"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Du christianisme à l'hédonisme (23 06)

Il m’apparaît aujourd'hui l'urgente nécessité de passer du culte paulinien de la souffrance rédemptrice (on se demande de quoi, d'ailleurs), fondement du christianisme catholique, à la louange et célébration du beau, du bien et du bon tellement grec, et ce par l'heureux plaisir des sens partagés. Voilà toute une religion nouvelle qui devrait réjouir et inspirer les aspirations au bonheur des pratiquants du plaisir et du bien-être hédoniste paradisiaque sans attendre l'au-delà.

Je ne reviendrai pas sur les origines pauliniennes du christianisme catholique et romain. Je renvoie à mes articles qui l'ont déjà suffisamment développé. Retenons juste aujourd'hui que cette religion de la rédemption d'un péché originel (ou pas) se fonderait dans la culpabilité, la soumission absolue, le sacrifice et la souffrance dans la verticalité des intermédiaires au sein d'une église qui a oublié ce qui l'a fondée : l'amour du prochain et l'autonomie de chacun par le libre arbitre, la notion de temple intérieur et l'adhésion volontaire. Dont acte...

Aujourd'hui, outre une spiritualité aux accents orientaux, émerge, dans notre espace sociétal un ''carpe diem'' hédoniste en contradiction du néolibéralisme. Ce n'est pas encore une religion de rassemblement et de culte mais celui-ci s'immisce dans des espaces interculturels.

A se promener sur la toile, comme plus spécifiquement sur des serveurs dédiés aux récits par l'image et les vidéos, apparaissent ces invitations à partager des sensations émotionnelles, voire sensuelles et luxurieuses, comme réponses à un monde trop dur et par trop tristement déterminé.

Ce n'est pas encore une réponse sociétale à cette chute du néolibéralisme, mais cette émergence semble la précéder comme une autre manière d'user du solipsisme néolibéral. Pleine de douceurs et de sensualité, de plaisirs de nos sens et de sensations émotionnelles, cette émergence préfigure ce que pourrait être ce "temps d'après" la postmodernité qu'évoquait la psychosociologue canadienne Hélène Richard.

L'hédonisme répond à ce désir profond d'avoir la sensation d'exister. Il est comme une réconciliation avec soi-même, comme si émergeait à cette occasion quelques révélations profonde de ce qu'en fait chaque personne serait. Ce peuvent être des parcelles identitaires de l'ordre du désir, des intérêts, voire d'orientations sexuelles ou de genre. Il ne se trouve que le contact et l'accueil par des groupes constitués sur cette appartenance singulière (sensation d'être autre ou différent) pour accompagner ce sentiment profond de découverte de "parcelles de soi".

La "sensation d'être" occulte à dessein l'évidence matérielle tant du sociétal que du naturel. Ainsi, sont prises en compte, autant que remises en causes, les variables de genre que la personne pourrait alors "choisir" pour elle même, comme on choisi d'adhérer à un parti, à un club sportif, culturel ou politique. La réalité n'est plus un fond ce qui s'impose à nous, mais un "état" à remettre en cause.

Ainsi, la révélation d'être passe par ces deux processus : l'un de sensations et de sentiments profond, et l'autre de liens avec certains groupes sociaux singuliers. Ce sont là deux caractéristiques de l'adhésion, qu'il s'agisse de groupes religieux, politiques, identitaires ou culturels, voire de pratiques. Ce sont ces deux mêmes champs qui "font" notre réalité : l'ambiant et le reliant comme les a défini le sociologue humaniste Marcel Bolle de Bal.

Je repense à cette confession sur la toile d'une personne se découvrant une homosexualité suite à un jeu avec sa meilleure amie. Ce n'est qu'un exemple et je me suis enquis de voir si ce type d'aventure se répétait. Et les témoignages s'accumulant se répètent. Les algorithmes m'ont ainsi renvoyé à plusieurs autres récits.

Dès lors, si le phénomène est pluriel, il est à comprendre qu'il n'est pas réservé à un même type d'aventure ni à un même type d'expérimentateur, ce dont semble témoigner la toile.

Alors, comme naissent les phénomènes sociaux et comme ils disparaissent, il reste à penser que se développerait en sourdine une communion de comportements. Cela semble comme une réponse à des vides identitaires ou à des quêtes d'explication sur des sensations personnelles, voire intimes. Ainsi la réalité personnelle de vécus singuliers, aperçus communs ou partagés, semblent constituer une base de partage social suffisante, comme les groupes LGBT peuvent le faire et comme l'ont fait des groupes politiques ou religieux, voire comme pourraient le faire des groupes de pratiques, transgresseurs ou pas...

Ainsi, il me semble voir émerger un hédonisme comme phénomène de consolation, à connotation identitaire, partagé entre praticiens avides de trouver un monde bienveillant, aimant et reconnaissant. Dès lors qu'il se partage et se pratique en commun, ce phénomène ressemble à des célébrations, même s'il s'agissait plutôt d'actes de "reliance" (comme l'indiquait encore le sociologue belge Marcel Bolle de Bal) en guise de célébrations d'un carpe diem.

Cette émergence apparaît alors comme une évidence événementielle, d'un jouir et jouer à l'excès. Il s'agit alors de tendre à se construire, dans l'inconséquence le plus totale, une vie toute entière vouée au plaisir des sens dans tout le corps et à l’évitement absolu de son déplaisir, et ce en l'absence totale de calcul de raison, soit de réflexion rationnelle.  Mais ceci n'enlève rien de la réalité légitime et naturelle de recherche de plaisir et de jouissance dans l'expérience de la vie de chacun.

Aussi, en l'absence de juge et de jugement quelconque, divin, moral, raisonnable ou autre, de quelque source que ce soit, il n'est plus question d'une quelconque notion de “raison”. Celle-ci devient dès lors inutile et injustifiée pour conduire nos vies puisque le seul objet de celles-ci ne serait que jouir et célébrer ça. Ce serait là l'aboutissement adulte de comportements infantiles "in-régis" et inconséquents : une nouvelle religion hédoniste. Ce serait alors peut être pourquoi se développent des comportements d'éblouissement du soi par l'ultra consommation d'images, de sons et de sensations diverses qu'offrent notamment les écrans dans une agitation, désordonnée mais puissante, vers l'étourdissement... Il serait peut être temps de reprendre la main.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 23 juin 2026

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