"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Le carburant de notre système sociétal (14 07)

Quel est le carburant sociétal, le carburant de notre système sociétal ? Deux approches distinctes s'offrent à nous. En premier lieu, le sexe et l'argent nourris dans et par le néolibéralisme réputé triomphant. Un néolibéralisme débridé, quand on l'approche ou le “compare” avec la bienveillance et la compassion portés à bout de bras par un humanisme assumé…

Voilà, en l'espèce, et selon l'option prise, tout un projet de société qui sera donc, en termes d'alternative soit néolibéral, soit humaniste. Si, à la vue de cette question nous hésitons encore, ceci nous indique que notre société est déjà en perte de vitesse, de sens, et probablement même, en perdition. En effet, si ce sont des sentiments cupides et égocentrés qui nous dirigent, alors, la réponse est claire !... Nous allons droit dans le mur ! Néanmoins ce peuvent être encore les sentiments de la bienveillance et de la compassion qui nous animent. Cette seconde approche change du tout au tout la dynamique !

Jusqu'alors, j'entends fortement des paroles qui nous précisent que ce sont normalement et habituellement, le primat, et la prédominance d'un certain égocentrisme qui nous animent et légitiment tant nos choix que nos comportements. L'argument vaudrait dans toutes les phases de notre vie ordinaire. Ils nous sont présentés et annoncés comme logiques, et normaux... quand ils ne sont pas qualifiés d’incontournables, ou… de mécaniques ! Les anthropologues nous précisent pourtant que la société néolibérale est très loin d'être majoritaire dans le monde ! En effet, les sociétés dites primitives, [et de type animiste], demeurent les cultures les plus répandues sur le globe. Nous devrions alors avoir tendance à les reconnaître comme normales et naturelles, elles aussi. Mais c’est loin d'être le cas, et nos fantasmes occidentaux prédominent dans notre regard sur le monde !… C'est un peu comme si nos turpitudes étaient tellement fondamentales, qu'elles se transformeraient en un socle de… vérité[s] !

C'est alors que se pose la question de savoir si nous devons laisser ces sensations et ces sentiments nous gérer au quotidien, voire dominer nos vies ? Si nous devons lâcher prise et laisser faire ces pulsions puisqu'elle seraient "naturelles", venues dit-on du "cœur" de nous-mêmes ? Ou bien devrions nous nous "maîtriser" et gouverner nos pulsions comme le catholicisme césariste nous y invite et nous y amène ? 

Ce qui oriente nos acceptions et conceptions, lesquelles nous font socle de vie et de représentations, est la conception que nous avons de l'humain et donc de sa place en société et dans le monde. 

Si la conception égocentrée, individualiste et séparée nous habite, alors la pensée néolibérale s'impose à nous et nous happe. Elle prend toute la place du fondement de notre "vivre ensemble". Si, par contre, notre conception de "nous dans le monde" repose sur "un grand tout" d'identités interdépendantes, alors c'est la pensée animiste qui nous habite comme je l'ai développée dans mon ouvrage "La puissance de la pensée imaginaire" (Bookelis, Paris 2024).

À partir de ces prémices, dans une conception occidentale et néolibérale, ce sont le sexe et l'argent, qui dominent pragmatiquement le monde.

Dans l'autre cas, réputé humaniste et orienté vers la compassion et la bienveillance, nous avons véritablement pris le contre-pied. Ici, ce n'est plus, si je peux dire, qu'une question de choix de représentation, soit un choix déterminant que nous avons à faire en toute lucidité, c'est à dire en toute “compréhension” de ce qui est, et en toute intelligence du cœur. Laissons alors, ici, parler notre intuition profonde...

On pourrait être en droit de se demander si ces orientations relèvent d'une morale ou d'une éthique particulière ou pas. A partir de là, devrait-on se référer à une entité transcendante particulière ? Je vois poindre l'idée d'un dieu unique personnaliste... Mettons nous d'accord sur ce point : les religions du livre en relèvent et l'ont mis en avant, mais chacune est tournée plus sur le développement d'une puissance temporelle de leurs églises que vers l'élévation personnelle du quidam. Je veux dire par là que ces religions ont plus développé leur propre puissance institutionnelle que le chemin vers une sagesse personnelle, via un développement humain, un grandissement de connaissances ou de compétences, voire un développement spirituel personnel (d'où certainement ce rejet global de tout ce qui pourrait se retrouver sous ce vocable de "spirituel").Ainsi le dit développement spirituel personnel, il se retrouve littéralement "hors jeu”, et bien à l'écart.

De fait, deux dimensions se croisent à ce carrefour. La première est celle d'une divinité extérieure, “pilotée” par un collège clérical. C'est ce dernier qui en contrôle et en développe l'accès, le chemin ou la voie. La seconde, est celle d'un divin intérieur dont la seule démarche introspective devient le “moyen”. Et là, pas de troisième voie ! Nous retrouvons bien là en fondement, l'acception des grecs anciens : au fond de soi se trouve l'univers et les dieux.

 

Nous nous trouvons également devant un autre carrefour : celui d'une religion de soumission et d'obéissance, versus une démarche de développement aussi bien sociétal que personnel et spirituel. On retrouve ici la même distinction entre une religion du livre et une philosophie orientale telle que le bouddhisme, le taoïsme, le shintoïsme ou même dans une certaine mesure, le chamanisme…

Nous nous retrouvons alors, en terrain de connaissances, un peu “comme chez nous”, avec l'univers des rebouteux, les faiseurs de miracles et autres coupeurs de feu… Quelques égoïstes indifférents et néolibéraux tentent d'en monnayer l'activité et les effets. Ceci est totalement contre nature, même si, pour notre part, nous avons la gratitude “au bout des doigts”. Dans ce cas là, c'est la personne "soignée" qui offre et fait un don.

La marchandisation du soin de "don" relève de l'escroquerie, par l'appropriation de ce que tout le monde possède en puissance. Il n'y a pas de "don" mais la révélation d'une capacité ou d'une puissance éminemment partagée : on appelle cela le soin guérissant. En effet, si seulement quelques-uns en usent et en témoignent, les soignants, par ce processus, nous répètent que nous sommes potentiellement tous et chacun guérisseurs. Ainsi donc, monnayer ce soin, revient bien à escroquer le patient.

Nul n'est besoin de dire le chemin qui est le mien. C'est celui de l'âme humaine au détour d'un regard, d'un souffle bienveillant, d'une main compassionnelle. J'ai envie de dire que nous sommes en chemin vers ce monde tranquille auquel nous aspirons tellement, tous et chacun. Il n'y a rien à choisir, ni à définir. Il n'y a même aucun chemin tracé à suivre, il nous faut juste être profondément ce que nous sommes : des humains, c'est-à-dire des âmes, des esprits expérimentant “la dimension physique”, comme le proposait naguère, le philosophe jésuite Pierre Teilhard de Chardin.

Avant de conclure, je voudrais simplement rappeler que la réalité n'est bien souvent qu'un reflet de nous-mêmes. Nous prêtons à la nature des comportements anthropomorphiques. Nous disons à propos de réactions que nous constatons dans la nature qu'elles "résistent" ou qu'elles "décident", voire qu'elles "nous disent" quelque chose. Ce ne sont pourtant que quelques réactions logiques de ladite nature. Nous les qualifions même de "naturelles". Alors, soit nous accueillons le fait que la nature est une conscience profonde et nous pouvons alors maintenir ces assertions, soit nous restons dans la conception mécaniste du monde et nous ne pouvons plus les dire.

On peut ainsi affirmer que le carburant de notre système sociétal se situe bien dans notre regard, dans l'idée que nous avons de nous même. C’est donc cette idée que nous projetons sur notre monde. Nous retrouvons là cette posture qui permet que l'on s'accorde avec les autres, nos semblables, plus ou moins bien. Une ultime condition reste nécessaire : que nos représentations nous y “autorisent”... Gageons qu'elles nous donneront la “permission” !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 14 juillet 2026



Le progrès est-il juste conceptuel ? (07 07)

Nous vivons dans une culture qui valorise l'idée de progrès comme s'il était la logique ordinaire de l'état d'être, comme si la logique du réel était celle du devenir, comme si l'avenir aspirait le présent. Elle suppose a priori que l'actuel et le quotidien seraient insuffisants à dire "l'être de réel" et mériteraient un devenir prochain nécessairement réputé meilleur. C'est un peu comme si le progrès s'imposait logiquement de lui-même. Voilà une idée "in-concrète" qui prétend l'être, même à notre insu. Ce concept inonde notre vie ordinaire jusqu'au plus profond de nos dites "réalités".

De fait, ce concept de progrès suis la flèche du temps : l'après serait mieux que l'avant. C'est là, dans cette logique temporelle, que se construit le sens du progrès. Or, nous avons compris que cette orientation "finie", et qui fait sens, n'existe que dans notre regard. Comme nous le confie la philosophie bouddhiste, il n'y a qu'un seul temps : le présent. Toute classification dépend de notre conception du réel. Ainsi nous comprenons que notre notion de progrès est liée à notre conception linéaire du temps. Il n'y a donc pas plus de progrès que de temps multiples et consécutifs. Il n'y a de progrès que dans notre "perception provisoire du temps". De fait, la chaîne temporelle de conséquences n'existe pas !

Il en va comme de l'idée du dedans et du dehors des choses. C'est bien notre représentation du réel qui en traite et dirige nos consciences vers une collection d'objets finis. Il me revient cette remarque alchimique qui professe que "c'est le même auteur qui a confectionné l'intérieur et l'extérieur de la coupe". Ainsi, les concepts naissent et vivent dans l'esprit, dans la construction de la réalité, et non pas dans le monde ni dans la matière. Ils sont des éléments immatériels de notre construction de la réalité. 

La simple idée de remonter dans le temps, ou inversement, repose sur une conception absolument linéaire et matérielle du temps. C'est de cette façon que l'avant se distingue de l'après et que chacun d'eux dispose des mêmes caractéristiques d'un objet. Et pourtant, ce n'est pas le cas : ce ne sont que des concepts, des idées. Pourtant bien des mythes qui reposent sur cette illusion occupent nos réalités. En l'espèce le progrès subit les mêmes outrages du temps...

Aussi, de cette même manière, l'IA est présentée comme un progrès, même si certaines variables la déterminent comme régressive. Ainsi, l'idée de progrès implique une référence de sens et de valeur fléchant l'actuel vers un "autrement mieux". De fait, la question se résume de la façon suivante : en quoi le futur existe-t-il et en quoi sera-t-il meilleur ? Quelles conséquences serions nous en droit d'attendre de cet hypothétique mieux, dit progrès ? De quels bienfaits devrait-il nous combler ? Voilà autant de questions qui relativisent cette notion là. Ce référentiel de progrès est dont totalement subjectif et quelque culture que ce soit le remettra nécessairement en cause. 

Si la notion de référence au progrès est le gain, le pouvoir, l'humanisme, la bienveillance, la beauté ou l'émotion, alors la nature du dit progrès sera bien différente selon chacune de ces variables de référence. Et son constat, sa lecture, sa réalité le seront également. En fait, tout dépend de l'observateur et de ses critères. Il n'y a donc pas de notion de progrès sans une référence à au moins une valeur ou à un mythe qu'incarnent parfois quelques légendes. Au delà, l'idée de progrès tombe par manque d'objet et de chemin d'ordre...

Ce sont donc les notions de temps et de références normatives qui font qu'il y a progrès ou pas, que la notion même existe ou non. La gestion de la question de progrès ne relève pas d'une logique mathématique. Elle est juste imaginaire et symbolique. Comme dans bien des problématiques de notre réalité, elle dépend entièrement de nos représentations.

Si la science tend à tout expliquer, elle ne répond à aucune des questions essentielles de sens. Comme : que faisons nous ici bas ? Qui sommes nous ? Pourquoi sommes-nous là ? Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce que dieu ? Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce qu'un miracle ? Quel est le principe des coupeurs de feu et des faiseurs de secrets ? Pourquoi aimer ? Qu'est-ce que le réel ? L'esprit a-t-il un impact sur la matière ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ? Qu'est-ce que la vérité ? Qu'est-ce que la propriété, et selon quels critères ? Quelles sont les variables de la réalité ? Celle-ci se résout elle dans les mathématiques ? Etc. Etc... 

Ainsi, la quête de sens oblige et permet une reconstruction du réel en réalité, et ce jusqu'à l'inventer et inventer les lois qui la régissent. Ainsi, comme l'écrivait le psychosociologue Serge Moscovici, "les lois de la nature sont celles que la culture lui trouve".

Gardons en mémoire que l'humain a besoin de rituels qui lui permettent de se regrouper en assemblée accueillante, donnant du sens à chacun en tant qu'être, mais aussi dans sa vie et dans son environnement. L'humain a besoin de sens et de reconnaissance, d'appartenance, d'identité, bref de concepts avec des limites qui restent à franchir ou pas. C'est ce que lui proposent les religions, les partis politiques et les clubs de tous ordres. Comme le disait Joshua selon Frédéric Lenoir, "rites et religions sont des moyens, pas une fin". 

A la différence du conservatisme, le "déjà là" est le socle de vérité, et donc l'ordre du progrès. Ainsi, pour les conservateurs, le passé montre le sacré et le vrai. Il contient la référence. Pour lui, il faut y revenir et le perpétuer parce qu'il est la vérité, la référence. La tradition est la preuve du vrai et nous n'avons pas fini de le réfléchir... Tandis que pour les progressistes la logique d'un après meilleur s'installe comme définitive, voire universelle. Ainsi, l'idée de progrès se présente-t-elle systématiquement comme simplement conceptuelle et incontournable. Nos réalités ne sont jamais que ce que nous avons dans la tête et nous ne sommes pas encore prêt d'en sortir. Dont acte !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 7 juillet 2026

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La part du saint mensonge (30 06)

Les politiques actuelles nous mentent. Le plus souvent, elles détournent notre attention dans des affabulations, des tromperies ou des mystifications aussi perverses que abusives. Ceux qui les dévoilent sont combattus, remis en cause, quand ils ne sont pas qualifiés sous des vocables pervers, par exemple, de satanistes ou de complotistes. Cela varie selon les époques et les pouvoirs… Un “pouvoir” qui est toujours captif, et réservé à quelques élites ! Ce sont elles qui détruisent tout ce qui les empêche de passer, de se propager, de se nourrir, quand ce n'est pas de se gaver, sans que jamais l'un n'exclue l'autre !

Au Moyen Âge, les filles étaient très tôt mises dans les couvents congrégationnels. On peut citer celui des Augustins à Aix-en-Provence et Toulouse, ou celui des Cordeliers à Angers, Dinan ou Dole. On peut encore citer celle des Carmes de Nantes, ou les sœurs noires de Louvain. Là, dès l'âge de quinze ans, voire plus tôt encore, ces très jeunes moniales étaient consacrées à la dévotion et aux turpitudes de quelques confesseurs, jardiniers ou médecins. Elles tombaient enceintes par l'intervention dite du saint esprit. [sic]. À partir de là, elles pouvaient être considérées soit, comme les petites sœurs de la vierge marie, à moins qu'elles ne soient considérées sous la coupe de Satan. Le choix de cette alternative dépendait de la conjoncture, et des intérêts réputés supérieurs. Mais à aucun moment, les mâles responsables ne se trouvaient inquiétés. Je repense à ces épisodes où les victimes étaient accablées par tous les péchés du monde, détournant ainsi les consciences de leurs propres culpabilités. Le satanisme pouvait être considéré comme le complotisme de l'époque.

Ces gamines étaient les objets du désir des mâles installés du bon côté de la "réalité sociale". N'imaginez pas que la conscience des demoiselles fût affutée pour discerner les vraies causes et conséquences de ce qu'elles vivaient. L'inconscience du réel, cette distance qui les séparait du "vrai" était comblée par les récits officiels. Ceux-ci réorganisaient la réalité et remettaient “tout”, à la “bonne” place : celle qui arrangeait bien sûr, les “pouvoirs” en place !

Regardez le monde politique actuel, et vous retrouverez le même système en tout aussi pervers. Le temps passe et les pratiques du monde restent les mêmes.

Le "pourquoi cela" reste relever d'une sombre logique d'intérêts où les attraits du pouvoir, des biens et d'un hédonisme sexuel sont biens présents. Mais le comment, aussi pervers soit-il, ou certainement à cause de cette caractéristique, demeure difficile à comprendre a priori. Mais il n'y a pourtant rien de complexe la dessous. Il s'agit simplement d'une part de mensonge cultivé et important, adossé à quelque chose de bien plus profond et il me semble que c'est de là que surgissent l'horreur et la perversion.

Edward Bernays, ce neveu américain de Freud, a nettement décrit les méthodes et phénomènes de construction du consentement. Il s'agit simplement de traduire les faits dans une “moraline” compatible avec la réalité sociale de la cible. Pour ce faire, on s'appuie sur les peurs et les envies populaires, quitte à les inventer ou à les provoquer. Dès lors, les gens adhèrent le plus souvent par peur ou alors par l'illusion d'un profit prochain, immatériel ou non. C'est aussi là que le mensonge s'installe... Mais si Bernays use du “commerce des âmes”, il y a autre chose derrière cela.

L'ouverture de la porte de la conscience constitue le cœur de l'appareil. C'est justement là où l'intuition arrive et nous parle, là où les émotions nous découvrent le paysage de l'univers, de la réalité humaine, de la conscience universelle, du vrai, du bon et du beau. Ce ne sont pas les mots et les concepts qui nous disent le réel mais les images dont nous résonnons et qui nous viennent du cœur, les sensations et les sentiments que nous recueillons au fond des choses. Il s'agit donc moins de rationaliser que de ressentir. Voilà le début du chemin : moins "mentaliser" et plus ressentir et s'y attarder tranquillement, savourer ce moment de gratitude et de paix.

Socialement, en cette fin de "post-modernité", nous avons une conception mécaniste du monde. On la retrouve dans notre construction de la réalité, qu'elle soit sociale ou personnelle. Nous “traduisons”, en effet ce que nous ressentons en phénomènes matériels, en hormones causales, en conséquences de forces et de facteurs physiques ou chimiques. C'est ce à quoi s'adonnent les orateurs sur la toile, avec leurs discours, même venus de faux prophètes dits spiritualistes.

Dès lors, nous ne voyons pas ou plus, ce que nous avons sous les yeux ou ce qui nous est donné,... mais la force de nos pensées, de notre imagination, de nos sensations, de nos réalités spirituelles... C'est ici la puissance de la pensée imaginaire, constituée des images qui nous traversent et que nous traversons. Il s'agit donc de les laisser vagabonder en suivant l'intuition que nous livre nos sensations. C'est bien là qu'est le concret du chemin.

Mais alors, si je n'ai pas conscience de ce que le monde construit autour de moi, alors je serai comme ces jeunes filles abusées dans les couvents du moyen âge, croyant les discours officiels imposés, servis de prêt. 0 l'inverse de St Thomas, je ne verrai donc que ce que je crois. Le mensonge des autorités n'a pour seul dessein, que de satisfaire ceux qui le prodiguent, le possèdent et en abusent. Seuls leurs intérêts, réputés secrets seront honorés sans que les victimes ne trouvent aucune raison profonde, et surtout… rien à y redire. Le rôle de "victimes coupables" leur tend les bras. Ce n'est pas exactement le “rôle“ auquel j'aspire !...

Jean-Marc SAURET
Le mardi 30 juin 2026

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Du christianisme à l'hédonisme (23 06)

Il m’apparaît aujourd'hui l'urgente nécessité de passer du culte paulinien de la souffrance rédemptrice (on se demande de quoi, d'ailleurs), fondement du christianisme catholique, à la louange et célébration du beau, du bien et du bon tellement grec, et ce par l'heureux plaisir des sens partagés. Voilà toute une religion nouvelle qui devrait réjouir et inspirer les aspirations au bonheur des pratiquants du plaisir et du bien-être hédoniste paradisiaque sans attendre l'au-delà.

Je ne reviendrai pas sur les origines pauliniennes du christianisme catholique et romain. Je renvoie à mes articles qui l'ont déjà suffisamment développé. Retenons juste aujourd'hui que cette religion de la rédemption d'un péché originel (ou pas) se fonderait dans la culpabilité, la soumission absolue, le sacrifice et la souffrance dans la verticalité des intermédiaires au sein d'une église qui a oublié ce qui l'a fondée : l'amour du prochain et l'autonomie de chacun par le libre arbitre, la notion de temple intérieur et l'adhésion volontaire. Dont acte...

Aujourd'hui, outre une spiritualité aux accents orientaux, émerge, dans notre espace sociétal un ''carpe diem'' hédoniste en contradiction du néolibéralisme. Ce n'est pas encore une religion de rassemblement et de culte mais celui-ci s'immisce dans des espaces interculturels.

A se promener sur la toile, comme plus spécifiquement sur des serveurs dédiés aux récits par l'image et les vidéos, apparaissent ces invitations à partager des sensations émotionnelles, voire sensuelles et luxurieuses, comme réponses à un monde trop dur et par trop tristement déterminé.

Ce n'est pas encore une réponse sociétale à cette chute du néolibéralisme, mais cette émergence semble la précéder comme une autre manière d'user du solipsisme néolibéral. Pleine de douceurs et de sensualité, de plaisirs de nos sens et de sensations émotionnelles, cette émergence préfigure ce que pourrait être ce "temps d'après" la postmodernité qu'évoquait la psychosociologue canadienne Hélène Richard.

L'hédonisme répond à ce désir profond d'avoir la sensation d'exister. Il est comme une réconciliation avec soi-même, comme si émergeait à cette occasion quelques révélations profonde de ce qu'en fait chaque personne serait. Ce peuvent être des parcelles identitaires de l'ordre du désir, des intérêts, voire d'orientations sexuelles ou de genre. Il ne se trouve que le contact et l'accueil par des groupes constitués sur cette appartenance singulière (sensation d'être autre ou différent) pour accompagner ce sentiment profond de découverte de "parcelles de soi".

La "sensation d'être" occulte à dessein l'évidence matérielle tant du sociétal que du naturel. Ainsi, sont prises en compte, autant que remises en causes, les variables de genre que la personne pourrait alors "choisir" pour elle même, comme on choisi d'adhérer à un parti, à un club sportif, culturel ou politique. La réalité n'est plus un fond ce qui s'impose à nous, mais un "état" à remettre en cause.

Ainsi, la révélation d'être passe par ces deux processus : l'un de sensations et de sentiments profond, et l'autre de liens avec certains groupes sociaux singuliers. Ce sont là deux caractéristiques de l'adhésion, qu'il s'agisse de groupes religieux, politiques, identitaires ou culturels, voire de pratiques. Ce sont ces deux mêmes champs qui "font" notre réalité : l'ambiant et le reliant comme les a défini le sociologue humaniste Marcel Bolle de Bal.

Je repense à cette confession sur la toile d'une personne se découvrant une homosexualité suite à un jeu avec sa meilleure amie. Ce n'est qu'un exemple et je me suis enquis de voir si ce type d'aventure se répétait. Et les témoignages s'accumulant se répètent. Les algorithmes m'ont ainsi renvoyé à plusieurs autres récits.

Dès lors, si le phénomène est pluriel, il est à comprendre qu'il n'est pas réservé à un même type d'aventure ni à un même type d'expérimentateur, ce dont semble témoigner la toile.

Alors, comme naissent les phénomènes sociaux et comme ils disparaissent, il reste à penser que se développerait en sourdine une communion de comportements. Cela semble comme une réponse à des vides identitaires ou à des quêtes d'explication sur des sensations personnelles, voire intimes. Ainsi la réalité personnelle de vécus singuliers, aperçus communs ou partagés, semblent constituer une base de partage social suffisante, comme les groupes LGBT peuvent le faire et comme l'ont fait des groupes politiques ou religieux, voire comme pourraient le faire des groupes de pratiques, transgresseurs ou pas...

Ainsi, il me semble voir émerger un hédonisme comme phénomène de consolation, à connotation identitaire, partagé entre praticiens avides de trouver un monde bienveillant, aimant et reconnaissant. Dès lors qu'il se partage et se pratique en commun, ce phénomène ressemble à des célébrations, même s'il s'agissait plutôt d'actes de "reliance" (comme l'indiquait encore le sociologue belge Marcel Bolle de Bal) en guise de célébrations d'un carpe diem.

Cette émergence apparaît alors comme une évidence événementielle, d'un jouir et jouer à l'excès. Il s'agit alors de tendre à se construire, dans l'inconséquence le plus totale, une vie toute entière vouée au plaisir des sens dans tout le corps et à l’évitement absolu de son déplaisir, et ce en l'absence totale de calcul de raison, soit de réflexion rationnelle.  Mais ceci n'enlève rien de la réalité légitime et naturelle de recherche de plaisir et de jouissance dans l'expérience de la vie de chacun.

Aussi, en l'absence de juge et de jugement quelconque, divin, moral, raisonnable ou autre, de quelque source que ce soit, il n'est plus question d'une quelconque notion de “raison”. Celle-ci devient dès lors inutile et injustifiée pour conduire nos vies puisque le seul objet de celles-ci ne serait que jouir et célébrer ça. Ce serait là l'aboutissement adulte de comportements infantiles "in-régis" et inconséquents : une nouvelle religion hédoniste. Ce serait alors peut être pourquoi se développent des comportements d'éblouissement du soi par l'ultra consommation d'images, de sons et de sensations diverses qu'offrent notamment les écrans dans une agitation, désordonnée mais puissante, vers l'étourdissement... Il serait peut être temps de reprendre la main.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 23 juin 2026

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Le système de la communauté des ultra riches (16 06)

Ce que nous enseigne aussi l'affaire Epstein, selon les analyses et projections de l'anthropologue Jean Dominique Michel *, ce n'est pas seulement la perversion d'une élite, mais nous voilà en présence d'un système tentaculaire particulièrement fermé et pervers. Il s'agit d'un véritable système de pouvoir. On le retrouve fondé sur un modèle de d'appartenance, s’apparentant à un bizutage”. Il se termine par une sorte d’adoubement et de soumission, en passant par l'horreur. On retrouve à partir de là, un syndrome de décadence. En écrivant cet article fin février 2026, je pense à nombre de bizutages développés dans les assemblées occidentales, et plutôt même, anglo-saxonnes.

Je fais référence, notamment à ce bizutage pratiqué dans nombre de communautés des Hells Angels. Le postulant, vêtu de son gilet à l'effigie du clan qu'il gardera sur lui toute sa vie durant, se laisse uriner dessus par tous les autres membres du clan. Il ne devra jamais laver celui-ci et le portera jusqu'à la mort. Je repense aussi à cette pratique plus douteuse du meurtre obligé, et commandé par le clan afin que le postulant prouve sa détermination, et donc son obéissance absolue. À partir de là, il apporte ainsi la preuve indélébile du fait "qu'il en est".

On sait combien ce type d'initiation est prisé dans les grandes écoles. On sait combien le plus difficile est d'entrer dans ces communautés dont la "sortie" se fait à l'aune d'un diplôme pas toujours acquis sur la valeur du candidat... C'est l'entrée dans le cercle qui est difficile, contraignante, exigeante, mais dont on ne sort jamais. On ne quitte pas ce type de groupe d'élites sinon à ses risques et périls. C'est certainement là le dommage le plus significatif dans nos sociétés d'élites modernes (Je les évoquerai plus loin).

Au cours de ces initiations, l'impétrant doit faire preuve de sa soumission au clan et à ses règles. Les "épreuves" l'invitent à dépasser ses sentiments et dégouts physiques, pour "renaître" dans la communauté à travers l'humiliation, la dégradation et la connivence. Mais ce qui caractérise aussi ce type de bizutage dans certains groupes sociaux, se caractérise par la transgression obligée. On retrouve ce phénomène dans certains groupes ultra violents. Ces transgressions obligent alors le sujet.

Ce que nous indique cette sombre affaire Epstein c’est ce système d'adoubement, dans la communauté des dirigeants promus et protégés par les groupes de type "Youngs leaders" de "Davos", ou le club de conférences dit de "Bilderberg". Ce que quelques enquêtes et autres témoignages nous révèlent sur le système Epstein est bien la soumission à une "mystique" sataniste avec toutes les transgressions "enfermantes" mises en œuvre.

Ces transgressions sont autant des pratiques de soumission que des pactes qui "tiennent" les protagonistes dans la soumission, et l'appartenance par des liens de corruption. Nul ne peut s'en départir.

D'autres questions apparaissent à partir de ces prémices : le transhumanisme, les sacrifices satanistes, les thérapies géniques, l'épigénétique, etc... Je suis tombé sur le livre de Christian Combaz "à l'endroit", un essai sur le sens de l'évolution de notre société occidentale. Le texte est prenant et interpellant : notre société illibéraletombe de charybde en scylla, par la propre déchéance de ses membres, notamment gouvernants et responsables influents. C'est bien là le "nœud" profond de ces groupes dominants.

Ne cherchons pas de raisons logiques à ces constructions sociétales. Il n'y a rien d'autre que de tribal, jusque dans les rites de passages et d'appartenance. Tout ce que nous ont décrits en la matière les ethnologues et anthropologues s'y retrouve. Mais on peut aller bien plus loin comme nous le raconte l'ethno-anthropologue suisse Jean-Dominique Michel dans un propos en vidéo dont le lien est suivant ci-dessous ** . Savourez bien et partagez, ce momentédifiant !

* https://youtu.be/OAOWLJnIsgg?si=aB2m1I3S7tUtqzQ4

** https://youtu.be/DS9SDatrY5U?si=4ZGXSJJNzDSLamW4

Jean-Marc SAURET
Le mardi 16 juin 2026  

Le rationalisme s'oppose au réel (09 06)

Après le christianisme triomphant, qui nous a conduit vers l'humanisme de la modernité, la rationalité qui épouse et façonne le siècle des lumières, nous emporte à aspirer à une spiritualité globalisante. En effet, la dite rationalité nous a conféré un regard singulier sur le monde, nous inventant dans une nouvelle réalité provisoire. Pour exister efficacement, la rationalité a "dégroupé" le réel en parcelles individuelles. Dès lors, parce que le réel est devenu une multitude d'objets distincts, la rationalité peut les comparer, les différencier, les associer, les dissocier, les mesurer, les peser, etc. Dès lors, ce qui se mesure existe, et ce qui ne se mesure pas n'existe pas. Il s'agit d'un matérialisme pur et dur.

Ainsi, la rationalité, si elle nous permet la mathématique du monde, elle nous en sépare. Elle conditionne le réel pour qu'il puisse être mesuré, car c'est là la finalité : s'il est mesurable il peut exister. Malheureusement, le monde des objets n'est pas le réel. Il s'agit d'un grand tout global et intuitif, pas d'une collection d'objets. Celle-ci n'existe que dans notre perception mécaniste "rationalisante". 

En effet, Max Weber introduit la notion de "rationalité instrumentale", cet ajustement des moyens à une fin recherchée. Il illustre pleinement ce processus "d'objectisation" par lequel peut exister, et être pleinement considérée, une réalité mesurable qui ne l'était pas jusque là. 

C'est bien parce que la réalité est celle d'un récipiendaire depuis ses croyances et ses paradigmes que la nouvelle réalité ne peut être universelle et globale. Chacun en fait ce sur quoi il l'accroche et l'ancre. Ceci nous renvoie au fait qu'il n'y a pas de réalité vraie ou juste, que toute réalité est relative à l'environnement culturel et expérienciel de celui qui l'observe. A l'instar de la physique quantique, l'observateur détermine la réalité qu'il "constate", voire juste ce qu'il observe et pense comprendre de la réalité.

Le rationalisme installe un paradigme d'observation, et donne un contexte aux événements observés et que l'on croit "constatés". Notre capacité "d'objectisation" ne donne pas une vérité qui sauterait aux yeux, mais une réalité orientée par ce "pour être mesurée". 

Ce que Lacan nommait le réel est un quelque chose au delà de la réalité, un "à attraper" non encore projeté ni constaté. On sait qu'il est "là" mais on ne sait pas encore ce qu'il est, ni quoi ni comment... Or, si le rationalisme oriente la lecture du réel, il s'y oppose dans son déterminisme.

Ainsi un concept, parce qu'il est délimité par son "dedans" et son extérieur, indique de ce fait dans un "au delà" du mot, un réel à attraper. Mais il n'existera jamais pour nous en l'état. Et si ce réel est attrapé alors il sera une morsure du mot dans ce réel et jamais le réel dans son entièreté, ... de fait essentiellement insaisissable.

Le paradigme qui détermine le regard de l'observateur est d'une culture, d'une conscience et d'un point de vue. Et donc l'objet qu'il s'en dégagera dans notre observation sera dépendant de ce paradigme, et lui "appartiendra"; en quelque sorte.

Ainsi, le rationalisme, qui ouvre la démarche scientifique et la permet, est dans l'incapacité de donner à voir un "réel absolu", du "vrai" ; juste l'illusion du réel, voire juste quelques sensations qui y font penser, juste le suspecter. 

Dans ce vide de sens, dans cet indéterminé, dans cette remise en cause des repères, on comprend aisément le désir d'absolu qui traverse la société entière, voire les sociétés actuelles. Cette quête d'absolu invite à reconsidérer le réel et toutes réalités. Et si ce réel relevais plus de la sensation que de ses reconstructions ou conclusions ? Alors, tout serait remis à plat et le rationalisme tant loué n'apparaitrait, au regard de ses caractéristiques déconstruites, que comme une culture de plus. Dont acte...

Il me revient un moment d'affrontement que m'opposait une personne dans une rencontre associative. Je comprenais bien que cette personne voulait me provoquer et ensuite me confronter à mes affirmations. Mais je ne souhaitais pas entrer dans son combat. C'était le sien, pas le mien. Je ne répondais pas à son agressivité. Je la lui laissait et lui abandonnais aussi ses jugements, ses assertions et ses phrases ciblées. Je restait sur mes valeurs d'humanité et de respect et continuais à affirmer ce qui était le centre de mon attention.

Ses accusations tournaient en rond, ses affirmations ne trouvaient plus d'ancrages. Je réalisais qu'il était important qu'en pareille situation de rester centré sur ce qui était important pour moi, mes valeurs d'humanité et de respect de l'autre. Je restais là dessus. L'autre s'épuisa à relancer et la petite assistance qui nous entourait commença à se lasser de lui et de son propos, de sa posture agressive devenue à leurs yeux intolérante et irrespectueuse.

Je ne dis pas que j'avais gagné. Je compris juste que je n'étais pas tombé dans le piège de sa rhétorique. Je n'avais pas accepté le combat car pour moi il n'y en avait pas. Je n'avais pas joué dans sa cours et donc je l'avais accueilli dans la mienne où il n'y avait rien à défendre, même si sa posture restait la même. L'affrontement n'a donc pas eut lieu... Je découvrais alors ce qu'on pouvait nommer "l'en paix" de nos relations. il n'y a pas plus de réalité que notre intention. Dont acte... et c'est bien pour cela que l'on peut dire que le rationalisme s'oppose par nature au réel.

Jean-Marc SAURET
Le mardi 9 juin 2026

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