mardi 5 novembre 2019

Comme un poisson dans l'eau

Cette expression en titre exprime, quand nous l'utilisons, l'adéquation de la personne avec son milieu, son agilité dans le contexte dans lequel elle évolue. Mais ce que nous ne gardons pas en mémoire c’est que tout un chacun n'est rien, voire n’existe pas, sans son environnement. Ainsi, nous pourrions dire aussi "Comme un oiseau dans l'air", car si en l’absence d’eau, le poisson meurt, de la même façon, sans air l'oiseau tombe et meurt lui aussi.
Qu'en serait-il de l'être humain sans son environnement ? Deux éléments nous apportent une réponse.
Le premier, et j'en ai déjà parlé et même plusieurs fois évoqué, est donné par l'expérience dite interdite, et tentée à plusieurs reprises depuis des siècles. Celle-ci s'est toujours terminée de la même manière : Il s'agissait de laisser seuls et ensemble des nouveaux-nés pour voir quelle langue ils allaient spontanément pratiquer.
Ils étaient nourris, soignés, mais n'avaient aucun rapport avec qui que ce soit. Il s'est à chaque fois produit le même résultat : les enfants mouraient. En effet, sans socialisation, les nouveaux-nés ne survivent pas.
Le second élément, est donné par l'ensemble des tentatives réussies consistant à propulser un être vivant dans l'espace, hors atmosphère et gravitation. Nous avons très vite compris que pour survivre, l'être vivant de la terre avait besoin, d'une part, d'une pression atmosphérique suffisante afin qu'il "n'éclate" pas et ne se répande dans le vide, et d'autre part, d'air composé d’oxygène et autres gaz dont il dépend.
Ainsi, nous voyons bien que l'être vivant de la terre, et donc l'être humain, a besoin d'un environnement physique et social, parce qu'en dépendent sa vie et sa survie. Comme nous l'avons évoqué à plusieurs reprises, tous les êtres vivants sont à la fois interdépendants et aussi dépendants de leur environnement.
Nombre de cultures originelles, celle de ces civilisations que l'on nomme "peuples premiers", parce que leur existence, leur philosophie et leurs pratiques nous ont précédées, l'affirmaient aussi dans leurs rites, pratiques et cultes. Nous sommes, comme le proclament les philosophies orientales du bouddhisme, shintoïsme ou hindouisme, éléments intégraux d'un grand tout que nous nommons l'univers.
D'autres cultures occidentales, dans leurs énoncés religieux, l'évoquent aussi : "Tout ce que vous faites au plus petit d'entre vous, c'est à moi que vous le faites". Mais peut-être n’avons nous pas bien compris la leçon, et avons jeté le bébé avec l'eau du bain.
D'accord, nous sommes tous interdépendants et partie intégrante de notre environnement, lequel est partie intégrante de l'univers, et alors ? Ce que l’on peut affirmer, à partir de là, ce sont les conséquences...
Tout d'abord, nous savons que nous vivons en fonction de notre représentation du monde et de “soi”, dans ce monde,... mais aussi de la question du sens que nous lui trouvons et que l'on se trouve...
Cette conscience de nos interdépendances ne vient-elle pas assurément changer bien des choses dans le sens du monde et de nous-même ?

Ainsi, rien de ce que je fais à la nature qui m'environne, n’est anodin. Il en va de même pour cet autre dont je dépends, et auquel je suis étroitement lié. Je lui appartiens autant qu’il m'appartient, dans la mesure où nous sommes tous deux partie prenante de l'univers entier. Si je commets quelque chose de dommageable, alors c'est à moi que je le fais. Dès lors, la préoccupation écologique devient une tautologie.
La physique quantique développe le principe de l'intrication. C'est à dire que deux atomes qui ont été en présence, même séparés par d’extrêmes distances dans l'univers, réagissent chacun et de manière identique aux stimulis que l'un reçoit.
Cette même physique quantique nous indique que si la matière est faite de 99,9999...% de vide et le reste d'énergie, tous les éléments sont reliés dans un champ électromagnétique, lequel est la composante du vide. Je ne développerai pas ce thème dont je ne suis que lecteur et donc non-spécialiste. Mais nous pouvons en tirer la conclusion que nous sommes donc tous et chacun relié à tout et à tous.
Ainsi, nos interdépendances augmentent encore... Alors, comment ne pas s'aimer soi-même en rejetant sur d'autres et sur des environnements peu favorables le mal que nous pensons subir ? Pourquoi combattre et haïr l'autre, cet autre soi-même ? C'est bien là se combattre et se haïr soi-même. Pourquoi se vouloir autant de mal dans les anathèmes et condamnations que nous proférons à l'encontre d'autres soi-même ?
Quand nous aurons bien réalisé ces données, celles que justement la science et la raison nous rappellent, alors nous serons sûrement comme des poissons dans l'eau.
Jean-Marc SAURET
Le mardi 5 novembre 2019

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