mardi 29 octobre 2019

S'auto-valoriser ou souffrir pour grandir ?

Nous vivons dans une culture qui valorise l'effort. Ce faisant, elle valorise aussi la souffrance, la douleur, la présence de difficultés, etc. Que disons-nous d'une personne qui n'a jamais trop ''forcé'', pour arriver à ses buts ? ...qu'elle est née avec une cuillère en argent dans la bouche, qu'elle est un fils ou une fille à papa, etc... Il est pour nous inconcevable d'arriver à un bon résultat sans efforts, sans douleur, sans difficultés. Nous pensons même, traditionnellement, que les difficultés et les souffrances nous font "grandir"...
Or, dans toutes les approches du succès, du développement personnel, nous voyons que sa propre visualisation sur le "podium", c'est-à-dire de s'imaginer dans le succès déjà là et que nous sommes en train de le savourer, est bien plus efficace que bien des stratégies de l'effort. C'est là une idée de marchand. Tout se paye... Mais si la monnaie n'était ni la douleur, ni l'effort ? Et si la monnaie était déjà le plaisir ?
Dans le management, nous apprécions l’impact de la reconnaissance des qualités, des compétences et des savoirs d'une personne. De la même façon, la reconnaissance de sa personnalité s’avère déterminante dans l’obtention de bons résultats. Ces considérations sont le gage de la réussite, et bien plus opérants que la pression et les contraintes...
Aujourd'hui, la tendance forte en management aux Etats-Unis est la valorisation des compétences développées, des engagements, associées au ''positif'' de la personne. La conduite de projet va ainsi s'appuyer sur ces éléments pour développer davantage de savoir et de compétences. 
Si le collaborateur est un bon gestionnaire, on l'invitera à apporter et investir cette compétence dans un projet lambda, lequel, s'il porte sur de la créativité par exemple, ou du travail en équipe, voire sur de l'imaginaire ou de l'esthétique, permettra à ladite personne de développer ainsi des qualités de créativité, de collaboration, d'imagination ou d'esthétique. Cela apparaît comme la meilleure manière de développer les compétences organisationnelles, les savoirs des membres, les succès et la dynamique d'une organisation.
Alors, qu'avons-nous à faire nous-même pour atteindre nos objectifs ? Travailler comme un acharné dans la souffrance des efforts, ou dans la passion dynamique en pariant sur la vision du succès ? Le choix est clair et c’est bien en privilégiant nos savoir-être et nos savoir-faire avérés que la réussite s’imposera. En d’autres termes, et si le succès dépendait du bonheur que nous avons à réaliser nos contributions et nos tâches ?
Force est de constater que le succès, la réussite, sourient bien davantage aux gens heureux et enthousiastes qu'aux souffreteux. C'est malheureux pour notre culture, mais c'est comme ça ! Que dit-on aux sportifs pour qu'ils gagnent ? "Faites-vous plaisir !"
Ainsi, pour mettre un maximum de chances de son côté, mettons d'abord le plaisir de faire avec nos savoirs et qualités personnelles avant de nous mettre au "travail"... N'en déplaise à nos dirigeants atteints de "gestionnite" aiguë.
Oui, le mot "travail" vient de cet instrument de torture que les Romains nommaient "tripalium"... Le premier usage que nous avons fait de ce mot dans notre langue a été associé à l’accouchement et à ses douleurs. D'accord, mais nous pouvons retourner la situation et affirmer que le bonheur est dans l'action, dans la réalisation, dans l'accomplissement.
Dès lors, valorisons nos capacités à réaliser, à réussir, parions et faisons parier sur nos compétences, sur nos vécus et nos savoir-faire, pour atteindre nos résultats, nos buts, nos espérances. Nous avons alors, bien plus de chance de les atteindre.
Ainsi, si l'on parle de nous en mettant en avant la présentation de qualités, de compétences, voire d'expertises, cela commence plutôt bien.
Si nous en sommes nous-même persuadés, alors nous aurons envie de travailler avec cette personne qui nous a reconnu et nous a ainsi présenté. N'est-ce pas? Ceci m'est arrivé à plusieurs occasions et j'en ai toujours été très heureux. Nous avons alors fait ensemble du bon travail.
Il est possible que d'aucuns veuillent objecter que nous sommes là face à un risque de biais : l'autre pourrait s'engouffrer dans la brèche de l'éloge pour tenter de nous abuser. C'est possible, mais qui résisterait à la reconnaissance ? Celui qui prendrait la reconnaissance pour une flatterie n'a très certainement aucune certitude d'avoir les compétences ou les qualités dont on le loue. Un long travail l'attend donc... Le "louangeur" devra être prêt pour l'accompagner. Il nous faut avoir la responsabilité de nos propos et de nos certitudes. Dés lors, tout va bien se passer...
De toute manière, comme dit le proverbe, ''le mensonge est comme un cracher en l'air ; il retombe toujours sur le menteur''. Alors, faut-il s'auto-valoriser sincèrement ou souffrir pour grandir ?
Jean-Marc SAURET
Le mardi 29 octobre 2019

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