vendredi 26 octobre 2012

Aujourd'hui, avons-nous toujours autant besoin de leaders ?

Mouvement des indignés en Espagne, aux Etats Unis, mouvement contre l’austérité en Angleterre, révolutions tunisienne et libyenne, révolution égyptienne, révolution en Syrie... Les nouveaux combats syndicaux, le mouvement des pigeons… Avez-vous repéré dans chacun de ces mouvements un leader ? Moi, pas… Des acteurs, oui. Des leaders, non. Le monde a effectivement changé.
Ainsi, l’histoire récente nous donne à voir l’évolution du rôle de meneur dans la vie de nos organisations, passant récemment du leader charismatique (années quatre vingt) à celui d’emblématique, celui qui représente le groupe, son identité, sa raison d’être et ses valeurs (Lescure pour Canal + par exemple).
Le socle d’un leadership apparaît comme étant l’adéquation d’une personne avec un groupe qui en a besoin, le demande, en réclame : le leader, ce héros. Or, cette fonction se détache de moins en moins du paysage.


En post modernité, on aurait tendance à penser que le leader charismatique devrait y avoir sa place par l’émotion qu’il produit et l’effet d’attraction de son « charme ». Et bien, dans les postures d’ultra consommation, les acteurs se retrouvent individuellement alignés face au besoin de jouissance. Donc pas de leader dans la consommation émotionnelle, juste une collection d’acteurs attirés par la perspective de jouissance, comme les papillons autour d’une lampe. Le symbole fait leadership…
Ailleurs, la posture des « alternants culturels » nous indique que cette population grandissante n’a pas besoin de leader, qu'elle s’en passe très bien. Ce rôle n’est pas dans les coutures de leur lien social.


Les valeurs ou capacités nécessaires au leader sont aussi aujourd'hui des caractéristiques des acteurs alternants culturels, comme la vision d’avenir ou de la cathédrale, la proposition de moyens originaux pour la réaliser, sa propre légende... Qui dira de vous que vous pouvez être la bonne personne ici et maintenant. Le charme fondé sur un alignement culturel (homogénéité des pensées, paroles et actes) et l’empathie véritable envers le groupe ou le réseau (la sociabilité), constituent des caractéristiques indispensables à la confiance et au mode de travail en réseau. Ils deviennent leur mode essentiel de fonctionnement.
Longtemps, Nous avons entendu les prophètes du management nous indiquer que, sans leader, la conduite d’un projet n’était pas possible. Aujourd'hui, les alternants culturels nous indiquent le contraire : « Surtout, pas de leader ! Laissez nous faire, s’il vous plait ! Nous ne sommes pas des billes… ».


C’est, aussi là, la logique des fonctionnement en réseau : pas de chef, pas de leader, des méthodes appropriées par les acteurs, venues des acteurs et décidées par eux pour une « cathédrale » qui les rassemble.
L’essentiel est dans la vision partagée. Vision de constat et vision d’avenir. Et si l’on repasse le film en arrière sur le mouvement des indignés, par exemple, ou celui très actuel des Anonymus, on comprend mieux la réalité du phénomène.
Alors, nous aurons à faire désormais avec cette nouvelle donne dans nos modes de management. Seul souci pour un gestionnaire : qui dira que la « Cathédrale » est finie ?...
Jean-Marc SAURET

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