"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Le progrès est-il juste conceptuel ? (07 07)

Nous vivons dans une culture qui valorise l'idée de progrès comme s'il était la logique ordinaire de l'état d'être, comme si la logique du réel était celle du devenir, comme si l'avenir aspirait le présent. Elle suppose a priori que l'actuel et le quotidien seraient insuffisants à dire "l'être de réel" et mériteraient un devenir prochain nécessairement réputé meilleur. C'est un peu comme si le progrès s'imposait logiquement de lui-même. Voilà une idée "in-concrète" qui prétend l'être, même à notre insu. Ce concept inonde notre vie ordinaire jusqu'au plus profond de nos dites "réalités".

De fait, ce concept de progrès suis la flèche du temps : l'après serait mieux que l'avant. C'est là, dans cette logique temporelle, que se construit le sens du progrès. Or, nous avons compris que cette orientation "finie", et qui fait sens, n'existe que dans notre regard. Comme nous le confie la philosophie bouddhiste, il n'y a qu'un seul temps : le présent. Toute classification dépend de notre conception du réel. Ainsi nous comprenons que notre notion de progrès est liée à notre conception linéaire du temps. Il n'y a donc pas plus de progrès que de temps multiples et consécutifs. Il n'y a de progrès que dans notre "perception provisoire du temps". De fait, la chaîne temporelle de conséquences n'existe pas !

Il en va comme de l'idée du dedans et du dehors des choses. C'est bien notre représentation du réel qui en traite et dirige nos consciences vers une collection d'objets finis. Il me revient cette remarque alchimique qui professe que "c'est le même auteur qui a confectionné l'intérieur et l'extérieur de la coupe". Ainsi, les concepts naissent et vivent dans l'esprit, dans la construction de la réalité, et non pas dans le monde ni dans la matière. Ils sont des éléments immatériels de notre construction de la réalité. 

La simple idée de remonter dans le temps, ou inversement, repose sur une conception absolument linéaire et matérielle du temps. C'est de cette façon que l'avant se distingue de l'après et que chacun d'eux dispose des mêmes caractéristiques d'un objet. Et pourtant, ce n'est pas le cas : ce ne sont que des concepts, des idées. Pourtant bien des mythes qui reposent sur cette illusion occupent nos réalités. En l'espèce le progrès subit les mêmes outrages du temps...

Aussi, de cette même manière, l'IA est présentée comme un progrès, même si certaines variables la déterminent comme régressive. Ainsi, l'idée de progrès implique une référence de sens et de valeur fléchant l'actuel vers un "autrement mieux". De fait, la question se résume de la façon suivante : en quoi le futur existe-t-il et en quoi sera-t-il meilleur ? Quelles conséquences serions nous en droit d'attendre de cet hypothétique mieux, dit progrès ? De quels bienfaits devrait-il nous combler ? Voilà autant de questions qui relativisent cette notion là. Ce référentiel de progrès est dont totalement subjectif et quelque culture que ce soit le remettra nécessairement en cause. 

Si la notion de référence au progrès est le gain, le pouvoir, l'humanisme, la bienveillance, la beauté ou l'émotion, alors la nature du dit progrès sera bien différente selon chacune de ces variables de référence. Et son constat, sa lecture, sa réalité le seront également. En fait, tout dépend de l'observateur et de ses critères. Il n'y a donc pas de notion de progrès sans une référence à au moins une valeur ou à un mythe qu'incarnent parfois quelques légendes. Au delà, l'idée de progrès tombe par manque d'objet et de chemin d'ordre...

Ce sont donc les notions de temps et de références normatives qui font qu'il y a progrès ou pas, que la notion même existe ou non. La gestion de la question de progrès ne relève pas d'une logique mathématique. Elle est juste imaginaire et symbolique. Comme dans bien des problématiques de notre réalité, elle dépend entièrement de nos représentations.

Si la science tend à tout expliquer, elle ne répond à aucune des questions essentielles de sens. Comme : que faisons nous ici bas ? Qui sommes nous ? Pourquoi sommes-nous là ? Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce que dieu ? Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce qu'un miracle ? Quel est le principe des coupeurs de feu et des faiseurs de secrets ? Pourquoi aimer ? Qu'est-ce que le réel ? L'esprit a-t-il un impact sur la matière ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ? Qu'est-ce que la vérité ? Qu'est-ce que la propriété, et selon quels critères ? Quelles sont les variables de la réalité ? Celle-ci se résout elle dans les mathématiques ? Etc. Etc... 

Ainsi, la quête de sens oblige et permet une reconstruction du réel en réalité, et ce jusqu'à l'inventer et inventer les lois qui la régissent. Ainsi, comme l'écrivait le psychosociologue Serge Moscovici, "les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve".

Gardons en mémoire que l'humain a besoin de rituels qui lui permettent de se regrouper en assemblée accueillante, donnant du sens à chacun en tant qu'être, mais aussi dans sa vie et dans son environnement. L'humain a besoin de sens et de reconnaissance, d'appartenance, d'identité, bref de concepts avec des limites qui restent à franchir ou pas. C'est ce que lui proposent les religions, les partis politiques et les clubs de tous ordres. Comme le disait Joshua selon Frédéric Lenoir, "rites et religions sont des moyens, pas une fin". 

A la différence du conservatisme, le "déjà là" est le socle de vérité, et donc l'ordre du progrès. Ainsi, pour les conservateurs, le passé montre le sacré et le vrai. Il contient la référence. Pour lui, il faut y revenir et le perpétuer parce qu'il est la vérité, la référence. La tradition est la preuve du vrai et nous n'avons pas fini de le réfléchir... Tandis que pour les progressistes la logique d'un après meilleur s'installe comme définitive, voire universelle. Ainsi, l'idée de progrès se présente-t-elle systématiquement comme simplement conceptuelle et incontournable. Nos réalités ne sont jamais que ce que nous avons dans la tête et nous ne sommes pas encore prêt d'en sortir. Dont acte !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 7 juillet 2026

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