samedi 28 septembre 2013

Une stratégie du bonheur

Les organisations cherchent l’efficience dans leurs démarches, leurs procédures de mises en œuvre, et plus globalement dans leur dynamique collective. Il est des dirigeants qui tentent parfois de répondre à cet objectif par une posture d’injonction, quelque peu maladroite, de type « Faites ceci et cela ! ». L’effet en est pervers. Les collaborateurs se replient sur leurs tâches ordinaires, attendant que le vent passe…
Ceci me rappelle cette entrevue entre trois amis. L’un annonce sa promotion de Directeur. Un autre, consultant de son état, lâche par boutade « Tu n’aurais pas besoin d’un coaching, par hasard ? ». Le troisième, coach professionnel, marqua d’un rire : « Hé bien, voilà de gros sabots qui viennent d’exploser la proposition que j’allais faire… ». C’était, de la part du second, techniquement parlant, la pire démarche. Sa question, d’une part négative, induit l’incompétence du premier et son incapacité à s’en sortir tout seul, chose dont on ne sait évidemment rien. Caricature d’injonctions managériales souvent entendues, les trois amis en rirent.
En effet, alors que nous voudrions insuffler de l’envie, du désir, de l’action, les propos managériaux sont parfois maladroits et contraires. Il est vrai qu'ils sont, de fait, le reflet de nos pensées. Comme nous l’évoquions dans un précédent article, ce que je pense dirige mes pas et mes comportements, et aussi invite mécaniquement, insidieusement, l’interlocuteur à s’y conformer.


Et si nous introduisions plutôt du bonheur, du rire, de la bonne humeur ? C’est ce que nous pourrions appeler : développer une stratégie du bonheur. Si mes pensées sont positives et heureuses, mes propos le seront aussi. Ils donneront immanquablement envie à nos interlocuteurs.
Bien sûr, si ceci est facile à dire, cela peut sembler provenir du monde des "Bisounours"®. Sincèrement, je ne le pense pas. Il y a une réelle méthodologie de la stratégie du bonheur. Mais posons le cadre.
Si mon interlocuteur est accueilli avec bonheur et reconnaissance, il a envie de participer, d’en avoir sa part. Pour donner du bonheur, il faut en avoir. Pour en avoir, il nous faut en construire. Et là, comment fait on ?...
Nous connaissons tous la méthode Coué et ses limites. Mais nous savons aussi l’étroite relation qu’il y a entre l’action et la pensée : je suis ce que je pense et je pense ce que je suis. Le consultant et psychologue américain, Shawn ACHOR, indique que la pratique d’actes heureux « programme » notre cerveau à des pensées heureuse, donc à aborder le quotidien d’un point de vu heureux et positif. Toutes les décisions et actions s’en ressentent. Il invite donc ses interlocuteurs à pratiquer la félicitation, l’humour et la chaleur humaine. Il en est, en fait, un grand praticien et ses conférences sont jalonnées de rires du public.


Ainsi on s’aperçoit que, réciproquement, si ma pensée guide mes actions, mes actions façonnent également ma pensée. C'est la raison pour laquelle Shawn ACHOR invite ses auditeurs à poser d’entrée, chaque jour, trois actions positives. Elles seront des marqueurs déterminants pour leurs comportements à venir, lesquels auront un effet bénéfique sur leurs interlocuteurs de la journée. On a tout à y gagner…
Si nous nous souvenons de la phrase du Président KENNEDY à Berlin : « Ne vous souciez pas de ce que l’Amérique peut faire pour vous, mais de ce que vous pouvez faire pour l’Amérique », on en déduira qu’il ne sert à rien de se lamenter sur les incompétences et résistances de nos collaborateurs résignés (par ailleurs pensée négative) et qu’il est tout à fait pragmatique de poser d’entrée de journée trois actions positives et heureuses pour que soi même et nos collaborateurs en jouissent.
Quand on sait qu’un travailleur heureux produit bien mieux et bien plus qu’un collaborateur grincheux, au-delà de conditions favorisant par la confiance l’autonomie fertile, on comprend mieux l’utilité d’une stratégie organisationnelle du bonheur. Et si nous commencions par y penser ...

Jean-Marc SAURET
le samedi 28 septembre 2013

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