"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

La bienveillance (21 07)

Le petit Larousse est clair sur le sujet : "La bienveillance est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d'une manière désintéressée et compréhensive". Il s'agit d'un comportement qui place la personne visée comme étant un autre soi-même. Elle est alors son propre équivalent. 

Aussi la bienveillance témoigne d'une indulgence tout aussi intense envers soi car, comme le dit l'adage, "la charité bien ordonnée commence par soi-même". Il ne s'agit nullement d'égoïsme mais de cette indulgence qui permet la paix pour soi avec soi. Il s'agit de l'équilibre de sa  personne, se présentant ainsi davantage capable de se tourner vers autrui et dont le critère d'efficience est la joie réalisée.

Le contraire de la bienveillance, avant ladite malveillance, est l'égoïsme, la cupidité, la logique d'intérêts, le calcul stratégique ou matérialiste et toute les déshumanisations du lien social, du vivre ensemble. C'est le "chacun chez soi" et "chacun pour soi", obsédé et dirigé par les représentations de pouvoir et de possession. Comme on aime à le dire : "Tant que l'autre n'en a pas plus ou mieux que moi...".

L'empathie est ce sentiment, reconnu dans ce comportement qui précède la bienveillance et y abouti immanquablement. Il s'agit non pas de se mettre à la place de l'autre car on le bousculerait hors de sa place, mais de l'entendre, de l'accompagner, voire de lui prodiguer de l'amour, un altruisme généreux, totalement sincère et gratuit. L'empathie est une communication des âmes, un entretien au delà les rôles et des fonctions, une rencontre de personnes tout à fait respectueuses. On dirait même plutôt "attentives". Il suffit qu'une seule personne s'adonne à cette attention pour que la situation difficile se débloque et s'engage dans ce champ, dans cet ambiant.

Si quelqu'un vous écoute sans vous couper la parole, mais vous questionne simplement, si cette personne vous semble intéressée par le sujet que vous développez sans vous juger, si elle a tendance à partager, à engager une aide attentive selon l'expression de vos besoins, à échanger sans calcul ni comptage, alors cette personne est en train de vous témoigner discrètement de la bienveillance. C'est là une qualité relationnelle indispensable au progrès de l'humanité. Sa présence est le symptôme de la reconnaissance de votre humanité, de sa prise en compte immédiate de ce qu'est l'autre sans condition.

On s'aperçoit alors que la relation est hors cadres conventionnels, hors recherche d'intérêts ou d'avantages, loin de tout calcul ni qu'une quelconque notion de retour obligé. Mais bien plus encore, dans la culture bouddhiste, l'empathie et la bienveillance sont des postures finales de la plus grande des sagesses. Respecter, voire aimer les autres inconditionnellement, est le chemin vers le monde meilleur, celui qui habite les âmes ouvertes et généreuses.

La bienveillance s'associe pleinement à l'humilité. Elle s'éloigne de l'égo, voire le défait, le déconstruit. Elle et l'égo sont presque incompatibles à ceci près que la bienveillance le déstabilise pour orienter la personne vers des pratiques solidaires et empathiques envers l'autre...

Nous pouvons dire encore que les personnes bienveillantes apportent aussi de la joie, de l'optimisme, des valeurs indispensables au progrès social. D'ailleurs, bienveillance et résilience sont considérées comme des valeurs nécessaires, voire indispensables, dans la pratique du coaching, cette autre aide moderne de la personne.

Les premiers signes de bienveillance se repèrent dans les personnes à l'égo modeste et mesuré, voire effacé, à la présence attentive et témoignant d'une écoute active. Elles sont aussi douées à repérer chez l'autres des talents et compétences parfois dissimulés. Elles vous mettent en valeur d'abord à vos propres yeux sans vous exposer dans une posture ou rôle que vous ne souhaiteriez pas tenir pour toutes raisons qui restent les vôtres.

Imaginez alors un monde bienveillant, attentif et généreux, abondant de compassion et d'attention, dans lequel chacun ait la place qui lui convienne avec un rôle actif qui profite à toutes et à tous, dont le but est en rapport avec ses désirs, ses compétences et ses plaisirs. Ceci me fait penser à l'Ikigaï de la personne, cette philosophie japonaise propre aux populations de l'ile d'Okinawa avec des dimensions identitaires de passion, de talents et de vocation. 

Il s'agit alors de l'activité que vous aimez, pour laquelle vous êtes doué, qui est utile à bien des gens et pour laquelle vous êtes reconnu, voire même "rémunérés" d'une manière ou d'une autre. La bienveillance appartient à ceux qui vous reconnaissent dans votre Ikigaï. Car celui-ci ouvre les portes des possibles et d'une place sociale pour chacune et chacun. Nous ne sommes que dans l'ombre des autres.

Ainsi, la bienveillance dépasse la charité et sa dimension de condescendance. Elle est reconnaissante et respectueuse de la personne qui est là, devant soi. Pour bien faire il serait intéressant que chaque bienveillant ait trouvé, réalisé son Ikigaï pour rayonner humainement et socialement. Alors, pouvons nous effectuer ce retour sur soi ?... 

Par ailleurs, je comprends aussi que la bienveillance est cette ouverture de la frontière vers un monde sans argent où "l'usage surpasse la propriété". Ce sont les communautés de vie qui organisent le lien social. Quand le néolibéralisme structurait une société individualiste, voire solipsiste et monétarisée comme si tous les échanges nécessitait un arbitrage extérieur pour la protection de la propriété, ailleurs existe un monde sans argent où se développe une société solidaire et bienveillante, parfois avec un sens collectif de la propriété, voire plus large encore. C'est aussi simple que ça. A suivre donc et à imaginer, puis à réaliser pour de bon...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 21 juillet 2026



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