"Ce n'est ni le monde ni ce que nous y sommes ou y faisons qui nous font peur, mais l'idée que l'on s'en fait, car la vision guide nos pas. Sur cela, nous avons la main et c'est là toute la puissance de notre pensée ! " Après avoir durant des années posté ici réflexions et conseils sur le management des organisations, je livre aujourd'hui une vision de la réalité, au plus profond de soi même sur l'être et l'univers. Profitez ! Si vous êtes désireux d'accomplissement personnel, ce blog est pour vous. Fouillez dans ces plus de 500 articles ! Commentez ! Partagez ! Si ces contenus vous intéressent, le droit de copie, même partiel, est sous Licence Creative Commons : à l'expresse condition d'en indiquer chaque fois la source et de ne pas en faire commerce, chacun est donc libre de les reproduire, de les citer comme il le souhaite.

Le carburant de notre système sociétal (14 07)

Quel est le carburant sociétal, le carburant de notre système sociétal ? Deux approches distinctes s'offrent à nous. En premier lieu, le sexe et l'argent nourris dans et par le néolibéralisme réputé triomphant. Un néolibéralisme débridé, quand on l'approche ou le “compare” avec la bienveillance et la compassion portés à bout de bras par un humanisme assumé…

Voilà, en l'espèce, et selon l'option prise, tout un projet de société qui sera donc, en termes d'alternative soit néolibéral, soit humaniste. Si, à la vue de cette question nous hésitons encore, ceci nous indique que notre société est déjà en perte de vitesse, de sens, et probablement même, en perdition. En effet, si ce sont des sentiments cupides et égocentrés qui nous dirigent, alors, la réponse est claire !... Nous allons droit dans le mur ! Néanmoins ce peuvent être encore les sentiments de la bienveillance et de la compassion qui nous animent. Cette seconde approche change du tout au tout la dynamique !

Jusqu'alors, j'entends fortement des paroles qui nous précisent que ce sont normalement et habituellement, le primat, et la prédominance d'un certain égocentrisme qui nous animent et légitiment tant nos choix que nos comportements. L'argument vaudrait dans toutes les phases de notre vie ordinaire. Ils nous sont présentés et annoncés comme logiques, et normaux... quand ils ne sont pas qualifiés d’incontournables, ou… de mécaniques ! Les anthropologues nous précisent pourtant que la société néolibérale est très loin d'être majoritaire dans le monde ! En effet, les sociétés dites primitives, [et de type animiste], demeurent les cultures les plus répandues sur le globe. Nous devrions alors avoir tendance à les reconnaître comme normales et naturelles, elles aussi. Mais c’est loin d'être le cas, et nos fantasmes occidentaux prédominent dans notre regard sur le monde !… C'est un peu comme si nos turpitudes étaient tellement fondamentales, qu'elles se transformeraient en un socle de… vérité[s] !

C'est alors que se pose la question de savoir si nous devons laisser ces sensations et ces sentiments nous gérer au quotidien, voire dominer nos vies ? Si nous devons lâcher prise et laisser faire ces pulsions puisqu'elle seraient "naturelles", venues dit-on du "cœur" de nous-mêmes ? Ou bien devrions nous nous "maîtriser" et gouverner nos pulsions comme le catholicisme césariste nous y invite et nous y amène ? 

Ce qui oriente nos acceptions et conceptions, lesquelles nous font socle de vie et de représentations, est la conception que nous avons de l'humain et donc de sa place en société et dans le monde. 

Si la conception égocentrée, individualiste et séparée nous habite, alors la pensée néolibérale s'impose à nous et nous happe. Elle prend toute la place du fondement de notre "vivre ensemble". Si, par contre, notre conception de "nous dans le monde" repose sur "un grand tout" d'identités interdépendantes, alors c'est la pensée animiste qui nous habite comme je l'ai développée dans mon ouvrage "La puissance de la pensée imaginaire" (Bookelis, Paris 2024).

À partir de ces prémices, dans une conception occidentale et néolibérale, ce sont le sexe et l'argent, qui dominent pragmatiquement le monde.

Dans l'autre cas, réputé humaniste et orienté vers la compassion et la bienveillance, nous avons véritablement pris le contre-pied. Ici, ce n'est plus, si je peux dire, qu'une question de choix de représentation, soit un choix déterminant que nous avons à faire en toute lucidité, c'est à dire en toute “compréhension” de ce qui est, et en toute intelligence du cœur. Laissons alors, ici, parler notre intuition profonde...

On pourrait être en droit de se demander si ces orientations relèvent d'une morale ou d'une éthique particulière ou pas. A partir de là, devrait-on se référer à une entité transcendante particulière ? Je vois poindre l'idée d'un dieu unique personnaliste... Mettons nous d'accord sur ce point : les religions du livre en relèvent et l'ont mis en avant, mais chacune est tournée plus sur le développement d'une puissance temporelle de leurs églises que vers l'élévation personnelle du quidam. Je veux dire par là que ces religions ont plus développé leur propre puissance institutionnelle que le chemin vers une sagesse personnelle, via un développement humain, un grandissement de connaissances ou de compétences, voire un développement spirituel personnel (d'où certainement ce rejet global de tout ce qui pourrait se retrouver sous ce vocable de "spirituel").Ainsi le dit développement spirituel personnel, il se retrouve littéralement "hors jeu”, et bien à l'écart.

De fait, deux dimensions se croisent à ce carrefour. La première est celle d'une divinité extérieure, “pilotée” par un collège clérical. C'est ce dernier qui en contrôle et en développe l'accès, le chemin ou la voie. La seconde, est celle d'un divin intérieur dont la seule démarche introspective devient le “moyen”. Et là, pas de troisième voie ! Nous retrouvons bien là en fondement, l'acception des grecs anciens : au fond de soi se trouve l'univers et les dieux.

 

Nous nous trouvons également devant un autre carrefour : celui d'une religion de soumission et d'obéissance, versus une démarche de développement aussi bien sociétal que personnel et spirituel. On retrouve ici la même distinction entre une religion du livre et une philosophie orientale telle que le bouddhisme, le taoïsme, le shintoïsme ou même dans une certaine mesure, le chamanisme…

Nous nous retrouvons alors, en terrain de connaissances, un peu “comme chez nous”, avec l'univers des rebouteux, les faiseurs de miracles et autres coupeurs de feu… Quelques égoïstes indifférents et néolibéraux tentent d'en monnayer l'activité et les effets. Ceci est totalement contre nature, même si, pour notre part, nous avons la gratitude “au bout des doigts”. Dans ce cas là, c'est la personne "soignée" qui offre et fait un don.

La marchandisation du soin de "don" relève de l'escroquerie, par l'appropriation de ce que tout le monde possède en puissance. Il n'y a pas de "don" mais la révélation d'une capacité ou d'une puissance éminemment partagée : on appelle cela le soin guérissant. En effet, si seulement quelques-uns en usent et en témoignent, les soignants, par ce processus, nous répètent que nous sommes potentiellement tous et chacun guérisseurs. Ainsi donc, monnayer ce soin, revient bien à escroquer le patient.

Nul n'est besoin de dire le chemin qui est le mien. C'est celui de l'âme humaine au détour d'un regard, d'un souffle bienveillant, d'une main compassionnelle. J'ai envie de dire que nous sommes en chemin vers ce monde tranquille auquel nous aspirons tellement, tous et chacun. Il n'y a rien à choisir, ni à définir. Il n'y a même aucun chemin tracé à suivre, il nous faut juste être profondément ce que nous sommes : des humains, c'est-à-dire des âmes, des esprits expérimentant “la dimension physique”, comme le proposait naguère, le philosophe jésuite Pierre Teilhard de Chardin.

Avant de conclure, je voudrais simplement rappeler que la réalité n'est bien souvent qu'un reflet de nous-mêmes. Nous prêtons à la nature des comportements anthropomorphiques. Nous disons à propos de réactions que nous constatons dans la nature qu'elles "résistent" ou qu'elles "décident", voire qu'elles "nous disent" quelque chose. Ce ne sont pourtant que quelques réactions logiques de ladite nature. Nous les qualifions même de "naturelles". Alors, soit nous accueillons le fait que la nature est une conscience profonde et nous pouvons alors maintenir ces assertions, soit nous restons dans la conception mécaniste du monde et nous ne pouvons plus les dire.

On peut ainsi affirmer que le carburant de notre système sociétal se situe bien dans notre regard, dans l'idée que nous avons de nous même. C’est donc cette idée que nous projetons sur notre monde. Nous retrouvons là cette posture qui permet que l'on s'accorde avec les autres, nos semblables, plus ou moins bien. Une ultime condition reste nécessaire : que nos représentations nous y “autorisent”... Gageons qu'elles nous donneront la “permission” !

Jean-Marc SAURET
Le mardi 14 juillet 2026



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