"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Changer de société (17 03)

L'époque que nous vivons n'a rien à envier à celle de l'inquisition. Depuis la crise de confiance sur les traitements sanitaires, les comportements politiques de nombre de dirigeants, en France comme ailleurs, me font penser à cette ère du grand saint Dominique venu d'Espagne pour "défendre" la foi catholique. En effet, la confiscation de la liberté d'expression se fait sous le dogme d'une théorie scientiste à la couleur scientifique et d'ordre religieux. Les pressions excluantes sur les dissidents, les condamnations professionnelles, le développement d'une pensée unique (voire inique) et le traitement totalitaire des points de vue questionnant, disqualifiés en complotisme, tout ceci rappelle la période dominicaine du traitement des dites hérésies, Gnostiques, Albigeoises, Pauliciennes, Bogomiles, réformées et autres

L'effacement de toutes contradictions, de tout questionnement des dites "évidences" derrière la pensée scientiste dite scientifique, me font penser à celle qualifiées de vérités pures par l'adoubement dans les propos des prélats cléricaux et autres. Je repense à la manière similaire dont ont été traités l'astronome Galileo Galilei, le philosophe Baruch Spinoza et plus récemment les professeurs Raoult, Péronne, Montagnier et bien d'autres. Il ont été discriminés, attaqués par le conseil de l'ordre et autres autorités instaurées pour ce que les "détenteurs de la vérité" considéraient comme de la dissidence. Elles ont calomnié, insulté et professionnellement empêché, voire condamné ces diffuseurs de pensées libres et d'analyses, et ce par pure idéologie d'un "relégare" officiel et dogmatique. Le phénomène se répète inlassablement en fonction des intérêts financiers, de pouvoir, ou autres.

La puissance d'un système "dogmatique religieux" réside dans le doute, la douleur, la culpabilité et les peurs qu'il instaure depuis son enfermement, mais aussi dans la panacée obligatoire qu'il prodigue pour se soigner du mal qu'il a lui-même élaboré et propagé. C'est là un système qui s'auto promeut pour se maintenir. Il vit de lui-même au dépend de ce (ou ceux) qu'il prétend "éclairer".

Nous voici face à un système sociétal toxique, totalitaire, discriminant, mais aussi manipulatoire. Il en est simplement inacceptable et insupportable. La première réaction qui nous vient est de pratiquer une rupture violente, une déconstruction, voire une révolution. Mais comme la violence génère de la violence, nous y risquons aussi notre vie, celle de nos proches et bien sûr notre avenir, autant que celui de la vérité à comprendre et à défendre. Par ailleurs cette démarche tend, par réaction, à perpétuer ce paradigme violent qui nous est insupportable. Ainsi nous installerions les moyens de sa pérennisation.

En fait, la solution durable commence dans la prise de conscience de ce qui se passe. Il s'agit simplement d'un lâcher prise total. Je repense à un amis pacifiste de plein cœur qui lors de son service militaire, fut envoyé en éclaireur lors d'une manœuvre. Surpris par un bruit dans les fourrés, il y a braqué son arme et a réalisé que si quelqu'un était sorti, il aurait tiré. Bien que chargé à blanc, confronté à sa conscience, il a rejoint son bataillon, à planté le canon de son fusil en terre et a dit à la troupe et aux officiers qui étaient là : " Je ne joue plus..." Et il s'est assis par terre avec un tel aplomb que les gradés l'ont laissé là et ont poursuivi l'exercice.

Je crois bien que si, nous aussi, nous arrêtions de jouer, il n'y aura personne pour nous contredire. C'est d'autant plus vrai que nous sommes les plus nombreux. Mais ce n'est pas tout ! Comme il l'est évident dans la pensée bouddhique, la vérité libère et renverse les mensonges qui la condamnent. Elle triomphe toujours. Il suffit d'un peu de patience, laquelle est aussi utile que nécessaire. C'est aussi ce que proclame le proverbe sud-africain : "Quand le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier. Elle finit par arriver et s'impose toujours." Car si la vérité est la lumière, elle dissout l'ombre dès qu'elle apparaît.

Je pense souvent à cet ami et à son histoire. Ma réflexion, en l'espèce, me conduit davantage à déterminer le “comment arrêter de jouer”, plutôt qu'à envisager les réactions de ceux qui tiennent les rênes de cette société. Une société qui décidément ne nous convient pas. Comme l'avait dit Schopenhauer, toute nouveauté est d'abord dénigrée, puis combattue et enfin acceptée comme une évidence. Je crois que l'influence des minorités actives, comme l'a développé Serge Moscovici, [le père de Pierre et l'un de mes professeurs à l'EHESS], est aussi déterminante que puissante.

La vérité n'est pas la pensée ou la vision d'un groupe, un récit plus "juste", mais la conviction de ce qui la pense (une conscience universelle), plus et au delà de "ceux qui la pensent", c'est à dire la consistance de cette conviction du réel.

Dans sa description, le professeur Moscovici montre comment la consistance d'un groupe minoritaire fait trembler les bases de certitudes de la majorité jusqu'à ce qu'elle soit "contaminée" et commence à intégrer les éléments de valeurs du groupe minoritaire. Mais je dois aller plus en profondeur : est-ce l'individu qui réagit et révolutionne, même sous influence ? Ou est-ce quelque chose qui relève d'une autre dimension ?

Quand je dis que nous sommes une parcelle de l'univers, j'invite à considérer l'univers comme une ruche ou une fourmilière. Ce n'est pas l'abeille ou la fourmi qui constitue l'entité de base. De la même façon, ce n'est pas nous, comme individus, mais la ruche et la fourmilière qui la sont. Donc ne vous considérez pas comme l'individu de base mais comme une parcelle de l'univers. C'est lui qui est l'entité de base. Nous ne sommes, en tant que personne, qu'une cellule de l'univers comme le sont chaque cellules (endogènes et exogènes) de notre corps, comme l'est chaque goutte de l'océan. Nous relevons d'une entité globale qui nous dépasse, une entité transcendante. C'est d'elle et par elle que nous sommes, que nous pensons, agissons et réagissons.

Alors, est-ce bien “nous-mêmes” tels que nous nous concevons qui agissons et interagissons?... À moins qu'il ne s'agisse que de quelque chose d'autre qui nous dépasse et nous transcende ? Je pencherais pour cette seconde hypothèse et que ce soit la conscience universelle, dont nous sommes quelques parcelles. Nous voilà parvenus à la “cause" et donc à la raison pour laquelle nous avons la sensation de la providence qui subvient et répond à nos besoins. Voilà pourquoi nous avons la sensation de l'intuition, et donc de la conscience universelle. Voilà ce qui fait que nous "sentons" ce qui va se passer, que nous ressentons “qui” est cette personne que nous rencontrons pour la première fois. Et si l'égo s'en mêle, nous pouvons certes nous tromper, ou nous abuser nous-même.

Voilà pourquoi nous sentons comment va être cette journée qui commence à peine alors que nous sommes encore dans notre lit. Voilà pourquoi nous avons cette sensation de "réalité vraie", d'une évidence quand une problématique complexe se présente, etc...

Ainsi, avons nous à nous soucier de ce qui se passe, de quand devrons nous agir pour que changent les choses, pour la résolution plutôt que la révolution, savoir ce que nous aurons à faire ? Non, nous avons juste à être conscient de ce qui est et de persévérer dans nos sensations, dans la certitude de ce qui est là et de ce qui va se passer, dans la certitude de nos intuitions profondes, de nos sensations du réel. Elles sont, comme les synchronicités chères à Jung, des fragments venues de l'univers, quelques échos "entre les temps", des messages de la transcendance, l'entité fondamentale dont nous sommes

Toutes ces informations, sensations, intuitions, sont des parcelles de l'univers qui "est aussi nous-même". Ainsi, nous les entendons si nous sommes à notre place, c'est-à-dire à l'écoute du plus profond de nous mêmes, là où se trouvent l'univers et les dieux. Ainsi, la société change tant parce que nous en ressentons l'utilité, ou l'urgence, que parce que nous la vivons et la ressentons. Et ce puisque nous sommes "parcelles de l'univers", là où tout se décide, se choisi, se produit. Nous en sommes !...

Si nous gardons en mémoire que "le tout est dans la partie", comme le propose le Kybalion ou la sagesse bouddhiste et d'autres encore plus anciennes ou actuelles, alors, ce qui se produit dans la conscience individuelle participe à la conscience collective. Ainsi, si je me rends compte de quelque chose de particulier, ceci participe à l'incrémentation de la conscience universelle redistribuée à toutes et à tous, et à plus encore. De même si je m'enferme dans mes croyances, elles seront ma réalité. Paracelse avait écrit : "L'homme est ce qu'il pense et la chose qu'il pense devient réalité."

Penser librement, de manière sincère et indépendante, devient donc une obligation tant éthique et philosophique que pratique. C'est là quelque chose du devoir de chacun. Je pense à la maîtrise de toutes contraintes, comme la peur, susceptibles de modifier notre conscience. Et je pense aussi à la responsabilité de chacun dans la construction de notre réalité partagée. Assurer sa propre protection d'influences perverses ou néfastes devient donc une obligation, voire une nécessité, pour l'humanité, mais aussi un devoir de sagesse incontournable afin de sauver l'interaction entre chaque personne et l'univers. Répétons le : chacun est la parcelle contenant le tout. C'est ainsi qu'adviendra ce monde qui nous occupe, voire nous "préoccupe" et que rendra réel la paix retrouvée de nos âmes.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 17 mars 2026

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