envies jusqu'à devenir des besoins obligatoires... et nous savons tous ce qui et ce que cela sert.
Alors, non merci. Construisons dès aujourd'hui, sur les ruines de ce maudit système libéral totalitaire, le monde que nous voulons commencer à vivre dès aujourd'hui : un monde de paix, de reconnaissance mutuelle, de bienveillance, d'entraide, de justice et d'égalité. J'entends une petite voix dire que cela n'existe pas... ne peut pas exister... qu'il s'agit là de "bisounourisme" ?... Allons, petits soldats du vieux monde, il faudra mouiller votre cœur de vos propres larmes pour qu'il recommence à battre. Et vive le soleil qui se lève !
Jean-Marc SAURET
Le mardi 26 novembre 2019


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