L'anthropologue Hansueli Etter avait expliqué que le hasard était anomique, quand il n'était pas dystopique, et plutôt générateur de désordre. Le physicien Wolfgang Pauli, collaborateur de Carl G. Jung, notamment en matière de synchronicité, avait relevé l'impossibilité d'une évolution aveugle d'un point de vue statistique, c'est à dire non orientée vers une finalité de sens. Le hasard n'y aurait pas sa place.
Ainsi, en physique nous concevons que chaque effet a sa cause mais ces réflexions sur l'évolution, nous indiquent que le hasard n'y est pas suffisant pour expliquer et comprendre le fait que l'évolution ait un sens, une orientation, et donc une finalité certaine. Ainsi, ces chercheurs se rendent compte que les causes à chaque effet, sont loin d'être mécaniques et aléatoires, et qu'il nous faudrait prendre en compte l'influence profonde des environnements, qu'ils soient émotionnels ou culturels si tant est qu'on puisse l'imaginer...
A ce stade, deux hypothèses s'offrent à nous : celle de la rétro causalité, chère au physicien Philippe Guillemant, et celle de la conscience universelle que l'on sait présente dans nombre de cultures anciennes, comme le bouddhisme, l'indouisme, le shintoïsme et nombre de cultures animistes.
Dans le principe de rétro causalité, nous retrouvons l'aplatissement du temps, celui où tous les temps se conjuguent simultanément. C'est donc là que le futur aspire le présent et le passé. C'est ce dont témoignent les fameuses synchronicités. Il ne s’agit pas d’une notion qui me séduise, ni que j’aie faite mienne. Cependant je comprends parfaitement que le temps linéaire soit une notion intellectuelle, et qu'il n'existe qu'un seul temps : l'éternel présent. C'est la déduction de rétro causalité que j'ai du mal à intégrer : elle me paraît, de la même façon, une construction déduite d'une logique de conséquence.
Pourtant, qu'une conscience universelle oriente le réel m'habite, et j'y retrouve toutes les notions d'intentions créatrices, de perception de réalités lointaines, autant dans le temps que dans l'espace. Des chercheurs de la CIA ont porté des travaux dans ce sens à la connaissance des russes dans ce même domaine, et réciproquement. Ce fut apparemment avec un certain succès d'efficience et d'efficacité tant chez les uns que chez les autres. Ils ont ainsi découvert et développé la perception à distance associée à une certaine intelligence médiumnique ordinaire. Pour quoi faire ?... Juste pour savoir ce qui se passe chez les autres, et de quelle manière !...
Je me demande donc si la cause principale à tout événement et avènement ne serait pas la question du sens. Ce serait alors "parce que ce doit être, que c'est". Je me réfère ici à la conscience universelle, à la notion d'ordre universel chère au taoïsme : là où “justement” tout est, et "aspire" toute chose dans une finalité globale, dans une orientation de sens en équilibre. Un peu comme si une genèse aspirait le réel comme un point de fuite en perspective !...
Dès lors, la première et seule cause de chaque chose en serait son sens, dans une conscience universelle d'un projet déjà pensé et donc orienté !... C'est un peu ce que l'on retrouve dans cette religion et sagesse la plus répandue au monde, selon l'anthropologue Bruno Etienne : l'animisme ! Le premier et définitif sens de la vie dans la nature est son équilibre en paix. Tout ce qui permet et promeut la paix et l'équilibre est sain A contrario, tout ce qui développe ou provoque de la violence, du désordre ou de la haine serait “maladie”.
Ainsi pourrions nous penser que la finalité de la vie de la nature est la paix et l'harmonie entre tous les éléments de l'univers. J'entends déjà nombre de personnes rétorquer que la violence est plus populaire, voire plus "naturelle", que la bienveillance. A ceux-là, contrairement à la célèbre phrase attribuée à saint Thomas, compagnon dudit Jésus, qui affirmait ne croire que ce qu'il voyait, je dirai que nous avons une profonde tendance à ne voir que ce que l'on croit (Je renvoie à nombre de mes articles précédents qui traitent de ce fait ).
Ainsi, notre culture néolibérale, dernier reliquat d'un césarisme conquérant, demeure avide et violent (même si l'empire romain s'est économiquement et politiquement effondré, le catholicisme reste son produit le plus pur). Il projette dans la nature qu'il prétend comprendre, ses propres préoccupations de peur, d'avidité et donc de violence.
Voilà ! Ce que l'on prête d'universel à la nature, ce sont nos propres turpitudes (on se souvient de la célèbre phrase du psychosociologue Serge Moscovici : "Les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve."). Et ceci n'efface pas notre quête de sens dans une vision simplifiée et simplificatrice de notre environnement naturel. Ce ne sont pas les yeux du bon sens qu'il nous faudrait ouvrir mais la lucidité d'une conscience éclairée à partager.
Il nous faut juste comprendre et nous souvenir que chaque système, processus, possède en lui-même les conditions, la dynamique et les moyens de sa fin. Mais il convient aussi d'ajouter que cette fin possède en elle-même des processus de renaissance d'un “état” transformé. C'est là, et seulement là, que réside tout le principe d'évolution.

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